samedi, février 21, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Gaza : Trump recule après un tollé mondial sur son projet de contrôle américain

- Advertisement -

Mardi, Donald Trump a provoqué un choc diplomatique en annonçant vouloir « prendre en charge Gaza » et en faire une destination prospère surnommée la « Riviera du Moyen-Orient ». Devant la presse à la Maison-Blanche, aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, il a affirmé que « tout le monde aime ce plan », malgré les réactions abasourdies dans la salle.

Le manque de détails concrets sur la manière dont plus de deux millions de Palestiniens pourraient être déplacés ou sur la gouvernance future du territoire a amplifié la controverse. Selon Trump, les États-Unis pourraient « posséder Gaza » et « faire du bon travail » pour y reconstruire l’économie.

Pourtant, peu après cette déclaration, la Maison-Blanche a tenté de clarifier la position de Washington. La porte-parole Karoline Leavitt a insisté sur le fait que les États-Unis n’enverraient pas de troupes sur place et que l’administration ne financerait pas la reconstruction de Gaza.

L’ONU et les pays arabes dénoncent un projet inacceptable

Les Nations unies ont immédiatement réagi en mettant en garde contre un potentiel nettoyage ethnique. « Le droit inaliénable du peuple palestinien est de vivre sur sa propre terre », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a rappelé qu’un déplacement forcé de population serait une violation du droit international.

Les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont également dénoncé ce projet, affirmant qu’il constituerait « un obstacle majeur à la solution à deux États et une menace pour la stabilité de l’Égypte et de la Jordanie ».

L’Iran, par la voix de son porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a qualifié ce plan de « choquant », y voyant une tentative « d’anéantir complètement la nation palestinienne ».

Un rejet total du plan par les Palestiniens

Les dirigeants palestiniens et les groupes de défense des droits humains ont immédiatement rejeté l’initiative de Trump. Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a qualifié ce projet de « raciste et agressif ».

Human Rights Watch a dénoncé un plan qui « ferait des États-Unis un acteur direct de crimes de guerre ». Lama Fakih, directrice régionale de l’ONG, a souligné que la destruction actuelle de Gaza résultait d’une politique israélienne délibérée visant à rendre le territoire inhabitable.

Sur le terrain, les habitants de Gaza rejettent catégoriquement l’idée d’un exil forcé. « Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, mais nous resterons sur notre terre », a déclaré Ahmed Halasa, un Palestinien de 41 ans.

Un malaise grandissant aux États-Unis

Au sein même de l’administration américaine, des tensions apparaissent autour du projet de Trump. Des membres du Parti républicain et des alliés diplomatiques, notamment en Europe, ont exprimé leur scepticisme.

À Dearborn, dans le Michigan, où réside une importante communauté arabo-américaine, l’annonce de Trump a suscité une onde de choc. Imad Hamad, directeur du American Human Rights Council, a déclaré que de nombreux habitants avaient « l’impression d’avoir fait une erreur en votant pour Trump ». Certains électeurs républicains d’origine arabe commencent à remettre en question leur soutien au président, notamment en vue des élections de mi-mandat en 2026.

Des figures influentes de la communauté, comme Faye Nemer, fondatrice de la MENA American Chamber of Commerce, ont qualifié les déclarations de Trump de « très préoccupantes ». Toutefois, certains estiment que cette posture pourrait être une tactique de négociation, appelant le président à se recentrer sur une solution à deux États.

Une fracture au sein du camp pro-Trump

Même les soutiens arabes de Trump commencent à prendre leurs distances. L’organisation « Arab Americans for Trump », qui avait joué un rôle clé dans son électorat, s’est rebaptisée « Arab Americans for Peace » après l’annonce du président. Le groupe critique l’absence de concertation avec les dirigeants arabes et palestiniens avant de proposer une refonte de Gaza.

Certaines figures politiques de premier plan, comme Rashida Tlaib, députée démocrate palestino-américaine du Michigan, ont dénoncé les propos de Trump comme étant du « fanatisme pur ». De son côté, le maire de Dearborn, Abdullah Hammoud, a qualifié ces déclarations d’ »un nouveau chapitre du génocide en cours ».

D’autres personnalités, comme la vice-présidente du Parti républicain du Michigan, Rola Makki, ont exprimé leur désaccord, appelant les États-Unis à une politique plus prudente au Moyen-Orient.

Un projet voué à l’échec ?

Si Trump continue de défendre son initiative, son administration cherche visiblement à en atténuer la portée. Marco Rubio et Karoline Leavitt insistent sur le fait que l’objectif n’est pas une relocalisation définitive des Palestiniens, mais une évacuation temporaire pour permettre la reconstruction de Gaza.

Cependant, même cette version allégée du plan reste inacceptable pour la majorité des pays arabes et de la communauté internationale. L’idée même d’un contrôle américain sur Gaza est rejetée par les Palestiniens eux-mêmes, qui refusent d’abandonner leur territoire.

À Washington, Netanyahou a salué la « vision audacieuse » de Trump, estimant qu’elle pourrait « changer l’avenir pour tout le monde ». Pourtant, même certains alliés d’Israël se montrent prudents face aux conséquences d’une telle initiative.

Alors que la situation sur le terrain reste explosive, ce projet, s’il était mis en œuvre, pourrait engendrer une nouvelle crise diplomatique d’envergure.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi