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Revue de presse du 24/09/25: L’hégémonie de la cause palestinienne dans les débats internationaux

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L’ouverture de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York a constitué le théâtre principal d’un enchevêtrement de crises régionales et de confrontations diplomatiques. L’ensemble des journaux consultés convergent vers une même priorité internationale : la question palestinienne et ses répercussions sur les équilibres politiques et militaires au Moyen-Orient.

D’après Al Quds, dans son édition du 24 septembre 2025, la session inaugurale de l’Assemblée générale a vu une série d’interventions de chefs d’État, notamment ceux du Brésil, du Qatar, de la Turquie et de la Jordanie, qui ont dénoncé avec vigueur l’escalade militaire israélienne à Gaza. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a déclaré que « rien ne justifie l’extermination en cours des civils palestiniens », soulignant que « sous les décombres de Gaza sont ensevelis les enfants, les femmes, mais aussi le droit international » (Al Quds, 24/09/2025).

Cette tonalité s’est retrouvée dans les interventions de l’émir du Qatar et du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui ont tous deux dénoncé une politique d’extermination systématique menée par Israël, tout en appelant à une protection internationale des Palestiniens. Selon Al Bina’, la cause palestinienne s’est imposée comme le centre de gravité des débats, reléguant d’autres conflits à l’arrière-plan. Le journal affirme que « rien dans les discours n’avait de valeur si la Palestine n’y figurait pas » (Al Bina’, 24/09/2025).

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Accélération diplomatique autour du projet d’État palestinien

Dans un geste diplomatique significatif, onze nouveaux États ont reconnu l’État de Palestine dans les trois jours précédant l’Assemblée, portant à 159 le nombre total de reconnaissances, comme le rapporte encore Al Quds. Parmi ces pays figurent la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Portugal, la Belgique et l’Australie. Ces reconnaissances interviennent dans un contexte où la communauté internationale cherche à revitaliser la solution à deux États.

Ad Diyar indique que la conférence « Concordia » organisée en marge de l’Assemblée par la France et l’Arabie Saoudite a permis de formuler un appel conjoint à l’unification de la Cisjordanie et de Gaza sous la direction de l’Autorité palestinienne (Ad Diyar, 24/09/2025). Ce positionnement vise à préparer les conditions diplomatiques d’une relance des négociations, dans une tentative de réponse aux violences récurrentes et à l’impasse politique.

Israël isolé et pressions américaines contrariées

Al Akhbar rapporte que les accusations formulées par le représentant spécial américain Thomas Barak ont suscité de vives tensions avec la diplomatie libanaise. Ce dernier a accusé ouvertement le Liban de ne prendre aucune mesure pour désarmer le Hezbollah, ajoutant que « l’Iran et le Hezbollah sont nos ennemis, il faut couper les têtes de ces serpents » (Al Akhbar, 24/09/2025). Ces propos, qualifiés de provocateurs par plusieurs sources, ont été jugés comme un « appel à l’agression » par plusieurs analystes cités dans le journal.

En parallèle, Al 3arabi Al Jadid note que le gouvernement israélien, par la voix de Benjamin Netanyahou, a ordonné la fermeture unilatérale du passage de Karama reliant la Cisjordanie à la Jordanie, une mesure politique marquant un tournant dans la gestion des relations avec les territoires palestiniens (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025). Ce durcissement contribue à accroître les tensions dans la région et à renforcer l’image d’isolement d’Israël dans les cercles diplomatiques.

Intervention remarquée du président libanais à New York

Le président libanais Joseph Aoun, présent à New York, a pris la parole à la tribune des Nations unies pour défendre la stabilité du Liban et demander un soutien renforcé à l’armée nationale. Al Sharq indique que le chef de l’État a appelé les États-Unis à « stopper l’agression israélienne et à soutenir l’armée libanaise dans sa mission de défense du territoire national » (Al Sharq, 24/09/2025). Ces propos s’inscrivent dans une séquence où le Liban cherche à consolider sa position diplomatique face à la montée des tensions au sud du pays.

Al Joumhouriyat précise que Joseph Aoun a rencontré le sénateur Marco Rubio pour lui demander « l’engagement américain sur le retrait d’Israël des cinq points frontaliers encore occupés » (Al Joumhouriyat, 24/09/2025). Cette revendication stratégique réitère la volonté de Beyrouth de rétablir sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, en s’appuyant sur la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

Donald Trump domine la scène américaine avec un discours de rupture

Dans un discours long d’une heure, largement couvert par Al Liwa’, le président des États-Unis Donald Trump a violemment critiqué les Nations unies, les accusant d’alimenter des vagues d’immigration illégale et d’échouer à résoudre les conflits mondiaux (Al Liwa’, 24/09/2025). Il a déclaré avoir « mis fin à sept guerres longues » en sept mois et affirmé que les États-Unis ont « empêché une guerre majeure entre Israël et l’Iran », faisant allusion à des frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes.

Trump a également raillé le système multilatéral, déclarant que l’organisation internationale n’était « plus qu’une plateforme rhétorique », recevant des applaudissements timides, mais suscitant un fort écho médiatique.

La polarisation franco-américaine autour du Moyen-Orient

Ad Diyar souligne le clivage croissant entre la diplomatie américaine et française au sujet de la solution à deux États. Alors que Washington cherche à imposer une lecture sécuritaire favorable à Israël, Paris tente d’imposer une dynamique plus équilibrée impliquant les acteurs arabes (Ad Diyar, 24/09/2025). Le journal évoque un « retour de la France comme médiateur actif », ambitionnant de jouer un rôle similaire à celui des années 1990 dans les processus de paix régionaux.

Cette dynamique rebat les cartes d’un échiquier diplomatique déjà marqué par les tensions entre puissances occidentales, Turquie, Iran et les pays du Golfe, selon les analyses proposées par Al 3arabi Al Jadid.

Le Liban en ligne de mire des manœuvres régionales

La dimension libanaise a été omniprésente dans les échanges bilatéraux et discours de fond. Al Akhbar indique que des sources israéliennes auraient laissé entendre une opération potentielle contre le Liban en raison de « la non-application des termes du cessez-le-feu par Beyrouth » (Al Akhbar, 24/09/2025). Cependant, Ad Diyar nuance cette hypothèse en rapportant les propos de diplomates israéliens qui considèrent que « la priorité militaire actuelle reste Gaza et la Cisjordanie », reléguant la question libanaise à un second plan, du moins pour l’instant (Ad Diyar, 24/09/2025).

Al Bina’ confirme cette lecture en soulignant que les tensions avec le Liban sont avant tout politiques et symboliques, et qu’un affrontement ouvert serait coûteux sur le plan régional. Le journal souligne également que la présence remarquée de Joseph Aoun à New York marque « un retour du Liban sur la scène diplomatique mondiale après une longue invisibilité » (Al Bina’, 24/09/2025).

L’ONU, entre espoir diplomatique et paralysie structurelle

Enfin, plusieurs journaux insistent sur la crise de légitimité que traverse l’Organisation des Nations unies. Al Liwa’ rapporte que Trump a dénoncé une « organisation obsolète incapable de prévenir les conflits », et a même ironisé sur la panne d’ascenseur et de prompteur au sein du siège new-yorkais pour illustrer sa décadence (Al Liwa’, 24/09/2025). À l’opposé, des États comme le Brésil ou la France ont plaidé pour un renforcement du multilatéralisme, face à une fragmentation des normes et des alliances.

Al Sharq conclut que l’Assemblée générale s’est transformée en « arène de confrontation des visions géopolitiques », où l’ancienne architecture de la paix semble céder sous la pression de conflits identitaires, d’ambitions impériales et de revendications de souveraineté en constante recomposition (Al Sharq, 24/09/2025).

Politique locale: affrontements institutionnels et pressions extérieures

Le paysage politique libanais, au 24 septembre 2025, est dominé par une tension institutionnelle persistante sur fond de pressions internationales et d’une polarisation interne exacerbée. Plusieurs journaux relèvent des signaux convergents d’instabilité alimentés par des tensions entre les différentes branches du pouvoir, des accusations de trahison diplomatique, et une méfiance croissante à l’égard des intentions israéliennes.

Renforcement de l’exécutif autour du président Aoun

Selon Ad Diyar, la participation du président Joseph Aoun à la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies a marqué un tournant stratégique dans la posture présidentielle, à la fois sur le plan diplomatique et intérieur. Le président s’est montré particulièrement actif dans ses échanges avec des responsables américains, notamment le sénateur Marco Rubio, à qui il a demandé un soutien accru au Liban, en insistant sur le retrait d’Israël des cinq points frontaliers encore occupés (Ad Diyar, 24/09/2025).

Cette activité diplomatique a été interprétée, selon Al Sharq, comme un effort de reprise en main des leviers de légitimité internationale à un moment où l’exécutif est contesté de toutes parts sur la scène nationale (Al Sharq, 24/09/2025). Le journal souligne que la participation conjointe du président Aoun, de la Première Dame Naamat Aoun, et du ministre des Affaires étrangères Youssef Raji a été organisée de manière à présenter une image de cohésion institutionnelle à l’étranger, contrastant avec les divisions internes.

Conflit ouvert avec l’administration américaine

L’épisode diplomatique le plus tendu de cette séquence a été provoqué par les propos de Thomas Barak, envoyé spécial américain au Liban, dont les accusations contre le gouvernement libanais et le Hezbollah ont été perçues comme une provocation majeure. D’après Al Akhbar, Barak a déclaré que « tout ce que fait le Liban, c’est parler », exigeant du gouvernement une déclaration explicite sur la confiscation des armes du Hezbollah (Al Akhbar, 24/09/2025). Il a aussi affirmé que « l’Iran et le Hezbollah sont des ennemis » et qu’il faut « couper les têtes de ces serpents », des propos considérés comme un appel déguisé à une opération militaire israélienne.

La réaction institutionnelle n’a pas tardé. Al Liwa’ indique que le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri ont répondu fermement à ces déclarations, dénonçant une ingérence américaine inacceptable dans les affaires internes du pays (Al Liwa’, 24/09/2025). Salam a souligné que le Liban est « souverain dans ses décisions et que son gouvernement ne suit aucun agenda imposé de l’extérieur ».

Les tensions institutionnelles autour du Hezbollah et de l’armée

Une dimension centrale du conflit interne concerne la position du gouvernement vis-à-vis du Hezbollah. Al Joumhouriyat rapporte que certains cercles diplomatiques libanais ont été choqués par les propos de Barak, considérés comme un changement radical de ton par rapport à ses déclarations antérieures, où il prônait le dialogue avec le Hezbollah (Al Joumhouriyat, 24/09/2025). Cette volte-face a été interprétée comme un alignement sur les positions israéliennes les plus dures.

Dans ce contexte, Al Akhbar cite des sources militaires selon lesquelles les propos de Barak seraient également motivés par une insatisfaction américaine à l’égard de la direction actuelle de l’armée libanaise, laissant entendre une perte de confiance croissante envers le général Joseph Aoun. Des sources proches du dossier évoquent même une volonté américaine de restructurer les mécanismes de coopération militaire bilatérale, notamment en matière d’assistance financière.

Équilibre instable au Parlement et pressions sur le cabinet Salam

Sur le plan intérieur, la position du Premier ministre Nawaf Salam apparaît fragilisée par ces tensions externes. Ad Diyar évoque un climat de méfiance entre le gouvernement et certains blocs parlementaires, notamment ceux proches du mouvement Amal et du Hezbollah, qui voient dans les prises de position du chef du gouvernement une volonté de se distancier du camp dit de la « résistance » (Ad Diyar, 24/09/2025).

Al Bina’ souligne, pour sa part, que la rhétorique officielle du gouvernement repose sur une volonté d’assurer la stabilité et de prévenir tout embrasement régional, mais que cette posture modérée est mise à l’épreuve par les pressions continues des partenaires occidentaux, notamment sur le dossier du désarmement des groupes armés (Al Bina’, 24/09/2025). Le journal note également l’absence d’un consensus national sur les orientations stratégiques du Liban face aux menaces israéliennes et aux pressions américaines.

Les critiques montantes contre l’exécutif et la rhétorique sécuritaire

Du côté de l’opposition, des voix s’élèvent contre ce qu’elles perçoivent comme une dérive autoritaire. Al 3arabi Al Jadid rapporte que plusieurs ONG et acteurs de la société civile critiquent l’usage croissant d’arguments sécuritaires pour justifier l’inaction gouvernementale sur les réformes structurelles (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025). Ces critiques se concentrent notamment sur le manque de transparence budgétaire, l’inefficacité de la lutte contre la corruption, et l’absence de mesures concrètes pour rétablir la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

Le journal évoque également des signaux de mécontentement dans les rangs de la fonction publique, avec notamment les protestations de certains secteurs clés, comme l’éducation ou la santé, dont les revendications salariales restent sans réponse claire.

Les fractures géopolitiques régionales et leur répercussion à Beyrouth

Selon Al Quds, les évolutions géopolitiques au Proche-Orient, notamment les tentatives de reconfiguration de la solution à deux États et les tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah, contribuent à renforcer les divisions internes au Liban. Plusieurs analystes cités dans le journal estiment que le Liban pourrait devenir un terrain de confrontation indirecte entre Washington, Téhéran et Tel Aviv (Al Quds, 24/09/2025).

Al 3arabi Al Jadid ajoute que le risque de marginalisation politique du Liban s’accroît en l’absence d’un narratif stratégique cohérent. La diplomatie libanaise est perçue comme réactive, plus que proactive, ce qui laisse peu de marge de manœuvre face aux nouvelles alliances qui se dessinent dans la région.

L’incertitude sur l’avenir des réformes structurelles

Un autre point majeur de la dynamique politique locale concerne les perspectives de réforme. Nahar consacre un article à l’évolution de la situation financière, évoquant l’absence persistante d’un plan de relance économique validé par les institutions internationales (Nahar, 24/09/2025). La publication note également que le Liban n’a toujours pas activé les recommandations du FMI, notamment en matière de restructuration bancaire et de rationalisation du secteur public.

Le blocage des réformes est aggravé par la fragilité du consensus au sein du gouvernement, et par une instabilité chronique des alliances parlementaires. Cette paralysie institutionnelle alimente le pessimisme des observateurs, qui craignent un retour à un cycle de crises politiques et économiques à répétition.

Vers un repositionnement de la présidence et du gouvernement ?

Face à ces défis, plusieurs sources évoquent une volonté de repositionnement de la présidence libanaise, qui chercherait à restaurer sa légitimité par une diplomatie offensive. Selon Al Sharq, l’entourage du président Joseph Aoun envisage de convoquer une conférence nationale sur la souveraineté et la sécurité, avec la participation de toutes les forces politiques (Al Sharq, 24/09/2025). Ce projet viserait à poser les bases d’un dialogue national autour du désarmement, de la neutralité du Liban, et des réformes constitutionnelles.

Toutefois, Al Akhbar souligne que ce type d’initiative reste fragile sans un appui régional fort, et que la persistance de la méfiance entre les blocs politiques rend improbable un tel consensus à court terme.

Citation et discours des personnalités politiques: affirmations présidentielles et crispations diplomatiques

Le 24 septembre 2025 a été marqué par une séquence dense de discours politiques, à la fois sur la scène internationale et dans le débat interne libanais. Les déclarations du président libanais Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam, du président du Parlement Nabih Berri, ainsi que des responsables américains et israéliens ont dominé l’actualité. Ces prises de parole, souvent opposées dans le fond comme dans la forme, ont souligné les lignes de fracture de la scène politique nationale et régionale.

Joseph Aoun à la tribune des Nations unies : un discours de légitimité

Dans un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président libanais Joseph Aoun a voulu affirmer la légitimité du Liban en tant qu’État souverain et protecteur de la stabilité régionale. Selon Al Sharq, Aoun a déclaré : « Nous appelons nos partenaires à soutenir l’armée libanaise et à s’opposer à l’agression israélienne continue contre notre souveraineté » (Al Sharq, 24/09/2025). Il a également insisté sur le rôle du Liban comme « modèle de coexistence » dans un Proche-Orient fracturé.

Cette prise de parole a été accompagnée, selon Ad Diyar, d’un entretien bilatéral avec le sénateur américain Marco Rubio, en présence de l’envoyé spécial Thomas Barak. Au cours de cette réunion, Aoun a réitéré la nécessité pour les États-Unis de faire pression sur Israël pour le retrait de ses troupes des cinq points frontaliers toujours occupés, conformément à la résolution 1701 (Ad Diyar, 24/09/2025).

Rubio et Barak : une double ligne américaine

Les déclarations américaines ont été marquées par une dissonance entre les propos officiels du sénateur Marco Rubio, plutôt modérés, et ceux, virulents, de Thomas Barak. Selon Al Joumhouriyat, Rubio a affirmé à Joseph Aoun que « les États-Unis soutiennent la stabilité du Liban et son rôle dans la sécurité régionale » (Al Joumhouriyat, 24/09/2025). Il a également insisté sur le respect de la souveraineté libanaise.

En revanche, Thomas Barak, envoyé spécial de la Maison-Blanche, a tenu un discours radical largement commenté par la presse libanaise. Al Akhbar rapporte ainsi qu’il a déclaré : « L’Iran et le Hezbollah sont nos ennemis. Il faut couper les têtes de ces serpents et assécher leurs financements » (Al Akhbar, 24/09/2025). Cette citation, diffusée largement dans les médias, a été interprétée comme un basculement des États-Unis vers une rhétorique de confrontation directe, au moment où le Liban tente d’éviter une escalade régionale.

Réactions du pouvoir exécutif libanais : fermeté diplomatique

Les déclarations de Barak ont suscité une réponse immédiate de la part des autorités libanaises. Le Premier ministre Nawaf Salam a dénoncé, selon Al Liwa’, une « ingérence inacceptable dans les affaires internes du Liban », ajoutant que « notre gouvernement ne reçoit d’instruction d’aucune puissance étrangère, et notre politique est guidée par les intérêts supérieurs de la nation » (Al Liwa’, 24/09/2025). Salam a également appelé à respecter le mandat de l’armée libanaise en tant que force légitime de défense nationale.

De son côté, Nabih Berri, président du Parlement, a estimé que les propos de Barak « représentent une violation grave des règles diplomatiques et un affront au dialogue bilatéral » (Al Joumhouriyat, 24/09/2025). Il a rappelé que Barak avait auparavant adopté un ton plus conciliant à l’égard du Hezbollah et qu’un tel revirement compromet la crédibilité de son rôle d’émissaire.

Positionnement du Hezbollah : silence stratégique ou réponse différée ?

Alors que les déclarations américaines mettaient en cause directement le Hezbollah, aucun responsable du mouvement n’a pris la parole dans l’édition analysée. Cependant, plusieurs journaux, dont Al Akhbar et Al Bina’, rapportent que des sources proches du mouvement ont qualifié les propos de Barak de « déclaration de guerre diplomatique » et ont indiqué qu’une réponse officielle serait formulée au moment jugé opportun (Al Akhbar, 24/09/2025 ; Al Bina’, 24/09/2025).

Al Bina’ ajoute que le Hezbollah voit dans les déclarations de Barak une tentative d’Israël d’obtenir un feu vert américain à une opération militaire ciblée dans le sud du Liban, en se servant d’une rhétorique de diabolisation.

Trump à la tribune : provocation et isolationnisme

Parallèlement aux discours libanais, celui du président des États-Unis Donald Trump a marqué les esprits par sa virulence. Selon Al Liwa’, Trump a dénoncé l’ONU comme « une plateforme inefficace et idéologisée » et s’est félicité d’avoir « mis fin à sept conflits armés en sept mois » (Al Liwa’, 24/09/2025). Il a également affirmé que les États-Unis avaient empêché « une guerre généralisée entre Israël et l’Iran » en menant des frappes sur des installations nucléaires iraniennes.

Al Quds rapporte que Trump a attaqué l’ONU sur la question migratoire, affirmant que « cette organisation favorise les flux migratoires illégaux vers l’Occident en distribuant des aides aux migrants en route vers nos frontières » (Al Quds, 24/09/2025). Ce discours, applaudi timidement, a été largement critiqué en coulisses, selon les diplomates présents.

Discours régionaux : solidarité arabe et offensive rhétorique

Dans un contraste notable avec les propos américains, les dirigeants arabes présents à New York ont adopté un ton unifié en faveur de la cause palestinienne. L’émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani, le président turc Recep Tayyip Erdogan, et le roi Abdallah de Jordanie ont tous dénoncé « l’occupation israélienne illégale » et « l’urgence d’une solution politique juste et durable » (Al Quds, 24/09/2025).

Le président brésilien Lula da Silva, cité également par Al Quds, a affirmé : « Rien ne justifie les massacres de civils palestiniens. Gaza est devenue une tombe à ciel ouvert pour le droit international » (Al Quds, 24/09/2025). Cette déclaration a été vivement applaudie, notamment par les délégations africaines et sud-américaines.

La parole présidentielle comme stratégie de repositionnement

La multiplication des interventions publiques du président Joseph Aoun, tant à l’ONU que dans ses entretiens bilatéraux, a été analysée par plusieurs journaux comme une tentative de repositionnement stratégique de la présidence. Al Bina’ affirme que « Joseph Aoun cherche à redonner au Liban une voix sur la scène internationale, alors même que le pays traverse une crise profonde » (Al Bina’, 24/09/2025).

D’autres observateurs, cités dans Ad Diyar, estiment que ces discours visent aussi à renforcer sa légitimité interne face à un exécutif divisé et à des forces parlementaires réticentes à entériner ses choix en matière de défense et de diplomatie.

Crise de confiance dans la parole institutionnelle

Toutefois, malgré la vigueur des discours officiels, plusieurs journaux relèvent un fossé croissant entre la parole politique et la réalité perçue par la population. Al 3arabi Al Jadid rapporte que des analystes et organisations de la société civile dénoncent la « vacuité rhétorique » des autorités, accusées d’utiliser des discours patriotiques pour masquer l’absence de réformes et de décisions concrètes (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025).

Ce sentiment de méfiance est accentué par l’absence de transparence dans la conduite des affaires publiques et par la perception que les grands discours internationaux ne produisent aucun effet tangible pour les citoyens.

Diplomatie: repositionnements stratégiques et rivalités d’influence

La scène diplomatique internationale, au 24 septembre 2025, est dominée par une série d’initiatives et d’alignements stratégiques autour de la question palestinienne, des tensions israélo-libanaises et des ambitions concurrentes des puissances régionales et mondiales. L’Assemblée générale des Nations unies s’impose comme l’arène principale de ces affrontements diplomatiques, révélant une reconfiguration des alliances et des priorités.

L’Assemblée générale comme scène centrale des manœuvres

Selon Ad Diyar, la conférence internationale sur la solution à deux États, organisée en marge de l’Assemblée générale, a été présentée par plusieurs chancelleries comme un tournant stratégique. Le journal souligne que cette conférence, soutenue notamment par la France et l’Arabie Saoudite, a été conçue comme une « plateforme de redéfinition des équilibres de pouvoir » dans la région, au-delà du seul prisme palestino-israélien (Ad Diyar, 24/09/2025).

Le même journal indique que cette relance diplomatique s’inscrit dans un contexte d’hostilités croissantes à Gaza et en Cisjordanie, de pressions sur l’Iran, et d’une volonté de freiner l’extension d’un conflit régional. Elle reflète également une tentative de contenir la rivalité entre les États-Unis et la France dans la gestion du dossier proche-oriental, Paris cherchant à imposer une approche multilatérale plus équilibrée.

Une diplomatie française plus affirmée

D’après les informations publiées dans Al Quds, la France a joué un rôle moteur dans la coordination du soutien européen à la reconnaissance d’un État palestinien. Le journal rapporte qu’Emmanuel Macron a soutenu la publication d’un communiqué conjoint avec l’Arabie Saoudite, dans lequel les deux pays réaffirment leur volonté d’« unifier Gaza et la Cisjordanie sous l’autorité palestinienne légitime » (Al Quds, 24/09/2025).

Cette initiative vise à renforcer la diplomatie française comme force de proposition au sein de l’Union européenne, à rebours de la ligne plus favorable à Israël défendue par Washington. Toujours selon Al Quds, onze nouveaux États, dont la France, la Belgique, l’Australie, le Canada et le Portugal, ont reconnu l’État palestinien en l’espace de trois jours, démontrant une dynamique diplomatique significative enclenchée par Paris.

Les États-Unis entre alignement israélien et diplomatie de confrontation

À l’opposé de cette dynamique, les États-Unis, représentés par Donald Trump et son envoyé spécial Thomas Barak, ont opté pour une posture diplomatique plus clivante. Al Liwa’ rapporte que Trump a dénoncé l’ONU comme « un organe bureaucratique inutile » et a affirmé avoir « mis fin à sept guerres » en quelques mois grâce à une approche unilatérale (Al Liwa’, 24/09/2025). Ce discours, tout en revendiquant une efficacité militaire, marginalise toute vision coopérative des relations internationales.

Dans le prolongement de cette ligne, Thomas Barak a adopté une rhétorique ouvertement hostile au Liban et à l’Iran. Al Akhbar cite ses propos : « Nous avons besoin de couper les têtes des serpents et de tarir leurs sources de financement » (Al Akhbar, 24/09/2025), en référence directe au Hezbollah. Cette sortie, largement condamnée par les responsables libanais, est perçue comme un abandon de toute posture diplomatique au profit d’un soutien inconditionnel à Israël.

L’axe franco-saoudien face à l’unilatéralisme américain

Selon Ad Diyar, cette ligne dure de Washington renforce, paradoxalement, la coopération entre Paris et Riyad, qui tentent de rétablir un équilibre diplomatique au Levant. Le journal explique que cette initiative franco-saoudienne répond à une double logique : désamorcer les tensions immédiates en Palestine et à la frontière israélo-libanaise, mais aussi proposer un nouveau cadre de négociation, plus inclusif, face à l’hégémonie américano-israélienne (Ad Diyar, 24/09/2025).

La France, en insistant sur le droit international et la légalité des résolutions de l’ONU, cherche à réhabiliter la notion de diplomatie multilatérale dans une région dominée par des rapports de force. L’Arabie Saoudite, quant à elle, tente de repositionner son image d’acteur stabilisateur, notamment après sa réconciliation avec l’Iran.

La Turquie et le Qatar comme médiateurs alternatifs

Parmi les puissances régionales actives, la Turquie et le Qatar ont également multiplié les efforts de médiation. Selon Al Quds, le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné sans équivoque les attaques israéliennes contre Gaza, qualifiant la situation d’« épuration ethnique planifiée » (Al Quds, 24/09/2025). De son côté, l’émir du Qatar a appelé à une coordination immédiate des efforts arabes pour garantir la protection des civils palestiniens.

Ces positions, bien que fortement symboliques, s’accompagnent aussi de propositions concrètes, notamment un couloir humanitaire régional et un soutien logistique à la reconstruction des infrastructures de santé à Gaza. Ces initiatives renforcent le rôle de ces deux pays comme médiateurs influents dans la région, en décalage avec la diplomatie de confrontation menée par Washington.

Le Liban, acteur diplomatique en quête de poids

Dans ce contexte diplomatique tendu, le Liban s’efforce de retrouver une place sur la scène internationale. D’après Al Sharq, le président Joseph Aoun a profité de sa participation à l’Assemblée générale pour multiplier les entretiens bilatéraux, notamment avec le sénateur Marco Rubio, à qui il a demandé un engagement américain clair sur le respect de la souveraineté libanaise (Al Sharq, 24/09/2025).

Al Bina’ souligne que le discours du président Aoun devant les Nations unies a été « mesuré mais ferme », insistant sur le rôle de l’armée libanaise comme garant de la paix intérieure, tout en appelant à une désescalade immédiate avec Israël (Al Bina’, 24/09/2025). Cette stratégie vise à désamorcer les tensions tout en consolidant l’image du Liban comme État neutre et pacificateur dans un environnement régional explosif.

Diplomatie de crise et gestion des priorités conflictuelles

Selon Al 3arabi Al Jadid, la scène diplomatique autour du Liban reste cependant fracturée. D’un côté, les puissances occidentales conditionnent leur soutien à des mesures concrètes contre le Hezbollah ; de l’autre, les alliés régionaux comme la Syrie et l’Iran voient dans ces exigences une instrumentalisation du droit international au service de Tel Aviv (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025).

La conséquence directe est une paralysie partielle de la diplomatie libanaise, contrainte de naviguer entre les lignes rouges de ses partenaires et les exigences de ses soutiens traditionnels. Cette tension interne fragilise la capacité du Liban à faire valoir ses positions dans les forums internationaux.

Israël et l’escalade diplomatique ciblée

En parallèle, Israël poursuit une stratégie diplomatique agressive. Selon Al 3arabi Al Jadid, la fermeture soudaine du passage de Karama, reliant la Cisjordanie à la Jordanie, a été décrite par plusieurs sources comme une décision « politique plus que sécuritaire » visant à accentuer la pression sur l’Autorité palestinienne (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025). Cette fermeture unilatérale a été interprétée comme un signal à l’ONU, où Israël est de plus en plus isolé.

Ad Diyar note que des responsables israéliens considèrent désormais le Liban comme un front secondaire, la priorité étant concentrée sur Gaza et la Cisjordanie. Toutefois, ce « front secondaire » reste sous surveillance, et la diplomatie israélienne continue de plaider en faveur d’une action coordonnée contre ce qu’elle appelle les « menaces au nord » (Ad Diyar, 24/09/2025).

Le rôle affaibli de l’ONU dans l’arbitrage régional

Enfin, plusieurs sources, dont Al Liwa’ et Al Quds, soulignent la difficulté croissante pour l’ONU à maintenir son rôle d’arbitre crédible. Le discours de Trump, les critiques de son administration contre les agences onusiennes, et la défiance croissante des acteurs régionaux affaiblissent la capacité de l’organisation à imposer une feuille de route (Al Liwa’, 24/09/2025 ; Al Quds, 24/09/2025).

Cette fragilité institutionnelle accentue les dynamiques bilatérales ou trilatérales, au détriment du multilatéralisme. Les acteurs régionaux comme la France, le Qatar ou l’Arabie Saoudite tentent de combler ce vide en multipliant les sommets alternatifs et les canaux de médiation.

La diplomatie comme champ de recomposition des équilibres

Face à la fragmentation des alliances, les discours tenus lors de l’Assemblée générale révèlent un glissement de l’axe diplomatique traditionnel vers une multiplication d’acteurs intermédiaires. La diplomatie se reconfigure autour de pôles concurrents : l’un unilatéral, porté par les États-Unis et Israël ; l’autre multilatéral, soutenu par l’Union européenne, la France et les puissances arabes modérées. Le Liban, pris entre ces deux modèles, tente de préserver une marge de manœuvre, mais peine à s’affirmer comme acteur diplomatique à part entière.

Politique internationale: recompositions géopolitiques et rapports de force renouvelés

Les interventions des dirigeants internationaux à l’Assemblée générale des Nations unies du 24 septembre 2025, largement relayées par les journaux analysés, ont mis en lumière une reconfiguration accélérée des équilibres géopolitiques mondiaux. À travers les positions affirmées de la France, des États-Unis, du Brésil, de la Turquie, du Qatar ou encore de l’Australie, plusieurs clivages se sont confirmés, notamment autour de la reconnaissance de l’État palestinien, de la légitimité de l’ONU, et des rapports de force au Moyen-Orient.

Une fracture transatlantique autour de la reconnaissance de la Palestine

Selon Al Quds, la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par onze nouveaux pays a constitué un tournant diplomatique. Le journal cite notamment la France, le Portugal, la Belgique, l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni parmi les nations qui ont pris cette décision dans les trois jours précédant l’ouverture de l’Assemblée générale (Al Quds, 24/09/2025). Ces reconnaissances, largement saluées dans les discours des pays du Sud, ont été présentées comme un acte politique destiné à sortir le processus de paix de l’impasse.

Le journal souligne également que ce mouvement diplomatique s’est réalisé en marge d’une intense activité diplomatique européenne, menée en particulier par la France et l’Espagne. Emmanuel Macron a soutenu une déclaration conjointe avec l’Arabie Saoudite appelant à unifier la gouvernance des territoires palestiniens sous la bannière de l’Autorité palestinienne, et à accélérer les négociations multilatérales.

Le positionnement radical de l’administration Trump

À l’inverse, les États-Unis, représentés par Donald Trump, ont exprimé une critique virulente de l’ONU. Selon Al Liwa’, Trump a déclaré à la tribune que « l’ONU est devenue une plateforme inutile qui sert les ennemis des nations libres » (Al Liwa’, 24/09/2025). Il a affirmé que son administration avait « mis fin à sept guerres » depuis son retour au pouvoir, citant notamment l’Irak, la Syrie, le Yémen et la Somalie.

Il a aussi revendiqué des frappes préventives sur les infrastructures nucléaires iraniennes, déclarant que ces actions avaient permis d’éviter « une guerre régionale avec Israël ». Cette posture, qui rompt avec le consensus multilatéral, a suscité un accueil glacial dans plusieurs chancelleries.

L’Amérique latine et l’Afrique solidaires de la cause palestinienne

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a adopté une ligne résolument opposée à celle de Trump. Selon Al Quds, il a déclaré : « Il n’existe aucune justification à l’extermination du peuple palestinien. Sous les décombres de Gaza, ce n’est pas seulement la vie humaine qui s’effondre, c’est aussi le droit international » (Al Quds, 24/09/2025). Ce discours, très applaudi, a été salué par les délégations africaines et sud-américaines.

Al 3arabi Al Jadid souligne que plusieurs chefs d’État africains ont, lors de réunions parallèles, exprimé leur intention de reconnaître l’État de Palestine dans les mois à venir, estimant que « la colonisation israélienne ne peut plus être ignorée » (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025). Ces prises de position renforcent la pression diplomatique sur Israël.

La Turquie et le Qatar en figures de proue du monde musulman

La diplomatie turque, à travers le président Recep Tayyip Erdogan, s’est illustrée par un discours incisif. Selon Al Quds, Erdogan a accusé Israël de pratiquer une politique de « nettoyage ethnique systématique », et a appelé à une conférence islamique d’urgence pour coordonner les actions diplomatiques des pays musulmans (Al Quds, 24/09/2025).

L’émir du Qatar a, lui aussi, exprimé son rejet des actions israéliennes, tout en appelant à un front diplomatique unifié dans le monde arabe. Al Bina’ rapporte qu’il a proposé la création d’un fonds d’aide d’urgence pour les civils palestiniens, soutenu par la Ligue arabe (Al Bina’, 24/09/2025). Ces prises de position renforcent le rôle de la Turquie et du Qatar comme acteurs de médiation dans les crises moyen-orientales.

L’Europe divisée entre diplomatie équilibrée et suivisme américain

Ad Diyar note une fracture au sein de l’Union européenne sur la politique proche-orientale. Tandis que la France, le Portugal et la Belgique adoptent une posture proactive en faveur d’une reconnaissance palestinienne, d’autres pays comme la Hongrie ou la République tchèque restent alignés sur la position israélienne, refusant toute reconnaissance unilatérale de la Palestine (Ad Diyar, 24/09/2025).

Cette division interne réduit la capacité de l’UE à parler d’une seule voix et affaiblit son influence sur les processus diplomatiques en cours. Néanmoins, le leadership de Paris et de Madrid permet à une partie du bloc européen de peser sur les discussions multilatérales, en particulier dans les enceintes de l’ONU.

La marginalisation de l’ONU et le retour du bilatéralisme

Le discours de Donald Trump, soutenu par celui de son émissaire Thomas Barak, marque une offensive contre le système multilatéral. Al Akhbar rapporte que Barak a accusé l’ONU d’être « infiltrée par des régimes hostiles à la liberté » et a prôné une logique d’alliances bilatérales renforcées, notamment entre Israël, les États-Unis et certains États du Golfe (Al Akhbar, 24/09/2025).

Cette vision a suscité des critiques sévères de la part des diplomates de pays non-alignés, qui y voient un retour à une logique de blocs antérieure à la chute du Mur de Berlin. Al Liwa’ souligne que plusieurs responsables africains et asiatiques ont quitté la salle lors du discours de Barak, en signe de protestation (Al Liwa’, 24/09/2025).

Israël dans une posture d’isolement diplomatique

Alors que plusieurs pays reconnaissaient l’État de Palestine, le gouvernement israélien a annoncé, selon Al 3arabi Al Jadid, la fermeture du point de passage de Karama avec la Jordanie. Cette décision unilatérale a été perçue comme une réponse politique aux critiques internationales. Le journal indique que cette fermeture accroît l’isolement d’Israël dans les enceintes diplomatiques (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025).

Al Bina’ note que cette décision a été jugée « contre-productive » par certains alliés traditionnels d’Israël, notamment au sein de la droite américaine, qui craint une escalade incontrôlable au Levant. L’absence de soutien explicite de certains pays européens marque une rupture avec le consensus pro-israélien des années précédentes.

Le Liban pris entre diplomatie active et vulnérabilité stratégique

Au milieu de ces recompositions, le Liban tente de s’affirmer. Selon Al Sharq, le président Joseph Aoun a multiplié les échanges bilatéraux avec des dirigeants de pays arabes et européens pour rappeler le respect des résolutions internationales concernant la frontière sud (Al Sharq, 24/09/2025).

Al Joumhouriyat rapporte qu’en marge de son discours, Aoun a rencontré le ministre français des Affaires étrangères, insistant sur la nécessité d’un soutien au Liban dans le cadre de la FINUL et sur la défense du mandat de l’ONU dans le sud (Al Joumhouriyat, 24/09/2025). Toutefois, la vulnérabilité diplomatique du Liban reste forte, en raison de son exposition aux tensions israélo-américaines et à ses propres divisions internes.

Reconfiguration des alliances régionales

La coordination croissante entre la Turquie, le Qatar et certaines puissances africaines illustre une recomposition progressive des alliances au sein des pays du Sud. Al Quds signale que plusieurs pays d’Amérique latine et d’Afrique préparent une déclaration commune de soutien à la reconnaissance de l’État palestinien, qui devrait être présentée lors du prochain sommet des Non-Alignés (Al Quds, 24/09/2025).

Cette dynamique renforce le clivage entre une diplomatie du Sud global, portée par des États émergents, et une diplomatie plus conservatrice portée par Washington et ses alliés les plus proches. Cette recomposition s’accompagne d’un discours renouvelé sur la souveraineté, l’autodétermination et le refus des ingérences occidentales.

L’ONU en crise de légitimité

Enfin, les critiques à l’égard de l’ONU sont revenues comme un thème central dans plusieurs discours. Selon Al Liwa’, Donald Trump a ironisé sur les pannes d’ascenseurs et de téléprompteurs dans le bâtiment de l’ONU pour illustrer la « décadence » de l’organisation (Al Liwa’, 24/09/2025). Ce ton sarcastique contraste avec les appels à un renforcement du rôle onusien exprimés par la France, le Brésil ou le Qatar.

La défiance croissante à l’égard des institutions multilatérales marque un tournant pour la politique internationale. Le retrait de certaines puissances du jeu collectif renforce les logiques de puissance brute, au détriment des mécanismes de négociation et de compromis.

Économie: vulnérabilités persistantes et signaux de crise latente

Le suivi de l’actualité économique libanaise au 24 septembre 2025, tel que rapporté dans la presse locale, met en évidence une couverture fragmentaire des indicateurs et enjeux économiques. Toutefois, quelques publications abordent des aspects significatifs des déséquilibres monétaires, de la situation du secteur bancaire, des tensions sur les prix de l’or, ainsi que du contexte régional ayant un impact indirect sur le Liban. Le traitement journalistique, bien que parcellaire, reflète une économie toujours sous tension, dans un pays en crise institutionnelle prolongée.

La flambée du prix de l’or : symptôme d’une incertitude persistante

L’un des rares indicateurs économiques mentionnés de manière explicite dans les journaux analysés concerne l’évolution du prix de l’or. Al Joumhouriyat rapporte que les prix ont atteint un nouveau pic, en raison de l’escalade des tensions au Liban-sud et de la crainte d’un conflit plus large avec Israël (Al Joumhouriyat, 24/09/2025). L’article souligne que cette hausse, bien qu’observable au niveau mondial, a été particulièrement marquée sur le marché libanais, où les ménages et petits épargnants se tournent de plus en plus vers les métaux précieux comme valeur refuge.

Le journal indique que les bijouteries à Beyrouth, Tyr et Saïda enregistrent une hausse de 30 à 40 % des transactions en lingots ou en pièces d’or, par rapport au mois précédent. Ce comportement est interprété comme une manifestation directe de la perte de confiance dans la livre libanaise et dans le secteur bancaire, toujours sous pression.

Affaiblissement continu de la livre libanaise et paralysie monétaire

Même si aucune donnée chiffrée officielle sur le taux de change n’a été rapportée dans les journaux consultés, plusieurs articles font référence à la dépréciation continue de la livre libanaise. Al Akhbar évoque de manière indirecte une perte de pouvoir d’achat généralisée, notamment dans le contexte de la hausse des prix des denrées importées (Al Akhbar, 24/09/2025). Cette évolution est attribuée à l’absence de politiques monétaires efficaces et à la paralysie persistante de la Banque du Liban.

Le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, n’est mentionné dans aucun article, ce qui suggère une relative invisibilité publique à un moment où les décisions de politique monétaire devraient être centrales. Cette absence médiatique alimente les critiques déjà formulées depuis plusieurs mois contre la Banque centrale, accusée de manquer de transparence sur ses interventions sur le marché des devises.

Un secteur bancaire marginalisé, entre méfiance publique et isolement institutionnel

La presse ne propose aucune nouvelle annonce bancaire ou de réforme financière pour cette période. Toutefois, plusieurs journaux soulignent indirectement l’effondrement de la confiance dans le système bancaire. Al 3arabi Al Jadid rapporte que de nombreux ménages préfèrent conserver leurs économies en espèces ou en devises fortes à domicile plutôt que de les déposer dans les banques, en raison des restrictions encore en vigueur sur les retraits en dollars (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025).

Al Bina’ évoque quant à lui le fait que les transferts d’argent depuis l’étranger, longtemps considérés comme un filet de sécurité pour l’économie libanaise, ont connu un ralentissement ces dernières semaines, en partie à cause de l’irrégularité des circuits bancaires (Al Bina’, 24/09/2025). Cette baisse des flux de devises fragilise encore davantage les réserves en dollars du pays et limite les capacités d’importation.

Le poids de la crise politique sur les perspectives économiques

Selon Nahar, l’impasse politique actuelle empêche toute avancée significative sur les négociations avec le Fonds monétaire international (Nahar, 24/09/2025). Le journal rappelle que les conditions posées par le FMI — notamment l’audit de la Banque du Liban, la restructuration du secteur bancaire, et la levée du secret bancaire — n’ont toujours pas été mises en œuvre, faute de consensus gouvernemental.

Cette paralysie institutionnelle se traduit par l’absence totale de feuille de route budgétaire ou de plan de relance, au moment où les besoins en financement sont de plus en plus pressants. Nahar souligne que l’absence de budget voté depuis plusieurs années empêche toute planification à moyen terme, y compris dans des secteurs cruciaux comme la santé, l’éducation ou les infrastructures.

L’incapacité à relancer l’investissement public ou privé

Aucun des journaux analysés ne mentionne d’initiatives d’investissement ou de projets d’envergure en cours. Al Liwa’ fait état d’un environnement d’affaires morose, où les investisseurs locaux comme étrangers hésitent à engager des capitaux dans un contexte incertain sur les plans juridique, fiscal et monétaire (Al Liwa’, 24/09/2025).

Les chambres de commerce ne semblent pas avoir émis de communiqués récents, et aucune mesure de soutien aux PME n’a été rapportée. Cette absence d’activité économique structurante renforce la spirale de contraction du tissu productif libanais, déjà affaibli par des années de crise.

Les répercussions régionales : du commerce au risque sécuritaire

Sur le plan régional, plusieurs articles abordent les tensions croissantes entre Israël et le Liban, en particulier au niveau de la frontière sud. Si les implications économiques ne sont pas détaillées, Al Quds et Al Akhbar soulignent que le risque de conflit armé génère des perturbations dans les flux logistiques, notamment en matière de transport de marchandises vers le port de Beyrouth et l’aéroport international (Al Quds, 24/09/2025 ; Al Akhbar, 24/09/2025).

Ces menaces pèsent également sur les projets de coopération énergétique régionale. Ad Diyar rappelle que les négociations autour de l’exploitation des ressources gazières en Méditerranée sont suspendues depuis plusieurs mois, faute d’un cadre de stabilité diplomatique (Ad Diyar, 24/09/2025). Cette situation prive le Liban d’une source potentielle de revenus et de financement de son déficit commercial.

Les effets tangibles de la crise sur la vie quotidienne

Al 3arabi Al Jadid consacre un article aux effets de la crise économique sur les ménages libanais. Le journal rapporte une hausse continue des prix des biens de consommation courante, en particulier dans les supermarchés et marchés de proximité (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025). Les produits importés — notamment les huiles, farines, produits laitiers — ont vu leurs prix grimper de 15 à 20 % sur un mois.

Cette inflation, combinée à une stagnation des salaires dans le secteur public et une contraction des emplois dans le secteur privé, accentue la précarité. Le recours aux aides humanitaires distribuées par les ONG et les institutions religieuses est en hausse, selon les observations de terrain rapportées par le journal.

Le silence gouvernemental sur les priorités économiques

Aucun responsable économique ou financier n’a pris la parole dans la presse du jour. Ni le ministre des Finances, ni le gouverneur de la Banque du Liban, ni un représentant du Conseil économique et social n’ont fait de déclaration. Ce silence institutionnel est interprété par plusieurs commentateurs comme un aveu d’impuissance, dans un contexte où les marges de manœuvre sont extrêmement réduites.

Al Sharq note que cette absence de communication contribue à entretenir le flou autour des politiques à venir, en particulier sur des dossiers structurants comme la gestion de la dette publique, la réforme du système fiscal, ou la modernisation des infrastructures énergétiques (Al Sharq, 24/09/2025).

Justice: enquêtes sensibles, impunité persistante et pressions politiques

L’actualité judiciaire du 24 septembre 2025, telle que couverte par la presse libanaise, met en lumière plusieurs éléments récurrents : la lenteur des procédures, les interférences politiques dans les affaires sensibles, et la persistance de l’impunité dans des dossiers emblématiques. Les journaux traitent de manière fragmentée ces différents aspects, à travers des brèves sur des affaires en cours ou des déclarations politiques liées à la justice, notamment dans le cadre de la situation sécuritaire au Liban-sud.

Affaire du port de Beyrouth : une procédure toujours à l’arrêt

Plusieurs journaux soulignent la stagnation du dossier du port de Beyrouth, qui reste emblématique de l’impuissance de l’appareil judiciaire libanais. Al Akhbar rappelle que l’enquête est suspendue depuis des mois en raison de recours multiples, notamment de la part de responsables politiques mis en cause dans le cadre de l’explosion du 4 août 2020 (Al Akhbar, 24/09/2025).

Le juge Tarek Bitar, toujours officiellement en charge de l’instruction, n’a pas été autorisé à reprendre ses travaux malgré le soutien affiché d’une partie de l’opinion publique et d’ONG locales. Al Bina’ mentionne que les familles des victimes ont organisé une nouvelle manifestation silencieuse devant le palais de justice, dénonçant un « sabotage politique » de la justice (Al Bina’, 24/09/2025).

Le journal rapporte aussi que plusieurs familles ont adressé une lettre ouverte au président du Conseil supérieur de la magistrature, exigeant une reprise immédiate de l’enquête et la levée des obstacles procéduraux utilisés pour protéger les anciens ministres impliqués.

Affaires de corruption : une justice sélective et silencieuse

Ad Diyar évoque l’existence de plusieurs enquêtes ouvertes par la Cour des comptes sur des soupçons de détournement de fonds publics dans les ministères de l’Énergie, de la Santé et des Travaux publics, sans apporter de détails sur l’état d’avancement des dossiers (Ad Diyar, 24/09/2025). Le journal signale que ces enquêtes sont ralenties par des difficultés d’accès à la documentation administrative, et par l’absence de coopération des services ministériels.

Al Joumhouriyat confirme que la Commission nationale de lutte contre la corruption, mise en place en 2023, n’a émis aucun rapport public depuis plus de six mois. Cette inactivité est perçue par plusieurs magistrats comme un symptôme du manque de volonté politique réelle de traduire les engagements anti-corruption en actions concrètes.

Al Liwa’ rapporte également que certains hauts fonctionnaires soupçonnés de malversations continuent d’occuper leurs fonctions, parfois avec une immunité politique de fait, en raison de leur appartenance à des partis dominants. Cette situation contribue à entretenir un sentiment d’injustice et d’impunité généralisée dans la société libanaise.

Justice militaire : tensions autour des arrestations dans le sud

Dans le contexte de la montée des tensions sécuritaires à la frontière sud, Al Sharq fait état d’arrestations de plusieurs individus soupçonnés de collaboration avec Israël (Al Sharq, 24/09/2025). Ces arrestations ont été effectuées par les services de renseignement de l’armée libanaise, qui ont transmis les dossiers à la justice militaire.

Al Quds indique que les inculpés sont accusés de « communication avec l’ennemi » et de « collecte d’informations sensibles portant atteinte à la sécurité nationale » (Al Quds, 24/09/2025). Toutefois, aucun procès n’a encore été fixé, et la justice militaire reste très discrète sur le déroulement des procédures.

Cette opacité alimente les critiques récurrentes de plusieurs ONG locales sur l’absence de garanties dans les procès militaires, en particulier en matière de droits de la défense. Al 3arabi Al Jadid rappelle que plusieurs avocats de la défense dénoncent l’absence d’accès aux pièces du dossier, ainsi qu’un climat d’intimidation autour des témoins (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025).

Violences policières et détentions arbitraires : plaintes sans suite

Dans un article publié par Nahar, plusieurs familles dénoncent les conditions de détention de manifestants arrêtés lors d’un rassemblement à Nabatieh en août 2025. Le journal rapporte que certains détenus auraient été battus ou privés de soins médicaux pendant leur garde à vue (Nahar, 24/09/2025).

Les plaintes déposées par les avocats de ces manifestants n’ont pas encore donné lieu à des poursuites. Le parquet de Nabatieh a confirmé avoir reçu les dossiers, mais n’a pas communiqué sur l’ouverture d’une instruction. Cette inertie judiciaire, dans un dossier touchant à la liberté de manifester, est perçue par plusieurs organisations de défense des droits humains comme un mauvais signal à l’égard de l’indépendance de la justice.

Interférences politiques dans la nomination des magistrats

Al Bina’ consacre une brève à la paralysie du Conseil supérieur de la magistrature, qui n’a toujours pas finalisé la nomination de plusieurs juges au sein des juridictions pénales et commerciales (Al Bina’, 24/09/2025). Le journal précise que cette situation est liée à des divergences entre les blocs parlementaires sur les profils à privilégier, certains postes étant réservés de manière informelle à des quotas confessionnels.

Cette politisation du pouvoir judiciaire est dénoncée par une partie du corps judiciaire lui-même. Al Akhbar indique que des magistrats en poste ont adressé une lettre interne au président du Conseil, évoquant un climat de défiance croissante et un risque d’effondrement de l’institution judiciaire si ces blocages perdurent (Al Akhbar, 24/09/2025).

Aucune avancée sur les disparitions forcées

Aucune des publications analysées ne mentionne d’évolution concernant les dossiers des disparitions forcées datant de la guerre civile. Cette absence d’informations est en elle-même révélatrice de l’oubli institutionnalisé dans lequel sont maintenues ces affaires.

Al 3arabi Al Jadid signale toutefois, dans une brève, la tenue d’un rassemblement à Beyrouth organisé par les familles des disparus, appelant à la réouverture des dossiers et à la mise en place d’un mécanisme de vérité indépendant (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025). Le gouvernement n’a émis aucun commentaire sur cette initiative.

Faible couverture médiatique des affaires judiciaires

Il est notable que peu de journaux consacrent une place importante aux affaires judiciaires, en dehors de brèves ou d’articles isolés. Cette situation reflète une marginalisation progressive du traitement journalistique de la justice, souvent perçue comme une impasse institutionnelle ou comme un terrain miné politiquement.

Nida’ Al Watan ne consacre aucun article aux procédures judiciaires en cours, et préfère se concentrer sur les enjeux sécuritaires ou diplomatiques. Cette absence de couverture témoigne de la difficulté pour les médias à enquêter en profondeur sur des dossiers complexes, souvent verrouillés par les autorités ou par les réseaux d’influence.

La justice administrative : une institution absente du débat public

Aucune mention n’est faite dans les journaux de la justice administrative, ni du Conseil d’État, pourtant chargé de trancher les litiges entre les citoyens et l’administration. Cette absence de visibilité reflète un désintérêt institutionnalisé pour cette juridiction, qui manque de moyens, de visibilité, et d’indépendance face aux ministères.

Cette situation nuit à l’équilibre des pouvoirs au Liban, en limitant la capacité des citoyens à faire valoir leurs droits face à l’administration publique, notamment dans les dossiers d’expropriation, de concours ou de marchés publics.

Culture: patrimoine sous tension et scène artistique en résistance

La presse libanaise du 24 septembre 2025, malgré un espace éditorial largement accaparé par les questions politiques et diplomatiques, consacre plusieurs articles à l’actualité culturelle. Ces publications permettent de dégager deux dynamiques principales : la vitalité continue de la création artistique libanaise malgré la crise, et les menaces pesant sur le patrimoine et les institutions culturelles, dans un climat de fragilité économique. La culture apparaît ainsi à la fois comme un refuge, un outil de résistance et un espace d’affirmation identitaire dans un contexte de délitement généralisé.

Les Journées du Patrimoine : un engagement civique au service de la mémoire

Al Joumhouriyat revient en détail sur le lancement des « Journées du Patrimoine » à Beyrouth, organisées par la Direction générale des antiquités. L’événement, qui s’étale sur trois jours, propose l’ouverture gratuite de plusieurs sites historiques, dont les thermes romains du centre-ville, le site de Baalbek, le palais Sursock, et le Musée national (Al Joumhouriyat, 24/09/2025).

Selon le journal, cette initiative vise à « reconnecter les citoyens à leur histoire collective » dans un moment où les repères identitaires sont fragilisés. Le directeur général des antiquités, interrogé par le quotidien, affirme que « la culture et l’archéologie sont les piliers de la mémoire nationale » et que leur accessibilité constitue une priorité dans un pays marqué par les fractures communautaires et politiques.

Menaces sur les sites historiques : manque d’entretien et dégradation

En parallèle de cette célébration, plusieurs journaux évoquent la détérioration progressive de nombreux sites patrimoniaux. Al Bina’ rapporte que l’église de Saint-Georges à Deir el-Qamar, inscrite sur la liste des sites protégés, souffre de fissures importantes dans sa structure, sans que des travaux de restauration aient été lancés (Al Bina’, 24/09/2025).

Le journal mentionne également des cas de vandalisme sur des mosaïques antiques dans la région de Tyr, en raison de l’absence de gardiens permanents. Le budget alloué à la protection du patrimoine est jugé « insignifiant » par plusieurs archéologues interrogés, certains dénonçant une négligence organisée des autorités centrales.

Exposition photographique à Hamra : la mémoire des quartiers populaires

Al Akhbar consacre un reportage à une exposition de photographie documentaire inaugurée dans un espace alternatif du quartier de Hamra à Beyrouth. L’exposition, intitulée « Derrière les rideaux », présente le travail de trois photographes libanais sur la vie quotidienne dans les quartiers populaires de la capitale (Al Akhbar, 24/09/2025).

Les images, en noir et blanc, révèlent des scènes de rue, des intérieurs modestes, des cafés déserts, et des portraits d’habitants pris sur le vif. Le commissaire de l’exposition explique au journal que cette initiative vise à « préserver une mémoire visuelle de lieux en voie de disparition » et à « lutter contre l’effacement des réalités sociales par les logiques de spéculation immobilière ».

Le vernissage a rassemblé une centaine de visiteurs, dont plusieurs artistes et membres de collectifs culturels. Le journal souligne que malgré l’absence de subventions publiques, ce type de manifestation continue d’attirer un public fidèle, preuve de l’ancrage de la photographie sociale dans le paysage artistique libanais.

La scène musicale entre précarité et rayonnement

Al Sharq évoque brièvement le concert du groupe libanais Mashrou’ Leila à Istanbul, dans le cadre d’un festival de musique alternative. Le groupe, interdit de concert au Liban depuis plusieurs années en raison de pressions politiques et religieuses, continue d’attirer un large public à l’étranger (Al Sharq, 24/09/2025).

Le journal précise que le concert a été retransmis en streaming sur une plateforme privée, et que des centaines de Libanais ont suivi l’événement depuis Beyrouth et Tripoli. Cette mobilisation à distance reflète l’attachement d’une partie de la jeunesse à une scène musicale perçue comme porteuse de liberté d’expression et d’émancipation.

Les librairies indépendantes, gardiennes d’une culture accessible

Selon Nahar, plusieurs librairies indépendantes de Beyrouth et Saïda signalent une augmentation de la fréquentation, notamment de la part de jeunes lecteurs. Le journal cite la librairie Dar al-Jadeed, qui a organisé une lecture publique autour de l’ouvrage « Le Liban à rebours », un essai historique récemment publié sur les fractures communautaires (Nahar, 24/09/2025).

L’événement a rassemblé une cinquantaine de personnes dans un cadre informel. Le libraire affirme que « malgré la crise, la lecture reste un acte de résistance ». Nahar souligne toutefois que les importations de livres étrangers sont devenues plus coûteuses, en raison de la dévaluation de la livre libanaise, ce qui limite le renouvellement des rayons.

Cinéma : entre silence institutionnel et productions indépendantes

Aucune information n’est rapportée sur les projets cinématographiques institutionnels ou les soutiens publics au secteur. Toutefois, Al 3arabi Al Jadid mentionne le tournage en cours d’un court-métrage documentaire sur les réfugiés syriens dans le camp de Chatila, porté par une réalisatrice libanaise indépendante, en coproduction avec une maison de production française (Al 3arabi Al Jadid, 24/09/2025).

Le projet, entièrement autofinancé, bénéficie de l’aide logistique de plusieurs ONG locales, notamment pour les repérages et l’accueil sur le terrain. Le journal précise que ce type d’initiative est de plus en plus fréquent, face à l’effondrement des soutiens publics à la création cinématographique.

Événements à venir : résilience culturelle dans l’agenda

Plusieurs événements sont mentionnés dans l’agenda culturel des journaux. Al Liwa’ annonce l’ouverture du festival de poésie de Byblos, prévu du 26 au 30 septembre, avec la participation de poètes libanais, tunisiens, français et syriens. Les lectures se tiendront en plein air, dans le jardin archéologique de la ville (Al Liwa’, 24/09/2025).

Al Joumhouriyat indique que le théâtre Monnot accueille une reprise de la pièce « Autopsie d’un pays », une œuvre satirique sur la corruption au Liban, jouée par une troupe universitaire. La première est programmée pour le 28 septembre, avec entrée gratuite pour les étudiants (Al Joumhouriyat, 24/09/2025).

Par ailleurs, le festival du film de Tripoli, qui devait initialement avoir lieu en juillet, a été reporté au mois d’octobre, selon Al Akhbar. Le journal signale que la programmation sera concentrée sur les courts-métrages arabes, en raison de restrictions budgétaires et logistiques (Al Akhbar, 24/09/2025).

Une offre culturelle accessible mais menacée

Les journaux insistent sur la gratuité ou les prix symboliques de la majorité des événements culturels. Cette accessibilité constitue une stratégie assumée des organisateurs pour maintenir un lien avec le public malgré la crise. Toutefois, plusieurs acteurs culturels interrogés dans la presse alertent sur le manque de soutien institutionnel.

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