Au cœur du tumulte actuel, il est clair que Benjamin Netanyahou joue son va-tout. La guerre contre le Liban, ses menaces répétées contre l’Iran, et son insistance à poursuivre un conflit qui s’éternise sont autant de signes d’une détermination qui semble tenir davantage de la survie politique que d’une stratégie à long terme. Plusieurs acteurs majeurs dénoncent justement l’absence de cohérence politique et surtout l’absence de perspective de règlement politique du conflit. Il n’existe pour Israël aucun plan post-conflit ni Gaza, ni au Liban, ni dans la région.
En Israël, le soutien à Netanyahou s’effrite. Seulement 32% de la population lui accorde encore sa confiance, et cela malgré l’assassinat de Hassan Nasrallah, figure de proue du Hezbollah, que beaucoup considéraient comme un élément clé dans le conflit. Cette réalité révèle une chose: les Israéliens, malgré les discours guerriers, montrent des signes clairs de lassitude face à une guerre dont les objectifs paraissent de plus en plus flous.
Il convient de noter que parmi les derniers soutiens de Netanyahou, on trouve essentiellement les ultra-orthodoxes extrémistes, qui continuent de défendre son approche inflexible. Toutefois, même au sein de son propre parti, des fractures commencent à apparaître. Ces fissures témoignent d’un malaise croissant à l’égard d’une stratégie perçue comme coûteuse, tant sur le plan humain qu’économique, et d’un leadership qui semble de plus en plus déconnecté des préoccupations quotidiennes de la majorité des Israéliens. À cela s’ajoute une nouvelle crise interne: 130 officiers de l’armée israélienne ont publiquement refusé de servir sans une stratégie claire pour parvenir à la libération des otages capturés. Cette mutinerie révèle non seulement un manque de confiance dans le leadership militaire de Netanyahou, mais aussi la perception qu’il refuse de se concentrer sur la libération des otages afin de maintenir un contexte conflictuel prolongé.
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En effet, Netanyahou semble instrumentaliser la guerre pour rester au pouvoir. La libération des otages mettrait fin à l’un des leviers de crise qu’il utilise pour justifier l’escalade du conflit. Son objectif ultime semble être l’accomplissement de la dernière tâche de sa carrière: une attaque contre l’Iran, une promesse implicite qu’il nourrit depuis des années, mais qui reste politiquement risquée sans un climat de guerre prolongée. Cela expliquerait pourquoi Netanyahou retarde toute initiative sérieuse pour résoudre la crise des otages, préférant un état de guerre permanent qui pourrait justifier une attaque à plus grande échelle.
Du côté médiatique, Israël impose une censure militaire stricte. Officiellement, les pertes israéliennes sont minimisées, publiées sous des chiffres soigneusement filtrés pour maintenir le moral de l’armée et de la population. Cependant, selon certaines sources médiatiques, les pertes réelles seraient beaucoup plus importantes que ce que les chiffres officiels laissent entendre. Cette divergence entre les rapports officiels et la réalité du terrain montre l’ampleur des sacrifices qui sont dissimulés au public, avec pour but de maintenir un semblant d’unité nationale et d’éviter l’effondrement moral. Pourtant, des fractures commencent à émerger, tant dans l’armée qu’au sein de la société israélienne, face à une guerre perçue comme interminable et sans stratégie claire.
Pendant ce temps, au Liban, l’unité nationale fait face à ses propres défis. Hier encore, des fausses informations ont circulé concernant la présence du Hezbollah dans des écoles accueillant des réfugiés, alimentant un climat de méfiance et de division. Ces rumeurs, qui se propagent sans que les médias ne soient tenus pour responsables, fragilisent le tissu social. Le manque de régulation des fausses informations devient un véritable poison pour la cohésion nationale. Netanyahou, lui, semble miser sur cette désunion en appelant les Libanais à s’entretuer dans une guerre civile, un pari qui révèle son incapacité à obtenir une victoire militaire décisive.
Au lieu de tirer les leçons des erreurs passées, certains acteurs libanais choisissent la voie de la fragmentation, au risque d’offrir au Liban une nouvelle déflagration interne. Alors que Netanyahou voit son avenir politique se jouer à travers cette guerre, le Liban ne peut se permettre d’ignorer la menace existentielle que représente l’effritement de son unité. Ce moment crucial exige une réponse collective, un sursaut de patriotisme et de solidarité, car la division n’est pas un luxe que le pays peut se permettre en cette période de tension extrême.



