Le Premier ministre libanais par intérim, Najib Mikati, a annoncé mercredi que « les efforts arabes et internationaux sont toujours en cours pour arrêter l’agression israélienne contre le Liban », tout en reconnaissant que l’« intransigeance israélienne » freine considérablement la réussite de ces démarches diplomatiques. Ces efforts visent à établir une pause dans le conflit, permettant des discussions sur des solutions politiques de long terme, notamment la mise en œuvre complète de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle à la cessation des hostilités et à la reconnaissance de la souveraineté du Liban sur l’ensemble de son territoire.
Cependant, Mikati a tenu à souligner que malgré les apparences, « les efforts diplomatiques ne se sont pas arrêtés »et que le Liban continue de recevoir des pressions de ses alliés arabes et internationaux en vue d’un cessez-le-feu temporaire. L’objectif de ces efforts est de permettre des négociations sur des étapes politiques cruciales, y compris la contrainte pour Israël d’adhérer pleinement à la résolution 1701.
Un cessez-le-feu en discussion, sans Israël pour l’instant
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Pendant ce temps, la chaîne israélienne Channel 12 a révélé que les États-Unis tentent de parvenir à une « pacification globale » dans la région. Cette initiative, qui n’a pas encore été officiellement annoncée, impliquerait des négociations avec des pays arabes et l’Iran sur un cessez-le-feu couvrant tous les fronts actifs, y compris l’escalade au Liban, les attaques menées par les Houthis depuis le Yémen, et les factions pro-iraniennes en Irak. Cependant, Israël n’est pas directement impliqué dans ces négociations pour le moment.
Les négociations en cours viseraient à réduire les tensions sur tous les fronts, mais il reste incertain si elles incluront la situation à Gaza. Selon les informations rapportées par Channel 12, « Israël n’a pas encore participé à ces pourparlers et n’a pas communiqué sa position aux États-Unis ».
Conditions israéliennes pour un cessez-le-feu
Les responsables israéliens, cités par la même source, ont déclaré qu’Israël est actuellement en « position de force » et que tout cessez-le-feu devra se faire selon ses propres termes. Parmi ces conditions figurent le retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani et le démantèlement de toutes les infrastructures militaires du Hezbollah dans les zones proches de la frontière israélienne.
Cette posture intervient alors qu’Israël se prépare à réagir à l’attaque de missiles lancée par l’Iran le 1er octobre. En parallèle, des rapports israéliens suggèrent que Yahya Sinwar, le chef du Hamas, a entamé des communications avec des pays médiateurs pour explorer la possibilité de relancer les négociations, après une longue période d’absence.
L’Iran intensifie ses efforts diplomatiques avec l’Arabie Saoudite
Dans le cadre de ces efforts diplomatiques, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, se rend en Arabie saoudite pour discuter des moyens de mettre fin aux attaques israéliennes sur Gaza et le Liban. Araghchi a déclaré que cette visite s’inscrivait dans la poursuite des « efforts diplomatiques, en coordination avec les pays de la région », visant à arrêter ce qu’il a qualifié de « génocide et agression du régime israélien ». Il a souligné la volonté de l’Iran d’alléger les souffrances des populations à Gaza et au Liban.
Ce déplacement intervient dans un contexte de rapprochement récent entre l’Iran, dominé par les chiites, et l’Arabie saoudite, à majorité sunnite, qui ont repris leurs relations diplomatiques en mars 2023 sous l’égide d’un accord médiatisé par la Chine, après sept ans de rupture.
L’Arabie saoudite, qui avait entamé des discussions avec Israël sous l’impulsion des États-Unis, a suspendu ces pourparlers à la suite de l’éclatement de la guerre à Gaza. Depuis, l’Iran a accusé Israël de génocide et de crimes de guerre à de multiples reprises.



