Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé aujourd’hui que le Liban traverse une phase critique où des opportunités significatives doivent être exploitées sans tarder. Lors d’une rencontre avec une délégation du Conseil islamique chiite suprême, il a mis l’accent sur la nécessité de dépasser les divisions et de se concentrer sur la reconstruction, la souveraineté nationale et l’établissement d’un État juste pour tous.
Un appel à l’unité et à la responsabilité nationale
« Nous avons aujourd’hui d’immenses opportunités qu’il faut saisir ensemble sans perdre de temps », a déclaré Joseph Aoun, soulignant que rien ne doit entraver la formation rapide d’un gouvernement. Il a insisté sur l’importance d’envoyer des messages positifs à l’international, démontrant que le Liban est capable de se gouverner lui-même, de reconstruire avec transparence et de bâtir un État auquel aspirent tous ses citoyens.
Le président a rappelé que toute atteinte à une partie du Liban constitue une atteinte au pays tout entier. Évoquant l’occupation israélienne dans le sud, il a affirmé que « la pression doit se poursuivre pour un retrait israélien complet et pour le déploiement de l’armée libanaise dans cette région ». Selon lui, la responsabilité de défendre le Liban incombe à l’État dans son ensemble et à tous les citoyens, et non à une seule faction.
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Un partenariat avec le Conseil islamique chiite suprême
La délégation, dirigée par le vice-président du Conseil islamique chiite suprême, le cheikh Ali Khatib, a exprimé son soutien au président Aoun, mettant en avant l’importance de l’unité nationale et de la souveraineté de l’État. Le cheikh Khatib a déclaré : « Ce dont le Liban a besoin, c’est d’une vraie reconstruction de l’État, d’une fin du clientélisme, et d’un renforcement de la souveraineté. Nous espérons que votre présidence sera le point de départ d’une nouvelle ère. »
Le Conseil islamique chiite suprême a également réaffirmé son adhésion aux principes de justice et d’équité prônés par l’imam Moussa Sadr. Le cheikh Khatib a rappelé que « la question du désarmement doit être résolue dans le cadre d’un État fort et souverain, capable de protéger son peuple sans dépendre d’acteurs extérieurs ».
Les armes ne sont pas sacrées
Le cheikh Khatib a explicitement affirmé que, pour le Conseil islamique chiite suprême, les armes ne sont pas un dogme sacré. Ce qui est sacré, selon lui, c’est l’unité nationale, la stabilité et la sécurité du pays.
« Les armes ne sont pas sacrées pour nous. Ce qui l’est, c’est l’unité du pays, la dignité du peuple et sa sécurité. »
Cette déclaration, bien que modérée, laisse entendre que les armes peuvent être abandonnées si elles ne sont plus nécessaires pour garantir ces objectifs fondamentaux.
Des défis communs et une solidarité nécessaire
Dans sa réponse, le président Aoun a souligné que « le Liban est un tout : si une communauté est brisée, c’est tout le pays qui en souffre. » Il a rappelé que le Liban ne peut progresser que par la coopération entre ses différentes composantes, ajoutant que « l’État est le garant de tous les citoyens, et non d’un groupe ou d’une faction. »
Il a également insisté sur la nécessité de ne pas envoyer de messages négatifs à l’étranger, car de nombreux pays et institutions se disent prêts à aider le Liban une fois que le gouvernement sera formé et opérationnel.
Engagement envers la reconstruction et la justice
Joseph Aoun a fait de la reconstruction une priorité immédiate de son mandat, citant notamment la nécessité de réhabiliter les régions dévastées par les conflits et les crises économiques. « La reconstruction n’est pas un choix, mais une obligation », a-t-il affirmé, insistant sur la transparence et l’efficacité comme piliers de ce processus.
Il a également rappelé que la justice pour les victimes de l’explosion du port de Beyrouth reste un engagement incontournable, tout comme la restitution des fonds perdus par les déposants à cause de la crise bancaire.



