dimanche, février 22, 2026

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Édito : Le Lexique d’une Drôle de Guerre israélienne au Liban

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Ah, la terminologie israélienne en temps de guerre, ou plutôt, pardon, en temps de « frappes chirurgicales » ! C’est fascinant de voir comment chaque mot, chaque expression est soigneusement choisie pour justifier l’injustifiable aux yeux du monde, et particulièrement de l’Occident, toujours prêt à applaudir la sémantique avant de condamner les faits.

Prenons par exemple cette manie qu’ont les communiqués israéliens de transformer chaque maison bombardée en un poste de commandement du Hezbollah, comme cette clinique médicale qui vient d’être détruite. Peu importe que la maison en question soit celle d’une famille de civils, et que les victimes soient des femmes ou des enfants. Dans cette guerre qui n’en porte pas le nom, chaque être humain devient, par la magie des mots, un « commandant » de l’ennemi. En fait, tous les combattants du Hezbollah, dans cette logique, sont des commandants. On est un peu dans l’univers de Tintin où tous les soldats sont des généraux. Chaque villageois, chaque secouriste, devient soudainement un officier de haut rang, chargé de diriger une opération imaginaire.

D’ailleurs, vous l’aurez remarqué, il n’y a jamais de bombardements israéliens : il n’y a que des « frappes chirurgicales ». L’idée, bien sûr, est d’évoquer une précision quasi divine. Evidemment, c’est le peuple élu … Des frappes si précises qu’elles n’ont que faire des innocents pris dans la tempête. Et si ces « chirurgies » s’accompagnent de bombes de 2 000 kilos, tant pis pour le bistouri trop large.

Et puis, bien sûr, le nettoyage ethnique n’existe pas. Non, non. Ce n’est qu’un « nettoyage » tout court. On détruit des villages entiers, certes, mais attention : ce ne sont pas des villages, mais des bastions du Hezbollah. Ainsi, dans le lexique bien huilé de cette guerre, chaque lieu rasé, chaque communauté éradiquée est simplement un point stratégique neutralisé. Et voilà que tout passe mieux. L’Occident, si prompt à s’indigner, devient soudainement compréhensif : « Après tout, il s’agissait d’une opération de sécurité, non ? »

Ne parlons même pas des « zones interdites » : de larges pans du territoire libanais sont ainsi déclarés « interdits », non pas à cause de la guerre, puisqu’il paraît que ce n’en est pas une, mais pour des raisons de « sécurité ». Ce qui n’empêche pas de tirer sur tout ce qui bouge, y compris les secouristes, d’ailleurs. Mais pas d’inquiétude, on expliquera que c’était pour prévenir une menace. Après tout, ils devaient probablement transporter des commandants du Hezbollah, non ?

Enfin, le comble de l’ironie réside dans l’affirmation que, selon Israël, nous ne sommes pas en guerre. On dresse des drapeaux sur le territoire libanais ? Ce n’est pas une conquête, mais une simple « sécurisation des zones ». On tire sur des postes de l’armée libanaise ou de la FINUL ? Ce ne sont que des « frappes préventives » contre des forces hostiles. Au fait, pourquoi même commentez? Pendant ce temps, les Occidentaux ne sont même pas invités à évacuer : « L’aéroport fonctionne toujours ! Tout va bien, circulez, il n’y a rien à voir ! »

On est dans une guerre qui refuse de dire son nom, où les mots sont soigneusement choisis pour masquer les faits, où la destruction est habillée de termes techniques, et où chaque violation du droit international est une simple mesure de « sécurité ». Les bombardements massifs sont devenus des actes chirurgicaux, les villages détruits, de simples cibles militaires, et les civils tués, des combattants potentiels. Et voilà comment, à coups de lexique, on parvient à faire avaler l’inacceptable.

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Newsdesk Libnanews
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