Déplacement de Morgan Ortagus à Beyrouth
La visite prochaine de Morgan Ortagus, envoyée spéciale adjointe des États-Unis pour le Moyen-Orient, au Liban est prévue pour la semaine prochaine. Cette annonce intervient alors que les tensions régionales et les défis internes du pays restent au cœur des préoccupations internationales. Selon des informations diffusées dans la nuit, l’objectif principal de ce déplacement sera de discuter de « la nécessité de désarmer totalement le Hezbollah », un sujet sensible dans le contexte politique libanais.
Au cours de cette visite, Ortagus devrait proposer une équation claire : « la reconstruction en échange du désarmement ». Cette formule vise à lier l’aide à la reconstruction du Liban, ravagé par des années de crise économique et de conflits, à une démilitarisation complète du Hezbollah, groupe influent tant sur le plan militaire que politique. Cette proposition reflète une volonté américaine de transformer la dynamique sécuritaire dans la région tout en répondant aux besoins urgents du pays.
Contact préalable avec le Premier ministre
Des sources diplomatiques ont révélé mercredi qu’un appel téléphonique a eu lieu entre Morgan Ortagus et le Premier ministre libanais, Nawaf Salam. Cet échange, bien que ses détails n’aient pas été rendus publics, laisse présager une préparation minutieuse de cette visite. Il témoigne également de l’intention des États-Unis de travailler directement avec les autorités libanaises pour faire avancer leur agenda, dans un contexte où le gouvernement de Salam, formé en février 2025, cherche à stabiliser le pays et à répondre aux attentes des partenaires internationaux.
Le Hezbollah, affaibli par son conflit avec Israël en 2024 mais toujours actif politiquement, reste un acteur central au Liban. Cette initiative américaine pourrait rencontrer une forte résistance, notamment de la part des alliés du groupe, qui conservent une influence significative au sein du Parlement et des institutions.
Contexte régional et enjeux
Cette visite s’inscrit dans un climat régional tendu, marqué par des efforts pour sécuriser la frontière libano-syrienne et gérer les répercussions des récentes violences en Syrie. Le Liban, qui a accueilli plus de 21 000 réfugiés syriens ce mois-ci fuyant les massacres sur la côte alaouite, fait face à une pression humanitaire accrue. Par ailleurs, les relations entre le Liban et Israël, bien que stabilisées par un cessez-le-feu en novembre 2024, restent fragiles, avec des points de friction persistants le long de la frontière sud.
La proposition de reconstruction en échange du désarmement intervient alors que le Liban a désespérément besoin de fonds pour rebâtir ses infrastructures dévastées, notamment dans le sud et la banlieue sud de Beyrouth, zones lourdement touchées par les frappes israéliennes. Cependant, l’idée de désarmer le Hezbollah risque de raviver les divisions internes, dans un pays où l’équilibre confessionnel et politique est précaire.



