dimanche, février 22, 2026

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Revue de presse du 17 octobre: la fin des illusions des garanties américaines

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1. Front sud : Destruction de Nabatiyeh et échec des garanties américaines

La ville de Nabatiyeh, située dans le sud du Liban, a été frappée par l’une des offensives israéliennes les plus violentes depuis le début du conflit. Comme le rapportait An-Nahar, la destruction de la mairie de Nabatiyeh par une frappe aérienne israélienne a marqué une nouvelle escalade dans l’agression, causant la mort du maire Ahmad Kahil, de plusieurs membres du conseil municipal et de fonctionnaires présents sur les lieux, ainsi que de civils. En tout, 16 personnes ont trouvé la mort et plus de 52 personnes ont été blessées dans cette attaque dévastatrice. Les habitants de la ville sont plongés dans une situation d’urgence, alors que des corps sont encore recherchés sous les décombres, augmentant le bilan des pertes humaines.

Cette attaque contre Nabatiyeh s’inscrit dans une stratégie plus large de l’armée israélienne visant à paralyser les infrastructures civiles libanaises et à faire pression sur la population locale. Israël a frappé non seulement la mairie mais aussi la Sarraïe de Nabatiyeh, détruisant une grande partie de ce bâtiment administratif clé, un symbole de l’autorité locale dans la région. D’autres infrastructures essentielles, telles que des hôpitaux, des centres de distribution d’aide humanitaire et des marchés, ont été touchées, mettant en péril les efforts de secours.

Face à cette situation tragique, le Premier ministre libanais Najib Mikati a exprimé sa colère et sa consternation, critiquant vivement l’inaction de la communauté internationale, en particulier des Nations Unies, qui, selon lui, ne font pas assez pour arrêter l’offensive israélienne. Dans ses déclarations, rapportées par An-Nahar, Mikati a souligné que le Conseil de sécurité de l’ONU semblait incapable d’intervenir de manière décisive pour arrêter la violence. Les garanties américaines, qui avaient été évoquées plus tôt, promettant une réduction des frappes aériennes sur Beyrouth et les zones avoisinantes, se sont rapidement révélées insuffisantes, voire inexistantes. Quelques heures à peine après l’annonce de Mikati concernant ces soi-disant garanties, des frappes ont touché la banlieue sud de Beyrouth, notamment dans le quartier de Haret Hreik.

Dans ce contexte, Jeanine Hennis-Plasschaert, la coordinatrice spéciale de l’ONU au Liban, a une nouvelle fois rappelé l’importance de protéger les civils. Elle a déclaré que les violations du droit international humanitaire étaient « totalement inacceptables » et que la communauté internationale devait intervenir de manière plus énergique pour obtenir un cessez-le-feu immédiat. Mais en dépit de ces appels, le terrain continue de brûler sous les frappes israéliennes, alors que les populations civiles sont prises au piège entre les bombardements et la destruction progressive de leurs villes et villages.

2. La stratégie israélienne et la résistance : Analyse d’Al-Akhbar

La situation, telle qu’elle est décrite par Al-Akhbar, semble refléter une stratégie délibérée d’Israël visant à tester les limites de la patience internationale tout en cherchant à épuiser la résistance libanaise, principalement incarnée par le Hezbollah. Le journal évoque les frappes systématiques sur des infrastructures civiles et sur des cibles symboliques comme la mairie de Nabatiyeh, qui s’inscrivent dans une tentative de briser la cohésion sociale du Liban et de créer un sentiment de panique généralisée.

Pour Israël, comme le rapporte Al-Akhbar, ces frappes visent à ouvrir la voie à ce que l’on appelle le « jour d’après le Hezbollah ». Le quotidien analyse cette perspective en lien avec les intérêts américains et européens au Liban, évoquant des discussions en coulisses sur la manière de reconstruire le pays sans la présence du Hezbollah. Les États-Unis, notamment, envisagent de s’appuyer sur des factions politiques locales et des groupes de la société civile pour diriger un Liban affaibli, une fois le Hezbollah « éliminé » de l’équation politique. Ce plan, que l’on pourrait résumer comme une tentative de mise sous tutelle américaine du Liban, repose sur l’idée que le Hezbollah serait sur le point de s’effondrer sous les coups répétés d’Israël et que l’armée libanaise, avec à sa tête le général Joseph Aoun, jouerait un rôle clé dans la stabilisation du pays après la guerre.

Cette vision américaine du Liban post-conflit s’accompagne de propositions d’aide militaire de la part des Émirats arabes unis et d’autres alliés arabes, qui envisagent de fournir des armes et du soutien logistique à l’armée libanaise. La France, de son côté, aurait les yeux rivés sur des secteurs stratégiques comme le port de Beyrouth, qu’elle considère comme un levier économique crucial dans la reconstruction du pays.

Cependant, Al-Akhbar met en garde contre les illusions américaines : le Hezbollah, loin d’être affaibli, montre une résilience impressionnante sur le terrain. Le journal rappelle que la résistance libanaise a infligé des pertes significatives à l’armée israélienne, en particulier dans les combats autour de Aita al-Shaab et Maroun al-Ras, où des embuscades ont causé la mort de nombreux soldats israéliens. Malgré la censure militaire imposée en Israël, des médias israéliens ont reconnu ces pertes, et des divergences commencent à émerger au sein de l’état-major israélien sur la gestion de l’offensive. Le Hezbollah, bien qu’il subisse des pertes matérielles et humaines, continue de tenir ses positions et de riposter avec des attaques ciblées, notamment par le biais de ses missiles de précision.

En outre, Al-Akhbar souligne que la tactique du Hezbollah sur le terrain est en constante adaptation. Face à la superiorité technologique israélienne, le Hezbollah opte pour des stratégies d’embuscades, de frappes surprises et d’utilisation de terrains escarpés pour neutraliser l’aviation israélienne et les forces terrestres. Ce type de guerre asymétrique inflige des dommages importants à l’armée israélienne et prouve que les objectifs d’Israël, à savoir désarmer et déloger le Hezbollah, sont loin d’être atteints.

3. Les enjeux politiques et diplomatiques : l’ombre de Taëf et du 1701

Sur le plan diplomatique, les appels à un retour à l’accord de Taëf et à l’application stricte de la résolution 1701résonnent dans la classe politique libanaise. Comme le rapporte Al-Binaa, le président du Parlement Nabih Berri, le Premier ministre Najib Mikati et l’ancien chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt ont appelé à la cessation immédiate des hostilités et à un renforcement de l’armée libanaise dans le sud du pays, en accord avec la résolution de l’ONU.

L’idée d’un dialogue national autour de la mise en œuvre complète du 1701 semble gagner du terrain, même si des dissensions subsistent au sein de la classe politique libanaise. Certains acteurs, comme Joumblatt, plaident pour un retour aux fondements de l’accord de Taëf, qu’ils considèrent comme la seule solution viable pour maintenir l’unité et la stabilité du Liban. Joumblatt a également exprimé son scepticisme quant aux garanties américaines et a critiqué ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation du conflit par certaines puissances internationales pour faire avancer leurs agendas politiques au Liban.

La résolution 1701, qui a mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, prévoit le désarmement de toutes les milices au Liban et le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays. Cependant, plus de 17 ans après son adoption, cette résolution est loin d’être pleinement appliquée. Le Hezbollah conserve une présence militaire significative dans le sud du Liban, et les affrontements actuels montrent que la situation est loin d’être stabilisée.

Pour Nabih Berri, le déploiement de l’armée libanaise reste une priorité, mais cela ne pourra se faire sans un soutien international accru, notamment de la part de la France et des États-Unis, qui ont été appelés à fournir une aide militaire pour renforcer la capacité de défense du Liban. Cependant, comme l’indique An-Nahar, le soutien international est loin d’être unanime, et les discussions en coulisses révèlent des divergences entre les acteurs internationaux sur la manière de traiter la question libanaise dans le contexte du conflit plus large au Moyen-Orient.

4. Réactions locales et internationales : La résistance libanaise en échec ou en force ?

Les divergences de vues entre la communauté internationale et les acteurs libanais sont également illustrées par la position des Nations Unies et de l’Union européenne. Alors que la France et d’autres pays européens réitèrent leur soutien à la FINUL (Forces intérimaires des Nations Unies au Liban), l’administration américaine semble se concentrer sur des objectifs à plus long terme, cherchant à remodeler le paysage politique libanais post-conflit, notamment en misant sur l’armée libanaise et d’autres forces locales pour contrer l’influence du Hezbollah.

Comme le rapporte Al-Akhbar, les États-Unis envisagent de plus en plus sérieusement la possibilité d’une escalade à plus grande échelle, avec des frappes ciblées sur les installations nucléaires iraniennes et une intensification des sanctions économiques contre l’Iran et ses alliés régionaux, notamment le Hezbollah. La politique américaine dans la région semble ainsi s’inscrire dans une stratégie d’affrontement direct avec ce qu’elle appelle l’« axe de la résistance », qui inclut le Hezbollah, le Hamas, et d’autres factions alliées de l’Iran au Moyen-Orient.

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