Le Liban fait face à une intensification de la violence alors que les affrontements entre Israël et le Hezbollah s’intensifient. Arab Times rapporte que des frappes israéliennes ont visé plusieurs sites stratégiques dans le sud du Liban, notamment à Nabatiyeh et Baalbek, ainsi que dans la banlieue sud de Beyrouth. Ces attaques ont été justifiées par Israël comme des réponses à des tirs de roquettes provenant du Hezbollah. Selon le Kuwait Times, ces ripostes israéliennes s’inscrivent dans une stratégie de pression militaire contre le mouvement chiite tout en ciblant son infrastructure logistique.
Le quotidien libanais Al-Akhbar met en avant les répercussions sur les civils, citant des milliers de personnes déplacées dans le sud du pays et des destructions massives d’infrastructures, notamment les routes principales et les systèmes électriques. Les écoles et les hôpitaux dans ces zones sont incapables de répondre aux besoins urgents des populations affectées.
Selon Asharq Al-Awsat, les négociations pour un cessez-le-feu, menées sous l’égide des États-Unis, avanceraient vers un accord prévoyant un redéploiement de l’armée libanaise le long de la frontière sud, tandis que le Hezbollah devrait retirer ses équipements lourds au nord du fleuve Litani. Toutefois, Al-Nahar insiste sur le fait que cet accord risque de se heurter à des résistances internes, notamment au sein des partisans du Hezbollah, qui considèrent ce retrait comme une diminution de leurs capacités de défense face à Israël.
The National mentionne la position de l’Iran, soutien principal du Hezbollah, qui condamne les frappes israéliennes tout en renforçant sa rhétorique contre toute intervention militaire occidentale dans la région. Les Émirats arabes unis, tout en surveillant de près la situation, plaident pour une solution diplomatique visant à éviter une propagation du conflit dans la région du Golfe.
Les tensions actuelles au Liban s’inscrivent dans un contexte de rivalités géopolitiques plus larges, impliquant les États-Unis, la France, l’Iran et d’autres acteurs régionaux. Chaque protagoniste cherche à sécuriser ses intérêts stratégiques, compliquant davantage les perspectives de stabilité pour le Liban.
Crise humanitaire : Gaza et le Liban au cœur de la souffrance
Les crises humanitaires s’intensifient simultanément au Liban et à Gaza, avec des conséquences dramatiques sur les populations civiles. Times of Oman rapporte que depuis octobre 2023, les bombardements israéliens ont entraîné la mort de 3 754 personnes au Liban, principalement dans le sud. Les déplacés, dont le nombre ne cesse d’augmenter, se heurtent à un manque critique d’abris, exacerbant une crise humanitaire déjà complexe. Selon Gulf Times, les camps de réfugiés et les abris temporaires, déjà surpeuplés, peinent à accueillir de nouveaux arrivants, tandis que les ONG locales et internationales s’efforcent de fournir des secours d’urgence.
Al-Diyar met en lumière l’impact des frappes israéliennes sur les infrastructures essentielles, notamment les hôpitaux, les écoles, et les routes principales reliant les villages du sud à Beyrouth. Cette destruction complique l’acheminement de l’aide humanitaire. De plus, le manque de carburant limite les opérations des ambulances et des générateurs, plongeant les zones affectées dans un état de paralysie quasi totale.
Du côté de Gaza, la situation est tout aussi désastreuse. Asharq Al-Awsat rapporte que les pluies torrentielles ont aggravé les conditions de vie déjà précaires dans les camps de réfugiés, avec des inondations qui ont détruit les tentes et contaminé les rares sources d’eau potable. La communauté internationale est accusée d’inaction face à cette catastrophe, un sentiment partagé par Al-Joumhouria, qui qualifie la situation d’« abandon total » de la part des grandes puissances.
Arab Times souligne que les organisations internationales, comme l’ONU, tentent de négocier des corridors humanitaires, mais ces efforts sont entravés par la poursuite des hostilités. Les besoins alimentaires et médicaux augmentent rapidement, et les stocks de produits essentiels s’épuisent à un rythme alarmant. Kuwait Times ajoute que les enfants représentent une part significative des victimes et des déplacés, mettant en lumière les conséquences intergénérationnelles du conflit sur les populations civiles.
Les appels à l’aide se multiplient, mais les réponses restent insuffisantes. Gulf Times cite des responsables du Croissant-Rouge qui déplorent un manque de coordination internationale, aggravant les retards dans l’acheminement des secours. La gestion des flux de réfugiés au Liban et dans les pays voisins devient un défi logistique et politique majeur, certains États du Golfe exprimant leur inquiétude quant aux implications à long terme sur la stabilité régionale.
Les récits des survivants, tels que documentés par Al-Diyar, évoquent une lutte quotidienne pour la survie dans un contexte où les infrastructures civiles sont constamment prises pour cible, illustrant la gravité de la situation humanitaire au Liban et à Gaza.
Le Liban et les jeux de pouvoir régionaux
Le conflit entre Israël et le Hezbollah dépasse les frontières libanaises et illustre les rivalités géopolitiques complexes au Moyen-Orient. L’Iran, principal soutien du Hezbollah, joue un rôle central dans cette dynamique. Selon Asharq Al-Awsat, l’Iran a intensifié sa rhétorique contre Israël, affirmant son engagement envers la « défense de la résistance ». L’objectif iranien est clair : maintenir sa sphère d’influence au Liban tout en dissuadant toute intervention militaire occidentale. L’implication de l’Iran s’étend également à une coopération accrue avec la Russie et la Chine, renforçant ainsi son positionnement stratégique.
Dans ce contexte, les efforts de médiation des puissances occidentales, notamment des États-Unis et de la France, rencontrent de nombreux obstacles. Al-Joumhouria rapporte que Washington, bien que favorable à un cessez-le-feu, est perçu par certaines parties comme biaisé en faveur d’Israël. De son côté, Paris adopte une position plus nuancée, appelant à une solution diplomatique équilibrée qui protège les intérêts du Liban tout en répondant aux préoccupations sécuritaires israéliennes.
Les États du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, suivent de près les développements. The National note que les Émirats cherchent à éviter une escalade qui pourrait affecter leurs relations récemment normalisées avec Israël. L’Arabie saoudite, quant à elle, adopte une posture prudente, appelant à une désescalade tout en critiquant l’usage disproportionné de la force par Israël.
Au Liban, la polarisation politique s’accentue. Al-Akhbar souligne que le soutien au Hezbollah reste fort parmi une partie de la population chiite, bien que des critiques émergent quant aux coûts humains et économiques de ce conflit prolongé. Les autres factions politiques, notamment celles alignées avec les intérêts occidentaux ou arabes, appellent à une limitation du rôle militaire du Hezbollah pour éviter une destruction totale des infrastructures du pays.
Enfin, Arab Times met en avant le rôle de la Russie, qui cherche à renforcer sa position en soutenant indirectement les efforts du Hezbollah, tout en évitant une confrontation directe avec Israël. La situation reflète un équilibre fragile où chaque acteur tente de maximiser ses gains stratégiques tout en limitant les risques d’un conflit ouvert de plus grande ampleur.
La scène politique libanaise face à la crise
Le conflit en cours au Liban ne se limite pas aux affrontements militaires. Sur le plan politique, la situation est également marquée par des divisions internes et des pressions internationales croissantes. Selon Asharq Al-Awsat, les partis politiques libanais sont profondément divisés sur la manière de gérer le rôle du Hezbollah dans le pays. Certains courants appellent à désarmer le mouvement chiite, arguant que sa posture militaire aggrave les tensions avec Israël et isole le Liban sur la scène internationale.
Arab Times souligne que les pressions exercées par les États-Unis sur le gouvernement libanais incluent des conditions pour l’aide économique, notamment le retrait des armes lourdes du Hezbollah et un redéploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays. Ces exigences suscitent des désaccords au sein du gouvernement, où certains craignent que de telles concessions affaiblissent encore plus la souveraineté nationale.
Selon Kuwait Times, le Premier ministre libanais est sous une pression intense pour équilibrer les demandes internationales tout en évitant un éclatement interne. Les tensions entre les différentes communautés religieuses du pays sont exacerbées par la situation actuelle, et des manifestations sporadiques ont été signalées dans plusieurs villes.
Dans le contexte régional, The National rapporte que l’Arabie saoudite pousse pour un règlement diplomatique, mais insiste également sur la nécessité pour le Liban de limiter l’influence iranienne via le Hezbollah. Les Émirats arabes unis, tout en appelant à la stabilité, surveillent de près les répercussions potentielles sur leurs relations avec Israël et leur sécurité énergétique régionale.
Le Times of Oman met en avant les défis logistiques auxquels le gouvernement libanais est confronté, notamment pour coordonner les réponses aux crises humanitaires et économiques. L’absence de consensus politique complique encore la situation, alors que les infrastructures administratives du pays sont paralysées par des grèves dans les secteurs publics.
Enfin, Asharq Al-Awsat indique que l’Union européenne a envoyé des signaux d’inquiétude quant à la capacité du Liban à maintenir son intégrité étatique face à ces crises multiples. Les sanctions potentielles contre des individus libanais impliqués dans des activités militaires ou financières liées au Hezbollah sont également discutées, ce qui pourrait ajouter à la pression sur le gouvernement.
Conflits transfrontaliers et droit international
Les affrontements au Liban soulèvent des questions fondamentales concernant les violations du droit international et les responsabilités des parties impliquées. Selon Arab Times, les frappes israéliennes sur des zones civiles au Liban constituent une infraction majeure aux Conventions de Genève, qui protègent les populations non combattantes en temps de guerre. Les organisations de défense des droits humains appellent à des enquêtes indépendantes pour documenter ces incidents et demander des comptes aux responsables.
Asharq Al-Awsat rapporte que les Nations unies, bien qu’engagées dans les efforts de médiation, se heurtent à des blocages politiques pour obtenir un consensus au sein du Conseil de sécurité. Des propositions pour envoyer des observateurs sur le terrain afin de surveiller la situation au sud du Liban sont en discussion, mais Israël s’oppose fermement à toute implication étrangère qui limiterait sa liberté d’action militaire.
Du côté libanais, The National met en avant les défis pour le gouvernement à répondre aux attaques tout en respectant les engagements internationaux. L’armée libanaise, bien que déployée dans certaines zones affectées, est incapable d’empêcher les incursions israéliennes répétées, ce qui souligne ses limites face à une puissance militaire supérieure. Cette situation alimente le débat sur la nécessité de renforcer les capacités militaires du Liban pour protéger son territoire.
Times of Oman note que les récents événements pourraient raviver les discussions autour de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée après la guerre de 2006, qui appelle au désarmement des groupes armés non étatiques au Liban. Cependant, la réalité actuelle sur le terrain montre que cette résolution reste largement inappliquée.
Kuwait Times met également en lumière les accusations portées par Israël contre le Hezbollah, affirmant que le groupe utilise des zones civiles pour stocker des armes et organiser ses attaques. Cette stratégie, selon Israël, justifierait ses frappes sur des infrastructures considérées comme des « cibles militaires légitimes », bien que les preuves présentées soient contestées par des organisations internationales.
Enfin, The National rapporte que des plaintes pourraient être déposées devant la Cour pénale internationale (CPI) contre des responsables israéliens pour crimes de guerre. Cependant, les experts juridiques soulignent que les perspectives de poursuites sont limitées, étant donné qu’Israël ne reconnaît pas la juridiction de la CPI.
Société et résilience au Liban
Le conflit en cours a mis à rude épreuve la résilience de la société libanaise, déjà fragilisée par des années de crises économiques et politiques. Selon Arab Times, les populations du sud du Liban, principalement touchées par les bombardements israéliens, se mobilisent pour soutenir les déplacés. Des réseaux d’entraide locaux se sont formés, offrant nourriture, vêtements et abris temporaires à ceux qui ont fui les zones de conflit.
Kuwait Times rapporte que de nombreuses organisations non gouvernementales internationales et locales intensifient leurs efforts pour répondre aux besoins humanitaires. Cependant, les ressources sont insuffisantes pour faire face à l’ampleur de la crise. Les hôpitaux fonctionnent avec des équipements limités, et les écoles transformées en centres d’accueil pour déplacés manquent de personnel et de fournitures.
The National souligne que la diaspora libanaise joue un rôle clé dans le soutien aux communautés touchées. Des collectes de fonds ont été organisées dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et en Europe, pour financer des projets d’aide humanitaire au Liban. Cette solidarité internationale témoigne de la volonté des Libanais expatriés de contribuer au bien-être de leur pays d’origine malgré la distance.
Selon Asharq Al-Awsat, les femmes jouent un rôle central dans cette mobilisation communautaire. Elles dirigent des initiatives locales, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé, et organisent des ateliers pour aider les enfants à surmonter les traumatismes causés par les bombardements. Ces efforts montrent une forte capacité d’adaptation et de leadership au sein des communautés affectées.
Le Times of Oman met également en lumière les défis psychologiques auxquels sont confrontées les populations locales. Les attaques incessantes, combinées à la peur de nouveaux affrontements, exacerbent les troubles mentaux, en particulier chez les enfants. Les ONG s’efforcent d’offrir un soutien psychologique, mais le manque de ressources et de professionnels qualifiés limite leur portée.
Enfin, Gulf Times rapporte que malgré ces défis, la société libanaise continue de faire preuve de résilience. Des initiatives artistiques et culturelles émergent, notamment à Beyrouth, pour sensibiliser aux conséquences du conflit et promouvoir la paix. Ces projets offrent une forme d’évasion et renforcent l’unité nationale dans un contexte de division croissante.
Perspectives pour l’avenir : quelles solutions pour le Liban ?
Face à une crise multidimensionnelle, le Liban est à la croisée des chemins, et les perspectives pour son avenir restent incertaines. Selon The National, les efforts de médiation internationale pourraient offrir une chance à la paix. Les États-Unis et la France tentent de jouer un rôle actif dans la négociation d’un cessez-le-feu durable, mais ces initiatives sont freinées par les divergences entre les acteurs régionaux et l’absence de consensus au sein de la classe politique libanaise.
Kuwait Times rapporte que des discussions en cours envisagent un redéploiement de l’armée libanaise le long de la frontière sud, une condition souvent évoquée pour réduire les tensions avec Israël. Cependant, la faisabilité de cette mesure dépend du soutien financier et logistique de la communauté internationale, en particulier dans un contexte de crise économique sévère.
Selon Asharq Al-Awsat, le désarmement du Hezbollah, un point central des discussions, reste une pierre d’achoppement majeure. Bien que certaines factions politiques libanaises et des puissances occidentales insistent sur cette nécessité, l’Iran et une partie de la population libanaise perçoivent le Hezbollah comme un garant de la souveraineté nationale face aux menaces israéliennes.
Arab Times met en avant le rôle potentiel de la Chine et de la Russie, qui cherchent à étendre leur influence dans la région. Ces puissances pourraient jouer un rôle de médiateurs alternatifs ou fournir une aide économique et militaire au Liban, ce qui compliquerait encore les efforts des acteurs occidentaux.
Du côté des acteurs arabes, Times of Oman souligne que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis appellent à une solution qui limite l’influence de l’Iran tout en soutenant la reconstruction du Liban. Ces pays sont prêts à investir dans des projets de développement, à condition que le Liban adopte des réformes politiques et économiques substantielles.
Gulf Times met en lumière les défis structurels que le Liban doit relever pour retrouver une stabilité à long terme. La réforme des institutions, la lutte contre la corruption et le renforcement de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance des citoyens et des investisseurs étrangers. Cependant, ces objectifs semblent lointains dans un contexte de division politique et de méfiance généralisée.
Enfin, The National mentionne les scénarios possibles pour l’avenir. Une paix durable nécessiterait une coordination étroite entre les acteurs locaux et internationaux, mais aussi une reconnaissance mutuelle des besoins de sécurité d’Israël et des droits souverains du Liban. Le chemin vers cette stabilité reste semé d’embûches, mais il représente une lueur d’espoir pour un pays en quête de normalité.


