Selon Al Quds (26 août 2025), le président syrien a exprimé le souhait d’ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre Damas et Beyrouth. Son discours marque une inflexion notable : il propose un dialogue d’État à État, excluant tout rôle de relais intermédiaire tel que le Hezbollah. Cette volonté d’institutionnalisation des échanges vise à dissiper les tensions accumulées au fil des années et à repositionner la Syrie comme un partenaire diplomatique plutôt que comme un acteur contesté.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de recomposition régionale. La Syrie cherche à rompre avec son image d’allié systématique du Hezbollah pour apparaître comme un pôle de stabilité. Toujours selon Al Quds, la question des prisonniers, des réfugiés et des biens syriens au Liban serait au cœur de cette tentative de normalisation. Cette évolution intéresse particulièrement les pays du Golfe, à commencer par l’Arabie saoudite, qui voient dans cette ouverture un point d’appui pour stabiliser le Liban.
Le repositionnement de Damas se heurte toutefois à plusieurs obstacles. D’une part, une partie de la classe politique libanaise reste méfiante vis-à-vis des intentions syriennes. D’autre part, les États-Unis continuent de considérer la Syrie comme un acteur à surveiller, ce qui limite les marges de manœuvre diplomatiques. Néanmoins, cette inflexion syrienne constitue un signal politique fort à l’adresse de la communauté internationale, dans un moment où le Liban apparaît isolé.



