Les tensions à la frontière libano-israélienne persistent avec une série d’incidents rapportés au cours des dernières heures, marquant une nouvelle escalade dans un contexte de violations récurrentes du cessez-le-feu établi en novembre 2024. Parmi ces événements, un drone israélien a largué une bombe sonore sur le quartier de Hay al-Masarib, situé au sud de la localité d’Adaisseh, dans le district de Marjayoun. Cet incident, survenu aux alentours de midi, s’inscrit dans une séquence d’opérations militaires israéliennes qui incluent des explosions contrôlées, des raids aériens et des destructions de bâtiments dans plusieurs zones du sud du Liban. Ces actions soulèvent des questions sur le respect des accords internationaux et l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prévoit la démilitarisation de la zone au sud du fleuve Litani.
Les autorités libanaises, via l’Agence nationale d’information, ont détaillé ces opérations, indiquant que les forces israéliennes ont procédé à des incursions limitées et à des démolitions ciblées. Ces événements interviennent alors que le gouvernement libanais, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, poursuit ses efforts pour consolider le contrôle étatique dans le sud, conformément aux engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu. Le focus sur les faits les plus récents met en lumière la fragilité de la situation, avec des implications directes pour la population civile locale, contrainte de naviguer entre les risques sécuritaires et les contraintes quotidiennes imposées par ces opérations.
Les incidents nocturnes à Yaroun et Tebnine
Durant la nuit, les forces israéliennes ont exécuté plusieurs opérations dans le secteur de Yaroun, une localité du district de Bint Jbeil, proche de la ligne bleue qui délimite la frontière. Une explosion a été signalée sur les abords sud de la ville, suivie d’une incursion d’une unité militaire qui a procédé au minage d’une maison résidentielle avant de la faire sauter, entraînant sa destruction totale. Ces actions ont été menées à l’aube, aux environs de 6 heures 53 minutes, selon les rapports précis diffusés par les autorités libanaises. La maison visée, située en périphérie, a été réduite en ruines, illustrant la méthode employée par l’armée israélienne pour neutraliser ce qu’elle considère comme des infrastructures potentiellement liées à des activités militaires.
Parallèlement, un raid aérien a été conduit sur la zone de Tebnine, dans le district de Sidon, plus précisément en direction de Tafahita. Cet assaut, survenu aux alentours de 6 heures 49 minutes, a impliqué des appareils de combat ennemis qui ont largué des munitions sur des positions ciblées. Les détails indiquent que l’opération s’est déroulée sans préavis immédiat pour la population locale, augmentant les risques pour les civils résidant dans ces zones rurales. Tebnine, déjà touchée par des incidents précédents, voit ainsi ses infrastructures et son environnement économique perturbés, avec des impacts sur l’agriculture et les voies de communication essentielles pour les communautés locales.
Ces opérations nocturnes s’inscrivent dans une pattern observée depuis le début de l’année 2026, où les incursions israéliennes se multiplient malgré les engagements de retrait progressif prévus par l’accord de cessez-le-feu. L’armée libanaise, déployée dans le sud pour assurer le respect de la résolution 1701, a été alertée, mais les contraintes opérationnelles limitent sa capacité d’intervention immédiate face à ces violations. Les résidents de Yaroun et Tebnine rapportent une atmosphère de tension accrue, avec des mouvements de troupes et des survols de drones qui perturbent le quotidien.
L’explosion dans le Wadi al-Asafir
Un autre incident notable a eu lieu dans le Wadi al-Asafir, une vallée située dans le district de Marjayoun, où l’armée israélienne a procédé à la démolition d’une maison par explosion. Cette opération, menée à l’aube vers 11 heures 19 minutes, a visé une structure isolée dans cette zone montagneuse, souvent citée pour sa proximité stratégique avec la frontière. Les forces israéliennes ont utilisé des explosifs pour détruire complètement le bâtiment, une tactique récurrente observée dans plusieurs localités du sud libanais au cours des derniers mois.
Le Wadi al-Asafir, connu pour son terrain accidenté, facilite les mouvements discrets, ce qui en fait un point sensible dans le cadre des tensions frontalières. Cette destruction s’ajoute à une série de démolitions similaires, qui ont affecté des dizaines de structures depuis le début de l’année. Les autorités libanaises ont enregistré ces actes comme des violations flagrantes de la souveraineté nationale, soulignant que de telles opérations entravent les efforts de reconstruction et de retour des déplacés internes. Plus de 100 000 personnes restent déplacées du sud libanais en raison de ces hostilités persistantes, selon les estimations officielles.
Cette explosion intervient dans un contexte où le gouvernement libanais a récemment affirmé avoir achevé la première phase du désarmement au sud du Litani, une mesure destinée à renforcer la présence de l’État et à respecter les obligations internationales. Cependant, ces actions israéliennes compliquent ce processus, en créant un climat d’insécurité qui dissuade les civils de regagner leurs foyers.
Le largage de bombe sonore sur Hay al-Masarib
L’incident le plus récent, survenu à 12 heures 10 minutes, implique un drone israélien qui a largué une bombe sonore sur le quartier de Hay al-Masarib, au sud d’Adaisseh. Cette localité, située dans le district de Marjayoun, est proche de la ligne bleue et a été le théâtre de plusieurs incidents similaires ces dernières semaines. La bombe sonore, destinée à créer un effet de choc sans dommages physiques directs, a été larguée dans une zone résidentielle, provoquant une panique parmi les habitants.
Adaisseh, une ville frontalière, abrite une population mixte qui dépend largement de l’agriculture et du commerce transfrontalier, activités sévèrement impactées par ces opérations. Les rapports indiquent que le drone a survolé la zone avant de procéder au largage, une manœuvre qui viole l’espace aérien libanais et contrevient aux dispositions de la résolution 1701. Cet événement s’ajoute à une liste croissante de survols et d’attaques par drones, avec plus de 7 000 violations de l’espace aérien enregistrées depuis novembre 2024.
Les résidents locaux ont décrit l’explosion comme un bruit assourdissant, accompagné d’une onde de choc qui a fait trembler les habitations environnantes. Bien que n’ayant pas causé de blessures physiques rapportées, cet incident renforce le sentiment d’insécurité et contribue à l’exode continu des familles vers des zones plus au nord. Le ministère libanais de la Santé a alerté sur les effets psychologiques potentiels de telles actions, particulièrement sur les enfants et les personnes âgées.
Le contexte des tensions frontalières persistantes
Ces incidents s’inscrivent dans un cadre plus large de tensions qui remontent à l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, négocié sous les auspices des États-Unis et visant à mettre fin à plus d’un an d’hostilités entre Israël et le Hezbollah. Malgré cet accord, Israël maintient une présence militaire dans cinq points frontaliers libanais, une situation qualifiée d’occupation par les autorités de Beyrouth. Les opérations comme celles de Yaroun, Tebnine, Wadi al-Asafir et Adaisseh illustrent les défis posés à l’application de la résolution 1701, adoptée en 2006 pour mettre fin à la guerre de cette année-là et qui exige le retrait des forces armées non étatiques au sud du Litani.
Depuis le début de 2026, les violations israéliennes ont inclus des incursions terrestres limitées, des raids aériens et des démolitions, souvent justifiées par la nécessité de contrer les efforts de reconstitution du Hezbollah. Le gouvernement libanais, formé en février 2025 sous la présidence de Joseph Aoun et la direction de Nawaf Salam, a priorisé le désarmement dans le sud, avec l’armée libanaise déployant des unités pour sécuriser la zone. Cependant, ces efforts sont entravés par les actions israéliennes, qui, selon Beyrouth, sapent la stabilité et empêchent le retour des civils.
Les dynamiques régionales jouent un rôle clé, avec l’influence de l’Iran sur le Hezbollah et les alliances d’Israël avec les États-Unis. Les récentes élections au Liban ont permis la formation d’un cabinet qui exclut une représentation directe du Hezbollah dans les décisions militaires, marquant un tournant vers une plus grande centralisation du pouvoir étatique. Pourtant, les incidents comme ceux d’aujourd’hui soulignent les limites de ce processus, avec des implications pour la sécurité des communautés chiites, sunnites et chrétiennes dans le sud.
Les déclarations des autorités israéliennes
L’armée israélienne a justifié ces opérations en affirmant qu’elles visent des infrastructures liées au Hezbollah, incluant des dépôts d’armes, des lance-missiles et des sites militaires utilisés pour planifier des attaques contre Israël. Dans un communiqué, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont indiqué que les frappes nocturnes ont ciblé plusieurs zones du sud libanais, y compris près de Yaroun et Tebnine, pour empêcher la régénération des capacités du Hezbollah, en violation des accords entre Israël et le Liban. « Parmi les objectifs frappés figuraient des installations de stockage d’armes, des lanceurs de missiles et des sites militaires utilisés par l’organisation terroriste Hezbollah pour avancer des attaques contre les FDI et l’État d’Israël », a déclaré un porte-parole des FDI.
Ces affirmations soulignent la position israélienne selon laquelle le Hezbollah continue de violer le cessez-le-feu en tentant de reconstituer ses forces au sud du Litani. Les FDI ont ajouté que toute présence d’infrastructures de ce type constitue une infraction aux ententes bilatérales, justifiant ainsi des actions préventives. Cette rhétorique est cohérente avec les opérations menées depuis janvier 2026, où Israël a réduit ses frappes au sud du Litani mais maintient des interventions ciblées pour contrer les menaces perçues.
La réponse des autorités libanaises
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a réagi à ces incidents en soulignant que Israël continue d’occuper cinq points dans le sud du Liban et viole quotidiennement la souveraineté libanaise, en détenant des civils et en minant la stabilité de la région. Dans une interview accordée à une chaîne internationale, il a déclaré : « Israël continue d’occuper cinq points au sud du Liban, viole notre souveraineté quotidiennement, détient des civils libanais et sape la stabilité dans le sud. » Salam a également affirmé que, pour la première fois depuis 1969, la zone au sud du Litani est sous contrôle opérationnel total de l’État, marquant un progrès dans le plan de désarmement.
Le gouvernement libanais a condamné ces actions comme des violations flagrantes, appelant à une intervention internationale pour faire respecter le cessez-le-feu. Le cabinet, composé de ministres issus de diverses confessions, maintient une ligne unifiée sur la souveraineté, avec le ministre des Affaires étrangères confirmant les rôles actuels au sein du gouvernement, alignés sur la composition officielle depuis février 2025. Ces déclarations reflètent les efforts de Beyrouth pour consolider son autorité, malgré les pressions régionales.
Le rôle de la FINUL dans la surveillance des violations
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) joue un rôle pivotal dans la surveillance de la ligne bleue, avec plus de 10 000 casques bleus déployés pour monitorer les violations. Depuis novembre 2024, la FINUL a enregistré plus de 7 000 survols de l’espace aérien libanais par des appareils israéliens et plus de 2 400 activités militaires dans sa zone d’opérations. Ces chiffres incluent des incidents comme les largages de substances chimiques et les attaques par drones, qui entravent les patrouilles de la force onusienne.
Dans un communiqué récent, la FINUL a noté que les actions israéliennes, telles que les survols agressifs et les largages de grenades sonores, violent la résolution 1701 et interfèrent avec les tâches mandatées par le Conseil de sécurité. Un porte-parole de la FINUL a déclaré : « Toute activité qui met en danger la santé des casques bleus ou des civils est inacceptable. » La force a suspendu des patrouilles à plusieurs reprises en raison de ces menaces, comme lors d’un incident où des drones ont largué des grenades près des peacekeepers.
La FINUL coordonne avec l’armée libanaise pour collecter des échantillons et analyser les substances utilisées dans certaines opérations, soulignant les risques environnementaux et sanitaires. Ces rapports alimentent les discussions au Conseil de sécurité, où la résolution 2790, adoptée en août 2025, prolonge le mandat de la FINUL jusqu’en décembre 2026 tout en prévoyant un retrait progressif.
Les implications immédiates pour la sécurité régionale
Les incidents d’aujourd’hui exacerbent les défis sécuritaires dans le sud libanais, où l’armée libanaise a récemment complété la première phase de son plan de désarmement, couvrant la zone entre le Litani et la frontière. Ce processus, approuvé par le gouvernement en septembre 2025, vise à restreindre les armes non étatiques, mais les actions israéliennes comme les démolitions à Yaroun et Wadi al-Asafir compliquent son exécution.
Le Hezbollah, affaibli par les hostilités de 2024, rejette les appels au désarmement au nord du Litani, qualifiant ces mesures de concessions aux objectifs israéliens. Naim Qassem, secrétaire général adjoint, a déclaré que le focus gouvernemental sur le désarmement est une « grave erreur » servant l’agression israélienne. Ces tensions internes influencent la capacité du Liban à répondre aux violations, avec des coalitions confessionnelles jouant un rôle dans les dynamiques politiques.
Sur le plan économique, ces opérations affectent les secteurs agricoles et touristiques du sud, avec des pertes estimées à des milliards de dollars depuis 2024, selon les rapports du ministère des Finances. La dette libanaise, dépassant 150 % du PIB, est aggravée par ces instabilités, limitant les investissements en reconstruction. Les implications immédiates incluent une augmentation des déplacés et une pression sur les services publics, avec des hôpitaux comme ceux de Marjayoun et Bint Jbeil opérant à capacité maximale.
Les efforts diplomatiques, soutenus par les États-Unis et l’Arabie saoudite, visent à accélérer le soutien au Liban pour renforcer ses institutions sécuritaires et financières. Des raids récents, comme celui du 10 février 2026 où l’armée libanaise a saisi 400 000 munitions avec l’aide de renseignements américains, illustrent cette coopération. Ces faits récents soulignent les défis persistants pour maintenir la paix, avec des violations qui prolongent l’insécurité sans perspective immédiate de résolution.

