vendredi, février 6, 2026

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Universités: le programme EUSEEDS retient cinq campus libanais, pari ciblé sur l’employabilité et les compétences numériques

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Cinq universités libanaises ont été sélectionnées pour rejoindre le programme EUSEEDS, cofinancé par Union européenne, dans le cadre d’une initiative régionale déployée dans cinq pays de la Méditerranée orientale. L’objectif affiché est d’améliorer l’employabilité des jeunes, de soutenir l’entrepreneuriat et de renforcer les compétences numériques, en réponse à des difficultés socio-économiques persistantes. 

Au Liban, la mise en œuvre est annoncée dans cinq établissements. Il s’agit de Holy Spirit University of Kaslik, Phoenicia University, Higher Institute of Applied and Social Sciences – Cnam Lebanon, Beirut Arab University et Notre Dame University–Louaizé. Le texte précise que ces institutions font partie d’un total de 24 universités retenues dans l’ensemble des pays participants, à l’issue d’un processus de candidature compétitif. 

Cinq universités sur vingt-quatre: un poids libanais élevé, mais une attente de résultats

Le chiffre le plus parlant est celui de la sélection. Cinq universités au Liban sur un total de 24 dans la région, cela représente un peu plus d’un cinquième des établissements retenus, environ 20,8 %. Cela place le Liban au-dessus de ce que donnerait une répartition strictement proportionnelle entre cinq pays, qui serait de 4,8 universités en moyenne par pays. Cette surreprésentation relative peut s’expliquer par la densité du tissu universitaire libanais et par son positionnement historique dans la formation régionale. Elle crée aussi une exigence. Quand un pays concentre environ un cinquième des institutions retenues, il devient un terrain d’évaluation du programme, donc un lieu où l’échec serait plus visible. 

Le programme vise explicitement les étudiants, les jeunes diplômés et les groupes vulnérables. C’est un choix cohérent dans une économie où l’accès à l’emploi formel s’est rétréci et où la transition entre diplôme et premier emploi s’est allongée. Le texte indique que l’outil opérationnel sera la création ou le renforcement de centres universitaires dédiés à l’employabilité et aux compétences numériques. C’est la bonne échelle, à condition que ces centres ne restent pas des vitrines. Dans ce type de dispositif, la crédibilité se mesure à des services concrets, et à des indicateurs simples. 

Des centres d’employabilité: l’enjeu n’est pas l’infrastructure, mais l’usage

La création ou le renforcement de centres universitaires est une approche pragmatique. Elle évite de disperser les moyens. Elle peut rapprocher les étudiants du marché du travail. Elle peut aussi professionnaliser l’accompagnement, notamment pour les compétences numériques, qui évoluent vite et exigent des formations courtes, révisées souvent.

Le risque, au Liban, est connu. Beaucoup d’initiatives existent. Elles s’empilent. Elles manquent parfois de continuité, faute d’équipes stables, faute de financement récurrent, ou faute d’articulation avec des employeurs. Or, le texte souligne le volet régional et la logique de réponse à des défis persistants. Cela implique un programme conçu pour durer et pour être comparable d’un pays à l’autre. La sélection compétitive des 24 universités suggère un effort de tri initial. Elle ne garantit pas la performance, qui dépendra de l’exécution sur le terrain. 

Pour être utile, un centre d’employabilité doit produire des résultats tangibles. Il doit accueillir des cohortes, pas seulement organiser des événements. Il doit aider à construire des profils et des compétences, pas seulement distribuer des attestations. Il doit surtout connecter les jeunes à des opportunités réelles, par des stages, des projets, des alternances, des incubateurs et des passerelles vers les entreprises. Le programme met en avant l’entrepreneuriat. Là aussi, l’ambition doit rester sobre. L’entrepreneuriat ne peut pas être un substitut général à l’emploi. Il peut être un canal de création d’activité pour une fraction des jeunes, à condition de fournir un accompagnement sérieux, des compétences numériques utiles et un accès minimal aux réseaux et aux marchés.

L’économie libanaise a besoin de compétences, mais aussi d’absorption

La difficulté majeure ne se résume pas au manque de formation. Elle tient aussi à la capacité du pays à absorber les compétences formées. Un dispositif d’employabilité peut améliorer l’appariement, réduire les erreurs d’orientation, et augmenter la valeur du capital humain. Mais si l’économie formelle n’offre pas assez d’emplois, le programme risque de produire un paradoxe. Il peut former mieux, et accélérer en même temps le départ des diplômés, car ils deviennent plus employables ailleurs.

C’est ici que la lecture doit rester sévère mais juste. Miser sur l’employabilité et le numérique est rationnel. Les compétences numériques traversent tous les secteurs. Elles améliorent la productivité. Elles facilitent aussi le travail à distance, ce qui peut être un atout si les infrastructures suivent. Mais elles ne remplacent pas la réforme du cadre économique. Sans stabilité et sans investissement, le pays forme des talents et les exporte. Le programme peut néanmoins jouer un rôle utile, en rendant ces talents plus capables de créer de la valeur sur place, y compris via des missions à distance, des services exportables et des projets entrepreneuriaux.

Une sélection compétitive: le signal positif, et la discipline attendue

Le texte insiste sur le processus de sélection compétitif à l’échelle régionale. C’est un point important, car il suggère que l’attribution n’est pas automatique. Dans un environnement où les programmes peuvent être perçus comme des guichets, la compétition est un garde-fou. Elle oblige les universités à structurer des dossiers, à proposer des dispositifs, et à se soumettre à un cadre de redevabilité.

La contrepartie est simple. Une sélection compétitive appelle des critères de suivi. Ce programme, tel qu’il est décrit, vise des publics identifiés et des centres universitaires. La logique économique impose donc des questions très concrètes. Combien de bénéficiaires par campus, sur quelle durée, et avec quels modules. Combien de formations certifiantes, et combien d’accompagnements individuels. Combien de placements en stage, combien de premiers emplois, combien de projets incubés. Le texte ne fournit pas ces chiffres d’exécution, ce qui est normal à ce stade, mais il donne les paramètres structurants. Cinq universités au Liban, vingt-quatre au total dans cinq pays, avec une mission axée sur employabilité, entrepreneuriat et compétences numériques, et une cible qui inclut aussi des groupes vulnérables. 

Dans un pays où les annonces sont nombreuses, le meilleur service à rendre à cette initiative est d’attendre des résultats mesurables. Le programme est bien orienté. Sa réussite dépendra de sa capacité à passer de l’intention à l’industrialisation, campus par campus, avec des parcours, des volumes, et des sorties vers l’emploi ou l’activité.

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