Les grands titres de la presse libanaise et arabe du 18 septembre 2025 mettent en lumière une actualité dominée par la guerre dans la bande de Gaza, les tensions politiques internes au Liban, les protestations sociales croissantes et les perspectives électorales incertaines. Plusieurs journaux soulignent la convergence de crises multiples affectant à la fois le Liban et son environnement régional immédiat.
Escalade à Gaza et ses répercussions régionales
L’évolution du conflit à Gaza est omniprésente dans les couvertures. Selon Al Quds du 18 septembre 2025, Israël a poursuivi ses opérations militaires dans la bande de Gaza, entraînant la mort de 75 Palestiniens en une seule journée, dont 53 à Gaza même. Les bombardements israéliens ont visé des installations civiles, dont les réservoirs d’eau et le générateur électrique de l’hôpital Al-Rantisi, causant l’indignation du ministère palestinien de la Santé. L’armée israélienne a également coupé les communications dans certaines zones, rendant la ville « quasi-isolée » selon le même journal.
Al Bina’ rapporte pour sa part que le nombre total de martyrs à Gaza a dépassé les 100, et cite des analystes israéliens qui attribuent le ralentissement des opérations terrestres à un manque de troupes et à la crainte pour les otages détenus par la résistance palestinienne.
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La dimension régionale du conflit est soulignée par Al Sharq Al Awsat, qui évoque une proposition européenne visant à suspendre un accord commercial avec Israël et à imposer des tarifs douaniers sur les produits israéliens, en réponse à ce que l’Union européenne qualifie de violations du droit international humanitaire. Ce même journal note que les frappes israéliennes n’ont pas cessé malgré les accusations d’« épuration ethnique » formulées par plusieurs ONG.
Dans ce contexte, Ad Diyar attire l’attention sur le soutien implicite de Donald Trump à la stratégie israélienne à Gaza, affirmant que le président américain voit dans ce conflit une opportunité de transformer la région de Gaza en zone de développement économique et touristique pilotée par des investisseurs internationaux.
Crise politique et électorale au Liban
Sur la scène intérieure libanaise, la question des élections parlementaires et la recomposition politique du paysage font la une. Al Joumhouriyat met en avant l’intensification des tractations entre les formations politiques autour de la modification de la loi électorale. Le journal précise que le président de la République, Joseph Aoun, a envoyé son conseiller André Rahal pour rencontrer Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, afin d’évaluer les positions respectives avant une éventuelle relance du processus législatif.
L’incertitude règne néanmoins. Selon Ad Diyar, des voix au sein des milieux politiques jugent que les conditions régionales rendent hypothétique la tenue des élections dans les délais. Le journal évoque le spectre d’un « ouragan régional » susceptible de perturber les échéances nationales et d’aggraver l’instabilité actuelle.
Parallèlement, Al Akhbar insiste sur la pression américaine pour parvenir à un accord sécuritaire entre le Liban et Israël, comparable à celui discuté entre Tel-Aviv et Damas. Des sources diplomatiques citées affirment que Washington encourage Beyrouth à intégrer le désarmement du Hezbollah dans ses engagements sécuritaires, en vue d’un redéploiement des investissements étrangers.
Mouvements de contestation et tensions sociales
La situation économique continue de nourrir les frustrations sociales. Annahar du 18 septembre 2025 consacre une large part de sa une aux manifestations des militaires retraités, qui ont bloqué plusieurs routes stratégiques à Beyrouth, notamment entre le Ring et la place Riad el-Solh. Le journal publie une photo d’un manifestant portant une pancarte « لقد نفذ صبرنا » (notre patience a atteint ses limites), illustrant la colère croissante d’une catégorie longtemps perçue comme pilier du système.
Ad Diyar détaille les intentions des protestataires, qui menacent désormais de bloquer l’aéroport international de Beyrouth et le port maritime si leurs revendications salariales ne sont pas satisfaites. Le journal cite un représentant du mouvement des retraités affirmant que leurs droits sont bafoués et que leur mobilisation n’a rien de politique, mais est purement sociale et économique.
Réflexions géopolitiques et répercussions libanaises
Al Akhbar et Al Bina’ développent des analyses convergentes sur la réorganisation géopolitique de la région. La résistance libanaise, selon ces journaux, se sent renforcée par l’enlisement israélien à Gaza et les limites de l’intervention américaine. Le quotidien Al Bina’ cite notamment les déclarations du journaliste Nasser Kandil affirmant que « la résistance a imposé un nouvel équilibre dans toute discussion sur le Liban, la Syrie ou la Palestine ».
Cette lecture est renforcée par Al Quds, qui rapporte les efforts de négociation entre la Syrie et Israël autour de la province de Soueïda, et note le rôle actif de l’envoyé américain Thomas Barak dans la tentative de stabilisation de la frontière sud du Liban par ricochet.
Al Sharq ajoute que des discussions sont en cours entre Beyrouth et des partenaires étrangers autour de la révision de la loi électorale et de la réactivation de l’aide internationale, ce qui dépendrait en grande partie de l’alignement sécuritaire et de la pacification des zones frontalières.
Multiplication des signes d’instabilité
Enfin, les journaux soulignent l’atmosphère de précarité généralisée. Nida’ Al Watan publie des encarts éparpillés où transparaît le malaise social, allant de petites annonces d’infirmières à la recherche d’un emploi à des signaux de décrochage éducatif.
Cette image est complétée par Al Joumhouriyat, qui revient sur les discussions autour du désarmement du Hezbollah. Le journal cite des diplomates occidentaux selon lesquels « la stabilité du Liban passe désormais par une mise en œuvre rapide des engagements sécuritaires pris par le gouvernement ».
Politique locale : blocages institutionnels, débats électoraux et stratégie des partis
L’actualité politique libanaise du 18 septembre 2025 est dominée par une recomposition des alliances, des tensions internes autour de la loi électorale et un climat institutionnel toujours marqué par le vide et les affrontements politiques. Les journaux libanais analysent ces dynamiques en soulignant l’importance des rendez-vous à venir, l’agenda des partis politiques et les manœuvres en coulisses.
Dialogue bloqué et repositionnements partisans
Al Joumhouriyat du 18 septembre 2025 évoque un regain de contacts entre la présidence de la République et le Hezbollah. Le quotidien rapporte une rencontre entre le conseiller du président Joseph Aoun, le général André Rahal, et le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad. Selon le journal, cette entrevue a porté sur « plusieurs dossiers d’intérêt national » et s’est tenue « dans un climat de compréhension mutuelle ». Toutefois, l’article souligne que ces signes d’ouverture n’effacent pas les divergences structurelles entre les partis, notamment autour des enjeux électoraux.
Al Akhbar consacre également plusieurs articles aux préparatifs politiques et souligne les attentes de plusieurs forces en ce qui concerne un éventuel dialogue national. L’incertitude quant à la tenue des élections législatives prévues en 2026 pèse sur le calendrier politique. Le journal rappelle que plusieurs partis insistent sur la nécessité d’une nouvelle loi électorale, tandis que d’autres redoutent que ces débats ne soient utilisés pour prolonger le statu quo.
Débats autour de la loi électorale
Al Sharq rapporte que la loi électorale actuelle fait l’objet de critiques croissantes, en particulier de la part des partis d’opposition. Le quotidien mentionne que des propositions ont été déposées pour revoir le mode de scrutin, notamment en matière de découpage des circonscriptions et de seuils électoraux. Des députés, selon le journal, plaident pour une meilleure représentativité des expatriés et une réforme du vote préférentiel, accusé de favoriser les notabilités au détriment des nouveaux venus.
Dans ce contexte, Ad Diyar évoque les manœuvres en cours au sein du Parlement. Le journal rapporte que plusieurs commissions sont en train d’examiner les amendements proposés, mais que les divisions profondes entre blocs parlementaires rendent improbable l’adoption d’un texte consensuel à court terme. Le journal évoque même le risque d’un report des élections si aucun accord n’est trouvé.
Le Hezbollah et les lignes rouges sécuritaires
Selon Al Joumhouriyat, le désarmement du Hezbollah reste un sujet de fond dans les discussions politiques, bien que non officiellement inscrit à l’ordre du jour. Un diplomate occidental cité dans le journal affirme que « la mise en œuvre de l’engagement du gouvernement libanais en faveur du monopole de la force publique est scrutée par Washington ». Ce même diplomate juge que « le statu quo n’est plus tenable » et que « le Liban sera contraint d’agir s’il veut préserver le soutien international ».
Al Akhbar dénonce pour sa part cette pression extérieure et qualifie les discussions autour du désarmement de tentative de « reconfiguration stratégique » dictée par l’étranger. Le journal, citant des sources proches du Hezbollah, affirme que le parti considère toute tentative de toucher à son arsenal comme « une ligne rouge » liée à l’équilibre de dissuasion avec Israël. Cette posture est également relayée par Al Bina’, qui insiste sur l’impact des guerres régionales dans la définition de la stratégie du Hezbollah.
Position du Courant patriotique libre et jeu présidentiel
L’absence d’un consensus présidentiel se fait toujours sentir. Al Joumhouriyat rappelle que malgré l’élection de Joseph Aoun à la présidence, plusieurs partis, dont le Courant patriotique libre (CPL), critiquent la gestion du processus de nomination des hauts fonctionnaires et l’approche sécuritaire de l’exécutif.
De son côté, Nahar mentionne un regain d’activisme de la part de Gebran Bassil, chef du CPL, qui chercherait à regagner du terrain dans l’opinion publique à travers des déclarations sur la réforme administrative et la lutte contre la corruption. Le journal évoque une récente tournée de Bassil dans plusieurs régions, notamment dans le Metn, où il aurait insisté sur la nécessité d’un partenariat « équilibré et équitable » entre les chrétiens et les autres composantes nationales.
Retour du clivage entre souverainistes et résistants
Al Sharq Al Awsat observe une résurgence du discours binaire opposant les forces dites souverainistes aux défenseurs de la résistance. Ce clivage, bien que tempéré par la nécessité de compromis parlementaires, se traduit par des divergences sur les grands dossiers : politique étrangère, désarmement, relations avec la Syrie, rôle de l’armée.
Selon Ad Diyar, cette polarisation est renforcée par les pressions économiques qui alimentent les discours populistes. Plusieurs figures politiques, à droite comme à gauche, adoptent des rhétoriques musclées pour mobiliser leur base. Cela rend plus difficile l’émergence de majorités transversales au Parlement, comme le montrent les difficultés rencontrées pour faire avancer la réforme judiciaire ou la mise en œuvre du plan de redressement économique.
Poids croissant des revendications sociales
Les partis politiques sont également sous pression croissante de la rue. Annahar consacre un reportage aux manifestations organisées par les militaires retraités. Le journal note que plusieurs partis traditionnels tentent de capitaliser sur ces mouvements en soutenant les revendications, mais sans les encadrer directement. Le risque de récupération politique de la colère sociale est souligné par Ad Diyar, qui avertit contre une instrumentalisation à des fins électorales.
Par ailleurs, Al Akhbar critique l’attitude du gouvernement de Nawaf Salam face à ces mobilisations, estimant que le Premier ministre adopte une posture attentiste face aux revendications sociales, afin de préserver une fragile stabilité gouvernementale.
L’armée comme acteur politique implicite
Enfin, Al Liwa’ souligne le rôle croissant de l’armée libanaise dans l’équilibre des pouvoirs. Le journal consacre un encart à la popularité du commandement militaire, perçu comme le dernier rempart institutionnel dans un pays marqué par la défiance envers les élites. Le président Joseph Aoun, ancien chef de l’armée, continue de bénéficier d’un soutien implicite de la part de certaines chancelleries occidentales, selon le journal.
Mais cette position est fragile. Al Quds rapporte que certaines formations politiques voient d’un mauvais œil l’influence persistante des militaires dans la vie politique, et appellent à un retour strict au cadre civil et constitutionnel.
Politique internationale : guerre à Gaza, repositionnements diplomatiques et tensions globales
La presse du 18 septembre 2025 accorde une large place à la guerre en cours dans la bande de Gaza, à ses implications diplomatiques et militaires, ainsi qu’aux reconfigurations géopolitiques provoquées par les alliances changeantes entre grandes puissances. Les journaux régionaux et internationaux soulignent les fractures qui traversent les instances internationales, les divisions croissantes entre l’Occident et les pays du Sud global, ainsi que les tensions persistantes sur plusieurs fronts internationaux.
Intensification des opérations israéliennes à Gaza
La guerre à Gaza constitue le principal axe de couverture des pages internationales. Al Quds du 18 septembre 2025 annonce que 75 Palestiniens ont été tués en 24 heures, dont 53 dans la seule ville de Gaza, en raison de frappes aériennes intensives. Le journal décrit des attaques ayant visé des infrastructures civiles, notamment le centre de santé Al-Rantisi, dont le générateur électrique et les réservoirs d’eau ont été détruits, entraînant des difficultés majeures pour les services hospitaliers.
Les frappes ont également ciblé des habitations à Rafah, où des familles entières ont péri, selon le journal. Al Qudsqualifie ces opérations d’« escalade systématique » et affirme que les forces israéliennes poursuivent leur stratégie de siège complet de la bande de Gaza.
Al Bina’ rapporte que le nombre total de morts palestiniens depuis le début du conflit dépasse les 100, avec un pic au cours des dernières 48 heures. Le journal cite des sources militaires israéliennes selon lesquelles l’armée hésite à engager des opérations terrestres massives de peur de lourdes pertes et de la réaction de l’opinion publique israélienne. Ces informations sont accompagnées de commentaires selon lesquels le conflit s’enlise, sans perspective de cessez-le-feu immédiat.
Réactions diplomatiques et ruptures internationales
Al Sharq Al Awsat détaille les initiatives diplomatiques entreprises par plusieurs États européens pour sanctionner Israël. Selon le journal, l’Union européenne envisage de suspendre partiellement l’accord de coopération commerciale avec Tel-Aviv, et certains pays membres, comme l’Irlande et la Belgique, plaident pour l’imposition de droits de douane sur les produits israéliens issus des colonies.
Le journal note que ces démarches sont soutenues par une partie du Parlement européen, qui considère les actions israéliennes comme une violation du droit international humanitaire. Toutefois, l’opposition de pays comme l’Allemagne et la Hongrie freine la mise en œuvre rapide de ces sanctions. Al Sharq Al Awsat ajoute que les États-Unis bloquent systématiquement toute résolution du Conseil de sécurité visant à imposer un cessez-le-feu, en raison de leur soutien stratégique à Israël.
Ad Diyar indique de son côté que la Chine et la Russie se positionnent désormais en médiateurs alternatifs. Pékin a appelé à une conférence internationale pour une paix durable au Moyen-Orient, tandis que Moscou propose d’accueillir des négociations indirectes entre le Hamas et Israël. Ces propositions, souligne le journal, n’ont pas été formellement rejetées par Washington, mais ne bénéficient pas non plus d’un soutien actif.
Conséquences régionales du conflit
L’onde de choc de la guerre à Gaza se propage à plusieurs pays de la région. Al Quds mentionne des manifestations de solidarité en Jordanie, en Irak et au Yémen, ainsi qu’un renforcement des dispositifs sécuritaires en Égypte le long de la frontière avec Gaza. Des diplomates arabes interrogés par le journal estiment que l’élargissement du conflit pourrait entraîner une polarisation accrue des alliances régionales.
Al Akhbar rapporte que les pays du Golfe ont entamé une série de concertations en urgence pour évaluer l’impact du conflit sur la stabilité énergétique et commerciale de la région. Le journal cite des sources anonymes évoquant la crainte d’une fermeture temporaire du détroit de Tiran en cas d’escalade. De même, des craintes émergent quant à l’éventuelle activation de milices alliées à l’Iran dans plusieurs pays, ce qui exacerberait les tensions entre Riyad et Téhéran.
États-Unis : repositionnement stratégique et priorités électorales
Sur le plan international, la politique américaine continue de polariser. Al Sharq Al Awsat évoque les récentes déclarations du président Donald Trump, qui a affirmé que « l’élimination du Hamas est un préalable à toute reconstruction durable de Gaza ». Le journal rapporte également que l’administration Trump travaille à un plan économique pour « refondre Gaza sur un modèle de développement inspiré de Dubaï », à condition que le territoire soit placé sous contrôle régional ou international après le conflit.
Ad Diyar analyse cette stratégie comme une tentative de Washington de redéfinir l’ordre régional en combinant pression militaire et promesses économiques. Le journal cite un analyste politique qui considère que « les États-Unis veulent marginaliser les mouvements armés non étatiques tout en réintroduisant une logique de pacte sécuritaire piloté par l’Arabie saoudite, Israël et l’Égypte ».
Cette posture est critiquée dans Al Akhbar, qui accuse Washington de mener une politique à deux vitesses, fondée sur le soutien aveugle à Israël et l’indifférence face aux victimes civiles palestiniennes. Le journal cite plusieurs ONG qui accusent l’administration américaine de complicité de crimes de guerre.
Europe : divisions internes et leadership affaibli
En Europe, la presse met en lumière les difficultés de l’Union européenne à adopter une ligne commune. Al Sharqrapporte que les ministres des Affaires étrangères de l’UE réunis à Bruxelles n’ont pas réussi à s’accorder sur une déclaration conjointe, en raison des divergences entre pays d’Europe de l’Ouest et d’Europe centrale.
Al Quds publie une tribune signée par un ancien diplomate français, qui qualifie la réponse européenne de « confuse et molle », incapable de peser sur les acteurs du conflit. Le texte propose la création d’un envoyé spécial européen permanent pour le Proche-Orient, doté d’un mandat fort, indépendant du cadre de l’ONU.
Chine, Russie et émergence du multilatéralisme alternatif
La montée en puissance diplomatique de la Chine et de la Russie se confirme dans les textes. Al Bina’ souligne que Pékin multiplie les contacts avec les pays arabes pour promouvoir une solution « multipolaire » au conflit. Le journal évoque une initiative sino-russe en cours de discussion à l’ONU pour proposer une trêve humanitaire immédiate.
Ad Diyar note que la Russie tente de réactiver ses canaux diplomatiques au Moyen-Orient via la Syrie, où elle reste militairement présente. Le journal cite des experts russes estimant que l’isolement relatif des États-Unis sur la scène internationale pourrait favoriser l’émergence d’un nouvel équilibre global.
Économie : précarité persistante, attentes financières et résilience informelle
L’actualité économique libanaise du 18 septembre 2025, telle que reflétée par la presse nationale, met en évidence une situation de stagnation alarmante. L’absence de réformes concrètes, l’inefficacité des politiques publiques et la dépendance accrue à l’économie informelle sont au cœur des analyses. Dans un contexte d’épuisement social et de défiance généralisée, les journaux insistent sur la fragilité du système monétaire, la crise des salaires, les limites de l’action de la Banque du Liban, ainsi que l’effondrement des services publics.
Banques sous tension et absence de mesures de redressement
Selon Al Joumhouriyat du 18 septembre 2025, aucune mesure structurelle n’a encore été adoptée pour réformer le secteur bancaire. Le quotidien précise que les négociations avec le Fonds monétaire international restent au point mort, en raison des désaccords entre les principales forces politiques sur la répartition des pertes du secteur financier. Le journal cite un haut fonctionnaire du ministère des Finances affirmant que « sans une restructuration des banques, toute reprise économique est illusoire ».
De son côté, Al Akhbar rapporte que plusieurs petits déposants ont tenté d’organiser un sit-in devant le siège d’une grande banque à Verdun, pour réclamer le déblocage de leurs économies. Le journal indique que l’Association des banques du Liban reste muette sur l’échéancier de restitution des fonds, alors que les banques continuent d’appliquer des restrictions sévères sur les retraits en devises.
Al Bina’ fait état de plaintes répétées contre le flou juridique entourant les comptes bloqués, et affirme que le Conseil d’État n’a toujours pas statué sur les recours déposés par des clients lésés. Le journal souligne que cette situation mine la confiance dans l’ensemble du système financier.
Taux de change, inflation et pouvoir d’achat
La question du taux de change reste centrale dans les débats économiques. Al Joumhouriyat mentionne que la livre libanaise continue de fluctuer autour de 89 000 livres pour un dollar sur le marché parallèle, sans intervention notable de la Banque du Liban. Le gouverneur Karim Souaid, selon Ad Diyar, a adopté une politique de « stabilité passive » fondée sur la limitation des injections de devises et une régulation stricte des transferts en dollars.
Annahar observe que cette approche n’a pas permis de contenir l’inflation, notamment sur les biens de consommation courante. Le journal publie une série de témoignages de ménages confrontés à l’explosion des prix : lait, viande, essence et médicaments sont devenus inaccessibles pour une partie croissante de la population. Un commerçant de Bourj Hammoud, cité anonymement, affirme que « même les produits de première nécessité ne se vendent plus comme avant ».
Al Quds note un écart grandissant entre les prix sur le marché officiel et ceux imposés par les distributeurs dans les régions rurales. Ce phénomène, selon le journal, renforce les inégalités sociales et territoriales.
Salaire des fonctionnaires et pression sur l’État
Al Akhbar revient sur la mobilisation des militaires retraités, en soulignant qu’elle est directement liée à la dévaluation de leurs pensions. Le journal rappelle que les salaires des fonctionnaires sont désormais versés partiellement en dollars et en monnaie locale, selon un taux arbitraire qui varie chaque mois. Cette instabilité pousse de nombreux agents publics à chercher des compléments d’activité dans le secteur privé.
Al Bina’ évoque les difficultés budgétaires du gouvernement, qui n’a pas encore finalisé son projet de loi de finances pour 2026. Le ministère des Finances redoute une chute des recettes fiscales, notamment en raison de la baisse des importations et de la stagnation du secteur immobilier. Selon le journal, le déficit budgétaire pour l’année 2025 devrait dépasser les 8 milliards de dollars, sans perspective de financement externe.
Al Liwa’ rapporte que des discussions sont en cours entre le gouvernement et les représentants de la Banque mondiale pour un éventuel programme de soutien ciblé aux agents publics les plus vulnérables. Le journal précise toutefois que ces aides seraient conditionnées à une réforme du système de subventions, toujours en suspens.
Dégradation des services et économies parallèles
Al Sharq insiste sur la défaillance généralisée des services publics. Le journal rapporte que plusieurs quartiers de Beyrouth sont privés d’électricité pendant plus de 18 heures par jour, tandis que l’approvisionnement en eau reste aléatoire dans les régions de la Bekaa et du Sud. Selon des témoignages recueillis par le journal, les hôpitaux publics sont à nouveau en rupture de stocks de médicaments essentiels.
Face à cette déliquescence, Nida’ Al Watan souligne l’essor de l’économie informelle : écoles privées non agréées, cliniques illégales, réseaux de transport parallèle, et multiplication des groupes de solidarité communautaire. Le journal décrit un pays où l’État n’est plus qu’un acteur marginal dans l’économie quotidienne, remplacé par des initiatives locales, parfois confessionnelles.
Al Sharq Al Awsat note que cette dynamique profite à certains partis politiques, qui utilisent l’aide humanitaire comme levier d’influence. Des ONG citées dans le journal dénoncent un « clientélisme humanitaire » de plus en plus structuré.
Entreprises en survie et fuite des investissements
Les entreprises libanaises continuent de fonctionner dans un climat d’extrême incertitude. Annahar rapporte que plusieurs restaurants emblématiques du centre-ville de Beyrouth ont fermé leurs portes en raison de la baisse de la fréquentation touristique. Le journal cite un responsable du syndicat des hôteliers affirmant que « sans retour massif des expatriés, la saison d’hiver sera désastreuse ».
Ad Diyar publie un article sur le secteur de la construction, en perte de vitesse. Le nombre de permis de construire délivrés par l’ordre des ingénieurs de Beyrouth a chuté de 60 % par rapport à 2024. Le journal explique cette baisse par le renchérissement des matériaux de construction et par la réticence des investisseurs à s’engager dans des projets à moyen terme.
Al Quds évoque également la fuite des capitaux vers la Turquie, Chypre et les Émirats. Des courtiers en placement affirment que la majorité des entrepreneurs libanais privilégient désormais les investissements hors du pays, y compris pour les PME.
Justice : lenteurs judiciaires, pressions politiques et criminalité persistante
La presse libanaise du 18 septembre 2025 révèle un système judiciaire paralysé par les blocages politiques, les conflits de compétence, les lenteurs administratives et une surcharge chronique de dossiers. L’actualité met en lumière une série d’affaires pénales non résolues, des suspicions de corruption au sein des administrations judiciaires, ainsi qu’un sentiment croissant d’impunité face à la recrudescence de crimes violents dans plusieurs régions.
Enquête bloquée sur l’affaire du port de Beyrouth
Selon Annahar du 18 septembre 2025, l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth reste au point mort. Le juge Tarek Bitar, saisi depuis 2021, n’a pas pu reprendre ses travaux en raison de multiples recours déposés contre lui par des anciens ministres et députés inculpés. Le journal précise qu’aucune audience n’a été tenue depuis plusieurs semaines, faute de quorum au sein du Conseil supérieur de la magistrature. Cette paralysie, dénonce Annahar, alimente la colère des familles des victimes, qui ont organisé un nouveau rassemblement devant le Palais de justice pour exiger la reprise des investigations.
Al Joumhouriyat indique que la récente tentative de transfert du dossier à un autre juge d’instruction a échoué, en raison du refus de plusieurs magistrats de s’impliquer dans une affaire « hautement sensible ». Selon une source judiciaire citée anonymement, les pressions politiques exercées sur les juges rendent toute avancée « juridiquement incertaine et politiquement explosive ».
Multiplication des crimes violents et sentiment d’impunité
La presse fait également état de plusieurs crimes violents survenus ces derniers jours. Al Bina’ rapporte le meurtre d’un jeune homme dans la région de Baalbek, dans ce qui semble être un règlement de compte entre clans rivaux. Le journal précise que les forces de sécurité ont ouvert une enquête, mais n’ont procédé à aucune arrestation. Al Sharq revient sur une série de vols à main armée dans la banlieue sud de Beyrouth, impliquant des individus non identifiés circulant à moto. Le journal souligne l’absence de patrouilles régulières et la peur croissante des habitants, notamment dans les zones périphériques.
Ad Diyar mentionne pour sa part un climat d’insécurité à Tripoli, où plusieurs écoles privées ont fermé temporairement après des menaces reçues par des enseignants. Le journal évoque des tentatives d’intimidation par des réseaux liés au trafic de drogue. Selon des témoignages recueillis localement, les auteurs de ces menaces se déplacent librement, en dépit de mandats d’arrêt en cours.
Affaires de corruption dans les services publics
Al Akhbar consacre un dossier aux soupçons de corruption au sein du ministère des Travaux publics. Le journal affirme que plusieurs contrats de sous-traitance ont été attribués sans appel d’offres à des sociétés liées à des personnalités politiques de premier plan. Le journal cite une source judiciaire qui confirme l’ouverture d’une enquête préliminaire, tout en précisant que « les chances d’aboutir sont quasi-nulles en l’absence d’un feu vert politique ».
Dans le même registre, Al Liwa’ indique que des plaintes ont été déposées contre des employés de la Direction des impôts, accusés d’avoir falsifié des documents fiscaux au profit d’entreprises privées. Le journal précise que le parquet financier a été saisi, mais que l’affaire est bloquée par l’absence de juges spécialisés disponibles pour instruire le dossier.
Al Sharq Al Awsat rapporte que plusieurs ONG locales ont adressé un mémorandum au ministre de la Justice pour exiger la création d’un parquet anticorruption autonome. Le journal affirme que cette proposition est soutenue par une partie de la société civile, mais suscite des réticences au sein du Conseil des ministres, où certains y voient une menace pour les équilibres institutionnels.
Défis structurels de la justice libanaise
Al Akhbar souligne les conditions de travail dégradées des magistrats. Plusieurs tribunaux fonctionnent à effectifs réduits, faute de remplacements après les départs à la retraite. Le journal évoque des retards de plus de huit mois dans le traitement de certains dossiers civils à Baabda et Jdeidé. Des magistrats cités affirment que « la surcharge de travail, le manque de moyens et les ingérences politiques découragent les jeunes juges ».
Al Bina’ mentionne une grève partielle des greffiers, protestant contre le non-paiement de leurs indemnités depuis trois mois. Cette grève a entraîné le report de dizaines d’audiences, notamment dans les juridictions commerciales et sociales. Le journal cite un avocat de Beyrouth qui décrit une justice « à deux vitesses, lente pour les pauvres, rapide pour les influents ».
Rôle controversé des services de sécurité
Annahar revient sur le rôle ambivalent des services de sécurité dans le fonctionnement de la justice. Le journal note que plusieurs dossiers sensibles n’ont pas été transmis à la justice militaire, en dépit d’éléments probants collectés par la Sûreté générale. Ce blocage, selon le journal, s’expliquerait par des divergences entre les services de sécurité eux-mêmes sur la conduite des procédures.
Al Quds mentionne une réunion récente entre les hauts responsables de la sécurité et le président Joseph Aoun, au cours de laquelle aurait été abordée la question des interférences politiques dans les enquêtes. Le président aurait exprimé sa volonté de « protéger les institutions judiciaires », mais sans annoncer de mesure concrète.
Revue de Presse Assistant a dit :
Société : fragmentation du tissu social, montée de la précarité et dynamique communautaire
L’analyse des journaux libanais du 18 septembre 2025 met en lumière une société fracturée par les crises économiques successives, la défaillance des institutions, la persistance des inégalités et la montée des formes informelles de solidarité. Les articles abordent les effets de la précarité sur les familles, l’exclusion des plus vulnérables, les adaptations communautaires, ainsi que les résistances sociales dans un climat d’usure collective.
Mobilisation des militaires retraités : entre colère et désespoir
Al Akhbar revient en détail sur la mobilisation des militaires retraités qui s’est déroulée la veille devant le siège du gouvernement à Riad el-Solh. Ces anciens membres de l’armée dénoncent la baisse continue de leur pension, la perte de leur couverture médicale et l’indifférence du pouvoir politique à leur situation. Le journal cite l’un des manifestants, ancien sergent-chef, qui affirme : « J’ai servi le pays pendant 30 ans, et aujourd’hui, je n’ai même plus les moyens d’acheter mes médicaments. » Cette mobilisation illustre la perte de confiance d’une catégorie historiquement loyale à l’État.
Selon Annahar, ces manifestations pourraient se multiplier, dans la mesure où les autres fonctionnaires retraités, notamment les enseignants, s’organisent pour faire entendre leurs doléances. Le journal indique que le gouvernement n’a donné aucune suite aux revendications, ce qui alimente la colère.
Conditions de vie et inégalités sociales
Dans ses pages intérieures, Al Sharq publie un reportage dans le quartier populaire de Tariq el-Jdideh à Beyrouth. Le journaliste décrit un quotidien marqué par les coupures d’eau, les coupures d’électricité prolongées, la fermeture des pharmacies de quartier et l’envolée du coût du gaz domestique. Une mère de famille déclare : « Le matin, on choisit entre acheter du pain ou envoyer les enfants à l’école. »
Al Bina’ consacre également un article à la montée de la pauvreté dans les régions rurales du Nord, notamment à Dinniyeh et Akkar. Les ONG interrogées indiquent que la situation se détériore de mois en mois, avec des familles contraintes de retirer leurs enfants de l’école faute de moyens. Une source humanitaire souligne que « plus de 70 % des aides sont aujourd’hui concentrées dans les zones urbaines, laissant les campagnes dans un état d’abandon ».
Ad Diyar précise que plusieurs associations locales ont signalé une augmentation du nombre de familles vivant en dessous du seuil de pauvreté extrême, estimé à 1,5 dollar par jour. Le journal rapporte que les demandes d’aide alimentaire ont doublé en six mois dans les centres sociaux de la banlieue sud.
Santé : un système à l’abandon
Al Joumhouriyat décrit une situation sanitaire catastrophique. Le journal rapporte que plusieurs hôpitaux publics fonctionnent sans générateur de secours, et que des patients en attente de dialyse ont été transférés d’urgence dans des établissements privés faute d’équipement. Un médecin de l’hôpital gouvernemental de Saïda indique : « Il nous reste quelques jours de stocks de médicaments. Ensuite, ce sera au tour de Dieu. »
Al Liwa’ revient sur les difficultés d’accès aux soins pour les personnes âgées. Selon un rapport de terrain publié dans le journal, de nombreuses familles ne parviennent plus à acheter les médicaments chroniques, notamment ceux contre l’hypertension ou le diabète. Le coût d’un mois de traitement peut atteindre plus de deux fois le salaire minimum.
Éducation : abandon scolaire et initiatives communautaires
Dans Al Sharq Al Awsat, une enquête sur l’état des écoles publiques fait état de classes fermées, de retards de paiement aux enseignants et d’absentéisme croissant. Le journal cite une directrice d’école dans la région de Zahlé qui explique que « les enfants viennent une fois sur deux car leurs parents ne peuvent plus payer les transports ou les repas. »
Face à cela, Al Quds souligne la montée en puissance d’initiatives locales pour pallier les défaillances du système. Des groupes de bénévoles organisent des cours gratuits dans les mosquées ou les églises, avec l’aide d’enseignants à la retraite. Ces efforts permettent d’éviter une déscolarisation massive, mais restent limités à certaines zones urbaines.
Migration et fuite des compétences
Annahar rapporte que la Direction générale de la sécurité générale a reçu plus de 20 000 demandes de passeport depuis le début du mois de septembre, un chiffre en forte hausse. Selon le journal, la majorité des demandeurs sont des jeunes diplômés, des techniciens de santé ou des enseignants. Un responsable du syndicat des professeurs d’université affirme que « sans plan de rétention, nos universités publiques perdront l’essentiel de leurs cadres en moins d’un an. »
Al Akhbar ajoute que les Libanais en partance privilégient désormais l’Afrique de l’Ouest, l’Europe de l’Est et les pays du Golfe, où les procédures de visa sont plus accessibles. Le journal décrit une véritable saignée sociale, avec l’exode de pans entiers de la classe moyenne vers l’étranger.
Résilience informelle et tissu associatif
Face à l’effondrement des structures étatiques, Nida’ Al Watan met en avant la résilience du tissu associatif. Le journal donne l’exemple d’un groupe de jeunes dans la région de Tyr qui ont transformé un ancien dépôt municipal en centre d’accueil pour enfants non scolarisés. Grâce à des dons de la diaspora, ils organisent des ateliers d’alphabétisation, des repas et des activités sportives.
Al Bina’ souligne également le rôle des organisations confessionnelles dans la prise en charge des plus pauvres. Des associations liées aux différentes communautés religieuses distribuent des paniers alimentaires, assurent des soins médicaux de base et fournissent des bourses scolaires. Si ces initiatives évitent l’effondrement total, elles renforcent toutefois la fragmentation communautaire.



