La presse libanaise du 17 décembre 2024 est largement dominée par les préparatifs intenses autour de la vacance présidentielle qui perdure depuis plus de deux ans, ainsi que par les pressions croissantes pour parvenir à une solution avant la séance parlementaire du 9 janvier 2025. Les journaux mettent également en lumière des développements sécuritaires et économiques notables qui accentuent l’urgence d’une résolution politique.
Ad Diyar rapporte que les consultations politiques se sont intensifiées, marquées par des rencontres marathons entre les chefs de blocs parlementaires et les diplomates étrangers. Le président du Parlement, Nabih Berri, reste optimiste et déclare que l’élection présidentielle pourrait être conclue « avant fin janvier ». Berri, soutenu par le patriarche maronite Béchara Raï, insiste sur la nécessité d’un consensus élargi autour d’un candidat capable d’obtenir 86 voix pour mettre fin à la paralysie (Ad Diyar, 17 décembre 2024).
De son côté, An-Nahar confirme que plusieurs noms sont en discussion, dont celui du général Joseph Aoun, actuel chef de l’armée. Le soutien international à sa candidature semble se renforcer, notamment après la visite du représentant américain, Darrell Issa, qui a exprimé son soutien à une candidature « stable et souveraine ». An-Nahar souligne également que les pressions qataries et françaises se poursuivent pour que le Liban saisisse cette « fenêtre d’opportunité » afin d’éviter des sanctions économiques internationales supplémentaires (An-Nahar, 17 décembre 2024).
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Al Akhbar, plus critique, pointe du doigt les divisions internes parmi les partis politiques libanais, notamment entre les factions pro-occidentales et celles alignées sur l’axe iranien-syrien. Le journal souligne que le Hezbollah maintient son soutien à Sleiman Frangié, malgré les réticences des blocs chrétiens de l’opposition. Le quotidien affirme que l’absence d’un accord pourrait aggraver l’instabilité sécuritaire dans le sud du Liban, où les affrontements sporadiques avec Israël se poursuivent malgré l’accord de cessez-le-feu en vigueur (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Al Binaa consacre sa Une à la situation régionale et aux pressions européennes sur le régime syrien. L’Union européenne, par la voix de sa représentante Kaja Kallas, a rappelé ses trois conditions pour une reprise des relations diplomatiques avec Damas : l’engagement dans un processus politique inclusif, le respect des droits humains, et l’éloignement des influences iraniennes et russes. Cette position met en lumière la complexité des négociations régionales, où la Syrie reste un acteur central (Al Binaa, 17 décembre 2024).
Sur le plan économique, Nida’ Al Watan met en avant la légère remontée des eurobonds libanais sur les marchés secondaires. Cette reprise est interprétée comme un signe de confiance prudent des investisseurs, en anticipation d’une élection présidentielle réussie. Toutefois, le journal nuance cette amélioration en rappelant que les créanciers internationaux préparent des recours pour récupérer une partie des intérêts impayés depuis 2020. L’économiste Nassib Ghobril, cité par le quotidien, qualifie cette remontée de « fragile et spéculative » en l’absence de réformes structurelles concrètes (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
Al Sharq Al Awsat aborde également l’urgence humanitaire et sociale qui frappe les zones défavorisées du Liban. Le quotidien met en avant l’initiative de l’ONG Mariam’s Kitchen, qui, avec le soutien de CMA CGM, a lancé une cuisine mobile capable de préparer jusqu’à 1000 repas chauds par jour pour les populations les plus vulnérables. Ce projet humanitaire s’inscrit dans un contexte de pénurie alimentaire croissante liée à la crise économique et à l’exode rural massif (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
Al Quds revient sur la situation des Palestiniens d’Israël, souvent marginalisés et pris entre les tensions régionales et les politiques discriminatoires. Le quotidien souligne que cette communauté, marquée par la mémoire de la Nakba depuis 76 ans, subit une pression économique et sociale accrue en raison des récents conflits dans la région (Al Quds, 17 décembre 2024).
Enfin, Al Joumhouriyat met l’accent sur les risques environnementaux au Liban, en particulier dans la région de Dair Ammar, où des incendies illégaux de déchets menacent la santé des populations locales. La « Caritas-Liban » et d’autres ONG environnementales tirent la sonnette d’alarme et exhortent les autorités à appliquer strictement les lois environnementales en vigueur (Al Joumhouriyat, 17 décembre 2024).
Politique localeLa situation politique au Liban reste marquée par une vacance présidentielle qui se prolonge depuis plus de deux ans. Les journaux du 17 décembre 2024 font état de pressions accrues pour parvenir à une résolution avant la séance parlementaire décisive prévue le 9 janvier 2025.Ad Diyar rapporte que les consultations politiques menées par le président du Parlement, Nabih Berri, se sont intensifiées ces derniers jours. Selon le quotidien, Berri aurait entamé une série de rencontres avec des chefs de blocs parlementaires pour parvenir à un consensus autour d’un candidat à la présidence. Berri aurait réaffirmé que la séance du 9 janvier représente une « dernière chance » pour mettre fin au blocage, avertissant des conséquences graves en cas d’échec. Parallèlement, le patriarche maronite Béchara Raï a renouvelé son appel aux partis politiques pour qu’ils fassent preuve de responsabilité et s’accordent sur un président capable de « restaurer la stabilité et la crédibilité des institutions » (Ad Diyar, 17 décembre 2024).An-Nahar souligne que les pressions internationales s’intensifient pour débloquer la situation. Une délégation qatarie menée par Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, ministre d’État aux Affaires étrangères, a récemment rencontré des dirigeants libanais. Les discussions auraient principalement porté sur le soutien qatari à une candidature capable de rassembler un large consensus, avec un focus particulier sur Joseph Aoun, actuel chef de l’armée. De son côté, Darrell Issa, représentant américain, aurait exprimé son soutien à l’élection d’un président « stable, souverain et en mesure de relancer les réformes économiques » exigées par la communauté internationale. Toutefois, le journal précise que certains blocs politiques restent réticents à l’idée d’un président soutenu par les puissances étrangères (An-Nahar, 17 décembre 2024).Dans une perspective plus critique, Al Akhbar met en lumière les divisions internes profondes qui continuent de paralyser le processus politique. Selon le quotidien, le Hezbollah maintient fermement son soutien à la candidature de Sleiman Frangié, considéré comme un allié stratégique du parti et de la Syrie. Cette position suscite des oppositions fortes de la part des partis chrétiens, notamment des Forces Libanaises et du Courant Patriotique Libre, qui réclament un candidat capable de « rompre avec l’influence du Hezbollah ». Le journal souligne que ces divergences internes compliquent encore davantage les efforts pour parvenir à un compromis acceptable pour toutes les parties (Al Akhbar, 17 décembre 2024).Nida’ Al Watan adopte un ton encore plus alarmant en évoquant le risque d’une impasse prolongée si aucun accord n’est trouvé d’ici janvier. Selon le quotidien, les principales forces politiques libanaises campent sur leurs positions, ce qui alimente les craintes d’un effondrement total des institutions. Le journal rapporte également des informations sur des pourparlers secrets entre certains partis de l’opposition et des représentants internationaux pour envisager des « solutions alternatives » en cas d’échec de la séance parlementaire. Une source diplomatique citée par le journal aurait déclaré que le Liban « n’a plus le luxe du temps » et que la communauté internationale envisage de renforcer les pressions, y compris via des sanctions ciblées contre les responsables du blocage (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).Sur le plan interne, Al Joumhouriyat met en avant les critiques croissantes contre le gouvernement intérimaire dirigé par Najib Mikati. Le journal rapporte que plusieurs députés ont dénoncé l’immobilisme de l’exécutif face à l’aggravation de la crise économique et sociale. La question des nominations judiciaires reste également une pomme de discorde majeure. Des sources parlementaires affirment que les blocages politiques empêchent la mise en œuvre des réformes nécessaires, en particulier dans le secteur judiciaire, ce qui compromet davantage les négociations avec le Fonds Monétaire International (Al Joumhouriyat, 17 décembre 2024).Par ailleurs, Al Liwa’ revient sur les conséquences locales de la vacance présidentielle dans plusieurs régions libanaises. Le journal évoque une situation critique dans le nord du Liban où les services publics sont quasi-inexistants en raison de l’absence d’un gouvernement fonctionnel. La détérioration des infrastructures et la pénurie de services essentiels ont exacerbé les tensions sociales, entraînant des manifestations sporadiques à Tripoli et Akkar. Les autorités locales auraient appelé à une intervention urgente du gouvernement pour éviter un « effondrement total des services de base » (Al Liwa’, 17 décembre 2024).Enfin, Al Binaa rapporte que la crise politique actuelle menace d’aggraver les tensions communautaires à travers le pays. Le journal met en garde contre la résurgence de discours sectaires et de conflits partisans qui pourraient dégénérer en violences locales. Des acteurs de la société civile ont lancé des appels pour la mise en place d’un dialogue national inclusif afin d’éviter une nouvelle escalade. Al Binaa souligne que cette initiative est encore fragile, faute de soutien concret des principales forces politiques (Al Binaa, 17 décembre 2024).
Diplomatie
La scène diplomatique du 17 décembre 2024 est dominée par les efforts internationaux pour stabiliser la situation au Liban et en Syrie, avec un focus particulier sur les pressions européennes et les tensions régionales persistantes.
Al Sharq Al Awsat met en avant les déclarations de Kaja Kallas, responsable des affaires étrangères de l’Union européenne, qui a réitéré les conditions posées par l’Europe pour une reprise des relations avec le régime syrien. Selon Kallas, ces exigences incluent l’instauration d’un processus politique inclusif, le respect des droits humains et le désengagement des forces iraniennes et russes des affaires internes syriennes. Ces déclarations interviennent dans un contexte où l’Union européenne souhaite réaffirmer son rôle dans la reconstruction post-conflit de la Syrie tout en maintenant une pression politique sur Damas. Toutefois, le journal souligne que le régime syrien continue de rejeter ces conditions, les qualifiant d’ingérences étrangères (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
De son côté, Al Binaa analyse la dynamique géopolitique régionale sous l’angle des rivalités entre puissances internationales. Le journal rapporte que la Russie et l’Iran renforcent leur présence en Syrie en réponse aux pressions croissantes de l’Europe et des États-Unis. Moscou aurait récemment signé de nouveaux accords militaires avec le régime syrien pour sécuriser ses bases stratégiques, notamment à Lattaquié et Tartous. Cette situation rend la perspective d’un processus politique inclusif encore plus complexe, les acteurs régionaux poursuivant des agendas divergents. En parallèle, Téhéran continue d’étendre son influence à travers des milices alliées en Syrie, malgré les appels à un retrait de ces forces (Al Binaa, 17 décembre 2024).
An-Nahar International revient sur le rôle croissant du Qatar dans les pourparlers régionaux. Lors de sa récente visite à Beyrouth, le ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, a souligné l’importance d’une résolution rapide de la crise libanaise pour assurer la stabilité régionale. Le Qatar se présente comme un médiateur clé entre les différentes factions libanaises et les acteurs internationaux. Selon des sources diplomatiques citées par le journal, Doha aurait proposé une feuille de route qui inclut des garanties économiques en échange d’un consensus politique. Cette initiative vise également à apaiser les tensions entre les États-Unis et l’Iran sur le dossier syrien, en facilitant des négociations indirectes (An-Nahar International, 17 décembre 2024).
Al Quds se concentre sur les impacts des rivalités diplomatiques sur la situation humanitaire en Syrie. Le journal met en évidence la crise économique sévère qui frappe le pays, exacerbée par les sanctions internationales et les pressions européennes. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que plus de 12 millions de Syriens souffrent d’insécurité alimentaire en raison de l’isolement économique prolongé. En réponse, plusieurs pays européens ont réaffirmé leur engagement à soutenir uniquement des projets humanitaires « ne bénéficiant pas au régime syrien ». Al Quds souligne que cette position renforce la polarisation diplomatique tout en laissant la population syrienne dans une situation précaire (Al Quds, 17 décembre 2024).
En parallèle, Ad Diyar rapporte les efforts renouvelés des Nations Unies pour relancer les discussions autour du processus de Genève sur la Syrie. Le journal indique que l’envoyé spécial des Nations Unies, Geir Pedersen, a proposé un cadre révisé pour inclure davantage de représentants de l’opposition et des acteurs de la société civile syrienne. Toutefois, Damas aurait exprimé de fortes réserves, insistant sur une solution syrienne dirigée par les Syriens et excluant toute interférence étrangère. Selon des diplomates proches du dossier, les obstacles principaux résident dans l’incapacité des parties à s’accorder sur un calendrier et sur les modalités de mise en œuvre des résolutions internationales existantes, notamment la résolution 2254 (Ad Diyar, 17 décembre 2024).
Al Akhbar adopte une approche critique en évoquant les efforts diplomatiques américains pour contenir l’influence iranienne en Syrie et au Liban. Selon le quotidien, les États-Unis intensifient leurs pressions sur leurs alliés régionaux pour limiter les flux financiers et les approvisionnements militaires destinés aux milices soutenues par l’Iran. Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large visant à isoler Damas tout en consolidant les alliances américaines au Moyen-Orient. Toutefois, le journal affirme que cette approche pourrait aggraver les tensions régionales et compromettre les efforts de paix en Syrie, déjà fragiles (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Par ailleurs, Nida’ Al Watan revient sur les derniers développements liés aux relations bilatérales entre le Liban et la Syrie. Le journal rapporte que des discussions informelles auraient eu lieu entre des représentants libanais et syriens pour aborder des questions telles que le retour des réfugiés syriens et la coopération économique transfrontalière. Cependant, ces discussions restent limitées par les divisions internes au Liban, où certains partis politiques refusent tout rapprochement avec Damas sans garanties sur une transition politique crédible en Syrie (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
Politique internationale
Les développements internationaux du 17 décembre 2024 sont dominés par les tensions croissantes au Moyen-Orient, les efforts diplomatiques pour résoudre les conflits persistants et les nouvelles alliances économiques qui redessinent les équilibres mondiaux.
Al Sharq Al Awsat rapporte une recrudescence des tensions en Mer Rouge, où les attaques répétées contre des navires commerciaux mettent en péril la sécurité maritime mondiale. Les États-Unis et leurs alliés européens accusent des milices houthis soutenues par l’Iran d’être à l’origine de ces attaques, visant à perturber les routes commerciales stratégiques. Le quotidien souligne que cette situation pousse Washington à renforcer sa présence militaire dans la région, avec l’envoi de destroyers supplémentaires pour sécuriser le passage des navires. Les observateurs craignent que ces actions ne mènent à une escalade directe entre les États-Unis et l’Iran (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
Dans un contexte lié, Al Binaa revient sur les négociations en cours entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Suite à l’accord de normalisation signé plus tôt cette année, les deux puissances poursuivent un dialogue discret pour renforcer leur coopération dans les domaines sécuritaire et économique. Des sources diplomatiques citées par le journal indiquent que Riyad chercherait à obtenir des garanties concrètes de la part de Téhéran pour limiter les activités des milices alliées en Syrie et au Yémen. Toutefois, l’Iran insiste sur la nécessité pour l’Arabie saoudite de jouer un rôle plus actif dans la levée des sanctions économiques internationales imposées contre la République islamique (Al Binaa, 17 décembre 2024).
An-Nahar International met en lumière les efforts de la Chine pour consolider son influence en Afrique et au Moyen-Orient à travers l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie. Lors d’un sommet organisé à Pékin, des représentants de plusieurs pays arabes ont signé des accords portant sur des projets d’infrastructures majeurs, notamment dans les domaines de l’énergie et des transports. La Chine se présente comme un partenaire économique fiable, offrant des investissements massifs sans « ingérences politiques », une stratégie particulièrement appréciée par des États comme l’Algérie et l’Égypte. Toutefois, le journal souligne que cette influence croissante inquiète les États-Unis, qui voient en Pékin un rival stratégique de premier ordre dans la région (An-Nahar International, 17 décembre 2024).
Nida’ Al Watan aborde les tensions persistantes entre la Russie et l’Union européenne concernant la guerre en Ukraine. Le quotidien rapporte que l’Union européenne s’apprête à adopter un douzième paquet de sanctions contre Moscou, visant notamment le secteur énergétique et les entreprises impliquées dans le contournement des restrictions précédentes. En réponse, la Russie menace de réduire ses livraisons de gaz à plusieurs pays européens pour l’hiver. Le quotidien cite des analystes qui estiment que cette nouvelle escalade pourrait aggraver la crise énergétique en Europe et renforcer les divisions internes entre les États membres de l’UE (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
Par ailleurs, Al Quds se concentre sur la situation critique des réfugiés palestiniens au sein des camps de Cisjordanie et du Liban, exacerbée par la réduction des aides internationales. L’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies) a annoncé une baisse significative de ses financements pour l’année 2024, en raison des coupes budgétaires décidées par plusieurs donateurs historiques. Cette situation met en danger l’accès à l’éducation et aux services de santé pour des centaines de milliers de Palestiniens. Le quotidien souligne que les tensions dans la région, notamment avec Israël, compliquent davantage la mobilisation de nouveaux soutiens financiers (Al Quds, 17 décembre 2024).
Al Akhbar met en avant les rapprochements politiques en cours entre la Turquie et la Syrie, médiatisés par la Russie. Selon des sources diplomatiques, Moscou aurait joué un rôle central dans l’organisation de rencontres secrètes entre responsables turcs et syriens afin de préparer une normalisation progressive des relations bilatérales. Ankara, préoccupée par la présence des forces kurdes à sa frontière sud, souhaiterait obtenir des garanties sécuritaires de la part du régime syrien. En contrepartie, Damas exigerait un retrait des troupes turques présentes dans le nord de la Syrie. Toutefois, le journal précise que ces pourparlers restent fragiles en raison de la méfiance persistante entre les deux parties (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Enfin, Ad Diyar revient sur les tensions croissantes entre les États-Unis et la Corée du Nord. Le quotidien rapporte que Pyongyang a procédé à un nouvel essai de missile balistique intercontinental, en réponse aux manœuvres militaires conjointes menées par les États-Unis et la Corée du Sud dans la région. Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a déclaré que ces essais constituaient une « réponse légitime » face à ce qu’il considère comme une provocation américaine. Les experts estiment que cette escalade pourrait relancer les inquiétudes internationales concernant la prolifération nucléaire dans la péninsule coréenne (Ad Diyar, 17 décembre 2024).
Économie
La presse libanaise du 17 décembre 2024 met en évidence les défis économiques persistants du Liban, marqués par une légère reprise des marchés financiers, les tensions autour des eurobonds et l’urgence des réformes structurelles. À l’échelle régionale, les initiatives économiques internationales, comme les Nouvelles Routes de la Soie menées par la Chine, attirent également l’attention.
An-Nahar rapporte une légère remontée des eurobonds libanais sur les marchés secondaires, signalant un regain de confiance prudent chez certains investisseurs. Cette hausse, estimée à 4 % en une semaine, reflète l’espoir d’une solution politique imminente avec l’élection présidentielle prévue début janvier. Toutefois, Nassib Ghobril, économiste cité par le journal, tempère cet optimisme en affirmant que cette reprise reste spéculative. « Sans réformes structurelles, ni accord clair avec le FMI, ces gains sont voués à l’érosion », précise-t-il. Les créanciers internationaux, quant à eux, continuent de faire pression pour récupérer une partie des intérêts impayés sur la dette souveraine depuis 2020, menaçant de recourir à des actions en justice pour accélérer les remboursements (An-Nahar, 17 décembre 2024).
Al Binaa revient sur la crise bancaire qui paralyse encore l’économie libanaise. La majorité des banques locales continuent d’appliquer des restrictions strictes sur les retraits en devises étrangères, alimentant la frustration de la population. Le quotidien souligne que la dollarisation croissante de l’économie libanaise aggrave les inégalités sociales, avec une inflation toujours hors de contrôle. Selon les données de la Banque mondiale, près de 82 % des Libanais vivent désormais sous le seuil de pauvreté, une situation sans précédent dans l’histoire récente du pays. Les secteurs productifs, notamment l’agriculture et l’industrie, continuent de souffrir en raison du manque de financements et d’investissements étrangers (Al Binaa, 17 décembre 2024).
Sur un plan plus large, Al Sharq Al Awsat consacre une analyse détaillée aux Nouvelles Routes de la Soie, un projet colossal mené par la Chine pour redéfinir les échanges économiques mondiaux. Lors d’un récent sommet à Pékin, des accords majeurs ont été signés entre la Chine et plusieurs pays arabes, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports. Le journal rapporte que des États comme l’Égypte et l’Algérie voient dans cette initiative une opportunité unique pour moderniser leurs infrastructures et attirer des investissements massifs. Toutefois, des experts occidentaux cités par le quotidien alertent sur les risques d’endettement excessif pour les pays partenaires, un phénomène déjà observé dans certains États africains (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
Al Akhbar adopte un ton plus critique en analysant les pressions économiques croissantes subies par l’Iran en raison des sanctions internationales. Malgré l’accord de normalisation signé avec l’Arabie saoudite plus tôt cette année, Téhéran accuse Riyad de ne pas jouer un rôle actif dans la levée des sanctions économiques. Selon des diplomates iraniens, l’Arabie saoudite aurait la capacité d’influencer les États-Unis et leurs alliés pour desserrer l’étau financier sur l’économie iranienne. Toutefois, le journal souligne que ces efforts restent bloqués par la méfiance persistante entre les deux puissances régionales, malgré les progrès réalisés dans d’autres domaines comme la sécurité (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Par ailleurs, Nida’ Al Watan met en lumière les défis du secteur de l’électricité au Liban. Le quotidien rapporte que le réseau électrique national fonctionne à moins de 15 % de sa capacité, contraignant les ménages à dépendre des générateurs privés, une solution coûteuse et insoutenable pour les foyers les plus modestes. Le ministre sortant de l’Énergie, Walid Fayad, a déclaré que des négociations étaient en cours avec la Banque mondiale pour financer des projets de modernisation du réseau, mais les discussions restent bloquées par l’absence de réformes politiques nécessaires à la libération des fonds. Nida’ Al Watan souligne également l’impact environnemental désastreux de cette situation, avec une hausse des émissions de gaz toxiques provenant des générateurs privés (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
Al Quds, quant à lui, se concentre sur les impacts économiques régionaux des tensions en Mer Rouge. Les attaques récurrentes contre des navires commerciaux ont fait grimper les coûts d’assurance et perturbé les chaînes d’approvisionnement, avec des conséquences directes sur les prix des biens essentiels dans plusieurs pays du Moyen-Orient. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, principaux acteurs économiques de la région, auraient intensifié leurs efforts pour sécuriser ces routes maritimes stratégiques en coopération avec les États-Unis. Le journal cite des analystes qui estiment que cette crise pourrait avoir un impact durable sur l’économie mondiale si aucune solution diplomatique n’est trouvée rapidement (Al Quds, 17 décembre 2024).
Enfin, Ad Diyar revient sur les initiatives locales pour stimuler l’économie libanaise, malgré le contexte difficile. Le journal met en avant des projets portés par le secteur privé, comme la relance de certaines petites et moyennes entreprises (PME) grâce à des financements internationaux et des programmes de formation soutenus par des ONG. Toutefois, ces initiatives demeurent limitées par l’absence d’un cadre politique stable et des infrastructures défaillantes. Le quotidien souligne que sans un gouvernement fonctionnel capable d’appliquer les réformes exigées par le FMI, ces efforts resteront insuffisants pour relancer durablement l’économie nationale (Ad Diyar, 17 décembre 2024).
Justice
La section justice des journaux du 17 décembre 2024 met en lumière les blocages institutionnels persistants au Liban, les dossiers de corruption non résolus et les enjeux de réformes judiciaires exigées par la communauté internationale. En parallèle, plusieurs affaires régionales impliquent des problématiques judiciaires liées à la lutte contre la corruption et les violations des droits humains.
An-Nahar souligne que le système judiciaire libanais reste paralysé par des ingérences politiques et un manque criant de moyens. Les dossiers de corruption financière, notamment ceux liés à la gestion des fonds publics et au secteur bancaire, continuent de s’empiler sans avancée significative. Selon des sources judiciaires citées par le quotidien, les blocages viennent principalement de nominations non finalisées dans la hiérarchie judiciaire. Les réformes nécessaires pour permettre un fonctionnement indépendant de la justice, notamment celles exigées par le Fonds Monétaire International (FMI), sont freinées par les rivalités politiques internes. An-Nahar rapporte également les propos d’un magistrat anonyme : « Le pouvoir judiciaire est devenu un instrument entre les mains de certains partis pour régler des comptes politiques » (An-Nahar, 17 décembre 2024).
De son côté, Al Akhbar revient sur l’affaire des banques libanaises, toujours dans l’impasse. Le quotidien rapporte que plusieurs associations de déposants ont intenté des actions en justice contre les principales banques libanaises pour réclamer la restitution de leurs avoirs en devises étrangères. Toutefois, ces plaintes se heurtent à des obstacles juridiques complexes, aggravés par des décisions contradictoires de la part des différents tribunaux. Al Akhbar souligne également que les pressions politiques exercées sur les juges compliquent l’application de la loi et renforcent le sentiment d’injustice parmi les citoyens. Cette situation alimente une défiance généralisée vis-à-vis de l’appareil judiciaire libanais (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Nida’ Al Watan met en avant l’urgence de réformes structurelles dans le secteur judiciaire pour rétablir la confiance des citoyens et des investisseurs étrangers. Selon le journal, la mise en œuvre d’un véritable plan de lutte contre la corruption, supervisé par un organisme judiciaire indépendant, reste la condition principale pour la relance des négociations avec les bailleurs de fonds internationaux. Le quotidien rapporte également des pressions exercées par des diplomates européens pour accélérer les procédures liées aux affaires de détournement de fonds publics. Toutefois, les divisions politiques internes continuent de bloquer ces réformes, suscitant des inquiétudes croissantes sur la capacité de l’État à sortir de la crise (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
Par ailleurs, Al Sharq Al Awsat évoque une nouvelle polémique liée à l’arrestation de militants politiques accusés d’avoir critiqué les autorités libanaises sur les réseaux sociaux. Selon le quotidien, ces arrestations ont déclenché une vague de contestation parmi les organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une tentative de museler la liberté d’expression. Des avocats et militants ont appelé les autorités à respecter les engagements internationaux du Liban en matière de droits fondamentaux. Le journal cite également le rapport d’Amnesty International, qui souligne une hausse alarmante des restrictions contre les journalistes et activistes au Liban (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
À l’échelle régionale, Al Quds se concentre sur les enquêtes internationales concernant les violations des droits humains en Syrie. Le journal rapporte que des organisations internationales, dont Human Rights Watch, continuent de collecter des preuves sur les exactions commises par les différentes parties au conflit syrien. La question de la responsabilité des crimes de guerre reste au cœur des discussions au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Selon Al Quds, plusieurs États européens envisagent de saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour juger les responsables de ces crimes. Toutefois, ces initiatives se heurtent à des obstacles politiques majeurs, notamment en raison du veto russe au Conseil de sécurité de l’ONU (Al Quds, 17 décembre 2024).
Al Binaa revient sur les affaires de corruption en Irak, où des enquêtes menées par des juges spécialisés ont révélé des détournements massifs de fonds publics. Le quotidien rapporte que les autorités irakiennes, sous la pression de la population et des partenaires internationaux, ont intensifié leurs efforts pour traduire les responsables en justice. Plusieurs hauts fonctionnaires et dirigeants politiques seraient actuellement sous enquête, mais Al Binaa souligne que ces procès restent fragiles en raison des menaces et des pressions exercées contre les magistrats chargés des dossiers (Al Binaa, 17 décembre 2024).
Enfin, Ad Diyar évoque l’affaire des réfugiés syriens au Liban, en particulier les tensions liées aux expulsions forcées dénoncées par des organisations humanitaires. Le journal rapporte que plusieurs recours ont été déposés auprès des tribunaux libanais pour empêcher ces expulsions, jugées contraires aux conventions internationales sur les droits des réfugiés. Toutefois, les autorités libanaises justifient ces mesures par des arguments économiques et sécuritaires, affirmant que la présence prolongée des réfugiés pèse lourdement sur les infrastructures locales. Les avocats des plaignants insistent sur la nécessité de respecter les obligations légales internationales en matière de protection des réfugiés (Ad Diyar, 17 décembre 2024).
Société
Les journaux du 17 décembre 2024 mettent en lumière les défis majeurs auxquels la société libanaise est confrontée, notamment l’insécurité alimentaire, les tensions liées aux réfugiés syriens, la crise des services publics et les initiatives locales pour pallier les lacunes gouvernementales.
Al Quds met en avant la situation alarmante de l’insécurité alimentaire au Liban, aggravée par la crise économique qui sévit depuis 2019. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près de 3 millions de Libanais souffrent d’insécurité alimentaire, dont un tiers vit dans une extrême pauvreté. Le quotidien souligne que cette situation touche principalement les régions rurales du nord et de la Békaa, où les familles peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Des initiatives locales, comme celle de l’ONG Mariam’s Kitchen, permettent toutefois d’apporter un certain soulagement. Le programme, qui distribue quotidiennement jusqu’à 1000 repas chauds, repose sur la collaboration entre des bénévoles et des entreprises privées. Une bénéficiaire témoigne : « Sans ces repas, nos enfants ne mangeraient pas ». Malgré ces efforts, Al Quds précise que ces actions restent insuffisantes face à l’ampleur de la crise (Al Quds, 17 décembre 2024).
An-Nahar aborde le sujet des réfugiés syriens, un enjeu social majeur pour le Liban. Avec plus d’un million de réfugiés sur son territoire, le pays peine à gérer les conséquences économiques et sociales de leur présence prolongée. Le quotidien rapporte que les tensions entre populations locales et réfugiés s’intensifient, notamment dans les régions les plus pauvres où les ressources sont déjà limitées. Les autorités libanaises, sous pression, auraient intensifié les expulsions forcées, une décision critiquée par les organisations internationales pour son non-respect des droits humains. L’ONG Human Rights Watch a récemment dénoncé ces pratiques, affirmant qu’elles exposent les réfugiés à des risques importants une fois renvoyés en Syrie (An-Nahar, 17 décembre 2024).
De son côté, Al Akhbar met en avant les difficultés croissantes des services publics, en particulier dans le secteur de la santé et de l’éducation. Le journal rapporte que de nombreux hôpitaux publics manquent de médicaments essentiels et de personnel médical, forçant les patients à se tourner vers le secteur privé, devenu hors de prix pour la majorité des Libanais. Dans le domaine éducatif, la situation est tout aussi préoccupante : les enseignants du secteur public continuent de protester contre le non-paiement de leurs salaires, tandis que les écoles privées augmentent leurs frais de scolarité pour compenser les pertes financières. Al Akhbar souligne que cette crise éducative menace une génération entière, privée d’accès à une éducation de qualité (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Nida’ Al Watan revient sur l’exode massif des jeunes Libanais, un phénomène aggravé par la crise économique et l’instabilité politique. Selon les statistiques fournies par le ministère du Travail, plus de 200 000 jeunes diplômés ont quitté le pays au cours des trois dernières années, cherchant des opportunités à l’étranger. Cette fuite des compétences, surnommée la « troisième émigration », prive le Liban de sa main-d’œuvre qualifiée et accentue le déclin économique. Le quotidien cite les propos d’un économiste : « Si cette tendance se poursuit, le Liban perdra non seulement son capital humain, mais aussi sa capacité à se relever » (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
Al Sharq Al Awsat met en lumière un problème social préoccupant : l’augmentation de la violence domestiquedepuis le début de la crise économique. Selon un rapport de l’organisation KAFA, les signalements de violences conjugales ont augmenté de 70 % au cours des deux dernières années. Cette situation est exacerbée par le manque de structures d’accueil pour les victimes et l’insuffisance des ressources dédiées à la lutte contre ce phénomène. L’organisation appelle le gouvernement à renforcer les lois existantes pour mieux protéger les femmes et à allouer des fonds pour soutenir les associations locales qui interviennent auprès des victimes (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
Al Binaa met en avant les initiatives locales qui visent à répondre aux lacunes des services publics. Le journal consacre un article aux comités citoyens qui se forment dans plusieurs régions du Liban pour assurer l’accès à des services essentiels comme l’eau, l’électricité et la collecte des déchets. Ces initiatives reposent sur l’autogestion et le financement communautaire, une solution temporaire qui témoigne de la résilience de la population face à l’incapacité de l’État. Un membre d’un comité à Tripoli témoigne : « Nous n’avons pas d’autre choix que de nous organiser nous-mêmes. L’État nous a abandonnés depuis longtemps » (Al Binaa, 17 décembre 2024).
Enfin, Ad Diyar aborde la question de la migration illégale qui prend de l’ampleur au Liban. De plus en plus de familles désespérées tentent de quitter le pays à bord de bateaux de fortune, souvent au péril de leur vie. Le journal rapporte que les garde-côtes libanais ont intercepté plusieurs embarcations ces dernières semaines, mais que d’autres tragédies continuent d’être enregistrées. Les experts alertent sur l’explosion de ce phénomène, qui traduit la détresse sociale croissante et l’absence d’alternatives pour les populations les plus vulnérables (Ad Diyar, 17 décembre 2024).
Culture
La presse libanaise du 17 décembre 2024 met en lumière plusieurs événements culturels marquants dans un contexte de crise économique, où la culture reste un vecteur d’espoir, de résistance et d’expression sociale. Malgré des ressources limitées, des initiatives artistiques et littéraires continuent de voir le jour, témoignant de la résilience des créateurs et de l’intérêt croissant pour les débats culturels.
An-Nahar consacre un article au Festival International de Beyrouth, qui a réussi à maintenir sa programmation malgré les contraintes financières et logistiques. Cette année, le festival met à l’honneur des artistes locaux et internationaux dans divers domaines : cinéma, musique, théâtre et arts visuels. Selon les organisateurs, l’édition 2024 a attiré plus de 15 000 spectateurs, un chiffre encourageant dans un contexte marqué par la baisse des subventions publiques. Un cinéaste participant a déclaré : « La culture est notre seule échappatoire, notre manière de résister face à l’effondrement généralisé » (An-Nahar, 17 décembre 2024).
De son côté, Al Akhbar revient sur le succès croissant des publications littéraires indépendantes au Liban. Malgré les difficultés économiques, plusieurs maisons d’édition locales continuent de publier des œuvres contemporaines, souvent axées sur les thèmes de la crise, de la migration et de l’identité. Le quotidien met en avant le roman de l’écrivaine libanaise Layla Saad, intitulé « Au-delà de l’exil », qui raconte le parcours d’une famille face à la guerre et à l’exil. L’auteure a déclaré lors d’une séance de dédicace : « L’écriture est un acte de mémoire, une réponse à l’effacement de nos histoires ». Al Akhbar souligne que ce type d’initiatives littéraires trouve un écho auprès des jeunes générations, désireuses de renouer avec leur héritage culturel (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Nida’ Al Watan se concentre sur la préservation du patrimoine architectural libanais, en particulier dans les quartiers historiques de Beyrouth et de Tripoli. Le quotidien rapporte que plusieurs bâtiments anciens, endommagés par l’explosion du port en 2020 et les années de négligence, font actuellement l’objet de projets de restauration menés par des ONG locales et internationales. L’association Save Beirut Heritage a lancé une campagne de financement pour restaurer une dizaine de bâtiments emblématiques. Selon l’architecte Karim Salameh, cité par le journal : « Le patrimoine architectural est un témoignage vivant de notre histoire collective. Le préserver, c’est préserver notre identité » (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
En parallèle, Al Sharq Al Awsat met en avant le renouveau des arts visuels au Liban, porté par une nouvelle génération d’artistes qui explorent des thématiques liées à la crise actuelle. L’exposition « Regards croisés », qui se tient actuellement à la galerie Sursock de Beyrouth, rassemble des œuvres de jeunes artistes libanais abordant les sujets de la résilience, de la migration et de la fracture sociale. L’artiste Hiba Raad présente une installation intitulée « Murs de silence », composée de fragments de journaux brûlés symbolisant la censure et l’effacement des voix critiques. Le quotidien souligne que ces expositions attirent un public diversifié, désireux de trouver dans l’art une forme de réflexion et de catharsis collective (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
Al Binaa aborde la question des industries culturelles et créatives comme moteur potentiel de développement économique au Liban. Selon un rapport de l’UNESCO cité par le quotidien, les industries culturelles – cinéma, design, mode et artisanat – pourraient jouer un rôle clé dans la relance économique en créant des emplois et en stimulant les exportations. Toutefois, le secteur reste entravé par le manque de soutien gouvernemental et les difficultés liées à la crise économique. Des experts appellent à la mise en place de politiques publiques en faveur des créateurs locaux et à la promotion du « Made in Lebanon » sur les marchés internationaux (Al Binaa, 17 décembre 2024).
Al Quds met en lumière les efforts des associations culturelles pour promouvoir la lecture et l’éducation artistiquedans les régions rurales. À Baalbek, l’association « Kitabouna » a ouvert une bibliothèque mobile qui dessert plusieurs villages, offrant aux enfants un accès gratuit à des livres et à des ateliers créatifs. Une responsable de l’association déclare : « Nous croyons que la culture peut transformer les vies, même dans les moments les plus difficiles ». Le journal souligne que ces initiatives, souvent menées par des bénévoles, constituent un rempart contre l’abandon scolaire et la marginalisation culturelle des régions éloignées (Al Quds, 17 décembre 2024).
Enfin, Ad Diyar revient sur la récente polémique autour de la censure des œuvres culturelles. Plusieurs films et livres ont été interdits ces derniers mois par la direction de la Sûreté générale pour des raisons politiques ou religieuses. Des artistes et intellectuels dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et appellent à la réforme des lois régissant la censure au Liban. Le réalisateur Ziad Haddad déclare : « La censure n’est pas une solution. Elle étouffe la créativité et nous empêche d’affronter nos réalités ». Selon Ad Diyar, la controverse a relancé le débat sur le rôle de l’art dans une société en crise (Ad Diyar, 17 décembre 2024).
Sport
La presse libanaise du 17 décembre 2024 met en lumière plusieurs événements sportifs marquants, tant au niveau local qu’international. Le Liban est témoin d’une effervescence autour des compétitions nationales malgré les difficultés économiques, tandis que des enjeux internationaux suscitent l’attention des observateurs.
An-Nahar rapporte les derniers développements concernant le championnat libanais de football qui a repris malgré une organisation marquée par des contraintes financières. Les clubs locaux, en difficulté, continuent de disputer des matchs avec des budgets réduits, une situation qui affecte directement les joueurs et entraîneurs. Selon le journal, l’équipe Al Ahed demeure en tête du classement après sa victoire contre Nejmeh (2-1), consolidant sa position de favori pour le titre. Toutefois, des experts soulignent les défis structurels que traverse le football libanais, notamment l’absence de financements stables et d’infrastructures adaptées pour accueillir les rencontres sportives. Un entraîneur local témoigne : « Le football libanais survit grâce à la passion des joueurs et des supporters, mais cela ne suffira pas à long terme » (An-Nahar, 17 décembre 2024).
Al Akhbar met en avant la croissance du basketball au Liban, un sport qui continue de rassembler un public fidèle malgré les difficultés économiques. La Ligue libanaise de basketball (LBL) a enregistré une augmentation de l’audience cette saison, avec des matchs serrés entre les clubs historiques comme Riyadi, Sagesse et Champville. Le journal précise que le succès de cette discipline repose en grande partie sur le soutien des sponsors privés et des fans inconditionnels qui considèrent le basketball comme une véritable institution culturelle. Selon un responsable de la LBL : « Le basketball est plus qu’un sport pour les Libanais, c’est un symbole de résilience et de fierté nationale » (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Nida’ Al Watan évoque la participation du Liban aux Jeux Arabes 2024, qui se sont déroulés cette année en Algérie. La délégation libanaise, composée de 85 athlètes, a remporté un total de 12 médailles, dont 3 en or. Le quotidien met en avant les performances exceptionnelles des nageurs libanais et des équipes de taekwondo, qui ont brillé malgré des conditions d’entraînement limitées. Toutefois, le journal critique le manque de soutien gouvernemental, affirmant que ces succès sont le fruit des efforts individuels des athlètes et de leurs entraîneurs. « Nos champions méritent un soutien à la hauteur de leur potentiel, mais ils se battent seuls pour hisser le drapeau libanais sur la scène régionale », déclare un responsable sportif (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
Al Sharq Al Awsat se concentre sur les défis du sport féminin au Liban. Le journal rapporte que de plus en plus de jeunes femmes s’engagent dans des disciplines comme le football, le basketball et l’athlétisme, brisant ainsi des stéréotypes profondément enracinés. L’équipe nationale féminine de football, en particulier, a enregistré des progrès notables avec des victoires récentes lors de matchs amicaux contre des équipes régionales. Une joueuse de l’équipe témoigne : « Nous voulons montrer que les femmes libanaises peuvent exceller dans tous les domaines, y compris le sport ». Al Sharq Al Awsat met toutefois en lumière les défis persistants, notamment le manque de compétitions régulières et de financements dédiés au développement du sport féminin (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
Al Quds revient sur l’engagement croissant des associations sportives pour promouvoir le sport dans les régions rurales du Liban. Avec le soutien d’ONG internationales, des programmes d’éducation sportive ont été lancés pour les jeunes dans les zones défavorisées comme Akkar et la Békaa. L’objectif de ces initiatives est de lutter contre le décrochage scolaire et de promouvoir des valeurs de discipline et de coopération. Le journal cite un coordinateur de projet : « Le sport est un outil puissant pour offrir de nouvelles perspectives aux jeunes qui grandissent dans des conditions difficiles » (Al Quds, 17 décembre 2024).
Par ailleurs, Al Binaa rapporte la participation du coureur libanais Ali Haddad au Marathon de Dubaï 2024, où il a réalisé un temps exceptionnel de 2 heures et 15 minutes, le plaçant parmi les 20 premiers participants. Cette performance a été saluée comme un exploit, compte tenu du manque de soutien logistique et financier pour les athlètes libanais. Le quotidien souligne que Haddad s’est entraîné dans des conditions précaires, sans accès à des équipements modernes ni à des pistes adaptées. Le coureur a déclaré : « Mon objectif est de représenter le Liban dans des compétitions internationales et d’inspirer la jeunesse à poursuivre ses rêves » (Al Binaa, 17 décembre 2024).
Enfin, Ad Diyar aborde les répercussions des crises économiques et politiques sur les fédérations sportives au Liban. Le journal souligne que plusieurs compétitions locales ont dû être annulées ou reportées faute de financements. Les responsables des fédérations alertent sur l’effondrement imminent du système sportif national si des solutions durables ne sont pas trouvées. Selon eux, l’absence de politiques publiques en faveur du sport met en péril l’avenir de plusieurs disciplines et prive les jeunes talents de possibilités d’épanouissement. Ad Diyar rapporte que des réunions entre le ministère des Sports et des représentants des clubs sont prévues en janvier pour tenter de trouver des solutions temporaires (Ad Diyar, 17 décembre 2024).
International
Les journaux du 17 décembre 2024 mettent en lumière les tensions persistantes sur plusieurs fronts internationaux, notamment les conflits en cours, les rivalités économiques et diplomatiques ainsi que les défis humanitaires qui en résultent.
Al Sharq Al Awsat revient sur la situation en Mer Rouge, où les attaques contre les navires commerciaux continuent d’inquiéter la communauté internationale. Les Houthis, soutenus par l’Iran, sont accusés d’être responsables de ces actes, visant à perturber les routes maritimes stratégiques. Les États-Unis, en coordination avec des alliés européens, ont renforcé leur présence militaire dans la région pour sécuriser les flux commerciaux. Le quotidien cite des experts qui mettent en garde contre une escalade imminente, car les représailles pourraient entraîner des affrontements directs entre les forces américaines et les milices houthis. Selon un analyste militaire, « cette crise met en péril non seulement l’économie régionale, mais aussi les chaînes d’approvisionnement mondiales » (Al Sharq Al Awsat, 17 décembre 2024).
De son côté, Al Binaa se concentre sur les négociations entre l’Arabie saoudite et l’Iran, qui se poursuivent malgré les tensions régionales. Après l’accord de normalisation signé plus tôt cette année, les deux puissances cherchent à établir des bases de coopération économique et sécuritaire. Toutefois, Téhéran insiste pour que Riyad joue un rôle actif dans la levée des sanctions économiques internationales imposées à l’Iran. Des diplomates iraniens cités par le journal soulignent que l’Arabie saoudite pourrait faciliter des discussions indirectes avec les États-Unis pour alléger les pressions économiques sur l’économie iranienne. Toutefois, la méfiance mutuelle entre les deux pays demeure un frein majeur aux avancées concrètes (Al Binaa, 17 décembre 2024).
An-Nahar International rapporte les répercussions économiques et politiques de la guerre en Ukraine, qui se poursuivent sans perspective de résolution immédiate. L’Union européenne s’apprête à adopter un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, visant notamment les exportations d’énergie et les entreprises qui contournent les restrictions existantes. Le quotidien précise que ces sanctions visent à affaiblir l’économie russe, mais leurs effets sur les États européens restent préoccupants. Plusieurs pays, dont l’Allemagne et la Hongrie, craignent une aggravation de la crise énergétique avec l’arrivée de l’hiver. Un économiste européen cité par le journal affirme : « Ces sanctions ont un coût réel pour les citoyens européens, qui subissent déjà une inflation élevée et une baisse de leur pouvoir d’achat »(An-Nahar International, 17 décembre 2024).
Nida’ Al Watan met en lumière la situation humanitaire en Gaza, où la population continue de subir les conséquences des récents conflits. Le quotidien rapporte que les infrastructures essentielles, comme les hôpitaux et les écoles, sont en ruine après des mois de bombardements intensifs. Les organisations internationales, dont l’ONU et le Croissant-Rouge, appellent à un cessez-le-feu durable pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire. Toutefois, les efforts diplomatiques restent bloqués par des divisions au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment en raison des positions divergentes des États-Unis et de la Russie. Selon un responsable humanitaire cité par le journal : « Les habitants de Gaza paient le prix de l’inaction politique internationale » (Nida’ Al Watan, 17 décembre 2024).
Al Quds aborde la montée des tensions en Corée du Nord, qui a récemment procédé à un nouvel essai de missile balistique. Pyongyang justifie ces actions comme une réponse aux exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud. Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a déclaré que son pays « n’hésitera pas à recourir à des mesures radicales pour défendre sa souveraineté ». Le quotidien souligne que ces essais ravivent les inquiétudes concernant une possible escalade nucléaire dans la région, tandis que les tentatives de dialogue entre Washington et Pyongyang restent dans l’impasse depuis plusieurs années (Al Quds, 17 décembre 2024).
Par ailleurs, Al Akhbar analyse la situation en Afrique de l’Ouest, marquée par l’augmentation des coups d’État militaires dans plusieurs pays comme le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Le journal rapporte que ces changements de régime, souvent soutenus par des mouvements populaires lassés de la corruption des gouvernements civils, sont également liés à des influences étrangères, notamment russes et chinoises. La France, longtemps puissance dominante dans la région, voit son influence s’effriter face à l’arrivée de nouveaux acteurs économiques et militaires. Al Akhbar précise que ces dynamiques posent un défi majeur à la stabilité régionale et à la lutte contre le terrorisme islamistedans le Sahel (Al Akhbar, 17 décembre 2024).
Enfin, Ad Diyar revient sur l’évolution des relations entre la Chine et l’Amérique latine, qui connaissent un nouvel essor économique. La Chine a renforcé ses investissements dans plusieurs secteurs clés, comme les infrastructures, les mines et l’agriculture en Argentine, au Brésil et au Chili. Cette présence croissante de Pékin suscite des préoccupations aux États-Unis, qui voient en ces initiatives une tentative stratégique pour étendre son influence mondiale. Ad Diyar souligne que ces relations économiques permettent aux pays d’Amérique latine de diversifier leurs partenariats, mais les experts alertent sur les risques de dépendance économique vis-à-vis de la Chine (Ad Diyar, 17 décembre 2024).



