Un langage d’actes à Genève?

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Ses yeux remplis de larmes, attendent inlassablement les nuits obscures comme un ami  qui vous chuchote dans le noir. Le vieux observe mal, la cataracte bouffe sa vision comme on lâche une pointe d’encre dans un peu d’eau. Seul le flou de l’entourage persiste et creuse une lourde solitude. Autour de lui, les voix perdent leurs formes « humaines », les personnes bougent sans visages, les lieux deviennent difficilement  distincts et les balles des francs tireurs sifflent pour s’arrêter d’un coup. Le bruit sourd indique un corps qui tombe, une âme qui s’élève.

Ce geste banal de la mort en Syrie, hante toutes les consciences vives; celles de ses habitants, de tous les responsables concernés  intimement par la gigantesque et effroyable place de l’inhumain dans les discussions à l »ONU, à Genève et presque partout ailleurs. Des personnes hurlent de leur intérieur délabré, l’abîme des  impuissances. Les diplomates, les responsables à tous les niveaux, les organisations à but « humanitaire » et les présidents des grandes puissances ne peuvent plus répondre à des douleurs qu’ils « comprennent » dans la tête sans les ressentir dans la peau! Ce ne sont plus les questions relatives aux niveaux des participations, des représentations ou des cohérences logiques et stratégiques qui permettraient seulement de poser et construire les sorties de crise en Syrie. Il s’agirait d »un tout autre registre de réflexion.Elle consacrerait la lecture sur grands écrans, des yeux  vides d’espoir, des regards hagards, des pas titubants de fatigue, des aliments insuffisants à la nutrition du corps et des pleurs invisibles qu’éprouvent les fibres humiliées de l’esprit dans ce désarroi total et insondable.

Des révolutionnaires déterminés, des diplomates tièdes ou froids, des intérêts croisés, des représentants d’objectifs différents ou opposés pourraient se faire face. Vont-ils secourir enfin la grandeur des valeurs humaines d’abord ou les arrangements tactiques, conditionnés, mesurés, datés et peut-être constamment décalés ? Cependant, la peur, l’angoisse, la noirceur et l’absence de compassion se déroulent comme cette histoire de femme: Elle vient d’enfanter sur un trottoir. Le fruit de ses entrailles est sauf. L »enfant est sauf. Il crie, déchire l’espace des explosions tandis que la mère baisse les paupières en paix avec Dieu!

Genève 2, 3 ou 4 mais, pour le sens de l’amour qui reste aux hommes, de la misère des injustices qui accable notre présent voilà ce que certains souhaiteraient clamer au plus hautes instances : « Vous, les nations concernées, venez vivre l’horreur d’une heure au milieu des combats bien avant la conférence de Genève. Peut-être alors, que le cauchemar continu sur vos consciences servirait à abolir les mots stériles de vos dictionnaires pour des actions immédiates et utiles sur le terrain. En acceptant l’urgence du seul bon sens des actes, les nations influentes pourraient enfin privilégier la paix sur la guerre ,reconnaître leurs honteux retards et prévenir tant de cadavres!!! »

Par Joe Acoury

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