Scepticisme à New York
Le Conseil de sécurité entame le quinze juin deux mille vingt-cinq son cycle annuel de consultations sur la Force intérimaire déployée depuis dix-neuf soixante-dix-huit. L’ambassadeur américain propose un rabais budgétaire équivalant à quinze pour cent du financement, citant « absence de résultats mesurables » (Al Akhbar, 17 juin 2025). Cette économie représenterait cinquante-deux millions de dollars, soit le coût de deux compagnies mécanisées. Dans les couloirs, des diplomates européens rappellent que la résolution 1701 fixe des tâches larges : surveiller le cessez-le-feu, soutenir l’armée libanaise et créer une zone exempte d’armes lourdes. Le budget fut déjà gelé en deux mille vingt-trois.
Chronique d’une réduction annoncée
La première alerte survient le huit mai lorsqu’une note interne du Département d’État recommande de revoir la « cohérence dépensier-efficacité » (Al Sharq Al Awsat, 17 juin 2025). Dès lors, Oslo signale la rotation anticipée de son contingent, suivi par Budapest qui retire ses mortiers lourds. Paris, chef du secteur ouest, négocie le maintien d’un peloton d’artillerie de quarante-huit soldats, mais conditionne la relève à un financement multilatéral. Berlin, pris dans l’augmentation de son effort en mer Rouge, annonce la conversion de ses blindés Eagle IV en véhicules non armés d’évacuation sanitaire.
Pression financière et terrain miné
La Finul aligne toujours environ dix mille soldats, auxquels s’ajoutent sept cents civils. Chaque patrouille de nuit mobilise deux véhicules et huit casques bleus. La section italienne déclare consommer trois cents litres de carburant quotidien ; l’arrêt de la raffinerie de Haïfa rallonge désormais la route logistique via Port-Saïd. Le colonel libanais Maroun Azar affirme dans An Nahar (17 juin 2025) que « vingt-six points d’observation cesseraient de fonctionner en cas de retrait ». Le temps de réponse à une violation aérienne passerait de dix à trente minutes.
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Entre défi sécuritaire et prudence politique
Le Hezbollah évite la confrontation ouverte depuis la guerre de deux mille six, mais multiplie les communications radio codées interceptées par les observateurs. Les forces ghanéennes relèvent quatorze signaux en soixante-douze heures après la frappe sur Haïfa. De leur côté, les habitants de Khiam redoutent un vide que les unités régulières libanaises, sous-dotées, ne combleront pas. Le maire s’exprime dans Al 3arabi Al Jadid (17 juin 2025) : « Sans patrouille onusienne quotidienne, la récolte de tabac restera au champ. »
Équilibre fragile de la Blue Line
La ligne de démarcation compte deux cent trente-six repères. Dans le secteur est, la borne C-29 fut déplacée de quatre mètres par des pluies torrentielles début avril. Trente jours plus tard, le déplacement reste non validé faute de drones cartographiant la zone. Or la même borne marque un angle de tir potentiel. L’ingénieur géographe Karim Mallah publie dans Al Binaa (17 juin) une carte révélant quatre zones où le différend topographique pourrait dégénérer.
Routine opérationnelle menacée
Chaque compagnie effectue trois patrouilles de dix-sept kilomètres par jour. Une coupe budgétaire signifierait l’arrêt de la mission d’appui médical de l’hôpital de Qasmiye. Les médecins traitent trois cents patients libanais par mois, selon Ad Diyar (17 juin). La baisse retirerait du Sud le laboratoire d’analyse sanguine, pourtant unique infrastructure capable de diagnostiquer la leishmaniose, en progression depuis deux mille vingt-deux.
Diplomatie libanaise sur tous les fronts
Le ministre des Affaires étrangères entame une tournée éclair Bruxelles-Berlin-Tunis. Son argument : la Finul coûte moins qu’un bataillon européen et maintient un calme qui protège le transit gazier méditerranéen. Bruxelles écoute. Berlin demande une visibilité sur la coopération entre casques bleus et armée libanaise. Tunis promet un plaidoyer à l’Union africaine. Toutefois, Washington lie sa contribution à l’accès libre aux entrepôts de Naqoura, sujet sensible depuis la découverte d’une cache d’obus non déclarée en deux mille vingt-quatre.
Réforme du mandat ou réduction de voilure
Deux scénarios circulent à New York. Le premier maintient l’enveloppe mais recentre sur la surveillance maritime, délaissant les patrouilles terrestres. Le second supprime trois bataillons et accroît le contingent technologique : radars littoraux, drones longue endurance, ballons captifs. Le rapport d’évaluation interne, cité par Al Akhbar (17 juin), conclut que « la surveillance technologique sans présence au sol réduit l’effet de dissuasion inhabituel ».
Rôle de l’armée libanaise
Pour pallier la baisse, l’état-major propose trois cents gendarmes transférés temporairement dans la zone de Tyr. L’Italie offre une formation accélérée de six semaines à Brindisi. Le problème est budgétaire : cent cinquante millions de livres par mois, hors indemnité de risque. Le ministre des Finances répond qu’il n’a pas de marge après l’envolée du coût du fuel.
Population et perception
À Marjayoun, soixante-dix pour cent des habitants interrogés par l’Université libanaise estiment la Finul « indispensable pour l’économie agricole ». Le propriétaire d’une laiterie explique à An Nahar qu’il revend le lait à Nabatieh grâce aux patrouilles qui sécurisent la route. Sans elles, l’itinéraire exigerait un détour, faisant grimper le prix de quinze pour cent.
Opacité des incidents recensés
En deux mille vingt-quatre, les observateurs enregistrèrent sept cent fauteuils. Parmi eux, onze impliquaient des fouilles non autorisées de véhicules de la Finul. Le commandement du secteur est se plaint d’une hausse de trente pour cent des entraves depuis janvier. Une partie de ces incidents n’apparaît pas dans les communiqués, selon Al Sharq Al Awsat (17 juin).
Effet boomerang de la coupe budgétaire
Si le budget baisse, les contingents européens plus coûteux se retireront en premier. Resteraient surtout des pays à bas coût salarial, moins équipés, moins mobiles. Un colonel espagnol écrit dans Al 3arabi Al Jadid qu’un seul incident grave contraindrait l’ONU à redéployer un jour ce qu’elle aura retiré la veille, mais à un tarif triple.
Échéance et calendrier
Le mandat expire le trente-et-un août. La note zéro/vingt-trois du secrétariat général fixe le quinze juillet comme date limite pour trancher le budget. Entre-temps, la force devra démontrer sa pertinence en maintenant un calme relatif sous la menace d’une escalade régionale.



