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Dans la presse: Pourquoi la résistance de la classe politique et des banques face aux réformes nécessaires et prônées par le FMI

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La crise économique profonde que traverse le Liban met en lumière l’urgence des réformes structurelles. Cependant, les résistances de la classe politique et des institutions bancaires face aux conditions imposées par le Fonds monétaire international (FMI) bloquent toute perspective de redressement. Cette inertie, alimentée par des intérêts politiques et économiques, aggrave une situation déjà critique.

Les réformes exigées par le FMI

Depuis 2020, le FMI propose au Liban un programme de sauvetage conditionné à des réformes structurelles. Selon Al Joumhouria (13 décembre 2024), ces réformes incluent la restructuration du secteur bancaire, la mise en place d’une fiscalité plus équitable, la réduction des subventions inefficaces et la lutte contre la corruption. Le FMI insiste également sur la nécessité de rétablir la transparence dans la gestion des finances publiques et d’auditer la Banque centrale du Liban.

Ces mesures sont perçues comme indispensables pour rétablir la confiance des investisseurs étrangers et permettre une reprise économique durable. Cependant, leur mise en œuvre se heurte à de fortes résistances au sein des élites politiques et bancaires.

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Une classe politique fragmentée et réfractaire

La classe politique libanaise, marquée par des décennies de clientélisme et de corruption, apparaît incapable de surmonter ses divisions pour adopter les réformes nécessaires. Selon Al Binaa (13 décembre 2024), de nombreux responsables politiques craignent que les réformes n’affaiblissent leurs bases de pouvoir en remettant en cause des pratiques qui leur profitent directement, telles que les réseaux d’influence et les monopoles économiques.

Par ailleurs, El Sharq souligne que la fragmentation confessionnelle du système politique libanais complique davantage la prise de décision. Chaque faction cherche à protéger ses propres intérêts, ce qui bloque tout consensus sur des réformes qui nécessiteraient des sacrifices partagés. Cette inertie politique sape non seulement la crédibilité du gouvernement, mais également la confiance de la population.

Un secteur bancaire au cœur de la crise

Le système bancaire libanais, autrefois pilier de l’économie, est aujourd’hui au bord de l’effondrement. Selon Al Joumhouria, la restructuration des banques, exigée par le FMI, implique des pertes considérables pour les actionnaires et les grands déposants, qui incluent de nombreux membres de l’élite politique. Cette situation explique en partie la résistance farouche des banques face à toute réforme susceptible de réduire leurs privilèges.

El Sharq rapporte que les restrictions imposées par les banques sur les retraits et les transferts de fonds, combinées à une absence de transparence, ont aggravé la méfiance des citoyens envers le secteur financier. Pourtant, aucune mesure concrète n’a été adoptée pour rétablir la solvabilité des banques ou indemniser les petits déposants, victimes des politiques irresponsables de ces institutions.

Le rôle de la Banque centrale

La Banque centrale du Liban (BDL) est également pointée du doigt pour sa gestion controversée de la crise. Selon Al Binaa, le refus de la BDL de fournir un audit transparent de ses comptes, exigé par le FMI, illustre les résistances institutionnelles face aux appels à la réforme. L’ancien gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, fait l’objet d’accusations de mauvaise gestion et de détournement de fonds, mais les enquêtes peinent à avancer en raison des ingérences politiques.

L’impact des blocages sur la population

La paralysie des réformes a des conséquences dramatiques pour les citoyens libanais. Selon Al Joumhouria, l’hyperinflation, la dévaluation continue de la livre libanaise et la hausse des prix des produits de première nécessité plongent une grande partie de la population dans la pauvreté. Les infrastructures publiques, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation, sont à l’agonie, tandis que les services de base, comme l’électricité, restent hors de portée pour une grande partie de la population.

En outre, El Sharq souligne que l’absence de réformes prive le Liban d’un accès aux financements internationaux indispensables pour relancer l’économie. Les donateurs étrangers, y compris la Banque mondiale et l’Union européenne, conditionnent leur aide à des progrès concrets sur le plan des réformes, ce qui laisse le pays dans une impasse économique et sociale.

Les alternatives proposées par la société civile

Face à l’inertie des élites, la société civile libanaise propose des solutions pour surmonter la crise. Selon Al Binaa, des experts indépendants et des organisations non gouvernementales plaident pour une approche inclusive et transparente des réformes, mettant l’accent sur la responsabilité des dirigeants et la participation des citoyens dans le processus décisionnel.

Ces initiatives incluent des propositions pour réformer le système judiciaire, renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption et garantir une meilleure gestion des ressources publiques. Cependant, leur mise en œuvre nécessite une volonté politique qui fait cruellement défaut.

Une impasse aux implications internationales

L’échec du Liban à adopter les réformes prônées par le FMI a également des implications internationales. Selon El Sharq, les États-Unis, l’Union européenne et les pays du Golfe considèrent l’instabilité économique du Liban comme une menace pour la sécurité régionale. Ces acteurs externes intensifient leurs pressions sur les dirigeants libanais pour qu’ils adoptent les mesures nécessaires, mais leurs efforts se heurtent aux mêmes blocages internes.

Par ailleurs, Al Joumhouria souligne que l’absence de réformes alimente la méfiance des investisseurs étrangers, qui hésitent à engager des capitaux dans un pays où la gouvernance est perçue comme dysfonctionnelle.

Le Liban reste pris dans une spirale de crises aggravée par la résistance des élites face aux réformes indispensables. Tant que les intérêts politiques et économiques priment sur l’intérêt général, la population continuera de subir les conséquences de cette paralysie. Les efforts internationaux, bien qu’essentiels, ne suffiront pas sans un véritable sursaut de la classe dirigeante.

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Newsdesk Libnanews
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