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Souaïd tourne la page Lazard et épouse la ligne des banques

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Une décision hors de son périmètre
Le plan de restructuration Lazard n’avait pas été commandé par la Banque du Liban ; il relevait d’un mandat gouvernemental confié en 2020 sous le cabinet Hassan Diab. En déclarant qu’il « ne reviendra pas » à cette matrice, Wassim Souaïd outrepasse une compétence réservée à l’exécutif. L’argument avancé : la nécessité d’un audit actualisé confié à un cabinet étranger. Aucune base juridique n’est toutefois fournie pour annuler un schéma toujours inscrit dans le programme de référence transmis au Fonds monétaire.

Alignement sur la ligne des conseils d’administration
Depuis l’automne, l’Association des banques réclame l’abandon d’une approche jugée trop punitive pour le capital privé. En choisissant un nouvel audit sans calendrier de partage des pertes, le gouverneur épouse de fait cette revendication : tant que la perte comptable reste « à déterminer », aucun actionnaire n’est mis à contribution, aucune décote de grand dépôt n’est actée, aucun transfert d’actifs au Trésor n’est envisagé.

2,6 milliards $ distribués… mais à partir de quelles réserves ?
La hausse du plafond de retrait (800 $ via la circulaire 158, 400 $ via la 166) promet 2,6 milliards $ sur douze mois. L’enveloppe paraît importante ; elle équivaut pourtant à moins de 3 % des avoirs gelés du public. Surtout, elle grignote un coussin déjà virtuel : sur 11 milliards $ de réserves brutes, 7 milliards appartiennent juridiquement à l’État, ce qui laisse en théorie 4 milliards pour absorber chocs et fuites. Les réserves nettes, négatives depuis 2015, se creusent d’autant.

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Incertitude sur la liquidité des banques
Le régulateur assure que les dollars sortiront des réserves obligatoires, non des coffres des établissements. Les commissions de risques internes redoutent néanmoins un nouveau stress : certains bilans affichent des coefficients de liquidité en devises tombés sous 3 %. Sans accès aux marchés interbancaires, les banques devront recourir aux swaps informels et alourdir leur dépendance à la Banque centrale, alors même que celle-ci siphonne leur encaisse pour financer l’opération.

Calendrier du nouvel audit : slide sans ancrage
Juillet : cahier des charges. Août : sélection. Septembre : premier état des lieux. Aucun texte d’accompagnement n’apparaît à l’agenda législatif. Le FMI répète qu’il attend un cadre légal de répartition avant de parapher un programme. Souaïd table sur un effet d’annonce pour réamorcer la confiance, mais la fenêtre technique se réduit : la mission d’automne du Fonds arrive dans deux mois, la session budgétaire ouvre en novembre, et les législatives se profilent dans quinze mois.

Dépôts versus actionnaires : le choc différé
En reportant l’heure du bilan, la Banque centrale maintient l’illusion d’un actif bancaire préservé. Les déposants, eux, se partagent une miette annuelle équivalente à 30 % de l’ancienne masse monétaire tandis que l’inflation importée érode immédiatement ce pouvoir d’achat. Les ONG de clients soulignent une logique de transfert : les petites coupures fraîches servies au guichet sont financées par l’amputation du fonds de réserve qui garantissait justement les dépôts.

Impact sur le taux de change et sur l’or
Chaque dollar injecté devra, tôt ou tard, être racheté sur le marché pour stabiliser la parité informelle. Faute de réserves nettes positives, la Banque centrale risque de mobiliser son seul collatéral encore intact : seize millions d’onces d’or. Une vente partielle exigerait une loi spécifique. Le ministère des Finances n’écarte plus l’idée, mais le tabou politique reste fort. En coulisses, des banquiers évoquent un swap or-dollar avec une banque internationale : un signal que la marge de manœuvre s’épuise.

Réactions politiques
Au Parlement, la commission des Finances pointe « un audit sans filet légal ». Des députés exigent que tout contrat soit soumis au contrôle préalable de la Cour des comptes. Le ministère de l’Économie craint que l’opération de liquidité n’enflamme de nouveau l’indice des prix à l’import. Les syndicats de salariés des banques redoutent un gel des hausses salariales si les établissements doivent compenser l’effort de trésorerie.

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