dimanche, février 22, 2026

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« Abu Omar »: une escroquerie qui a exposé la classe politique et le système bancaire

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Une identité fabriquée et une influence vendue comme un service

Un homme a construit sa crédibilité en se présentant comme un « prince saoudien ». Il utilisait le nom de « Abu Omar ». Il promettait une influence directe sur des décisions du royaume. Il promettait aussi des nominations et des protections. L’affaire a pris une ampleur nationale parce qu’elle a touché des responsables politiques et des circuits institutionnels.

L’enquête situe les débuts de l’opération autour de 2018. L’éclatement public de l’affaire est décrit comme plus récent, avec une mise en lumière au début du mois d’octobre précédent. La séquence est présentée comme l’une des arnaques politico-financières les plus graves de la période récente.

Un élément ressort dans les récits rapportés. L’escroquerie ne reposait pas seulement sur une usurpation. Elle reposait sur une mise en relation. Elle reposait aussi sur un « courtage » d’influence. Des promesses étaient monnayées. Des accès supposés étaient vendus.

Le rôle de l’intermédiaire et la fabrication d’une crédibilité

Un intermédiaire est décrit comme central. Il est présenté comme un ancien responsable dans un service de communication de Dar al-Fatwa. Il aurait promu la figure de « Abu Omar » et vendu sa capacité d’influence en échange d’avantages matériels.

Des éléments expliquent aussi la logique de casting. L’homme choisi pour jouer le rôle était décrit comme originaire d’une région du Nord, proche de la frontière. Il aurait pu rendre la fiction crédible dans des échanges téléphoniques.

Dar al-Fatwa est présentée comme ayant pris ses distances. Une position publique insiste sur le fait que le dossier relève de la justice. Elle affirme une absence d’intervention dans l’affaire. 

Arrestation et passage du dossier vers l’appareil judiciaire

La Direction des renseignements de l’armée a mené les investigations initiales. Elle a procédé à des arrestations. Elle a ensuite transmis le dossier, avec les personnes détenues, au juge compétent, sur instruction du parquet compétent.

L’arrestation de l’homme présenté comme l’« émir fictif » est attribuée à cette chaîne sécuritaire. Des informations évoquent aussi l’existence d’aveux enregistrés dans le cadre du dossier.

L’enquête est décrite comme ne visant pas seulement l’auteur principal. Plusieurs personnes sont mentionnées comme détenues dans le même dossier. Cette dimension suggère un réseau de facilitation, de relais et de validation.

Une intrusion dans un moment politique clé

L’un des aspects les plus sensibles porte sur des récits liés à la nomination du chef du gouvernement. Des députés ont décrit un épisode survenu pendant une réunion d’un bloc parlementaire, avant les consultations. Un appel attribué à « Abu Omar » aurait influencé une orientation collective.

Dans ce récit, le message transmis demandait de ne pas soutenir Najib Mikati. Le message était présenté comme venant d’une autorité saoudienne. Après cet appel, l’orientation du bloc aurait basculé vers un soutien à Nawaf Salam.

Ce point a déclenché une crise de crédibilité, parce qu’il laisse entendre qu’un argument d’autorité, au téléphone, a pu peser sur un choix souverain. Il a aussi alimenté des tensions internes, avec des retraits et des désaccords au sein du bloc concerné.

Auditions: députés entendus et témoins convoqués

Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, est cité comme menant l’enquête et auditionnant des témoins.

Il est indiqué qu’il a entendu le député Ahmad Al-Khair et le député Saji Atiyeh. Il est aussi indiqué que Sarhan Barakat, présenté comme candidat, a été entendu comme témoin.

Dans la déclaration rapportée, Ahmad Al-Khair dit avoir livré son témoignage sur ce qui s’est produit dans la réunion du bloc, avant les consultations. L’enquête est décrite comme cherchant à reconstituer précisément la séquence, plutôt qu’à s’arrêter au seul mécanisme d’usurpation.

Il est aussi indiqué que le dossier pourrait être finalisé rapidement, puis transmis au juge d’instruction compétent via le parquet compétent.

Une scène de rupture et une plainte pour agression

Une plainte pour agression est mentionnée dans le cadre des retombées directes de l’affaire. L’avocate Zahraa Saab, présentée comme représentante légale de « Abu Omar », aurait déposé une plainte contre Ahmad Haddara.

Le contexte rapporté est celui de la découverte de la « personnalité fictive ». La scène illustre la violence des ruptures lorsque la fiction s’effondre. Elle ajoute aussi un volet pénal distinct, qui complexifie la lecture des rôles dans la phase finale.

Le volet bancaire: un contraste qui nourrit la critique

Un épisode implique directement le secteur bancaire. Un appel attribué à « Abu Omar » au président de l’Association des banques est rapporté. L’appel aurait inclus une demande de libération de fonds saisis et d’autres dépôts, présentés comme destinés à des aides humanitaires, au profit d’une association liée à l’épouse de l’intermédiaire central.

Ce passage est devenu central dans les critiques. Il met en scène un contraste brutal. D’un côté, des déposants ordinaires restent privés d’accès à leur argent depuis des années. De l’autre, une intervention attribuée à une personnalité fictive aurait suffi à déclencher une démarche favorable sur des fonds ciblés. Ce contraste alimente l’idée d’un double standard et d’une sensibilité excessive aux pressions d’influence.

L’épisode pèse aussi sur la crédibilité du discours bancaire actuel, qui exige des lois chiffrées et des procédures strictes. Dans cette affaire, la critique porte sur la facilité d’accès et sur la capacité d’un réseau à contourner, au moins partiellement, les rigidités imposées au public.

Des soupçons d’instrumentalisation, sans preuve publique tranchée

Au-delà de l’escroquerie, des analyses évoquent l’hypothèse d’une instrumentalisation par un service de renseignement, interne ou externe. L’argument avancé repose sur le niveau d’information, la capacité à cibler des interlocuteurs précis, et la durée du dispositif.

D’autres éléments rapportés insistent au contraire sur l’absence de lien avec des canaux officiels saoudiens. Ils décrivent un détournement des perceptions et une exploitation de la crédulité politique, plutôt qu’une action assumée par un État.

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Newsdesk Libnanews
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