Intensification des frappes israéliennes au Liban-Sud
Le 19 septembre 2025, plusieurs titres de la presse libanaise, notamment Al Joumhouriyat et Ad Diyar, ont rapporté une recrudescence marquée des frappes israéliennes sur le Sud du Liban. Selon Al Joumhouriyat (19 septembre 2025), les bombardements se sont intensifiés sur des localités situées de part et d’autre du fleuve Litani, accompagnés d’opérations de reconnaissance et de diffusion de tracts appelant à l’évacuation des habitants.
Le même jour, Ad Diyar (19 septembre 2025) a décrit ces frappes comme faisant partie d’une opération de « guerre psychologique » menée par Israël, avec pour objectif de provoquer la panique parmi la population civile. L’aviation israélienne aurait ciblé des zones résidentielles en les qualifiant de centres du Hezbollah, ce que les sources locales n’ont pas confirmé. Des sources militaires citées dans ce journal précisent que les frappes auraient coïncidé avec l’anniversaire du déclenchement des hostilités de septembre 2024.
Le président Joseph Aoun, dans des propos rapportés par Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025), a condamné ces frappes, affirmant qu’elles violent les mécanismes de surveillance du cessez-le-feu encadré par l’ONU. Il a indiqué que ces attaques ne respectent ni la souveraineté libanaise ni les engagements pris dans le cadre de la résolution 1701.
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Le veto américain bloque un cessez-le-feu à Gaza
En parallèle, Al Bina’ (19 septembre 2025) signale que les États-Unis ont opposé un veto au Conseil de sécurité de l’ONU contre un projet de résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Ce texte avait reçu l’approbation de quatorze membres sur quinze. L’ambassadrice Morgan Ortagus, représentant l’administration Trump, a justifié cette décision par l’absence d’une clause explicite mentionnant le « droit d’Israël à se défendre ».
Toujours selon Al Bina’ (19 septembre 2025), ce veto intervient alors que les frappes israéliennes ont causé la mort de dizaines de civils dans la bande de Gaza, dont de nombreuses femmes et enfants. Le projet rejeté incluait une demande de libération des otages, mais il n’a pas été jugé suffisant par Washington, ce qui a conduit à l’échec du vote.
Les retombées de cette décision ont été évoquées dans Al Sharq (19 septembre 2025), qui décrit le geste américain comme un feu vert implicite à l’escalade militaire israélienne. Des éditorialistes y voient un affaiblissement du rôle du Conseil de sécurité et une marginalisation de l’ONU dans la résolution du conflit.
Extension des combats à Gaza et sur la frontière jordanienne
D’après Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025), les opérations militaires israéliennes se sont étendues au cœur de la ville de Gaza, avec l’entrée de chars dans les quartiers de Sheikh Radwan et Tel al-Hawa. Ces mouvements sont perçus comme une tentative de prendre le contrôle total du centre-ville, malgré la présence estimée de 7 500 combattants affiliés au Hamas et au Jihad islamique, selon des sources de renseignement israéliennes citées dans ce journal.
Le même jour, une attaque a été menée au point de passage du pont Allenby, reliant la Cisjordanie à la Jordanie. Toujours selon Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025), un ressortissant jordanien aurait ouvert le feu sur des soldats israéliens, causant la mort de deux d’entre eux avant d’être abattu. Cette attaque est la deuxième de ce type en une année à cet endroit.
En réaction, les autorités jordaniennes ont suspendu temporairement les mouvements de voyageurs à travers le pont, et Israël a cessé le transfert d’aide humanitaire depuis la Jordanie vers Gaza, en attendant la fin de l’enquête en cours. Le Hamas, dans un communiqué relayé par le journal, a salué cette attaque, la qualifiant de « réponse légitime aux crimes de guerre » commis à Gaza.
Crise humanitaire à Gaza et alertes internationales
La situation humanitaire dans la bande de Gaza a également été largement couverte par la presse. Al 3arabi Al Jadid(19 septembre 2025) rapporte que quatre nouvelles victimes, dont un enfant, sont décédées à la suite de la famine. La population continue de fuir les zones de combat, souvent à pied ou à bord de véhicules rudimentaires. Des cas d’exode vers la mer ont été observés, avec des Palestiniens tentant de rejoindre des zones plus sûres à la nage.
L’ONG Amnesty International a publié un rapport dénonçant la responsabilité directe de quinze entreprises, dont des firmes américaines, chinoises et européennes, dans la fourniture de technologies militaires à Israël. Ce rapport, mentionné par Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025), appelle à un embargo total sur les exportations d’armement à destination d’Israël.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, cité par Al Bina’ (19 septembre 2025), a réagi à cette situation en saluant une initiative menée par des chercheurs en intelligence artificielle visant à restreindre l’usage militaire de ces technologies. Il a accepté d’ouvrir un débat à l’ONU sur la gouvernance de l’intelligence artificielle en contexte de guerre.
Recomposition géopolitique : Syrie, Israël et diplomatie parallèle
Dans un contexte régional déjà tendu, Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025) a révélé que des négociations sécuritaires sont en cours entre Israël et la Syrie. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad Shaibani, en visite à Washington, a entamé des discussions visant à lever les dernières sanctions économiques pesant sur son pays, notamment celles imposées par le « Caesar Act ».
Toujours selon cette source, les autorités syriennes espèrent conclure plusieurs accords militaires et de sécurité d’ici la fin de l’année. Le rapprochement en cours inclut la mise en place de mécanismes bilatéraux pour réduire les risques d’escalade le long de la frontière et relancer la reconstruction de certaines zones syriennes avec l’appui de fonds internationaux.
Ce dossier, suivi de près par les chancelleries arabes et occidentales, pourrait marquer une réorientation majeure de la diplomatie syrienne et une reconnaissance de facto de l’État israélien, en rupture avec la position traditionnelle de Damas.
Frappes sur Doha et élargissement du théâtre des opérations
Le journal Al Sharq (19 septembre 2025) a également signalé une frappe israélienne ayant visé un site diplomatique à Doha, au Qatar. Selon cette source, le lieu visé accueillait des réunions discrètes entre des représentants du Hamas et des médiateurs qataris, dans le cadre d’efforts de désescalade. L’attaque a été perçue comme un message politique destiné à dissuader toute négociation parallèle sans implication directe de Tel-Aviv.
Cette frappe, qualifiée par Al Sharq (19 septembre 2025) de violation du droit international, s’inscrit dans une série d’actions militaires israéliennes récentes contre des capitales arabes, dont Beyrouth et Damas. Le même article souligne qu’Israël n’a jamais revendiqué officiellement l’attaque, mais que ses responsables ont laissé entendre qu’aucun lieu n’est hors de portée lorsqu’il s’agit d’intérêts stratégiques.
Position officielle du Liban et coordination interne
Dans Ad Diyar (19 septembre 2025), des sources proches de la présidence libanaise ont indiqué qu’un canal de communication a été réactivé entre Baabda et le Hezbollah. Un conseiller du président Joseph Aoun aurait rencontré le député Mohammad Raad afin de discuter d’une feuille de route visant à stabiliser la situation sécuritaire sans rouvrir le débat sur la question des armes du Hezbollah.
Toujours selon Ad Diyar (19 septembre 2025), les discussions ont abouti à une entente sur la nécessité de coordonner les efforts pour organiser les prochaines élections dans les délais prévus, et sur l’importance de préserver la stabilité à tout prix. Des divergences ont néanmoins été exprimées sur la gestion budgétaire du gouvernement, notamment l’absence de provisions pour la reconstruction dans le projet de loi de finances 2026.
Le même jour, Al Joumhouriyat (19 septembre 2025) a rapporté que l’armée libanaise a intensifié ses patrouilles au Sud, tout en soulignant que les violations israéliennes rendent difficile l’application de ses plans opérationnels. Le commandement de l’armée a déclaré que la reprise des hostilités compromet l’ensemble du dispositif de surveillance mis en place avec la FINUL dans le cadre de la résolution 1701.
Rôle de la communauté internationale et pistes diplomatiques
Sur le plan diplomatique, Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025) a évoqué les efforts de Chypre pour intervenir en tant que médiateur dans la crise des otages. Le gouvernement chypriote aurait proposé un mécanisme de communication indirecte entre Israël et le Hamas, en coordination avec des représentants des Nations unies. Cette initiative reste, à ce stade, sans réponse formelle des parties concernées.
Par ailleurs, la France, citée dans Al Sharq (19 septembre 2025), organise un sommet diplomatique à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Ce sommet, prévu pour le 23 septembre, réunira Emmanuel Macron et Mohammed Ben Salman, et vise à mobiliser une coalition internationale en faveur d’un cessez-le-feu et d’une relance du processus de paix israélo-palestinien.
Le Royaume-Uni, selon Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025), envisage une reconnaissance officielle de l’État palestinien. Cette éventualité est appuyée par des figures politiques influentes, dont le maire de Londres, Sadiq Khan, qui a qualifié la situation à Gaza de « génocide ». Cette déclaration tranche avec la prudence du Premier ministre britannique, qui conditionne encore toute reconnaissance à un changement de stratégie de la part d’Israël.
Politique locale : réajustements institutionnels et rivalités politiques sous tension
Rencontre stratégique entre Baabda et le Hezbollah
Le 19 septembre 2025, Ad Diyar a révélé qu’un canal de communication resté inactif entre la présidence de la République et le Hezbollah a été réactivé. Selon ce quotidien, une réunion discrète s’est tenue entre André Rahal, conseiller du président Joseph Aoun, et Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah. L’objectif principal de cette rencontre, qualifiée de « décisive » par Ad Diyar (19 septembre 2025), aurait été de rétablir un minimum de coordination politique alors que les tensions militaires au Sud du pays s’aggravent.
Lors de cette réunion, les deux parties ont choisi d’écarter temporairement la question épineuse de l’unification des armes sous la seule autorité de l’État, afin de préserver la stabilité sécuritaire. Le Hezbollah, selon le même article, a toutefois exprimé son mécontentement concernant le budget 2026, dans lequel aucune enveloppe spécifique n’a été allouée à la reconstruction des zones touchées par les frappes israéliennes.
Immobilisme gouvernemental et critiques croisées
Parallèlement, Al Liwa’ (19 septembre 2025) souligne l’état de paralysie administrative dans les ministères, notamment ceux en charge des finances et de la planification. Le journal évoque une accumulation de décisions ministérielles non appliquées et un retard structurel dans la révision du projet de budget. D’après Al Liwa’, le gouvernement présidé par Nawaf Salam n’a pas encore présenté officiellement son plan budgétaire pour l’exercice 2026, alors que les échéances fiscales approchent.
Selon le quotidien, des voix au sein même de la coalition gouvernementale dénoncent l’absence d’engagement clair sur les allocations pour les collectivités locales et les projets de réhabilitation des infrastructures endommagées. Les ministres affiliés aux blocs parlementaires du Mouvement Amal et du Courant patriotique libre (CPL) auraient menacé de boycotter les prochaines sessions du Conseil des ministres si ces revendications ne sont pas intégrées dans le texte budgétaire à venir.
Al Liwa’ (19 septembre 2025) insiste sur le décalage entre les discours officiels vantant les réformes et les pratiques administratives sur le terrain. Le ministère de l’Intérieur n’aurait toujours pas publié le cahier des charges pour l’organisation logistique des prochaines élections, malgré les engagements pris en début d’année.
Blocages parlementaires et réforme électorale contestée
Al Joumhouriyat (19 septembre 2025) aborde les tensions croissantes au sein du Parlement sur la réforme de la loi électorale. Selon ce journal, un projet introduit par des députés du bloc du Changement propose de réduire l’influence des circonscriptions confessionnelles au profit d’un scrutin mixte avec une composante nationale. Cette proposition aurait été rejetée par les blocs du CPL et des Forces libanaises, qui y voient une tentative de modifier les équilibres politiques en leur défaveur.
Le président du Parlement, Nabih Berri, n’a pas encore inscrit ce projet à l’ordre du jour, en invoquant la nécessité d’un « consensus préalable ». Toutefois, selon Al Joumhouriyat (19 septembre 2025), plusieurs députés proches du mouvement Amal considèrent que toute réforme électorale dans le contexte actuel de tensions sécuritaires est prématurée.
Toujours dans le même journal, des députés des Forces libanaises et du PSP ont exprimé leur refus d’un éventuel report des élections, initialement prévues pour mai 2026. Pour eux, évoquer des raisons sécuritaires ou logistiques pour justifier un report n’est qu’un « prétexte politique » visant à maintenir l’actuelle configuration parlementaire.
Discours présidentiel et message aux partis
À l’occasion d’une cérémonie à l’Académie militaire, le président Joseph Aoun a prononcé un discours dans lequel il a dénoncé les violations répétées de la souveraineté libanaise. Rapporté par Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025), le discours souligne l’urgence d’une cohésion politique face à ce qu’il qualifie d’« agression stratégique » de la part d’Israël.
Joseph Aoun a insisté sur le rôle de l’armée libanaise comme seul garant de l’intégrité territoriale et a exhorté les formations politiques à « mettre de côté leurs calculs partisans au profit d’un front national uni ». Selon le même article, le président aurait également appelé à la relance immédiate du plan de relance économique signé avec le FMI, en soulignant que le statu quo institutionnel est « intenable » dans la durée.
Ce discours n’a pas reçu de réponse officielle du Hezbollah, ni d’autres formations majeures, mais a été diversement interprété dans la presse. Pour certains commentateurs, il s’agit d’une tentative de repositionnement du chef de l’État sur le plan intérieur, alors que son mandat a été marqué jusqu’ici par une faible marge de manœuvre politique.
(suite dans le message suivant)
Absence de stratégie commune sur le dossier des déplacés syriens
Al Akhbar (19 septembre 2025) consacre une page entière à la polémique croissante autour de la gestion du dossier des déplacés syriens. Selon ce journal, une fracture profonde est apparue entre le Premier ministre Nawaf Salam et certains gouverneurs de province, notamment au Akkar et à la Békaa, qui réclament des mesures de retour coordonné avec Damas. Le gouvernement, pour sa part, privilégie une solution multilatérale encadrée par les agences onusiennes.
Al Akhbar (19 septembre 2025) note que cette divergence alimente les tensions avec des élus locaux du CPL, qui accusent l’exécutif d’« entretenir volontairement une instabilité sociale » en refusant d’assumer ses responsabilités. Dans une déclaration relayée par le journal, le député Gebran Bassil a accusé le gouvernement d’« immobilisme criminel » sur cette question, tout en appelant à une coordination directe avec les autorités syriennes, « quelles que soient les considérations diplomatiques ».
L’absence de stratégie claire sur ce dossier se répercute également sur les débats budgétaires. Nida’ Al Watan (19 septembre 2025) souligne que l’Office des déplacés n’a toujours pas reçu ses crédits pour le second semestre 2025, ce qui bloque le financement des centres d’hébergement et des programmes de réintégration.
Administration locale en sous-effectif et grèves sectorielles
La situation du personnel administratif dans les municipalités et dans les ministères décentralisés est également alarmante, selon Al Sharq (19 septembre 2025). Le journal évoque des vagues de démissions en série au sein des fonctionnaires municipaux, notamment dans les districts du Nord et du Mont-Liban, à cause des retards dans le paiement des salaires et de l’absence de couverture sociale.
Toujours selon Al Sharq (19 septembre 2025), plus de 40 % des postes de l’administration territoriale seraient actuellement vacants. Le syndicat des fonctionnaires de la fonction publique a adressé une lettre ouverte au Premier ministre Nawaf Salam exigeant un plan de relance administrative immédiat, sous peine de grèves sectorielles généralisées à partir du mois d’octobre.
Dans le même registre, Nahar (19 septembre 2025) a révélé que plusieurs inspections judiciaires ont été suspendues en raison d’un manque de personnel au ministère de la Justice. Ce blocage retarde l’instruction de plusieurs affaires liées à la corruption administrative et aux marchés publics, en particulier dans les domaines de l’énergie et des télécommunications.
Absence d’un front d’opposition structuré
Enfin, Al Bina’ (19 septembre 2025) revient sur l’état de fragmentation de l’opposition parlementaire. Selon ce journal, malgré une convergence de vues sur certains dossiers (réforme électorale, lutte contre la corruption), les blocs d’opposition (Kataëb, Indépendants, Changement) ne sont pas parvenus à formuler une plateforme unifiée.
Une tentative de coalition autour d’un document commun a échoué, selon Al Bina’ (19 septembre 2025), en raison de divergences stratégiques entre les députés pro-souveraineté et les membres plus modérés favorables à un dialogue conditionné avec le Hezbollah. Cette division interne rend l’opposition inefficace dans les commissions parlementaires, notamment celles chargées de la réforme des finances publiques.
La même source note que plusieurs figures indépendantes envisagent de ne pas se représenter en 2026, considérant que le Parlement est devenu « une chambre d’enregistrement de compromis bloquants ». Cette désillusion politique est également perceptible dans les cercles universitaires, où l’on observe une baisse marquée des candidatures aux concours de la haute fonction publique.
Citation et discours des personnalités politiques : souveraineté, paralysie et rapports de force
Joseph Aoun : entre autorité nationale et mise en garde diplomatique
Dans une cérémonie officielle à l’Académie militaire, le président de la République Joseph Aoun a livré une déclaration marquée par la gravité du contexte sécuritaire. Selon Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025), il a affirmé : « La souveraineté du Liban ne se négocie pas. Elle se protège. » Cette citation a été interprétée comme un message adressé autant à Israël qu’aux factions internes contestant l’autorité de l’État. Le président Aoun a aussi mis en avant le rôle de l’armée dans le maintien de l’unité nationale. Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025) rapporte ses propos : « L’armée est le seul socle de la stabilité. Toute tentative de la fragiliser est une menace contre l’ensemble de la République. » Cette déclaration intervient alors que les tensions au Sud du pays se sont intensifiées, suscitant des débats sur l’intervention potentielle des forces régulières dans les zones sous contrôle du Hezbollah. Par ailleurs, Ad Diyar (19 septembre 2025) mentionne une réunion interne au palais de Baabda durant laquelle Joseph Aoun aurait insisté pour « renforcer la cohésion interinstitutionnelle face aux risques d’éclatement du système administratif », appelant les ministres à dépasser leurs différends partisans.
Nawaf Salam : posture réformiste contestée et gestion de crise
Le Premier ministre Nawaf Salam, selon Al Liwa’ (19 septembre 2025), a tenu une conférence de presse restreinte au Grand Sérail. Il y aurait déclaré : « Le Liban n’est pas en mesure de reporter encore ses engagements. Nous devons appliquer les réformes, avec ou sans consensus politique total. » Cette affirmation tranche avec l’attitude attentiste qu’on lui reproche depuis plusieurs mois. Al Liwa’ (19 septembre 2025) souligne que cette déclaration visait à rassurer les partenaires internationaux, notamment le FMI, mais a suscité une levée de boucliers dans plusieurs blocs parlementaires. Le Premier ministre aurait également déclaré que « les différends politiques ne doivent pas empêcher l’administration de fonctionner », en référence à la paralysie observée dans certains ministères. Lors d’une intervention rapportée par Al Bina’ (19 septembre 2025), Nawaf Salam aurait ajouté : « Ce gouvernement n’a pas été formé pour distribuer des postes, mais pour préserver la structure étatique. Nous devons faire front, pas calcul politique. » Cette position, bien qu’affirmée, n’a pas empêché plusieurs ministres de critiquer l’absence de dialogue interne dans la gestion des dossiers prioritaires.
Naim Kassem : soutien à la résistance et critique de l’élite politique
Dans Al Akhbar (19 septembre 2025), le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, s’exprime lors d’une réunion interne à Ghobeiry. Il y déclare : « Le Liban ne survivra que s’il reste debout face à l’ennemi. Toute soumission à des diktats internationaux est une voie vers l’effondrement. » Cette phrase, citée en une du quotidien, réaffirme la doctrine du parti dans un contexte de pressions militaires israéliennes croissantes. Selon la même source, Naim Kassem aurait également fustigé ce qu’il appelle « la classe politique qui négocie des crédits pendant que nos enfants sont sous les bombes ». Il aurait insisté sur la nécessité d’une « équation claire entre résistance et souveraineté », refusant de dissocier les enjeux de défense des débats internes. Al Akhbar (19 septembre 2025) mentionne aussi une réponse indirecte de Kassem au président Aoun : « Ce n’est pas en remettant en question notre rôle que l’État se renforce. C’est en reconnaissant ceux qui protègent ses frontières. »
Gebran Bassil : attaques ciblées contre le gouvernement et appels à la réforme
Dans une conférence organisée par le CPL à Batroun, Gebran Bassil a vivement critiqué l’action gouvernementale actuelle. Selon Al Joumhouriyat (19 septembre 2025), il a déclaré : « Ce gouvernement prétend réformer sans rien construire. Il navigue à vue, sans vision, ni stratégie. » Il a également dénoncé l’absence de plan clair sur le retour des déplacés syriens et sur la réforme de la loi électorale. Le journal rapporte aussi une déclaration plus virulente : « On veut que nous signions des budgets sans avenir, alors que nos enfants meurent sans électricité ni éducation. » Cette sortie s’inscrit dans une offensive politique du CPL contre l’équipe de Nawaf Salam, à laquelle il reproche d’exclure les principaux blocs parlementaires du processus de décision. Toujours selon Al Joumhouriyat (19 septembre 2025), Bassil a par ailleurs tendu la main au Hezbollah, déclarant : « Nos désaccords sont réels mais surmontables. Ce qui compte aujourd’hui, c’est la cohésion nationale. »
Samir Geagea : discours d’opposition et critique de la collusion institutionnelle
Dans une déclaration publique au siège des Forces libanaises à Meerab, Samir Geagea a fustigé la « collusion entre certains organes de l’État et ceux qui s’arrogent le droit de faire la guerre au nom de tous ». Nida’ Al Watan (19 septembre 2025) cite ses propos : « Ce n’est pas la résistance qui protège le Liban, c’est l’ordre constitutionnel. Et celui-ci est aujourd’hui piétiné. » Le président des Forces libanaises a également appelé à la tenue rapide des élections, qualifiant les tentatives de report de « manipulation inacceptable du calendrier démocratique ». Il a ajouté, selon Nida’ Al Watan (19 septembre 2025) : « Les prétextes sécuritaires ne trompent personne. Ce qui est en jeu, c’est la survie de l’alternance. » Al Sharq (19 septembre 2025) rapporte enfin que Geagea a proposé la formation d’un front parlementaire d’opposition regroupant les Forces libanaises, les Kataëb et les Indépendants, afin de contrer « le blocage systémique imposé par les partis de l’axe irano-syrien ».
Autres déclarations notables : positions divergentes et tensions
Dans Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025), la députée Inaya Ezzeddine a déclaré : « Le Liban ne peut se permettre de nouvelles équations confessionnelles dans sa loi électorale. C’est l’heure d’un vrai projet de citoyenneté. » Cette prise de position tranche avec les discours dominants au Parlement et a été saluée par les blocs indépendants. Le député Melhem Khalaf, dans une déclaration rapportée par Nahar (19 septembre 2025), a réagi à l’inaction du ministère de la Justice : « Nous assistons à une suspension silencieuse de l’État de droit. L’inaction est aujourd’hui un acte politique. » Cette déclaration fait suite au gel de plusieurs enquêtes sur la corruption. Enfin, Al Bina’ (19 septembre 2025) publie une interview du député Jamil Sayyed, qui déclare : « Le problème au Liban, ce ne sont pas les armes, ce sont ceux qui ont transformé la République en comptoir. » Cette déclaration s’inscrit dans une logique de défense du Hezbollah et critique violemment la classe politique traditionnelle.
Citation et discours des personnalités politiques : souveraineté, paralysie et rapports de force
Joseph Aoun : entre autorité nationale et mise en garde diplomatique
Dans une cérémonie officielle à l’Académie militaire, le président de la République Joseph Aoun a livré une déclaration marquée par la gravité du contexte sécuritaire. Selon Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025), il a affirmé : « La souveraineté du Liban ne se négocie pas. Elle se protège. » Cette citation a été interprétée comme un message adressé autant à Israël qu’aux factions internes contestant l’autorité de l’État. Le président Aoun a aussi mis en avant le rôle de l’armée dans le maintien de l’unité nationale. Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025) rapporte ses propos : « L’armée est le seul socle de la stabilité. Toute tentative de la fragiliser est une menace contre l’ensemble de la République. » Cette déclaration intervient alors que les tensions au Sud du pays se sont intensifiées, suscitant des débats sur l’intervention potentielle des forces régulières dans les zones sous contrôle du Hezbollah. Par ailleurs, Ad Diyar (19 septembre 2025) mentionne une réunion interne au palais de Baabda durant laquelle Joseph Aoun aurait insisté pour « renforcer la cohésion interinstitutionnelle face aux risques d’éclatement du système administratif », appelant les ministres à dépasser leurs différends partisans.
Nawaf Salam : posture réformiste contestée et gestion de crise
Le Premier ministre Nawaf Salam, selon Al Liwa’ (19 septembre 2025), a tenu une conférence de presse restreinte au Grand Sérail. Il y aurait déclaré : « Le Liban n’est pas en mesure de reporter encore ses engagements. Nous devons appliquer les réformes, avec ou sans consensus politique total. » Cette affirmation tranche avec l’attitude attentiste qu’on lui reproche depuis plusieurs mois. Al Liwa’ (19 septembre 2025) souligne que cette déclaration visait à rassurer les partenaires internationaux, notamment le FMI, mais a suscité une levée de boucliers dans plusieurs blocs parlementaires. Le Premier ministre aurait également déclaré que « les différends politiques ne doivent pas empêcher l’administration de fonctionner », en référence à la paralysie observée dans certains ministères. Lors d’une intervention rapportée par Al Bina’ (19 septembre 2025), Nawaf Salam aurait ajouté : « Ce gouvernement n’a pas été formé pour distribuer des postes, mais pour préserver la structure étatique. Nous devons faire front, pas calcul politique. » Cette position, bien qu’affirmée, n’a pas empêché plusieurs ministres de critiquer l’absence de dialogue interne dans la gestion des dossiers prioritaires.
Naim Kassem : soutien à la résistance et critique de l’élite politique
Dans Al Akhbar (19 septembre 2025), le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, s’exprime lors d’une réunion interne à Ghobeiry. Il y déclare : « Le Liban ne survivra que s’il reste debout face à l’ennemi. Toute soumission à des diktats internationaux est une voie vers l’effondrement. » Cette phrase, citée en une du quotidien, réaffirme la doctrine du parti dans un contexte de pressions militaires israéliennes croissantes. Selon la même source, Naim Kassem aurait également fustigé ce qu’il appelle « la classe politique qui négocie des crédits pendant que nos enfants sont sous les bombes ». Il aurait insisté sur la nécessité d’une « équation claire entre résistance et souveraineté », refusant de dissocier les enjeux de défense des débats internes. Al Akhbar (19 septembre 2025) mentionne aussi une réponse indirecte de Kassem au président Aoun : « Ce n’est pas en remettant en question notre rôle que l’État se renforce. C’est en reconnaissant ceux qui protègent ses frontières. »
Gebran Bassil : attaques ciblées contre le gouvernement et appels à la réforme
Dans une conférence organisée par le CPL à Batroun, Gebran Bassil a vivement critiqué l’action gouvernementale actuelle. Selon Al Joumhouriyat (19 septembre 2025), il a déclaré : « Ce gouvernement prétend réformer sans rien construire. Il navigue à vue, sans vision, ni stratégie. » Il a également dénoncé l’absence de plan clair sur le retour des déplacés syriens et sur la réforme de la loi électorale. Le journal rapporte aussi une déclaration plus virulente : « On veut que nous signions des budgets sans avenir, alors que nos enfants meurent sans électricité ni éducation. » Cette sortie s’inscrit dans une offensive politique du CPL contre l’équipe de Nawaf Salam, à laquelle il reproche d’exclure les principaux blocs parlementaires du processus de décision. Toujours selon Al Joumhouriyat (19 septembre 2025), Bassil a par ailleurs tendu la main au Hezbollah, déclarant : « Nos désaccords sont réels mais surmontables. Ce qui compte aujourd’hui, c’est la cohésion nationale. »
Samir Geagea : discours d’opposition et critique de la collusion institutionnelle
Dans une déclaration publique au siège des Forces libanaises à Meerab, Samir Geagea a fustigé la « collusion entre certains organes de l’État et ceux qui s’arrogent le droit de faire la guerre au nom de tous ». Nida’ Al Watan (19 septembre 2025) cite ses propos : « Ce n’est pas la résistance qui protège le Liban, c’est l’ordre constitutionnel. Et celui-ci est aujourd’hui piétiné. » Le président des Forces libanaises a également appelé à la tenue rapide des élections, qualifiant les tentatives de report de « manipulation inacceptable du calendrier démocratique ». Il a ajouté, selon Nida’ Al Watan (19 septembre 2025) : « Les prétextes sécuritaires ne trompent personne. Ce qui est en jeu, c’est la survie de l’alternance. » Al Sharq (19 septembre 2025) rapporte enfin que Geagea a proposé la formation d’un front parlementaire d’opposition regroupant les Forces libanaises, les Kataëb et les Indépendants, afin de contrer « le blocage systémique imposé par les partis de l’axe irano-syrien ».
Autres déclarations notables : positions divergentes et tensions
Dans Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025), la députée Inaya Ezzeddine a déclaré : « Le Liban ne peut se permettre de nouvelles équations confessionnelles dans sa loi électorale. C’est l’heure d’un vrai projet de citoyenneté. » Cette prise de position tranche avec les discours dominants au Parlement et a été saluée par les blocs indépendants. Le député Melhem Khalaf, dans une déclaration rapportée par Nahar (19 septembre 2025), a réagi à l’inaction du ministère de la Justice : « Nous assistons à une suspension silencieuse de l’État de droit. L’inaction est aujourd’hui un acte politique. » Cette déclaration fait suite au gel de plusieurs enquêtes sur la corruption. Enfin, Al Bina’ (19 septembre 2025) publie une interview du député Jamil Sayyed, qui déclare : « Le problème au Liban, ce ne sont pas les armes, ce sont ceux qui ont transformé la République en comptoir. » Cette déclaration s’inscrit dans une logique de défense du Hezbollah et critique violemment la classe politique traditionnelle.
Politique internationale : escalades régionales, repositionnements stratégiques et équilibres incertains
Intensification des tensions israélo-iraniennes et implications régionales
Selon Al Akhbar (19 septembre 2025), l’escalade militaire entre Israël et les forces affiliées à l’Iran en Syrie et en Irak se poursuit sans relâche. Le journal rapporte que l’armée israélienne a mené plusieurs frappes ciblées à l’est de la Syrie, touchant des dépôts d’armes appartenant à des groupes proches des Gardiens de la Révolution. L’article souligne que ces opérations sont perçues par Téhéran comme une tentative israélienne de « tester les limites » de la tolérance militaire iranienne dans la région. Le même quotidien évoque un communiqué du ministère iranien de la Défense avertissant qu’« une réponse à toute attaque sur des cibles stratégiques ne sera ni localisée ni proportionnée ».
Toujours selon Al Akhbar (19 septembre 2025), le commandement militaire iranien aurait transféré une partie de ses systèmes anti-drones à des unités alliées opérant dans l’est syrien et dans le sud irakien. Ce renforcement militaire est lu comme un message à Tel-Aviv mais aussi à Washington, dans un contexte où l’administration Trump a récemment exprimé son soutien « indéfectible » au droit d’Israël à « se défendre par tous les moyens nécessaires ».
Position américaine : soutien inconditionnel à Israël et pression sur l’Iran
Dans un article publié par Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025), l’administration Trump aurait confirmé par voie diplomatique son engagement stratégique total envers Israël. Le secrétaire d’État américain a déclaré depuis Tel-Aviv que « les États-Unis considèrent les menaces iraniennes contre Israël comme une ligne rouge ». Cette déclaration survient alors que des analystes évoquent la possibilité d’une opération militaire israélienne de plus grande ampleur en Syrie et au Liban, avec un feu vert tacite de Washington.
Selon Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025), les États-Unis auraient également exhorté certains partenaires européens à durcir leur position à l’égard de l’Iran au Conseil de sécurité, notamment en réclamant un renforcement des sanctions ciblées contre les dirigeants des Gardiens de la Révolution. Par ailleurs, des sources diplomatiques rapportent que la Maison Blanche envisage de suspendre les exemptions restantes sur les exportations humanitaires iraniennes, ce qui pourrait affecter indirectement la situation humanitaire en Syrie et au Liban.
Front syro-libanais : activité militaire accrue et échanges de feu
Al Bina’ (19 septembre 2025) publie un reportage sur les mouvements militaires à la frontière libano-syrienne, notamment dans la région du Hermel. Le journal évoque des « mouvements inhabituels » de convois militaires de l’armée syrienne près du Qousseir et une « coordination informelle » entre les unités du Hezbollah et les gardes-frontières syriens. Cette activité suscite l’inquiétude des observateurs internationaux, qui craignent une extension du conflit en cours vers la frontière libanaise.
Selon le même journal, des sources au sein des services de renseignement libanais affirment que des tirs de roquettes non revendiqués auraient visé un poste militaire syrien près de Talkalakh, entraînant une riposte de l’artillerie syrienne à proximité de Wadi Khaled. Aucun bilan officiel n’a été fourni, mais des habitants de la région auraient été déplacés temporairement, par crainte d’une nouvelle phase d’instabilité transfrontalière.
Réactions des puissances régionales : inertie saoudienne et activisme turc
Dans un éditorial d’Al Liwa’ (19 septembre 2025), un analyste critique l’absence de position officielle forte de la part de l’Arabie saoudite face à la situation explosive au Liban et en Syrie. L’article souligne que Riyad semble « paralysé par sa propre politique de non-ingérence conditionnelle », tout en renforçant ses liens sécuritaires avec Israël via des échanges de renseignement indirects sur la situation au Sud-Liban.
À l’inverse, Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025) évoque une « hyperactivité turque » sur le front diplomatique, Ankara ayant proposé une médiation tripartite entre Damas, Beyrouth et Téhéran. Cette proposition, transmise via les ambassades concernées, viserait à « désamorcer l’implosion potentielle du triangle Sud-Liban, Békaa, Qousseir », selon une source diplomatique citée anonymement par le journal. Aucune réponse officielle n’a été émise par les parties impliquées.
Prise de distance européenne : la prudence de l’Union européenne
Al Joumhouriyat (19 septembre 2025) rapporte que le Haut Représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell, aurait exprimé lors d’un point presse à Bruxelles « sa vive préoccupation » quant à l’escalade dans le Sud-Liban. Il aurait toutefois refusé d’évoquer la possibilité d’une mission diplomatique européenne au Liban, invoquant « un manque de visibilité politique à Beyrouth » et « l’impossibilité actuelle de dialoguer avec un pouvoir exécutif stable ».
Le même article indique que plusieurs ambassades européennes à Beyrouth ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter les déplacements vers le Sud et vers les zones limitrophes de la Békaa. Cette prudence diplomatique traduit une forme de désengagement, perçue localement comme une forme d’isolement croissant du Liban face à la recomposition des rapports de force régionaux.
Mobilisation diplomatique au Conseil de sécurité et divisions persistantes
Ad Diyar (19 septembre 2025) mentionne que la Russie a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité soutenue par les États-Unis et le Royaume-Uni, exigeant un retrait immédiat de toutes les forces non étatiques du Sud-Liban. Le représentant russe aurait qualifié le texte de « biaisé » et de « dangereux précédent », estimant qu’il « criminalise de manière sélective certains acteurs alors que l’agresseur régional est épargné ».
Dans le même temps, la Chine aurait appelé à une « désescalade immédiate par voie diplomatique », tout en insistant sur « le respect de la souveraineté du Liban ». Cette position modérée contraste avec l’activisme américain et israélien, et montre les fractures persistantes entre les membres permanents du Conseil sur la gestion des tensions au Moyen-Orient.
Économie : inertie structurelle, fragilité monétaire et résilience limitée
La Banque du Liban et Karim Souaid : pilotage discret, défiance grandissante
Al Joumhouriyat (19 septembre 2025) fait état d’une réunion confidentielle présidée par le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, rassemblant les principaux responsables de banques commerciales. Aucun communiqué officiel n’a suivi, ce qui alimente, selon le journal, une inquiétude croissante parmi les opérateurs financiers. L’objectif de la réunion aurait été d’évaluer l’état des réserves de change et de planifier d’éventuelles mesures de contrôle de la masse monétaire si les tensions géopolitiques au Sud devaient perturber davantage la stabilité interne.
Dans un article incisif, Al Akhbar (19 septembre 2025) reproche à la Banque du Liban de maintenir une « opacité quasi complète » sur ses opérations et sa situation comptable. Le journal affirme que les réserves nettes en devises seraient tombées sous la barre critique des 8 milliards de dollars, un chiffre non confirmé officiellement. Il est également souligné que la BDL ne publie toujours pas ses états financiers audités, malgré les engagements pris vis-à-vis du FMI. Un ancien cadre bancaire, cité anonymement, affirme : « Ce n’est plus une politique de prudence. C’est une gestion de crise sans cap, sans transparence et sans légitimité sociale. »
Taux de change, circulation fiduciaire et réalités du marché parallèle
Ad Diyar (19 septembre 2025) indique que le taux du marché parallèle reste stabilisé autour de 89 000 livres pour un dollar. Le journal précise que cette stabilité est artificiellement maintenue par des injections ciblées de dollars via la plateforme Sayrafa, aujourd’hui presque inactive. L’édition mentionne également que certains bureaux de change opèrent désormais avec deux taux : un taux « de façade » proche de celui de la BDL, et un taux réel appliqué aux transactions supérieures à 500 dollars, qui avoisine parfois les 92 000 livres.
Des commerçants interrogés à Saïda et à Tripoli confient que « l’instabilité des prix est quotidienne ». Le prix du pain aurait connu trois augmentations en deux semaines, selon Al Bina’ (19 septembre 2025), tandis que les carburants subissent des fluctuations alignées sur les anticipations du marché noir du dollar. L’article relève que la Banque du Liban n’a émis aucune directive publique en matière de coordination entre les prix des produits essentiels et la politique monétaire.
Système bancaire paralysé et déposants abandonnés
Dans un reportage de Nida’ Al Watan (19 septembre 2025), plusieurs clients de Bank Audi et Fransabank témoignent de leur incapacité à accéder à leurs dépôts en devises. Le journal mentionne que même les ordonnances judiciaires ne sont pas appliquées, en l’absence d’un mécanisme coercitif clair. Certains déposants ont entamé des grèves de la faim devant les agences à Beyrouth et Zgharta. L’un d’entre eux déclare : « Ce ne sont pas des banques. Ce sont des bunkers. » Le journal note que les banques ont relancé leur campagne d’auto-justification, invoquant un risque systémique en cas de restitution intégrale des fonds.
Al Liwa’ (19 septembre 2025) consacre une page à l’examen du projet de loi sur la répartition des pertes du secteur bancaire. Le texte, en discussion au Parlement depuis six mois, est toujours bloqué au sein de la commission des Finances. Selon le député Michel Daher, cité par le journal, « aucune solution ne sera acceptable si elle continue d’exonérer les actionnaires et les administrateurs des grandes banques ». Le journal souligne que plusieurs anciens ministres des Finances auraient refusé de signer des documents préparatoires du plan pour ne pas en assumer la responsabilité future.
Économie réelle : récession diffuse, pressions sociales et précarité salariale
Al Sharq (19 septembre 2025) signale que les exportations agricoles libanaises vers les pays arabes ont chuté de 22% sur les huit premiers mois de l’année. Le journal attribue ce recul à des problèmes logistiques, à la hausse des coûts d’exportation, et à la suspension persistante des importations par l’Arabie saoudite. Le syndicat des agriculteurs de la Békaa affirme que « sans subventions ni carburant à prix contrôlé, la prochaine saison de pommes sera catastrophique ».
Dans le secteur industriel, Al Bina’ (19 septembre 2025) dresse un état des lieux alarmant dans la région de Zahlé. 40% des petites unités industrielles y auraient réduit leur production de plus de 50% depuis janvier, en raison de l’interruption de l’approvisionnement électrique et de l’absence d’accès au crédit. L’article précise que plusieurs entreprises, notamment dans la plasturgie et la transformation alimentaire, ont licencié du personnel en masse.
Sur le marché de l’emploi, Nahar (19 septembre 2025) documente une baisse généralisée des salaires réels. Dans les secteurs de l’éducation privée, de la santé et du commerce, les rémunérations sont désormais indexées sur le taux de change du jour, sans contrat formel. Des enseignants du secondaire affirment être payés en partie en nature (carburant ou bons alimentaires), et que les cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale sont « purement fictives ».
Impôts, fiscalité et budget 2026 : la stratégie de l’évitement
Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025) dévoile que le ministère des Finances a transmis au Grand Sérail un projet de budget pour 2026 prévoyant une hausse progressive de la TVA de 11% à 15%, ainsi qu’un élargissement de la base imposable pour les professions libérales. Ce projet n’a pas encore été soumis au Parlement. Selon des sources internes citées par le journal, les ministères concernés s’opposent à toute réforme fiscale sans contrepartie sociale. L’un des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires sociales affirme que « la classe moyenne va disparaître si l’on augmente les taxes avant d’avoir stabilisé les revenus ».
Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025) souligne que la direction des douanes n’a toujours pas adopté le système numérique unifié imposé par le FMI. Les recettes douanières représentent pourtant près de 60% des revenus fiscaux actuels de l’État. Le journal précise que des fraudes persistantes au port de Beyrouth et à celui de Tripoli entraîneraient une perte estimée à plus de 800 millions de dollars par an.
FMI, conditionnalités et blocages politiques
Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025) indique que les experts du FMI en mission à Beyrouth se sont déclarés « déçus » par le faible niveau d’avancement des réformes. Ils ont notamment relevé que seuls 12% des objectifs fixés dans le cadre du programme d’aide conditionnelle ont été atteints depuis deux ans. Le journal précise que le gouvernement a demandé un étalement des échéances, ce que le Fonds n’a pas officiellement accepté.
De son côté, Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025) révèle que les bailleurs européens s’apprêtent à conditionner toute nouvelle aide budgétaire au respect d’indicateurs sociaux minimaux, notamment en matière de santé publique et de soutien alimentaire. L’article cite un diplomate occidental affirmant que « la fatigue des donateurs est réelle. Le Liban est considéré comme une économie sous perfusion sans volonté politique ».
Justice : blocages politiques, corruption entravée et dossiers sensibles au ralenti
Enquête sur le port de Beyrouth : paralysie persistante et instrumentalisation
Selon Nida’ Al Watan (19 septembre 2025), le juge Tarek Bitar, en charge de l’instruction sur l’explosion du port de Beyrouth, demeure écarté de facto de son dossier en raison de la multiplication des recours et des pressions politiques. Le journal affirme que plusieurs juges nommés pour trancher sur les dernières demandes de dessaisissement n’ont toujours pas statué, ce qui prolonge le gel de l’enquête. L’article mentionne que certains membres du Conseil supérieur de la magistrature refuseraient désormais de se prononcer publiquement par crainte de représailles.
Dans le même journal, un avocat de victimes de l’explosion dénonce un « sabotage organisé du processus judiciaire ». Il affirme que « l’obstruction ne vient pas d’un désaccord juridique mais d’un accord politique pour enterrer l’affaire ». Des familles de victimes ont annoncé une nouvelle journée de mobilisation prévue à l’approche de l’anniversaire de l’explosion. Le journal signale également que plusieurs ONG européennes envisagent de saisir les juridictions internationales si la justice libanaise ne reprend pas le dossier avant la fin de l’année.
Affaires de corruption : une cascade de plaintes sans suites
Al Akhbar (19 septembre 2025) consacre un long article à la plainte déposée contre plusieurs hauts fonctionnaires du ministère des Travaux publics pour détournement de fonds dans des appels d’offres liés à la réhabilitation du réseau routier dans la Békaa. Le parquet financier aurait ouvert une instruction préliminaire, mais aucune audition n’aurait encore été fixée, selon une source judiciaire citée par le journal. Le procureur en chef, interrogé sous anonymat, reconnaît que « les dossiers de corruption sont traités avec lenteur, parfois volontairement, en raison des équilibres politiques qu’ils impliquent ».
Dans un autre dossier évoqué par Al Bina’ (19 septembre 2025), une enquête est ouverte concernant un marché public attribué au ministère de la Santé pour l’achat de matériel médical d’origine douteuse. Le contrat, signé au plus fort de la pandémie, aurait été prolongé sans appel d’offres conforme. Le juge d’instruction a convoqué plusieurs fonctionnaires en charge du dossier, mais le ministre actuel n’aurait pas encore été entendu. Le journal note que « l’immunité ministérielle continue de fonctionner comme un bouclier absolu contre toute poursuite sérieuse ».
Al Joumhouriyat (19 septembre 2025) révèle que des dossiers liés au détournement de fonds publics dans les municipalités de Tripoli, Jounieh et Tyr dorment dans les tiroirs du ministère de la Justice. Ces plaintes ont été transmises par la Cour des comptes il y a plus de six mois. Aucune procédure n’aurait été engagée à ce jour, ce qui alimente les soupçons d’une « gestion sélective de la justice financière », selon des membres de la commission parlementaire de l’Administration.
Dossiers sensibles : meurtres non élucidés et interférences sécuritaires
Dans Nahar (19 septembre 2025), un article revient sur l’affaire du meurtre de l’activiste Rami Safieddine, assassiné en août à Saïda dans des circonstances encore floues. L’enquête aurait été confiée à la Direction générale de la Sûreté intérieure, mais celle-ci ne communique pas publiquement. Des proches de la victime, cités par le journal, affirment que les caméras de surveillance installées autour de la scène du crime n’ont toujours pas été exploitées. L’article évoque des « interférences locales liées à des groupes d’influence armés ».
Un autre cas est abordé par Al Liwa’ (19 septembre 2025), celui de la disparition non élucidée du journaliste Hassan Nader, vu pour la dernière fois à Baalbeck alors qu’il préparait un reportage sur les réseaux de contrebande. Le parquet de Zahleh a ouvert une enquête mais aucun suspect n’a été arrêté à ce jour. Le journal indique que « la justice semble éviter tout affrontement avec les milieux armés dominants dans la région ».
Selon Ad Diyar (19 septembre 2025), plusieurs ONG de défense des droits humains ont récemment dénoncé une série de violences policières non poursuivies juridiquement, en particulier lors des manifestations du mois d’août contre les coupures d’électricité. Le journal rapporte que le ministère de l’Intérieur n’a transmis aucun rapport administratif aux instances judiciaires, bloquant de facto toute procédure disciplinaire ou pénale.
Réforme de la justice : intentions bloquées et réalités paralysées
Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025) revient sur la promesse du gouvernement Nawaf Salam de présenter un projet de réforme de l’indépendance judiciaire. Le texte, annoncé au début de l’été, n’a toujours pas été soumis au Parlement. Un haut magistrat affirme dans le journal que « cette réforme n’est pas seulement retardée, elle est minée de l’intérieur par des amendements exigés par certains blocs politiques ». Le journal révèle que l’une des clauses les plus contestées concerne la nomination du procureur général, que plusieurs partis souhaitent maintenir sous contrôle du Conseil des ministres.
Dans le même article, le journal signale que la commission parlementaire des lois a reporté sine die l’examen d’un projet de création d’un Conseil supérieur de la magistrature indépendant. Cette instance, censée assurer la discipline interne des magistrats, aurait permis d’endiguer les ingérences politiques dans les nominations. Plusieurs députés ont dénoncé une « opposition souterraine des partis traditionnels » à toute avancée dans ce domaine.
Société : précarité croissante, effondrement des services publics et résilience communautaire
Électricité : coupures prolongées, générateurs hors de portée et absences de réponse
Dans Al Joumhouriyat (19 septembre 2025), plusieurs témoignages d’habitants de Beyrouth et de la Békaa décrivent des coupures électriques atteignant 20 à 22 heures par jour. L’article note que les horaires officiels de distribution annoncés par Électricité du Liban ne sont plus respectés, même dans les zones prioritaires. Un responsable local de l’EDL à Hazmieh indique anonymement : « Nous n’avons plus aucune marge de régulation. Même les lignes de secours sont à sec. »
Le recours aux générateurs privés est devenu inaccessible pour de nombreuses familles. Ad Diyar (19 septembre 2025) rapporte que les prix des abonnements mensuels ont explosé, atteignant jusqu’à 180 dollars pour une alimentation minimale de 5 ampères. Un commerçant à Nabatiyé affirme : « Mon générateur tourne trois heures par jour, et seulement si j’ai du diesel. Sinon, je ferme. » Le journal précise que le ministère de l’Énergie n’a procédé à aucune nouvelle livraison de fuel subventionné depuis plus de deux semaines.
Dans le quartier de Ouzai, Al Bina’ (19 septembre 2025) documente l’apparition de « réseaux informels de distribution électrique » opérés par des groupes locaux qui imposent leurs propres tarifs et horaires. Certains quartiers sont ainsi alimentés de manière privilégiée, au détriment d’autres. Le journal parle de « privatisation anarchique du secteur public ».
Approvisionnement en eau : pénurie chronique et gestion communautaire de crise
Al Liwa’ (19 septembre 2025) consacre un article à la pénurie d’eau potable dans les quartiers de Chiyah, Zouk et Zahlé. Le niveau des nappes phréatiques serait anormalement bas pour la saison, et les pompes à eau électriques à l’arrêt faute d’alimentation. Le journal indique que de nombreuses familles ne reçoivent plus d’eau courante qu’une fois tous les huit à dix jours.
Face à cette situation, certaines municipalités ont mis en place des systèmes de distribution par camion-citerne. À Barja, le maire affirme avoir instauré une rotation hebdomadaire entre les quartiers pour répartir équitablement les ressources. Al Sharq (19 septembre 2025) précise que ces initiatives locales sont souvent financées par des ONG étrangères ou des dons communautaires. Le ministère de l’Eau et de l’Énergie, quant à lui, n’a émis aucun plan de rationnement ou d’investissement à court terme.
Des cas d’eau contaminée ont été signalés à Tripoli et Hermel, selon Al Akhbar (19 septembre 2025). Le journal cite des analyses menées par des laboratoires universitaires locaux faisant état de concentrations anormales de coliformes dans les citernes domestiques. Aucun communiqué n’a été publié par les autorités sanitaires à ce sujet.
Santé : surcharge hospitalière, exode des médecins et médecine à deux vitesses
Dans Nahar (19 septembre 2025), un dossier spécial est consacré à la situation des hôpitaux publics. À l’hôpital gouvernemental de Nabatiyé, la direction reconnaît fonctionner à 40% de sa capacité nominale. Les services d’oncologie et de néonatologie y sont pratiquement fermés, faute de matériel. Le journal mentionne qu’à Baabda, certains hôpitaux publics refusent les patients sans couverture médicale, même en urgence.
Le secteur privé n’est pas épargné. Nida’ Al Watan (19 septembre 2025) rapporte que plusieurs cliniques de Beyrouth facturent désormais leurs prestations exclusivement en dollars, même pour des soins de base. Un accouchement sans complications coûte entre 1 800 et 2 300 dollars dans les établissements les plus modestes. Une patiente témoigne : « J’ai vendu mes bijoux pour accoucher dans des conditions décentes. »
La fuite des professionnels de santé s’intensifie. Selon Al 3arabi Al Jadid (19 septembre 2025), plus de 270 médecins auraient quitté le Liban depuis janvier. Le journal cite un rapport interne de l’Ordre des Médecins soulignant une perte « irrémédiable » de compétences dans les spécialités critiques : anesthésie, cardiologie, radiologie. Les jeunes diplômés partent en priorité vers l’Allemagne, le Canada et les pays du Golfe.
Éducation : rentrée scolaire chaotique et fracture éducative
Al Sharq Al Awsat (19 septembre 2025) rapporte que la rentrée dans les écoles publiques a été retardée dans plusieurs régions en raison de l’absence de carburant pour les bus scolaires et de salaires impayés pour les enseignants contractuels. À Saïda, seul un tiers des établissements étaient ouverts à la date prévue. Des syndicats d’enseignants menacent d’une grève ouverte si le ministère de l’Éducation ne règle pas les arriérés de salaires avant fin septembre.
Dans les établissements privés, la situation reste contrastée. Al Joumhouriyat (19 septembre 2025) indique que plusieurs écoles exigent le paiement d’au moins 50% des frais annuels en dollars, même si une partie est libellée en livres. Une directrice d’école francophone affirme que « les écoles deviennent des entreprises, et l’éducation un luxe ». Le journal précise que certaines familles déscolarisent leurs enfants pour les inscrire à des programmes d’apprentissage en ligne, faute de moyens.
Un rapport publié par une ONG éducative, cité par Al Akhbar (19 septembre 2025), estime que plus de 120 000 enfants ne seront pas scolarisés en 2025-2026. La plupart sont issus de milieux ruraux ou de familles réfugiées. Le ministère de l’Éducation n’a toujours pas publié les chiffres officiels de la rentrée.
Manifestations et tensions sociales : colère populaire étouffée
Des protestations locales ont éclaté à Tyr, Tripoli et Zahleh, selon Ad Diyar (19 septembre 2025), en réaction aux coupures d’eau, aux hausses de prix de l’essence et à la fermeture de dispensaires. Les manifestants ont bloqué brièvement des routes et brûlé des pneus, sans que les forces de l’ordre n’interviennent de manière violente. Le journal évoque un « ras-le-bol silencieux » qui ne se traduit plus par des mouvements nationaux mais par des explosions ponctuelles.
Al Bina’ (19 septembre 2025) note que plusieurs collectifs citoyens s’organisent à petite échelle pour assurer des services de base : groupes de donateurs pour l’achat de médicaments, cuisines communautaires, réseaux d’échange de fournitures scolaires. Un coordinateur local affirme : « L’État est absent. La solidarité locale est notre seul rempart. »



