mardi, janvier 13, 2026

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Focus: L’échec du modèle économique libanais, Un pays piégé par sa propre dette

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Depuis plusieurs décennies, le Liban a bâti son économie sur l’endettement, un modèle qui a permis au pays de fonctionner malgré une productivité faible et des déficits chroniques. Plutôt que de développer des secteurs productifs, l’État a préféré attirer des capitaux étrangers par des taux d’intérêt élevés, finançant ainsi son train de vie sans jamais s’attaquer aux racines du problème. Cette dépendance à l’endettement a atteint son apogée en 2020, lorsque le pays a fait défaut sur sa dette souveraine pour la première fois de son histoire.

Depuis cet événement, la situation s’est drastiquement détériorée. Le Liban n’ayant plus accès aux marchés internationaux, il ne peut plus emprunter auprès des créanciers étrangers, ce qui le contraint à imprimer de la monnaie pour financer ses déficits. Cette solution, loin d’être viable, alimente une inflation incontrôlable, détruit le pouvoir d’achat et provoque une fuite massive des capitaux. Le recours à l’endettement est devenu une impasse, car aucun investisseur ne veut prêter à un État qui n’a pas mis en place les réformes nécessaires pour garantir sa stabilité financière.

Dans ce contexte, la dette publique continue d’exploser. Aujourd’hui, elle représente plus de 150 % du PIB, un niveau insoutenable pour un pays qui ne produit presque plus de richesses. La dette libanaise, autrefois financée par les banques locales et les investisseurs étrangers, repose désormais uniquement sur la création monétaire et les financements internes, une méthode qui dévise encore plus la monnaie nationale et plonge les citoyens dans la pauvreté.

L’explosion de la dette : Comment le Liban a perdu la confiance des marchés

Jusqu’en 2019, le Liban bénéficiait encore de la confiance des investisseurs internationaux, principalement grâce à son secteur bancaire, qui jouait le rôle d’intermédiaire entre l’État et les marchés financiers. Les banques libanaises achetaient massivement les obligations d’État, en échange de rendements élevés, ce qui permettait au gouvernement de financer ses déficits sans difficulté apparente.

Mais ce modèle a rapidement montré ses limites. À force de piller les réserves de la Banque centrale pour maintenir artificiellement la parité avec le dollar, le pays a détruit son propre système financier. En 2019, face à une crise de confiance croissante, les investisseurs ont commencé à retirer leurs dépôts massivement, déclenchant une hémorragie financière que ni la Banque centrale ni le gouvernement ne pouvaient stopper,

Lorsque le Liban a déclaré son défaut de paiement en mars 2020, les créanciers internationaux ont immédiatement cessé tout financement, laissant l’État sans solutions de repli. Les agences de notation ont classé la dette libanaise en catégorie « défaut », empêchant tout nouvel emprunt sur les marchés. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer :

  1. Les banques locales sont en faillite technique : Incapables de récupérer les fonds investis dans la dette publique, elles ont gelé les dépôts des épargnants et bloqué les retraits en devises.
  2. L’État ne peut plus se financer autrement qu’en créant de la monnaie, ce qui alimente une inflation record et aggrave la pauvreté.
  3. Le Liban n’a pas de plan de restructuration crédible, ce qui le prive de tout accès à un éventuel programme de soutien international.

Les conséquences économiques désastreuses de l’endettement excessif

Le surendettement du Liban a provoqué une déstructuration complète de l’économie. L’absence de liquidités et la perte de confiance dans l’État ont généré plusieurs crises en cascade :

  • L’effondrement de la livre libanaise : Avant 2019, le taux de change était stable à 1 500 livres pour un dollar. Aujourd’hui, il dépasse les 100 000 livres pour un dollar, une dévaluation historique qui a réduit le pouvoir d’achat des Libanais à néant.
  • L’inflation galopante : Les prix des biens de consommation ont explosé de plus de 300 % en quelques années, rendant impossible l’accès aux produits de première nécessité pour une grande partie de la population.
  • Une fuite massive des capitaux : Face à l’incertitude, les Libanais les plus fortunés ont déplacé leurs actifs à l’étranger, privant l’économie locale d’investissements essentiels.
  • Une paralysie du secteur bancaire : Les banques, qui devraient jouer un rôle de stabilisation, sont totalement incapables d’agir, car elles sont elles-mêmes piégées par la crise de la dette.

Pourquoi le recours à la dette ne fonctionne plus ?

Le Liban ne peut plus compter sur l’endettement pour relancer son économie, car les mécanismes traditionnels de financement sont brisésLe FMI et les créanciers internationaux exigent des garanties avant d’envisager un soutien financier, mais la classe politique actuelle refuse d’adopter les réformes nécessaires, notamment :

  1. Une restructuration du secteur bancaire : Il est impossible de restaurer la confiance sans un plan clair pour indemniser les déposants et assainir les bilans des banques.
  2. Un audit transparent des finances publiques : Les institutions internationales demandent une clarification des comptes de l’État, mais aucune mesure sérieuse n’a été prise jusqu’à présent.
  3. La fin de la corruption et du clientélisme : Tant que les mêmes élites politiques contrôlent l’économie, aucun créancier ne voudra financer un État gangrené par la mauvaise gestion et les détournements.
  4. Un plan crédible de réduction des déficits : Il est impératif d’instaurer une discipline budgétaire pour limiter la dépendance aux financements extérieurs.

Quelles alternatives au surendettement pour sauver l’économie ?

Le Liban doit impérativement trouver des alternatives viables au recours systématique à l’endettement. Plusieurs pistes peuvent être envisagées :

  • Attirer des investissements étrangers : Cela ne pourra se faire qu’après une refonte totale du climat des affaires et du système bancaire.
  • Relancer des secteurs productifs : L’industrie, l’agriculture et les nouvelles technologies doivent être développés pour générer des revenus indépendants de la dette et des financements extérieurs.
  • Mettre en place une réforme fiscale juste et efficace : Taxer les grandes fortunes et lutter contre l’évasion fiscale permettrait d’augmenter les recettes sans alourdir le fardeau des classes populaires.
  • Rationaliser les dépenses publiques : L’État doit mettre fin aux subventions inefficaces et réduire la taille du secteur public pour alléger la pression sur le budget.

Un avenir sombre si rien ne change

Le Liban ne peut plus continuer à survivre sur l’endettement. La dette publique a atteint des niveaux catastrophiques, et la perte totale de confiance des investisseurs empêche toute solution de financement externe. Tant que le gouvernement n’adoptera pas des réformes structurelles profondes, le pays restera piégé dans une spirale inflationniste et récessive.

L’État doit impérativement changer de modèle économique, en mettant fin à sa dépendance aux emprunts et en favorisant une croissance réelle, basée sur l’investissement, la production locale et la transparence financière. Le temps presse : chaque jour de retard alourdit encore plus le coût du redressement, et si rien ne change, le Liban risque une faillite totale et irréversible.

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Newsdesk Libnanews
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