Le Dr Fouad Abou Nader s’est exprimé sur son compte Twitter :
Ce n’est pas une loi de contrôle des capitaux mais une loi d’amnistie des actionnaires et des dirigeants des banques ! Elle légalise le vol des dépôts, les restrictions illégales et le « haircut » (décote) sur les retraits des ATM et des guichets !
Elle ne vise qu’à protéger les banques, leurs actionnaires et leurs dirigeants de toute poursuite judiciaire ! C’est une victoire de la « bancocratie » contre 1,4 millions de déposants (ils étaient 2,7 millions en 2020).
Je ne pense pas que le Fonds monétaire international (FMI) acceptera cette loi. D’ailleurs cette loi fait une différence entre « fresh dollars » et « lollars », est-ce que le FMI est d’accord ? Dans les autres crises financières, une loi sur le contrôle des capitaux est votée immédiatement, pas 40 mois après !
Selon le projet de loi sur le contrôle des capitaux, le déposant a le droit de retirer au moins 800 $ par mois ce qui signifie que les retraits mensuels s’élèveront à au moins un milliard de dollars si un million de déposants viennent bénéficier de ces retraits.
Est-ce que le secteur bancaire peut supporter le retrait d’un milliard de dollars par mois ? Si c’était le cas alors on n’en serait pas là !
Il faut désormais sur le marché noir 76 500 livres pour faire un dollar ! Quand le gouvernement Mikati a été formé, il fallait 18 000 livres pour faire un dollar.
Pourquoi la BDL, les banques, les commissions parlementaires des Finances et du Budget et de l’Administration et de la Justice ainsi que le Président et le vice-Président du Parlement se sont opposés au plan Lazard qui reposait sur un taux d’un dollar pour 3 500 livres ? Que sont devenues les promesses des juges Ghassan Oweidat et Ali Ibrahim de frapper les spéculateurs d’une main de fer ?
Les banques ont déclaré vouloir cesser leur activité. Or, la suspension de l’activité bancaire est une conséquence d’une cessation de paiement qui fait l’objet d’une loi : la loi n°2/67 du 16 janvier 1967.
La Justice doit donc prendre acte de cela et les mettre sous tutelle comme le prévoit la loi n°110/91 du 17 novembre 1991.
Seule la mise sous tutelle des banques permettra la restructuration bancaire exigée par le Fonds monétaire international et rejetée par la BDL, les banques, les commissions parlementaires des Finances et du Budget et de l’Administration et de la Justice ainsi que par le Président et le vice-Président du Parlement.
Le ministre des Finances, Youssef Khalil, a reconnu que la multiplicité des taux a augmenté les pertes et est en la défaveur des déposants. Pourtant, il est, en tant qu’ancien directeur exécutif et responsable du département des opérations financières à la Banque du Liban (BDL), avec Riad Salamé, l’architecte, le responsable et je dirai même le promoteur de ces taux multiples
dont le taux Sayrafa qui est un nouveau Ponzi. La BDL aurait dû abandonner il y a longtemps la parité fixe (« peg ») et laisser la livre flotter et limiter l’utilisation des réserves monétaires.



