vendredi, janvier 16, 2026

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Deux civils tués dans des frappes aériennes israéliennes au sud du Liban ce 16 janvier

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Ce vendredi 16 janvier 2026, le sud du Liban a de nouveau été le théâtre d’opérations militaires israéliennes, avec des raids aériens ayant causé la mort de deux citoyens libanais et fait au moins un blessé. Ces incidents s’inscrivent dans une série de violations répétées de la souveraineté libanaise, alors que des drones israéliens ont par ailleurs été signalés à basse altitude au-dessus de Beyrouth et de plusieurs localités méridionales.

Les frappes mortelles dans le sud

Selon un communiqué du centre des opérations d’urgence relevant du ministère de la Santé publique libanaise, un raid israélien mené ce matin sur un camion dans la localité d’Al-Mansouri, dans le caza de Tyr, a entraîné la mort d’un citoyen libanais. Une seconde frappe, intervenue dans la nuit précédente sur une voiture dans le village de Meifdoun, dans le caza de Nabatiyeh, a également coûté la vie à un autre civil.

Dans la matinée, une ambulance affiliée à la Risala islamique scout a évacué un blessé grave vers l’un des hôpitaux de la ville de Tyr, après qu’une frappe a visé une camionnette pick-up dans le secteur d’Al-Mansouri. Les secouristes ont décrit une scène de destruction importante autour du véhicule ciblé, avec des débris projetés sur plusieurs dizaines de mètres.

Ces deux localités, situées à une trentaine de kilomètres de la ligne bleue séparant le Liban d’Israël, sont des villages à majorité chiite où la population civile vit depuis des mois sous la menace permanente d’opérations aériennes. Al-Mansouri, proche de la côte méditerranéenne, abrite plusieurs milliers d’habitants qui dépendent largement de l’agriculture et de la pêche. Meifdoun, plus à l’intérieur des terres, se trouve dans une zone vallonnée souvent survolée par des appareils israéliens.

Survols à basse altitude au-dessus de la capitale et de sa banlieue

Dès les premières heures de la matinée, des témoins ont signalé la présence d’un drone israélien évoluant à très basse altitude au-dessus de Beyrouth et de la banlieue sud. Ce survol, qui a duré plusieurs minutes, a été perçu comme une démonstration de force dans une zone densément peuplée et éloignée de la frontière.

Ce type d’incursion aérienne constitue une violation explicite de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en août 2006, qui interdit tout survol du territoire libanais par des appareils militaires israéliens. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu de novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, ces survols se sont multipliés, suscitant régulièrement des protestations officielles libanaises auprès de la Finul et du Conseil de sécurité.

Activités aériennes intensives dans le secteur de Zahrani

En début d’après-midi, des drones israéliens ont été observés volant à basse altitude au-dessus des villages de Bissariya, Marwaniya et des localités avoisinantes, dans le secteur de Zahrani. Ces survols prolongés ont provoqué un sentiment d’insécurité parmi les habitants, déjà éprouvés par les évacuations partielles de l’automne 2024.

Les riverains ont rapporté un bruit incessant des moteurs, parfois accompagné de manœuvres brusques. Ces mouvements aériens s’ajoutent aux nombreuses incursions enregistrées ces dernières semaines dans cette région côtière, située entre Saïda et Tyr.

Largage d’une bombe sonique sur la frontière est

Vers 11 h 39, un drone israélien a largué une bombe sonique au-dessus du village d’Adissa, dans le secteur frontalier est. Ce type de munition, qui produit une détonation supersonique sans causer de dégâts matériels directs, est souvent utilisé pour intimider les populations et signaler une présence militaire.

Adissa, village maronite et sunnite situé dans la région du Arqoub, fait partie des localités les plus exposées aux incidents frontaliers. Le largage a été ressenti jusqu’aux villages voisins, provoquant panique et rassemblements spontanés de habitants inquiets.

Le cadre persistant des tensions post-cessez-le-feu

Ces événements du 16 janvier s’inscrivent dans un contexte de violations quasi quotidiennes du cessez-le-feu conclu en novembre 2024 sous mediation américaine et française. L’accord prévoyait un retrait progressif des forces israéliennes au sud du Litani, un désarmement des groupes armés non étatiques dans cette zone et un renforcement du déploiement de l’armée libanaise avec l’appui de la Finul.

Cependant, les deux parties s’accusent mutuellement de non-respect des engagements. L’armée israélienne affirme que ses opérations visent des infrastructures militaires du Hezbollah et répondent à des tentatives de réarmement ou de reconstitution de positions au sud du Litani. De son côté, le gouvernement libanais, par la voix de ses institutions, dénonce des agressions unilatérales contre des civils et des violations systématiques de la souveraineté nationale.

La résolution 1701 et ses exigences non pleinement réalisées

Adoptée à l’issue de la guerre de l’été 2006, la résolution 1701 demeure le cadre juridique de référence pour la stabilité frontalière. Elle exige notamment la cessation des hostilités, le respect de la ligne bleue, l’interdiction des survols israéliens et le monopole de la force légitime par l’État libanais au sud du Litani.

Près de vingt ans après son adoption, de nombreux points restent en suspens. La Finul, forte d’environ 10 500 casques bleus, continue de patrouiller dans une zone où les incidents sont fréquents. Ces dernières semaines, plusieurs communiqués de la force onusienne ont dénoncé des tirs à proximité de ses positions, des largages de munitions non létales près de patrouilles et des entraves à sa liberté de mouvement.

Poursuite des survols et activités observées en fin de journée

En milieu d’après-midi, les survols de drones à basse altitude se sont poursuivis dans plusieurs secteurs du sud, notamment autour de Zahrani et des villages frontaliers. Ces mouvements, combinés aux incidents de la matinée, illustrent la persistance d’une présence aérienne israélienne intense au-dessus du territoire libanais, malgré les appels répétés de la communauté internationale au respect strict du cessez-le-feu et de la résolution 1701.

Les autorités locales dans les cazas de Tyr et de Nabatiyeh ont renforcé les coordinations avec les unités de l’armée libanaise déployées dans la zone, tandis que les patrouilles de la Finul ont accru leur visibilité sur les axes principaux pour tenter de limiter les risques d’escalade.

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Newsdesk Libnanews
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