La réunion ministérielle du 5 Septembre révèle-t-elle nos lâchetés ?
Il y a trois jours, une réunion ministérielle autour du Président de la République Joseph Aoun devait poser les bases d’un plan de désarmement du Hezbollah. Promesses et intentions ont été exprimées… mais aucune date, aucune feuille de route concrète. Une fois de plus, l’État libanais parle en slogans, pas en actes. Promettre sans agir, est-ce déjà capituler ?
Pendant ce temps, le Hezbollah et Amal semblent triompher du flou ambiant. Pour eux, cette absence de décisions est une victoire : l’État ne parvient pas à imposer sa souveraineté. Au Liban, la souveraineté est souvent proclamée, jamais incarnée.
Cette situation ramène brutalement à 1983 et au Président Amine Gemayel. Pressé de signer la paix avec Israël, il avait reculé , malgré les signatures des députés et du 1 er ministre de l’épique . Résultat punition : division des chrétiens, affaiblissement politique, occupation syrienne. Quarante ans plus tard, la question se pose : cette réunion ministérielle constitue-t-elle un syndrome Amine Gemayel 1983 2.0 ? L’Histoire bégaie quand on refuse d’apprendre.
Tant que le Hezbollah garde ses armes, il n’y a pas de République. Tant que l’armée hésite, elle s’autodétruit. Tant que l’État se cache derrière des promesses sans échéance, il se condamne à l’impuissance. Le Liban doit choisir : être une nation ou rester un protectorat.
Le pays n’a pas besoin d’un Amine Gemayel 2.0. Il a besoin d’un sursaut, d’un choix clair, d’un courage brutal. Pas demain. Pas “d’ici la fin de l’année”. Maintenant. Chaque jour de faiblesse nous coûte en dignité, en vies, en avenir.
Le syndrome Amine Gemayel n’est pas une fatalité. Mais il deviendra notre destin si nous continuons à céder à l’attente, au compromis et à la peur. L’heure n’est plus aux plans sans date. L’heure est à la vérité.



