Oh, mesdames et messieurs, accrochez-vous à vos chaises, car le grand Donald J. Trump, 47e président des États-Unis et autoproclamé « meilleur négociant de l’histoire », vient de lâcher une bombe – pas une vraie, hein, quoique avec lui, on ne sait jamais. Non, cette fois, c’est une vidéo, une œuvre d’art, un chef-d’œuvre de provocation qui dépasse toutes les limites du bon goût, de la diplomatie et, soyons honnêtes, du bon sens.
Imaginez la scène : une statue géante en or massif de Trump lui-même, plantée au milieu de Gaza, tellement brillante qu’elle éblouit les drones au-dessus. Une statue bien habillée, pour une fois – faut pas pousser non plus –, mais entourée d’un twist inattendu : des filles barbues, oui, vous avez bien entendu, des danseuses du ventre avec des barbes touffues façon combattants du Hamas, portant fièrement des bandeaux verts marqués du logo du groupe, comme un clin d’œil tordu à la provocation ultime. Elles ondulent au son d’une musique qu’on jurerait sortie d’un générateur d’IA détraqué, pendant que Trump, en personne, sirote des cocktails fluo avec son « grand ami Bibi » – Benjamin Netanyahou pour les non-initiés. Oui, vous avez bien lu. On dirait un mélange entre un clip de rap bling-bling et une soirée arrosée à Mar-a-Lago, mais non, c’est la nouvelle « vision » de Trump pour Gaza.
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Dans le style inimitable qui a fait sa légende, Trump a posté cette vidéo sur Truth Social avec une légende digne d’un blockbuster : « Gaza n’a jamais été aussi classe, croyez-moi. Les meilleurs danseurs, les meilleurs cocktails, et moi, le meilleur dealmaker. Les Arabes vont adorer, ou ils paieront cher ! » Provocateur ? Oh, à peine. Choquant ? Disons que le monde arabe a vu la vidéo et que les lignes téléphoniques des ambassades fument encore. Et le pire, dans tout ça ? On aurait pu croire que le compte POTUS avait été piraté par un troll génial ou un ado en manque d’attention – mais que nenni, c’est bien lui, le 47e président, qui a appuyé sur « publier » depuis son canapé doré, un sourire en coin et un pouce levé. À côté de ça, ses frasques avec les pornstars comme Stormy Daniels lors de son premier mandat, c’était presque mignon, carrément plus drôle – au moins, ça se limitait à des chèques et des avocats, pas à des statues et des danseuses barbues en zone de guerre. Pour Trump, c’est juste une journée de plus au bureau. Après tout, cet homme ne fait pas dans la demi-mesure : il préfère danser sur les braises plutôt que de marcher sur des œufs. Et tant pis si ça met le feu à une région déjà au bord de l’explosion.
Mais remettons les choses dans leur contexte, parce que cette folie ne sort pas de nulle part. Trump, revenu au pouvoir avec la grâce d’un bulldozer dans un magasin de porcelaine, a décidé de remettre les Accords d’Abraham sur le tapis. Vous savez, ces deals qu’il adore brandir comme des trophées, signés en 2020 avec Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn et quelques autres, censés « ramener la paix au Moyen-Orient ». Une paix à la sauce Trump, bien sûr : des poignées de main devant les caméras, des promesses de gros contrats, et zéro mention des Palestiniens, sauf pour dire qu’ils devraient « se calmer et accepter les miettes ». À l’époque, c’était déjà audacieux. Mais là, en 2025, il va encore plus loin. Normalisation avec l’Arabie saoudite ? Check. Deals avec le Liban et la Syrie, ces pays pleins de réfugiés palestiniens qui rêvent de rentrer chez eux ? En cours, apparently. Et pour couronner le tout, cette vidéo à Gaza, comme un gros majeur doré levé à la face du monde arabe. Subtilité, es-tu là ? Non, elle a pris un aller simple pour Mar-a-Lago.
Commençons par la statue. Parce que, soyons sérieux, qui regarde une statue d’un Trump doré, entourée de danseuses barbues avec des bandeaux du Hamas, sans se dire : « C’est un sketch, non ? » Apparemment pas Donald. Dans son esprit, c’est une « œuvre d’art incroyable », un symbole de sa grandeur et de sa capacité à « transformer Gaza en quelque chose de fantastique ». Oubliez les ruines, les blocus, les décennies de conflit – pour Trump, tout se règle avec un peu de clinquant et une bonne dose d’autopromotion. « Les gens adorent l’or, ils adorent les statues, et ils m’adorent moi. C’est gagnant-gagnant ! » a-t-il déclaré dans une interview sur Fox News, avec ce sourire satisfait qui donne envie de vérifier s’il a des actions chez un fabricant de peinture dorée. Et pendant qu’il danse avec ses « belles filles » – ses mots, pas les miens – et qu’il trinque avec Netanyahou, le message est clair : Gaza, c’est son terrain de jeu, et il s’en fout royalement de ce que ça peut provoquer.
Et provoquer, ça provoque. Dans les rues de Ramallah, de Beyrouth, du Caire, les foules sont en ébullition. « Trump se moque de nous ! » hurlent les pancartes, entre deux jets de pierres sur des effigies du président américain. Les réseaux sociaux arabes explosent de mèmes : Trump en pharaon ridicule, Trump en clown de cirque, Trump en tout sauf en homme d’État. Les leaders du Hamas et du Jihad islamique, déjà pas fans des Accords d’Abraham, parlent de « déclaration de guerre culturelle ». Même les alliés traditionnels des États-Unis, comme la Jordanie ou l’Égypte, froncent les sourcils, partagés entre leurs accords avec Washington et la colère de leurs populations. Mais Trump, lui, s’en fiche. « Qu’ils crient, qu’ils pleurent, ils finiront par signer mes deals. J’ai les meilleures idées, personne ne fait mieux que moi ! » a-t-il lancé, un cocktail à la main, devant une foule hilare à un gala en Floride.
Et c’est là qu’on touche au cœur du génie – ou de la folie – trumpienne. Sa diplomatie, si on peut appeler ça comme ça, ne repose pas sur des idéaux, des alliances ou des visions stratégiques. Non, c’est une gigantesque transaction, un marché de dupes où tout se monnaie : la paix, l’amitié, la dignité, tout. Avec l’Arabie saoudite, il promet des milliards en contrats d’armes et une place au soleil en échange d’une normalisation avec Israël. Avec le Liban et la Syrie, il agite des carottes économiques pour qu’ils « gèrent » leurs réfugiés palestiniens et oublient leurs rêves de retour. Et à Gaza, il plante sa statue comme un drapeau, histoire de dire : « C’est à moi maintenant, payez ou dégagez. » Pas de finesse, pas de codes, juste du cash et des coups d’éclat. C’est presque admirable, dans un genre tordu : Trump a transformé la diplomatie en un épisode de The Apprentice, sauf que les candidats sont des nations entières et que le prix à gagner, c’est sa satisfaction personnelle.
Mais voilà le hic – parce qu’il y a toujours un hic avec Trump. À force de jouer les gros bras et de choquer pour le plaisir, il risque de se retrouver tout seul sur sa piste de danse. Prenons l’Arabie saoudite, par exemple. Oui, Riyad rêve de normaliser avec Israël pour contrer l’Iran et booster son économie post-pétrole. Mais quand ton peuple voit Trump se pavaner à Gaza avec des danseuses barbues affublées de bandeaux du Hamas, ça complique les choses. Mohammed ben Salmane peut bien signer tous les accords qu’il veut, il doit encore gérer une population qui vénère Jérusalem et déteste se faire humilier. Même topo au Liban et en Syrie : les réfugiés palestiniens, déjà en rogne contre leurs hôtes, ne vont pas gentiment accepter que Trump leur dise « circulez, y’a rien à voir » pendant qu’il fait la fête avec Netanyahou. Quant aux Accords d’Abraham, ils commencent à ressembler à une maison de cartes : impressionnants sur le papier, mais fragiles dès qu’un vent de colère souffle trop fort.
Et ce vent, il souffle déjà. Le monde arabe, souvent divisé, trouve dans la vidéo de Trump un rare point de convergence : la rage. Les imams appellent au boycott des produits américains, les hackers s’en prennent aux sites yankees, et les manifestations grossissent. Pendant ce temps, les conseillers de Trump, ces pauvres âmes qui essaient encore de promouvoir les Accords d’Abraham avec un semblant de sérieux, doivent jongler avec les retombées. « C’est une stratégie audacieuse », tente un porte-parole de la Maison-Blanche, la sueur au front. Audacieuse ? C’est comme appeler un tsunami une « petite vague ». Trump, lui, jubile. « Ils parlent de moi, donc je gagne. Les perdants pleurnichent, les gagnants signent des chèques ! » clame-t-il, sans voir que ses « amis » arabes commencent à regarder ailleurs – vers la Chine, la Russie, ou même l’Europe, qui sait ?
Car c’est là le grand paradoxe de cette mascarade. Trump, qui veut faire des États-Unis le centre du monde, pourrait bien les transformer en paria. À force de provoquer, d’humilier, de réduire tout à une question d’argent, il pousse ses alliés à se demander s’ils ont vraiment besoin de lui. L’Arabie saoudite peut acheter des armes ailleurs. Le Liban et la Syrie peuvent se tourner vers d’autres parrains. Et les Palestiniens, déjà à bout, pourraient décider que la résistance, même futile, vaut mieux que cette farce dorée. Pendant ce temps, Netanyahou rigole dans son coin, ravi d’avoir un pote aussi imprévisible pour détourner l’attention de ses propres problèmes. Mais même lui sait que cette bromance a des limites : Israël a besoin d’un Moyen-Orient stable, pas d’un cirque permanent.
Alors, que retenir de ce spectacle ? Que Trump est fidèle à lui-même : un showman qui préfère les projecteurs aux compromis, un businessman qui voit le monde comme une immense salle de marché. Sa vidéo à Gaza, c’est du pur Trump – outrancier, ridicule, et pourtant hypnotique. Mais à trop jouer avec le feu, il risque de se brûler, et les États-Unis avec lui. Le monde arabe ne pliera pas devant une statue en or et des danseuses barbues, et les Accords d’Abraham, si chers à son ego, pourraient finir en cendres. Ironie ultime : le roi du deal, qui rêve de dominer la scène, pourrait bien se retrouver seul, cocktail à la main, à danser sur les ruines de sa propre grandeur. Et nous, on regardera ça avec un mélange d’effroi et de fascination, en se demandant jusqu’où ce feuilleton délirant peut encore aller.



