Le gouvernement libanais a validé le lancement de deux nouvelles centrales électriques alimentées au gaz naturel, chacune d’une capacité de 800 mégawatts. Le coût total du projet est estimé à 1,6 milliard USD, soit environ 5 % du PIB national de 2025. L’annonce s’inscrit dans le cadre du programme de réformes du Ministère de l’Énergie et de l’Eau (MoEW), appuyé par la Banque mondiale.
Données de production et de consommation
La capacité nationale actuelle atteint 1 200 MW, pour une demande moyenne de 3 500 MW. Le déficit structurel s’élève ainsi à 2 300 MW. Les pertes techniques et non techniques atteignent 40 % du volume produit, selon les chiffres du ministère. Le taux de recouvrement des factures par Electricité du Liban (EDL) reste à 60 %, en dessous des seuils de viabilité économique pour un opérateur public.
Financement et mécanisme de mise en œuvre
Le projet repose sur un modèle Build-Operate-Transfer (BOT), impliquant un financement privé avec un transfert des actifs à l’État après une période d’exploitation. La Banque mondiale intervient dans la supervision du processus d’appels d’offres. Le ministère a annoncé avoir lancé les premières étapes administratives, sans précision sur le calendrier des travaux.
Tableau – Données clés du secteur énergétique libanais en 2025
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Capacité de production nationale | 1 200 MW |
| Demande nationale estimée | 3 500 MW |
| Déficit de production | 2 300 MW |
| Taux de recouvrement des créances (EDL) | 60 % |
| Pertes réseau totales (techniques et commerciales) | 40 % |
| Coût estimé par centrale | 800 millions USD |
| Dette publique / PIB | 180 % |
| Prix moyen de l’électricité (ménages) | 0,27 USD/kWh |
Contexte budgétaire et risque financier
La dette publique libanaise représente 180 % du PIB. Le déficit budgétaire dépasse les 10 % du PIB. Le financement de nouveaux projets d’infrastructure repose principalement sur des mécanismes de partenariat public-privé. La dernière tentative comparable, celle de la centrale de Deir Ammar II, n’a pas été finalisée à ce jour.
Gouvernance institutionnelle
La loi 462/2002 prévoyant la création d’une Autorité de régulation indépendante du secteur de l’électricité n’est toujours pas appliquée. Le ministère a confirmé avoir reçu 341 candidatures pour constituer cet organe, mais aucun membre n’a encore été nommé. Les pertes non techniques, principalement dues à la fraude et aux raccordements illégaux, représentent 30 % des pertes totales du réseau.
Encadrement international
La Banque mondiale a renforcé ses exigences concernant la transparence des processus d’appel d’offres et la viabilité des projets. Elle conditionne son appui à la mise en œuvre d’une tarification au coût économique et à l’amélioration du taux de recouvrement. Aucun calendrier de décaissement des fonds n’a été communiqué.
Éléments de suivi et indicateurs macroéconomiques associés
Les ratios d’investissement public dans les infrastructures restent parmi les plus bas de la région MENA, à moins de 1,5 % du PIB. Le coût moyen de production par kilowattheure dépasse celui des pays voisins, en raison de la vétusté des installations et de la dépendance au fuel lourd.
Données institutionnelles
Ministère de l’Énergie et de l’Eau (MoEW)
- Institution gouvernementale responsable de la gestion de l’énergie et de l’eau.
- Budget annuel : environ 700 millions USD (2024).
- Nombre d’employés : environ 3 500 agents.
Banque mondiale (World Bank)
- Institution financière internationale créée en 1944.
- 189 pays membres.
- Capital souscrit : 283 milliards USD (2024).
- Objectif principal : financement du développement économique et des infrastructures.



