Le 26 mai 2025 a marqué une journée particulièrement symbolique pour le Sud du Liban, coïncidant avec la célébration de la Journée de la Résistance et de la Libération. À cette occasion, la presse libanaise et panarabe a mis en exergue un double événement : la dernière phase des élections municipales dans les régions du Sud et de la Nabatiyeh, et les multiples hommages rendus aux combattants de la résistance. Le traitement médiatique a largement insisté sur la forte participation électorale, les enjeux politiques profonds de ce scrutin, et l’écho historique des affrontements israélo-libanais.
Une élection sous le signe de la résistance
D’après Ad Diyar (26 mai 2025), les électeurs du Sud ont réaffirmé leur attachement à la souveraineté territoriale du Liban, en dépit de la persistance des violations israéliennes. Le quotidien souligne que cinq points frontaliers demeurent sous occupation ou dans une zone grise, et que les incursions israéliennes dans l’espace aérien et terrestre libanais se poursuivent quotidiennement. Dans ce contexte, le climat sécuritaire incertain n’a pas dissuadé les électeurs de se rendre aux urnes, bien au contraire. Les listes soutenues par le « thénaï shi’i » (Hezbollah et Amal) ont largement remporté les scrutins dans plusieurs localités du Sud.
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Selon Al Quds (26 mai 2025), la participation électorale s’est déroulée sans incident majeur, malgré les menaces israéliennes en toile de fond. Le président de la République, Joseph Aoun, a voté pour la première fois depuis sa retraite militaire dans sa ville natale de Aïchiyé, insistant sur « l’importance de poursuivre la démocratie au service du développement ». Toujours selon ce journal, la victoire du « Courant patriotique libre » dans la circonscription de Jezzine est considérée comme un basculement significatif dans les équilibres politiques locaux.
Une victoire à double lecture pour le CPL
Dans Ad Diyar (26 mai 2025), la journaliste Ibtisam Chdid décrit en détail les résultats électoraux à Jezzine, où le Courant patriotique libre (CPL) a remporté une victoire nette, qualifiée de « tsunami jezzinois ». Cette victoire efface partiellement l’échec cuisant de 2022, lorsque le CPL avait perdu ses trois sièges parlementaires dans cette même région. Le scrutin est interprété par le quotidien comme une reconquête symbolique d’un bastion perdu, et un test préalable en vue des législatives de 2026.
Le journal Nahar International (26 mai 2025) confirme cette analyse. Il insiste sur le caractère hautement politisé du scrutin, bien que les élections municipales aient souvent une portée administrative. Le retour du CPL sur le devant de la scène dans une région où les Forces libanaises avaient progressé est lu comme une reconfiguration du vote chrétien dans le Sud. Le quotidien note cependant que la généralisation du recours à la tazkiyah (élections sans opposition) dans de nombreuses localités, notamment en zone chiite, limite l’interprétation globale du scrutin.
Le message du président du Parlement
Toujours dans Ad Diyar (26 mai 2025), Nabih Berri, président de la Chambre, a salué les résultats des élections comme une « preuve de la maturité démocratique des habitants du Sud ». Il a dédié ce succès à la mémoire des martyrs de la résistance, réaffirmant que « libérer la terre est inséparable de construire la démocratie ». Il a également exprimé sa gratitude envers ceux qui ont répondu à l’appel national en votant pacifiquement. Ce lien constant entre la résistance armée et la participation politique constitue une trame centrale dans le discours du mouvement Amal.
Appels à l’unité et à la reconstruction
Le vice-secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, cité dans Ad Diyar (26 mai 2025), a insisté sur l’urgence de lancer une politique de reconstruction nationale, incluant notamment la relance d’un fonds dédié à la reconstruction des zones sinistrées. Il a aussi alerté contre les pressions américaines et les « conditions israéliennes », affirmant que le Liban doit choisir entre « la victoire ou la soumission ».
Selon Al Quds (26 mai 2025), la rhétorique du Hezbollah met l’accent sur la nécessité d’unité interne pour faire face aux défis régionaux. Le journal relève également la mobilisation émotionnelle de l’électorat, sensible à la mémoire des conflits passés, mais aussi aux enjeux concrets de l’accès aux services municipaux, à l’électricité ou à l’eau.
Jezzine, exception chrétienne dans un Sud chiite
Le cas de Jezzine, territoire mixte à dominante chrétienne, a donné lieu à des dynamiques électorales spécifiques. Dans Ad Diyar (26 mai 2025), le scrutin est présenté comme une « revanche électorale » pour le CPL contre les Forces libanaises, renforçant sa légitimité en tant que principal acteur chrétien au Sud. Ce résultat contraste avec d’autres régions où les Forces libanaises ont renforcé leur base, notamment à Zahlé.
Le quotidien souligne également la symbolique de cette victoire : elle constitue pour le CPL un jalon stratégique pour les prochaines législatives et pourrait raviver ses ambitions gouvernementales, dans un contexte où sa légitimité était contestée après les revers de 2022.
Des implications nationales pour 2026
Dans Nahar International (26 mai 2025), des analystes politiques estiment que les résultats du scrutin municipal sont un révélateur des rapports de force en gestation pour les élections législatives de 2026. L’alliance entre Amal et le Hezbollah semble avoir renforcé ses positions, sans surprise, dans les zones chiites. En revanche, les recompositions chrétiennes dans les zones mixtes, comme Jezzine, seront scrutées de près pour évaluer les chances du CPL de retrouver sa stature nationale.
Le journal note aussi que la faible participation dans certaines zones, combinée à la généralisation de la tazkiyah, pose question sur la vitalité démocratique locale. Cela pourrait constituer un argument pour les défenseurs de réformes électorales, y compris une meilleure supervision judiciaire et la limitation des candidatures par consensus.
Le Liban à la croisée des chemins
Enfin, Ad Diyar (26 mai 2025) rappelle que la souveraineté nationale reste inachevée. Le maintien de positions israéliennes sur le territoire libanais, les tensions dans les camps palestiniens et la précarité économique créent un contexte explosif. Naim Qassem a ainsi déclaré que « la libération ne sera totale que lorsque le dernier mètre carré du Liban sera libéré, politiquement et militairement ». Cette déclaration s’inscrit dans une stratégie de consolidation politique du Hezbollah autour de ses positions historiques.
Politique locale: recompositions électorales et consolidation communautaire
La tenue de la dernière phase des élections municipales au Liban, le samedi 25 mai 2025, dans les régions du Sud et de la Nabatieh, a occupé une place centrale dans l’actualité politique locale. Cette échéance électorale, qui s’est déroulée dans un climat chargé de tensions régionales et de commémoration nationale, a vu s’affirmer des dynamiques locales marquées par la stabilité d’un côté, et la recomposition de l’autre. La presse du 26 mai 2025, à travers Ad Diyar, Al Quds, Nahar Int’l et Al 3arabi Al Jadid, dresse un panorama contrasté de l’évolution du paysage politique municipal.
Une participation marquée par la stabilité sécuritaire
Selon Al Quds (26 mai 2025), les élections se sont déroulées dans une atmosphère relativement calme, malgré les survols israéliens et les frappes signalées à proximité de certaines localités du Sud. Le président de la République, Joseph Aoun, a tenu à exercer son droit de vote dans sa ville natale de Aïchiyé, déclarant : « Je vote pour la première fois après avoir protégé les élections durant 40 ans, ma voix est pour le développement de ma ville, que ce soit par consensus ou par les urnes ». Il s’est rendu dans les sarayas de Saïda puis de Nabatieh pour superviser le processus électoral, accompagné du ministre de l’Intérieur Ahmed al-Hajjar.
Ce geste a été largement salué dans les médias comme un symbole de continuité républicaine, et de lien entre les fonctions militaires passées du président et sa posture de garant de l’ordre institutionnel civil. Ad Diyar (26 mai 2025) souligne que malgré les menaces sécuritaires, les électeurs ont confirmé leur engagement dans le processus démocratique, renforçant ainsi la légitimité des institutions locales.
Victoire large du tandem Hezbollah-Amal dans le Sud
Dans l’ensemble des localités chiites, Al Quds (26 mai 2025) confirme une victoire nette et attendue des listes soutenues par le Hezbollah et Amal, avec des écarts significatifs dans les villes de Nabatieh et Tyr. Ces résultats confirment la stabilité de l’assise populaire du tandem chiite dans ses bastions traditionnels. Toutefois, Ad Diyar (26 mai 2025) mentionne des exceptions notables comme les localités de Kfar Remmane, Sajjad, Zrariyeh ou encore Kfar Tibnit, où des listes indépendantes ont enregistré des percées.
Le journal Al Quds souligne l’aspect rituel de ces victoires dans un contexte symbolique : la Journée de la Résistance et de la Libération. Le président du Parlement Nabih Berri a ainsi salué « ceux qui ont répondu à l’appel de la terre et de la dignité », affirmant que la participation électorale est la continuité de la lutte pour la souveraineté.
Jezzine : le retour du CPL sur la scène chrétienne
La principale surprise électorale est survenue à Jezzine. Selon Ad Diyar (26 mai 2025), le Courant patriotique libre (CPL), allié à l’indépendant Ibrahim Azar, a remporté la totalité des 18 sièges en jeu, avec un écart de 550 voix sur ses adversaires directs, les Forces libanaises. Le quotidien y voit une « revanche électorale » pour un parti qui avait perdu ses sièges parlementaires dans cette même circonscription en 2022.
Al Quds (26 mai 2025) rapporte que le chef du CPL, Gebran Bassil, s’est déplacé à Jezzine avec une délégation de cadres, dont l’ancien député Amal Abou Zeid, pour célébrer la victoire. Ce déplacement exprime l’importance symbolique de cette reconquête dans une région clé du paysage chrétien. Le résultat marque aussi un repositionnement du CPL, désormais dans l’opposition parlementaire, en quête de reconsolidation populaire.
La configuration de Jezzine apparaît comme un test local mais stratégique, qui pourrait influencer les négociations d’alliances pour les législatives de 2026. Nahar Int’l (26 mai 2025) y voit un signal fort en direction de l’électorat chrétien dans les régions mixtes.
Saïda : pluralisme et fragmentation
Contrairement aux zones à dominance chiite, la ville de Saïda a vu émerger une configuration tripartite. Al Quds (26 mai 2025) et Ad Diyar (26 mai 2025) rapportent que la liste « Sawa li Saida », soutenue par Bahiyé Hariri, l’ancien maire Mohammed Saoudi et l’homme d’affaires Mar’i Abou Mar’i, a remporté 10 sièges. La liste « Nabd al-Balad », adossée à Osama Saad, a obtenu 8 sièges. Enfin, 3 sièges sont revenus à la liste « Saida badha w nehna adda », associée au courant de Abdel Rahman Bizri.
Ce résultat témoigne d’un pluralisme plus prononcé, et d’une fragmentation du champ politique local à Saïda. Le fait que les sièges aient été répartis sans majorité absolue complique la gouvernance municipale à venir, mais reflète aussi un engagement citoyen à dépasser les clivages traditionnels.
Analyse des taux de participation et de la tazkiyah
La couverture de Al Quds (26 mai 2025) offre également un éclairage sur la participation électorale, qui bien que jugée correcte, est en baisse par rapport à 2016. Les taux de participation enregistrés sont de 45 % à Jezzine, 42 % à Saïda et Nabatieh, 37 % à Tyr, 31 % à Marjeyoun et 27 % à Bint Jbeil. Cette baisse est partiellement expliquée par le nombre élevé de scrutins remportés par défaut. Sur les 272 municipalités concernées, 109 ont été élues par tazkiyah (consensus sans compétition), ce qui représente plus de 40 %.
Ce phénomène inquiète plusieurs observateurs. Dans Ad Diyar (26 mai 2025), l’ONG Lade (Association libanaise pour des élections démocratiques) critique le maintien d’irrégularités malgré une amélioration relative du processus. Elle dénonce notamment le manque de respect de la confidentialité du vote dans certaines localités, et appelle à une réforme en amont des législatives de 2026, avec un meilleur encadrement des formations des assesseurs et un renforcement de l’indépendance des commissions électorales.
Les effets d’un scrutin en contexte militarisé
Dans ses déclarations à Al Quds (26 mai 2025), le président Aoun a insisté sur la dimension de résistance du scrutin : « Malgré les agressions israéliennes, le fils du Sud est déterminé à voter. C’est la volonté de vie. » Ces propos soulignent l’imbrication entre contexte sécuritaire et politique locale. La participation de figures symboliques comme Jawad Nasrallah, fils du défunt Hassan Nasrallah, a également été très commentée dans les médias. Sa photo en train de voter dans sa localité d’origine a circulé comme marque d’une continuité générationnelle dans l’engagement politique.
Enfin, la presse mentionne le rôle du gouvernement libanais dans les négociations informelles avec les États-Unis pour garantir le bon déroulement du vote en écartant tout ciblage israélien des cadres du Hezbollah durant la journée électorale (Al Quds, 26 mai 2025).
Citation et discours des personnalités politiques: discours de légitimité et affirmation souveraine
La presse du 26 mai 2025 a largement couvert les déclarations de responsables politiques libanais à l’occasion de la dernière phase des élections municipales et de la commémoration de la Journée de la Résistance et de la Libération. Ces discours, tenus dans un contexte marqué par des tensions régionales persistantes, ont mis en avant des thématiques de souveraineté, de résilience démocratique et de légitimité politique. Les figures centrales ayant pris la parole dans les médias sont Joseph Aoun, président de la République, Nabih Berri, président du Parlement, et Naim Qassem, vice-secrétaire général du Hezbollah.
Joseph Aoun : continuité républicaine et service civique
Selon Al Quds (26 mai 2025), Joseph Aoun a voté pour la première fois en tant que citoyen civil dans sa ville d’origine, Aïchiyé. Il a déclaré : « Je vote pour la première fois après avoir protégé les élections pendant 40 ans. Mon vote est pour le développement de ma ville, que ce soit par consensus ou par les urnes. » Ces propos, rapportés aussi par Ad Diyar (26 mai 2025), traduisent une volonté d’inscrire sa présidence dans une continuité démocratique ancrée dans le terrain.
Le président a également effectué une tournée dans les sarayas de Nabatieh et de Saïda pour superviser l’opération électorale, accompagné du ministre de l’Intérieur Ahmed al-Hajjar. Nahar Int’l (26 mai 2025) y voit un geste d’affirmation républicaine dans une région historiquement sensible. Le message de Joseph Aoun est apparu comme une invitation à renforcer l’unité nationale par l’expression civique et électorale, même en temps de conflit latent.
Nabih Berri : souveraineté populaire et hommage à la résistance
Dans Ad Diyar (26 mai 2025), Nabih Berri a salué la mobilisation électorale comme un acte de foi civique. Il a affirmé : « Ceux qui se sont rendus aux urnes l’ont fait par fidélité à la terre et à la dignité. » Il a également dédié cette journée à la mémoire des martyrs, déclarant que « libérer la terre est inséparable de construire la démocratie ».
Ces déclarations s’inscrivent dans un discours classique de Nabih Berri, mêlant souveraineté nationale, mémoire historique et légitimation électorale. Le président de la Chambre a par ailleurs insisté sur la nécessité de consolider l’État dans toutes ses dimensions, en soutenant les institutions locales issues du scrutin.
Al Quds (26 mai 2025) précise que Berri a souligné « la coïncidence symbolique entre la journée de la résistance et les élections municipales dans les bastions sudistes », insistant sur l’idée que « la démocratie locale est le prolongement naturel de la libération nationale ».
Naim Qassem : résistance politique et rejet de l’internationalisation
Dans Ad Diyar (26 mai 2025), Naim Qassem a tenu un discours très offensif, articulé autour de trois axes : la continuité de la résistance, la légitimité des armes du Hezbollah, et le rejet de toute tutelle internationale. Il a déclaré : « La libération n’est pas complète tant que le dernier mètre carré du Liban n’est pas recouvré, politiquement et militairement. »
Il a accusé les États-Unis de vouloir « subordonner le Liban par des pressions économiques et diplomatiques » et averti que « le peuple résistant ne cédera ni sur sa terre, ni sur ses choix ». Dans une autre allocution citée par Nahar Int’l (26 mai 2025), il a ajouté : « Nos candidats ont remporté la confiance du peuple parce qu’ils sont les fils du peuple. »
Ce discours ancre le Hezbollah dans une posture de légitimité populaire et de défiance à l’égard des puissances occidentales. Le recours au vote est ainsi présenté comme une validation des orientations politiques du parti.
Autres prises de parole : les dynamiques internes mises en relief
Dans Ad Diyar (26 mai 2025), d’autres figures locales ont également exprimé leur satisfaction quant aux résultats. Ibrahim Azar, allié du CPL à Jezzine, a salué une « victoire claire sur fond de réorganisation du vote chrétien dans la région ». Le chef du CPL, Gebran Bassil, a qualifié les résultats de Jezzine de « revanche électorale », insistant sur « le réancrage du CPL dans les régions stratégiques ».
Du côté sunnite, les prises de parole ont été plus discrètes. Al Quds (26 mai 2025) rapporte néanmoins les félicitations adressées par Bahiyé Hariri à la liste gagnante de Saïda, qu’elle soutenait. Elle a déclaré que « l’unité municipale est la meilleure réponse aux défis sécuritaires et économiques ».
Discours et stratégies d’influence : lectures croisées
Dans l’ensemble, les déclarations politiques publiées dans la presse du 26 mai 2025 convergent vers une légitimation du pouvoir local par les urnes, perçu comme une extension symbolique du pouvoir national. Le ton des discours varie selon les sensibilités : modéré et institutionnel chez Joseph Aoun, mémoriel et souverainiste chez Nabih Berri, militant et résistant chez Naim Qassem.
Ad Diyar (26 mai 2025) remarque par ailleurs que ces discours visent à préparer le terrain pour les échéances de 2026, en repositionnant chaque parti sur l’échiquier électoral. La parole publique joue ainsi un rôle stratégique, mobilisant les récits de la résistance, de l’État ou du peuple, selon les contextes.
Diplomatie: pressions internationales et repositionnements régionaux
La presse du 26 mai 2025 présente un paysage diplomatique libanais dominé par les tensions persistantes avec Israël, les initiatives timides de repositionnement sur le dossier des détenus, et les efforts d’alliances régionales. Les discours officiels libanais s’inscrivent dans une stratégie de défense souverainiste, marquée par l’appel au respect de l’intégrité territoriale, le refus de pressions occidentales et la volonté de réintégrer certains circuits de financement et de développement régionaux. Dans ce contexte, les déclarations de responsables politiques comme Nawaf Salam, Joseph Aoun et Naim Qassem prennent une dimension fortement stratégique.
Dialogue diplomatique et revendication souveraine
Dans Al Quds (26 mai 2025), le Premier ministre Nawaf Salam a souligné que la Journée de la Résistance ne saurait être pleinement célébrée tant que « toutes les terres libanaises ne sont pas libérées de l’occupation israélienne ». Il a réitéré l’engagement de son gouvernement, tel que défini dans sa déclaration ministérielle, à « prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la souveraineté sur chaque mètre carré du territoire libanais, par nos propres moyens ».
Cette posture s’accompagne, selon le même journal, de contacts diplomatiques actifs avec la France et les États-Unis afin de contenir les incursions israéliennes dans le Sud. Nawaf Salam a déclaré que « Beyrouth poursuit inlassablement les démarches diplomatiques pour exiger un arrêt des agressions et un retrait des troupes israéliennes ». Ces efforts s’inscrivent dans le cadre des résolutions onusiennes et du respect de la ligne bleue, régulièrement violée.
Réactivation du dossier des détenus
Al Sharq Al Awsat (26 mai 2025) révèle que le gouvernement libanais, avec le soutien de Washington, tente de relancer les négociations indirectes pour la libération de détenus libanais en Israël. L’initiative s’articule autour de la situation d’Elisabeth Tsurkov, une chercheuse russo-israélienne enlevée en Irak, potentiellement détenue par des factions proches du Hezbollah. Les diplomates libanais espèrent utiliser cette opportunité pour négocier un échange élargi, incluant également la libération de marins ou d’agents détenus au Liban et en Irak.
Selon le même journal, Joseph Aoun suit personnellement ce dossier, le considérant comme un levier pour affirmer le rôle de l’État libanais dans les négociations régionales sensibles. La mise en place d’une commission de suivi ad hoc, en coordination avec l’ONU, est à l’étude.
Offensive verbale contre les puissances occidentales
Dans Ad Diyar (26 mai 2025), le vice-secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, dénonce « l’instrumentalisation des aides économiques par les États-Unis pour imposer les conditions israéliennes ». Il affirme que « le Liban est confronté à un choix clair : la victoire ou la soumission », et accuse Washington de « chercher à soumettre l’ensemble du territoire libanais à son contrôle géopolitique ».
Il poursuit en conseillant à Donald Trump, président des États-Unis depuis janvier 2025, de « saisir l’opportunité historique de se libérer de l’emprise israélienne ». Ces déclarations visent à affirmer une indépendance stratégique et à mobiliser l’opinion publique contre les accords conditionnés à des réformes jugées contraires à la souveraineté.
Appuis régionaux réactivés
Toujours selon Ad Diyar (26 mai 2025), le Liban a reçu une délégation du Fonds arabe pour le développement économique et social, conduite par Badr al-Saad, président du conseil d’administration. L’objectif est de réactiver les projets suspendus depuis 2023, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé. Al-Saad a déclaré que « le Fonds reste engagé dans le soutien au Liban, pour peu que les conditions de mise en œuvre soient respectées ».
Le journal note que cette visite vise à marquer un retour du Liban dans les cercles financiers arabes, après des années de gel partiel. Des réunions sont prévues avec les ministères concernés pour dresser un état des lieux des besoins prioritaires.
Rôle syrien dans la coopération sécuritaire
Un développement diplomatique notable concerne les relations avec la Syrie. Al Quds (26 mai 2025) rapporte que la Direction de l’armée libanaise a reçu d’un bureau de coordination avec les autorités syriennes un suspect majeur dans l’affaire de l’assassinat de Pascal Sleiman. Ce transfert a été présenté comme un geste de coopération sécuritaire entre Damas et Beyrouth, qui pourrait améliorer les relations bilatérales, longtemps marquées par la méfiance.
Ce type de coopération ciblée est interprété par certains analystes comme un moyen pour la Syrie de renforcer ses relations avec les pays arabes via des actions ponctuelles perçues comme constructives. Le gouvernement libanais pourrait en profiter pour avancer sur des dossiers frontaliers ou économiques en suspens.
Liban et diplomatie multilatérale
Al 3arabi Al Jadid (26 mai 2025) rend compte de la participation du Liban, représenté par le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, à la réunion de la « Groupe de Madrid+ » qui s’est tenue le 25 mai à Madrid. Cette réunion a rassemblé des diplomates d’Égypte, du Qatar, de la Jordanie, du Maroc, de la Turquie, de la France, de l’Espagne et de l’Arabie saoudite, autour du dossier du conflit israélo-palestinien.
Le Liban a exprimé sa solidarité avec la cause palestinienne, mais a surtout insisté sur l’urgence d’imposer une trêve humanitaire à Gaza. Bou Habib a mis en garde contre « l’usage de la tragédie palestinienne comme levier d’influence dans les équilibres régionaux », plaidant pour un cessez-le-feu durable garanti par une résolution du Conseil de sécurité.
Perspectives et limites
La stratégie diplomatique actuelle du Liban semble reposer sur trois piliers : une diplomatie de résilience centrée sur la souveraineté, des alliances régionales fonctionnelles (notamment avec les pays arabes du Golfe) et une tentative de repositionnement dans les négociations indirectes avec Israël via des tiers.
Cependant, les marges de manœuvre demeurent étroites. Le rejet de tout ajustement dicté par les bailleurs occidentaux, combiné à l’incapacité à présenter un front politique unifié sur les questions de souveraineté, limite la capacité d’attraction du Liban. En outre, les efforts pour relancer les relations diplomatiques avec la Syrie et l’Irak s’opèrent dans un contexte régional encore instable.
Politique internationale: conflits majeurs, initiatives diplomatiques et redéfinitions géopolitiques
La presse du 26 mai 2025 met en lumière une actualité internationale dominée par trois foyers de tensions majeures : la guerre à Gaza, le conflit en Ukraine et les affrontements diplomatiques autour de la redéfinition des alliances régionales. À travers les analyses publiées dans Al Quds, Al Sharq Al Awsat et Al 3arabi Al Jadid, plusieurs lignes d’interprétation émergent : le repositionnement de certains États européens, la crise de légitimité d’Israël sur la scène internationale, et l’érosion du leadership américain traditionnel au profit de puissances régionales.
Guerre à Gaza : contestation croissante d’Israël en Europe
Selon Al Quds (26 mai 2025), Israël a intensifié ses frappes sur la bande de Gaza, causant la mort de dizaines de civils, dont deux employés du Croissant-Rouge et un journaliste, Hassan Abou Warda. Le journal dénonce une politique de destruction systématique et rapporte les propos du ministre espagnol des Affaires étrangères, Manuel Alvares, qui a qualifié les actions israéliennes de « transformation de Gaza en cimetière » et a appelé à la suspension immédiate de l’accord de partenariat avec Israël.
Cette condamnation intervient dans le cadre de la réunion élargie de la Groupe de Madrid, mentionnée par Al Sharq Al Awsat (26 mai 2025), qui a réuni à Madrid des ministres de pays arabes et européens pour relancer le processus de paix israélo-palestinien. L’Espagne, la France, la Belgique et Malte ont exprimé leur intention d’examiner une reconnaissance collective de l’État palestinien. Le journal souligne que plus de 950 enfants ont été tués à Gaza en deux mois, sur un total de 54 000 victimes depuis le 7 octobre 2023.
Ukraine : persistance de l’offensive russe, silence américain critiqué
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement critiqué, dans Al Sharq Al Awsat (26 mai 2025), le manque de réaction des États-Unis après une nouvelle vague de frappes russes ayant tué au moins 12 personnes. Il a écrit sur Telegram : « Le monde peut être en week-end, mais la guerre continue. Le silence de l’Amérique encourage seulement Poutine. » Cette déclaration intervient alors qu’un important échange de prisonniers est en cours entre Kiev et Moscou, présenté comme un signal d’ouverture possible.
L’analyse du journal fait état d’une fatigue occidentale face au conflit et d’une tentative croissante de Washington de se désengager, au profit d’un rôle accru de médiation par des pays comme la Turquie et la France. Une délégation du Sénat américain s’est cependant rendue à Kiev pour discuter de la poursuite de l’aide militaire.
Yémen et Israël : escalade indirecte par les Houthis
La dimension régionale du conflit à Gaza s’est élargie avec l’implication accrue des Houthis. Al Quds (26 mai 2025) rapporte que la milice a revendiqué le tir d’un missile balistique hypersonique sur l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv, causant la panique et la suspension temporaire des vols. Le porte-parole militaire houthiste, Yahya Saree, a affirmé que cette attaque était une réponse aux « massacres quotidiens » commis à Gaza.
L’armée israélienne a confirmé avoir intercepté le projectile, tandis que les médias hébreux évoquaient la chute de débris au sud de Hébron. Le journal souligne que cette attaque marque une étape dans la régionalisation du conflit, avec une implication directe du Yémen qui s’ajoute aux tensions avec l’Iran et la Syrie.
Recomposition des alliances autour d’Israël
Dans une analyse publiée par Al 3arabi Al Jadid (26 mai 2025), l’éditorialiste souligne que le positionnement international d’Israël s’est fragilisé. Il note que « les États qui pariaient sur la puissance militaire israélienne cherchent désormais des retours économiques plus stables », notamment via des partenariats stratégiques avec le Golfe. La nouvelle administration américaine sous Donald Trump préfère miser sur des accords d’investissements plutôt que sur un soutien militaire inconditionnel, considérant que « le pari sur Israël ne rapporte plus stratégiquement ».
Le journal évoque aussi la possibilité d’un « isolement croissant » de l’État hébreu sur certaines scènes diplomatiques, comme à l’ONU, en raison du refus d’ouvrir des couloirs humanitaires vers Gaza et des suspicions entourant les ONG de distribution liées à des intérêts israélo-américains.
Iran : position prudente et diplomatie nucléaire
L’Iran, mentionnée par Al Sharq Al Awsat (26 mai 2025), continue de jouer une carte diplomatique mesurée. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré que l’Iran « ne se précipitera pas dans les négociations nucléaires » mais qu’elle « ne quittera pas la table du dialogue ». Il a évoqué la possibilité de relancer les discussions à Vienne, tout en refusant tout chantage occidental. L’objectif est de maintenir un enrichissement limité à usage civil, dans le cadre d’un accord révisé.
Cette stratégie vise à montrer une image de stabilité face à l’hostilité perçue de Washington. Le pays multiplie également les efforts pour étendre son influence économique en Irak et en Syrie, notamment dans le domaine énergétique, selon les articles de Al Sharq Al Awsat.
Afrique et Russie : consolidation des nouvelles zones d’influence
Enfin, Al Sharq Al Awsat (26 mai 2025) rapporte un développement sur le front africain : la République démocratique du Congo aurait amorcé des discussions avec Washington pour sécuriser des investissements américains dans les métaux critiques, notamment le cobalt. Ces ressources sont jugées essentielles pour contrer l’influence chinoise dans la chaîne d’approvisionnement globale.
Dans le même temps, la Russie continue de renforcer sa présence militaire en Afrique centrale, tandis que les entreprises de sécurité privées comme Wagner (rebaptisée récemment) restent actives, en dépit de sanctions occidentales. Cette rivalité globale s’ajoute aux tensions en Asie du Sud-Est, notamment avec l’implication croissante de la Chine dans le soutien logistique à Moscou.
Économie: entre résilience agricole, aides arabes et perspectives industrielles
La presse du 26 mai 2025 offre un aperçu contrasté de la situation économique libanaise, entre signes de résilience dans certains secteurs clés et dépendance persistante vis-à-vis de l’aide étrangère. Les articles publiés dans Ad Diyar, Al Quds et Nahar Int’l permettent d’identifier trois dynamiques majeures : l’expansion relative du secteur agricole, le retour des institutions financières arabes et les fragilités du tissu industriel. Le traitement médiatique de ces enjeux révèle un climat économique où l’adaptation l’emporte sur la réforme structurelle.
L’agriculture comme pilier de stabilité locale
Selon Ad Diyar (26 mai 2025), le secteur agricole libanais connaît un regain de dynamisme, en particulier dans les régions du Sud. L’article cite l’augmentation des surfaces cultivées d’oliviers, de blé et de tabac, appuyée par les subventions du ministère de l’Agriculture et le soutien d’ONG locales. À Jezzine, Nabatieh et Marjeyoun, les coopératives agricoles ont bénéficié d’équipements offerts par des donateurs internationaux, notamment dans l’irrigation et la transformation alimentaire.
Le journal précise que ces initiatives restent marginales au regard des besoins globaux du pays, mais qu’elles contribuent à stabiliser des zones rurales vulnérables, limitant l’exode vers les villes et renforçant une autosuffisance partielle. La production laitière et de fromages de chèvre artisanaux connaît également une progression, soutenue par une demande locale croissante et l’intérêt de la diaspora.
Al Quds (26 mai 2025) souligne que la sécurisation des circuits d’approvisionnement alimentaire devient une priorité stratégique pour les municipalités élues. À Saïda, des accords avec les producteurs locaux visent à stabiliser les prix des produits de première nécessité dans les marchés populaires.
Retour du Fonds arabe pour le développement
Un événement économique notable rapporté par Ad Diyar (26 mai 2025) est la visite au Liban de Badr al-Saad, président du Fonds arabe pour le développement économique et social. Le responsable a rencontré le Premier ministre Nawaf Salam, le ministre de l’Économie Samir Daher, ainsi que des représentants de la Banque centrale. Il a confirmé la relance des programmes suspendus depuis 2021, notamment dans les domaines de la santé, de l’eau potable et de l’éducation.
Le quotidien précise que 68 millions de dollars seront débloqués dans un premier temps, conditionnés à des audits de conformité et à l’établissement de partenariats locaux. Cette relance des fonds arabes est perçue comme un geste politique, témoignant d’un retour de confiance prudent vis-à-vis des autorités libanaises.
Al Quds (26 mai 2025) mentionne également l’intérêt de la Banque islamique de développement pour cofinancer des projets d’énergies renouvelables dans la Békaa. Le gouvernement mise sur la mise en service de trois petites centrales solaires d’ici fin 2025, destinées à réduire la dépendance énergétique locale.
Une industrie en stagnation
Dans Nahar Int’l (26 mai 2025), l’éditorial d’Antoine Haddad souligne la stagnation du secteur industriel, en particulier dans les sous-secteurs de la métallurgie, de l’ameublement et de l’imprimerie. Le journal évoque des fermetures d’ateliers dans la plaine de la Békaa et dans les banlieues de Tripoli, faute de matières premières et de débouchés à l’exportation.
La dépendance au dollar, les coupures d’électricité et les coûts de transport continuent d’entraver la compétitivité des produits libanais. Selon une source du Syndicat des Industriels, les commandes en provenance des marchés africains et arabes ont chuté de 35 % sur le premier trimestre 2025.
En revanche, Ad Diyar (26 mai 2025) souligne le dynamisme des petites unités de production agroalimentaire. Les produits labellisés « made in Lebanon » trouvent encore un marché auprès de la diaspora, notamment en France et au Canada. La valorisation du zaatar, de l’huile d’olive et du vin figure parmi les pistes de développement promues par le ministère de l’Industrie.
Pressions sur le secteur bancaire
Al Quds (26 mai 2025) revient sur les critiques adressées par la diaspora libanaise aux banques du pays, toujours accusées de bloquer les transferts et de restreindre les retraits. Plusieurs associations d’expatriés demandent la levée des plafonds mensuels et la publication d’un audit complet de la Banque du Liban.
Le gouvernement n’a pour l’heure pas annoncé de réforme bancaire structurelle, préférant privilégier la voie du dialogue avec les institutions arabes et internationales. Le ministre des Finances, interrogé par Ad Diyar, a simplement évoqué « des mesures en préparation pour assurer plus de transparence ».
Tourisme et consommation : reprise partielle
Dans Nahar Int’l (26 mai 2025), une enquête menée auprès de commerçants de Beyrouth et de Zahlé indique une reprise modérée de la consommation, principalement due au retour progressif des expatriés. Le secteur hôtelier enregistre une occupation de 50 % dans les zones côtières, avec une fréquentation supérieure à celle de mai 2024.
Le journal note toutefois que les prix élevés et l’insécurité perçue continuent de freiner le tourisme régional. Le projet de développement des hôtels municipaux dans le cadre du Plan national du tourisme 2025–2030 est encore en phase d’étude.
Justice: extraditions sensibles, dossiers de disparitions et coopération sécuritaire
La justice libanaise, au cœur de multiples tensions internes et régionales, fait face à des défis complexes, entre coopération sécuritaire sélective, lenteurs procédurales et pressions politiques. Le 26 mai 2025, les journaux Al Quds, Ad Diyar, Al Sharq Al Awsat et Nahar Int’l mettent en avant plusieurs dossiers judiciaires de premier plan. Parmi ceux-ci, l’extradition d’un suspect majeur depuis la Syrie dans le cadre de l’affaire Pascal Sleiman, les développements autour de disparitions suspectes au Liban, et les critiques récurrentes sur le manque d’indépendance de l’appareil judiciaire.
Affaire Pascal Sleiman : une extradition hautement politique
L’affaire de l’assassinat de Pascal Sleiman, figure du parti Kataeb retrouvée morte en avril 2024 après avoir été enlevée dans le Kesrouan, connaît un nouveau tournant. Al Quds (26 mai 2025) révèle que la direction de l’armée libanaise a obtenu, par le biais d’une coordination informelle avec les services syriens, la remise d’un des principaux suspects, un ressortissant syrien identifié comme ayant fui à Homs peu après les faits.
Cette extradition a été présentée par les autorités libanaises comme un geste « de coopération sécuritaire sans précédent ». Le ministère de la Justice a cependant refusé de commenter officiellement, soulignant « le caractère confidentiel des enquêtes en cours ». Cette absence de communication officielle a relancé les interrogations sur la nature exacte des accords de sécurité entre Beyrouth et Damas.
Selon Ad Diyar (26 mai 2025), l’arrivée du suspect au Liban a eu lieu par le poste frontalier de Masnaa, sous escorte militaire. Il aurait été immédiatement transféré vers le ministère de la Défense à Yarzeh pour interrogatoire. Des sources judiciaires citées par le journal évoquent des « aveux partiels » sur le rôle de complicité logistique, sans implication directe dans l’homicide.
Ralentissements dans les dossiers de corruption
Dans Nahar Int’l (26 mai 2025), plusieurs associations civiles dénoncent l’enlisement de certains dossiers emblématiques de corruption, notamment ceux concernant des marchés publics attribués en 2020–2021 dans les secteurs de l’électricité et du traitement des déchets. L’ONG Legal Agenda souligne que sur les 38 enquêtes ouvertes par le parquet financier en 2022, seulement deux ont été transmises devant le juge d’instruction.
Le Conseil supérieur de la magistrature, dans un communiqué repris par Ad Diyar (26 mai 2025), assure que les retards sont dus à un manque de moyens humains et techniques. Il appelle à un soutien budgétaire accru pour le bon fonctionnement des juridictions. Toutefois, les critiques s’intensifient sur l’absence de jugements dans des dossiers concernant des figures politiques de premier plan.
Le journal mentionne également le blocage des mandats d’arrêt internationaux émis dans l’affaire de la Banque du Liban, faute d’accords d’extradition avec certains pays européens. Cette impasse juridique alimente un sentiment d’impunité généralisée, relayé par plusieurs éditorialistes.
Disparitions inquiétantes dans la Békaa et au Akkar
Al Quds (26 mai 2025) rapporte plusieurs cas de disparitions non élucidées de jeunes hommes dans les régions de Hermel et de Wadi Khaled. Les familles, soutenues par des ONG de défense des droits de l’homme, affirment que les victimes pourraient être victimes de trafics transfrontaliers, notamment liés au recrutement de combattants ou au trafic d’organes.
Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’ouverture d’une cellule spéciale d’investigation conjointe avec la Direction générale de la Sûreté générale. Toutefois, aucun élément concret n’a encore été divulgué à ce jour. Les ONG regrettent que ces dossiers soient souvent classés comme simples « disparitions volontaires » sans réelle instruction judiciaire.
Al Sharq Al Awsat (26 mai 2025) évoque aussi des suspicions d’enlèvements ciblés dans les camps palestiniens, notamment à Aïn el-Heloué, sans qu’aucune plainte formelle n’ait été suivie d’effet. Le manque de coopération entre les autorités sécuritaires et les comités locaux ralentit considérablement les enquêtes.
Affaire des fraudes électorales dans le Nord
Ad Diyar (26 mai 2025) publie une enquête sur des soupçons de fraude lors du premier tour des municipales dans le caza de Zgharta. Plusieurs procès-verbaux d’observation relèveraient des irrégularités dans la tenue des listes électorales et des cas de pressions sur les assesseurs. Le parquet de Tripoli aurait été saisi mais n’a pas encore nommé de juge pour instruire le dossier.
Des candidats indépendants ont déposé des recours devant le Conseil d’État, invoquant la nullité de plusieurs scrutins. Le journal rapporte que l’Association des avocats pour la liberté a demandé un audit indépendant du processus dans les municipalités concernées.
Débats sur l’indépendance de la magistrature
Le débat sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature refait surface. Nahar Int’l (26 mai 2025) consacre un long article à l’initiative d’un groupe de magistrats appelant à la séparation totale des pouvoirs et à la désignation des juges du conseil par leurs pairs, et non par le pouvoir exécutif.
Le ministre de la Justice s’est montré prudent, affirmant que « la réforme est nécessaire, mais doit se faire par étapes, avec le consensus de tous les acteurs judiciaires ». Les ONG dénoncent ce blocage comme un écran de fumée pour maintenir l’emprise politique sur la justice.
Société: vulnérabilités sociales, accès aux services et initiatives locales
Le paysage social libanais, tel que décrit dans la presse du 26 mai 2025, reflète une société confrontée à de multiples fragilités structurelles. Les articles de Ad Diyar, Al Quds, Nahar Int’l et Al 3arabi Al Jadid mettent en lumière des thématiques récurrentes : précarité énergétique, malnutrition infantile, sous-financement du secteur éducatif, mais aussi des initiatives communautaires innovantes et des efforts de résilience portés par la société civile. Les zones rurales du Sud et les banlieues des grandes villes apparaissent comme des foyers d’actions locales face à l’inertie des politiques publiques.
Crise énergétique et impacts sociaux
Selon Al Quds (26 mai 2025), la persistance des délestages électriques dans les régions de la Békaa, de Nabatieh et de Akkar affecte directement la qualité de vie des habitants. Des hôpitaux publics signalent des pannes prolongées, obligeant les patients à recourir à des générateurs privés coûteux. Le quotidien rapporte également des cas de décès de patients dialysés faute de courant stable.
Le ministère de l’Énergie a reconnu dans Ad Diyar (26 mai 2025) une rupture de stock de carburant dans les centrales de Zahrani et Deir Ammar. L’importation de carburants subventionnés est freinée par des retards bancaires et l’instabilité des taux de change. Le syndicat des producteurs d’électricité autonome a lancé un appel au gouvernement pour la création d’un fonds d’urgence destiné à garantir un approvisionnement minimum dans les établissements de santé.
Les quartiers défavorisés de Tripoli, selon Nahar Int’l (26 mai 2025), sont particulièrement touchés. La majorité des ménages ne peuvent plus se permettre de payer l’abonnement à un générateur privé, et vivent sans électricité plus de 18 heures par jour. Cette situation aggrave l’insécurité, avec une hausse des vols et des violences nocturnes signalée par la municipalité.
Malnutrition infantile et accès à l’alimentation
Dans le Sud, Al Quds (26 mai 2025) rapporte plusieurs cas de malnutrition sévère diagnostiqués chez des enfants, notamment dans des familles déplacées de zones frontalières. L’UNRWA a distribué des colis alimentaires dans les camps palestiniens de Tyr et Saïda, mais leur quantité reste insuffisante. Une responsable locale déclare : « Nous sommes dans une spirale où les enfants mangent une fois par jour, et pas tous les jours. »
Le Croissant-Rouge libanais, en partenariat avec des ONG françaises, a ouvert des points de distribution mobile de lait et de produits de première nécessité. Les écoles publiques servant également de cantines scolaires souffrent de sous-approvisionnement. Dans Ad Diyar (26 mai 2025), une enseignante du caza de Bint Jbeil témoigne : « Nous avons réduit les portions pour que chaque enfant puisse avoir un minimum. »
Cette précarité alimentaire concerne aussi les régions de la montagne, où les produits de base sont devenus inaccessibles pour les familles sans revenus fixes. Nahar Int’l (26 mai 2025) insiste sur le rôle crucial joué par les paroisses chrétiennes et les mosquées, qui distribuent quotidiennement des repas ou des bons alimentaires.
Scolarisation et difficultés structurelles
Al 3arabi Al Jadid (26 mai 2025) met en avant les difficultés du secteur éducatif public. Le syndicat des enseignants annonce que plus de 400 écoles publiques fonctionnent à mi-temps, faute de personnel administratif et de fournitures de base. Le ministère de l’Éducation n’a toujours pas débloqué les subventions promises pour l’année 2024–2025, ce qui empêche l’impression des manuels scolaires.
Les établissements scolaires ruraux sont les plus touchés. À Hasbaya, Ad Diyar rapporte qu’un collège public a dû suspendre les cours pendant dix jours en raison de l’absence de fioul pour le chauffage. Les associations de parents d’élèves appellent à une mobilisation nationale pour exiger un plan d’urgence éducatif.
En parallèle, les écoles privées à faibles revenus ferment progressivement, incapables d’assumer la hausse des coûts. Le journal note que près de 8 000 élèves ont quitté les écoles privées depuis septembre 2024 pour tenter d’intégrer le secteur public déjà saturé.
Initiatives locales de résilience sociale
Malgré les carences des institutions, plusieurs initiatives locales illustrent la capacité de mobilisation communautaire. À Saïda, Al Quds (26 mai 2025) rapporte la création d’un centre social géré par des jeunes bénévoles, offrant des services gratuits de soutien scolaire, d’assistance juridique et de soins de santé primaire.
À Zahlé, Nahar Int’l mentionne un réseau de coopératives féminines qui produit des conserves artisanales revendues sur les marchés locaux. Ces activités génèrent des revenus complémentaires et contribuent à maintenir des circuits économiques de proximité.
D’autres projets, comme le jardin communautaire de Ghazir soutenu par l’Université Saint-Joseph, permettent à une vingtaine de familles de cultiver leurs propres légumes. Ad Diyar souligne que cette approche renforce le lien social et réduit la dépendance à l’aide alimentaire internationale.
Questions de genre et violences domestiques
La problématique des violences faites aux femmes reste préoccupante. Al 3arabi Al Jadid (26 mai 2025) publie un reportage sur l’augmentation des signalements de violences conjugales dans la région du Metn. Les lignes d’écoute des associations comme Kafa reçoivent en moyenne 50 appels par semaine, soit une hausse de 30 % par rapport à 2023.
Le réseau judiciaire reste peu réactif. Dans plusieurs cas, les ordonnances de protection sont émises avec un retard de plusieurs semaines. Les maisons d’accueil, au nombre de sept dans tout le pays, sont saturées. Le ministère des Affaires sociales reconnaît le manque de personnel spécialisé pour traiter ces affaires.
Culture: renouveau littéraire, mémoire visuelle et renaissance des lieux
L’actualité culturelle libanaise au 26 mai 2025 témoigne d’un paysage en pleine recomposition, où la création locale résiste malgré des moyens réduits. À travers les articles de Al 3arabi Al Jadid, Ad Diyar, Al Quds et Nahar Int’l, plusieurs tendances émergent : une effervescence littéraire portée par de jeunes auteurs, un recours croissant à la photographie comme outil de mémoire, et la revalorisation de lieux culturels emblématiques. Les initiatives collectives compensent souvent l’absence de soutien institutionnel, dans un contexte de fragilité économique généralisée.
Essor de la littérature libanaise contemporaine
Selon Al 3arabi Al Jadid (26 mai 2025), la Foire du Livre de Beyrouth, organisée dans les anciens docks du port reconvertis en espace d’exposition, attire cette année une attention particulière. Plusieurs auteurs libanais s’y sont distingués, notamment Zeina Hachem Beck avec un nouveau recueil bilingue de poésie intitulé « Beyond the Ruins », salué pour sa capacité à traduire la violence politique en émotions individuelles.
La maison d’édition Dar al-Nahda a présenté trois premières œuvres, toutes signées de jeunes écrivains de la diaspora revenus au Liban après la crise de 2020–2022. Ces publications mêlent autofiction, récit d’exil et questionnements identitaires. Une table ronde organisée par l’Université de Balamand a interrogé les « formes narratives du retour » et l’évolution de la langue arabe contemporaine dans la littérature.
Ad Diyar (26 mai 2025) évoque également la réédition du roman « Aïn el-Mreissé » de Mounah Akl, épuisé depuis deux décennies, considéré comme une fresque réaliste de la Beyrouth des années 1950. Cette republication suscite un regain d’intérêt pour les auteurs du patrimoine littéraire libanais moderne.
Photographie et mémoire : regards sur la guerre
Al Quds (26 mai 2025) consacre un article à l’exposition « Derrière les murs », qui se tient à la galerie Tanit de Mar Mikhael. Il s’agit d’un travail photographique de Marwan Sleiman, jeune artiste originaire de Tyr, qui documente en noir et blanc les transformations architecturales et humaines des camps palestiniens au Liban depuis 2010. L’auteur déclare : « Je photographie ce qui reste, et ce qui ne reviendra pas. »
Cette exposition, soutenue par l’Institut français de Beyrouth, est présentée comme un événement majeur du printemps culturel. Les clichés sont accompagnés de témoignages sonores recueillis par des élèves du Lycée Abdel Kader, dans le cadre d’un projet éducatif sur la mémoire visuelle.
Dans le même esprit, Nahar Int’l (26 mai 2025) publie une double page sur la redécouverte de la photographe Layla Assaf, active dans les années 1980, dont les archives ont été numérisées. Son regard sur la guerre civile, à travers des portraits de familles déplacées, fait l’objet d’un catalogue en préparation par l’université LAU.
Réouverture des institutions culturelles
Ad Diyar (26 mai 2025) annonce la réouverture partielle du Théâtre Monnot, fermé depuis 2021 à la suite d’un incendie lié à une panne électrique. Une programmation réduite mais régulière est prévue jusqu’à septembre, avec des spectacles en langue française et des pièces expérimentales en dialecte libanais.
La Fondation Assabil, à travers son réseau de bibliothèques publiques, reprend aussi ses activités culturelles de proximité. Des lectures poétiques, projections de courts-métrages et ateliers de calligraphie sont organisés dans les bibliothèques de Bachoura, Geitawi et Bourj Hammoud. Al 3arabi Al Jadid (26 mai 2025) insiste sur le rôle vital de ces espaces dans des quartiers populaires en manque d’équipements culturels.
Agenda des événements culturels
D’après Al Quds (26 mai 2025), plusieurs événements marquent la fin du mois de mai :
- Le Festival international de musique soufie de Tripoli accueille du 28 au 30 mai des artistes venus du Maroc, de Turquie et du Kurdistan irakien.
- La galerie Letitia, à Hamra, expose les œuvres de l’artiste libanais Ghassan Al Hallak, inspirées de la nature dévastée de la Békaa.
- Un cycle de projections « Cinéma et Mémoire » débute au cinéma Metropolis, avec des documentaires restaurés des années 1960.
- Le Centre culturel arménien de Bourj Hammoud programme une semaine du théâtre populaire avec la troupe Arine.
- La ville de Zahlé organise son premier marché artisanal dédié aux métiers du livre et à la reliure traditionnelle.
Sport: performances collectives contrastées et soutien populaire constant
Le sport libanais continue de refléter les paradoxes d’un pays en crise : enthousiasme populaire constant, développement des talents à l’étranger, mais infrastructures locales en déclin. Les journaux du 26 mai 2025, notamment Al Quds, Ad Diyar et Nahar Int’l, abordent l’actualité sportive à travers plusieurs axes : résultats mitigés des clubs dans les compétitions régionales, mise en lumière de sportifs expatriés, et initiatives de formation locale. Malgré des ressources limitées, les fédérations tentent de maintenir un niveau d’activité respectable, soutenues par un public fidèle et des sponsors ponctuels.
Football : tensions en championnat et ambitions continentales
Selon Ad Diyar (26 mai 2025), le championnat libanais de première division s’approche de son dénouement avec un duel serré entre Nejmeh SC et Ahed FC. Le match décisif prévu le 1er juin suscite une grande attente, notamment après la victoire surprise de Nejmeh contre Safa SC la semaine dernière. Le quotidien rapporte des tensions entre les supporters, exacerbées par les accusations d’arbitrage partisan.
Le président de la Fédération libanaise de football a déclaré dans une interview que « des mesures strictes seront prises pour garantir la transparence de la dernière journée ». L’enjeu dépasse la simple compétition nationale : le vainqueur représentera le Liban dans la Coupe de l’AFC 2025.
Al Quds (26 mai 2025) s’intéresse aussi aux joueurs expatriés d’origine libanaise, dont certains pourraient renforcer la sélection nationale en vue des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026. Hassan Tannous, évoluant à Vancouver, et Fares Rizk, du club français de Nancy, sont en pourparlers avec la fédération.
Basketball : l’épreuve du renouvellement
Al 3arabi Al Jadid (26 mai 2025) revient sur la défaite de Riyadi Beyrouth face au club iranien Mahram Téhéran en demi-finale de la West Asia Super League. Malgré un jeu collectif dynamique, l’équipe libanaise a payé le prix de l’inefficacité aux tirs longue distance. Le journal souligne la fin d’un cycle pour l’équipe, avec le départ annoncé de son capitaine Fadi Chamoun.
La Fédération libanaise de basketball mise sur la relève. Le programme de détection de talents lancé à Zahlé et Tripoli a permis d’identifier une trentaine de joueurs âgés de moins de 16 ans, qui pourraient intégrer les centres régionaux de formation. Nahar Int’l (26 mai 2025) note que le sponsor principal du championnat, une société libano-française de télécommunications, s’est engagé à prolonger son soutien jusqu’en 2027.
Athlétisme et sports individuels : exploits discrets
Selon Ad Diyar (26 mai 2025), la sprinteuse libanaise Nour Hadid a battu le record national du 200 mètres féminin lors du tournoi régional d’Amman. Ce résultat n’a pas encore été homologué officiellement mais suscite un engouement croissant. L’athlète, formée au Liban puis expatriée en Allemagne, a remercié « ses entraîneurs de Zahlé pour leur soutien de toujours ».
Al Quds évoque également le retour au pays du boxeur Karim Mroueh, récent vainqueur du tournoi MENA des poids mi-lourds à Dubaï. À son arrivée à l’aéroport de Beyrouth, il a été accueilli par une délégation sportive et plusieurs fans. Il a annoncé qu’il ouvrirait un centre de boxe gratuit à Saïda pour « encadrer les jeunes sans ressources ».
Sports scolaires et engagement communautaire
Ad Diyar (26 mai 2025) met en lumière les jeux scolaires intercommunaux organisés à Nabatieh, où 23 écoles publiques ont participé à des compétitions de football, volleyball et tennis de table. L’initiative, soutenue par la municipalité et des ONG éducatives, vise à renforcer la cohésion sociale et à redonner confiance aux élèves en milieu rural.
Des enseignants interrogés insistent sur l’impact positif de ces activités sur la discipline et l’estime de soi. Plusieurs établissements réclament désormais la réhabilitation de leurs terrains de sport, laissés à l’abandon depuis la crise de 2019.



