Les efforts internationaux pour instaurer un cessez-le-feu au Liban et à Gaza se poursuivent, avec des initiatives diplomatiques sous l’égide des États-Unis, de la France et du Qatar. Al-Nahar précise qu’Amos Hochstein, envoyé spécial américain, s’est rendu en Israël pour obtenir des réponses concrètes de Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, concernant un arrêt des hostilités. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des discussions menées la semaine dernière à Beyrouth avec Nabih Berri et Najib Mikati, qui avaient laissé espérer une trêve. Les observateurs sont cependant prudents quant aux intentions israéliennes : Al-Diyar souligne que la réticence d’Israël à envisager un cessez-le-feu semble de plus en plus évidente.
La situation s’est rapidement aggravée sur le terrain, en particulier dans le sud du Liban, où des villages entiers subissent des destructions. Selon Al-Akhbar, les opérations de l’armée israélienne visent à neutraliser les installations supposées du Hezbollah. En réponse, le Hezbollah a intensifié ses attaques contre le nord d’Israël, infligeant des pertes conséquentes aux forces israéliennes. Ces événements surviennent un mois après l’assassinat du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a laissé un impact durable sur l’organisation et ses stratégies militaires.
Actu locale et front
Les affrontements le long de la frontière sud libanaise sont de plus en plus intenses, entraînant des pertes humaines importantes des deux côtés. Al-Akhbar rapporte que le Hezbollah a lancé une nouvelle phase d’opérations visant les colonies israéliennes jusqu’à Haïfa, avec des frappes de roquettes visant à déplacer massivement les résidents israéliens. Des attaques ciblées ont été signalées à Kiryat Shmona, Nahariya, Eliat HaShahar et même Haïfa, où des blessés ont été signalés parmi les civils israéliens.
Les tactiques du Hezbollah semblent évoluer, avec une utilisation accrue de drones kamikazes pour attaquer les installations industrielles et militaires israéliennes. Al-Diyar rapporte que des installations sensibles, telles que la base militaire de Zvolon et la zone industrielle de Barlev près d’Acre, ont été ciblées. Selon les observateurs, ces frappes stratégiques visent à contraindre Israël à concentrer ses ressources sur la défense intérieure, affaiblissant ainsi ses capacités offensives au Liban.
En parallèle, l’armée israélienne a intensifié ses frappes au Liban, touchant plus de 120 cibles en deux jours. Des quartiers résidentiels du sud de Beyrouth ont également été frappés, causant d’importantes pertes humaines et des destructions d’infrastructures. Al-Nahar rapporte que cette escalade a coûté la vie à environ 70 combattants du Hezbollah, et que les infrastructures civiles ont subi des dégâts majeurs dans plusieurs zones.
Politique locale
Les leaders politiques libanais, tout en soutenant un potentiel cessez-le-feu, suivent avec vigilance l’évolution de la situation. Al-Joumhouria indique que Nabih Berri et Najib Mikati ont affirmé leur attachement à la résolution 1701 des Nations Unies, mais avec des réserves concernant le retrait du Hezbollah de la zone sud du Litani. Les responsables politiques sont conscients que la présence armée du Hezbollah dans cette région demeure un élément crucial de la dissuasion vis-à-vis d’Israël.
Le Qatar a joué un rôle clé dans ces tentatives de médiation. Al-Liwaa souligne l’arrivée imminente d’un émissaire qatari pour discuter des options de médiation avec les autorités libanaises, tandis que la France, à travers la conférence de soutien au Liban organisée à Paris, s’efforce de mobiliser les ressources nécessaires pour stabiliser le pays. Selon Al-Diyar, la conférence a permis de recueillir des promesses d’aide humanitaire s’élevant à 800 millions de dollars, dont 200 millions pour l’armée libanaise.
Le Patriarche maronite Béchara Boutros Al-Rahi a exprimé son soutien aux initiatives internationales, appelant à une solution diplomatique rapide pour mettre fin aux souffrances des civils. Dans une déclaration rapportée par Al-Nahar, il déplore « l’impact désastreux de la guerre entre le Hezbollah et Israël sur les populations civiles, en particulier les enfants, les femmes et les infrastructures de santé ».
Politique internationale
Les tensions régionales exacerbées ajoutent une couche de complexité aux efforts de médiation. Al-Binaa rapporte que la récente frappe israélienne contre des installations militaires iraniennes a intensifié les tensions entre Israël et l’Iran. Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, a minimisé cette attaque, tout en soulignant que son pays est prêt à réagir si cela devient nécessaire. Selon Al-Akhbar, l’Iran a déposé une plainte auprès du Conseil de sécurité de l’ONU, demandant que des sanctions soient envisagées pour cette agression.
Les États-Unis, désireux de montrer leur implication avant les élections, s’efforcent de jouer un rôle de médiateur. Al-Diyar observe cependant que leur engagement se heurte aux réalités du terrain, où les affrontements au Liban et à Gaza continuent de s’intensifier. Al-Nahar rapporte que Hochstein pourrait rencontrer des difficultés à convaincre Israël d’accepter un cessez-le-feu, particulièrement en raison des récentes pertes militaires.
Le Qatar et la France poursuivent leurs efforts diplomatiques pour promouvoir un accord global. Al-Sharq Al-Awsatindique que des pourparlers sont en cours pour établir un cessez-le-feu qui inclurait un retrait des troupes israéliennes et une réduction des tensions dans la région.
Économie
Le conflit a un impact direct sur l’économie libanaise, aggravant une crise déjà profonde. Les destructions d’infrastructures, les pénuries d’aliments et de médicaments, et les déplacements forcés de civils exercent une pression accrue sur le pays. Al-Liwaa mentionne l’arrivée d’aides humanitaires de Jordanie, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, bien que celles-ci demeurent insuffisantes pour couvrir les besoins croissants.
La conférence de Paris, décrite par Al-Nahar comme une initiative de soutien essentielle, a permis de rassembler 800 millions de dollars pour soutenir le Liban, dont 200 millions destinés aux forces armées libanaises. Cette aide est cruciale pour maintenir la stabilité interne et renforcer la sécurité dans les régions affectées par le conflit. Cependant, selon des experts économiques, la situation reste extrêmement fragile, et de nouvelles déstabilisations pourraient compromettre ces financements.
Justice et Société
Les frappes israéliennes sur les zones résidentielles du Liban ont fait de nombreuses victimes et causé des dégâts importants aux infrastructures. Al-Diyar et Al-Nahar signalent que des quartiers civils de Saïda et de Nabatieh ont été lourdement bombardés, entraînant la mort de dizaines de personnes et blessant de nombreux civils. Le ministère libanais de la Santé a confirmé la mort de huit personnes et la blessure de vingt-cinq autres à Saïda, tandis que trois civils ont perdu la vie à Nabatieh.
Al-Akhbar rapporte que le Hezbollah a riposté en lançant des roquettes sur des colonies israéliennes dans le nord, causant également des victimes. Cette intensification des combats a poussé des centaines de familles libanaises à fuir les zones les plus exposées, cherchant refuge dans des villes moins affectées. En parallèle, les organisations humanitaires locales et internationales s’efforcent de fournir une aide de première nécessité, bien que les défis logistiques restent nombreux en raison de la dégradation des infrastructures.
International
Les initiatives internationales pour parvenir à un cessez-le-feu se poursuivent, bien que les divisions entre les différents acteurs rendent la situation complexe. Al-Sharq Al-Awsat souligne que les États-Unis et le Qatar tentent de coordonner un cessez-le-feu pour limiter l’escalade, mais les divergences de position entre Israël et l’Iran compliquent la tâche. La France, à travers son initiative diplomatique, vise à promouvoir une « feuille de route » pour la paix, soutenue par plusieurs pays européens et arabes.
Le Patriarche maronite Béchara Boutros Al-Rahi a apporté son soutien aux efforts français, exhortant à un arrêt immédiat des hostilités et appelant à protéger les civils. Dans une déclaration reprise par Al-Nahar, il a affirmé que « la solidarité des dirigeants religieux et politiques est cruciale pour assurer l’unité du Liban et protéger sa population ».



