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Guterres condamne les frappes sur Beyrouth au nom du droit humanitaire

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Une condamnation ferme des atteintes au droit international

Dans une déclaration rendue publique à la suite des frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit du 5 au 6 juin 2025, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dénoncé les violations répétées du droit international humanitaire. Il a rappelé que le respect de la vie des civils et des infrastructures non militaires constitue un principe fondamental, quel que soit le contexte géopolitique.

Sans nommer directement Israël, Guterres a exprimé sa « profonde inquiétude » face à l’intensification des hostilités et à leurs conséquences humanitaires. Il a appelé à une désescalade immédiate et à une reprise du dialogue politique dans le cadre des résolutions onusiennes applicables.

L’équilibre délicat d’une prise de position onusienne

La déclaration de Guterres, bien que diplomatiquement mesurée, constitue une prise de position significative. Elle intervient dans un contexte où les Nations unies sont régulièrement accusées de passivité face aux conflits régionaux. En affirmant que « toute attaque contre des zones densément peuplées est susceptible de constituer une violation grave du droit international », le secrétaire général place les événements de Beyrouth dans le champ des crimes de guerre potentiels.

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Cette formulation reflète la volonté de maintenir une posture équilibrée tout en signalant une ligne rouge. Il s’agit pour l’ONU de préserver sa crédibilité normative, sans pour autant se heurter de front aux puissances membres du Conseil de sécurité.

Appel à l’accès humanitaire et protection des civils

Antonio Guterres a insisté sur la nécessité de garantir un accès humanitaire sans entrave aux zones affectées. Il a exprimé sa solidarité avec les civils libanais, rappelant que le droit international exige la protection des populations en toutes circonstances. Il a également demandé aux parties prenantes de respecter les infrastructures sanitaires, scolaires et résidentielles.

Ces propos visent à prévenir toute nouvelle escalade qui toucherait directement les services essentiels. Le secrétaire général a mis en garde contre les « cycles de représailles » qui, selon lui, alimentent la dégradation de la situation humanitaire dans toute la région.

Réactions internationales contrastées

La déclaration de Guterres a été accueillie avec prudence par les chancelleries occidentales. Si certaines voix ont salué son appel à la retenue, d’autres ont regretté l’absence de condamnation explicite de l’agresseur. Des diplomates ont rappelé que l’ONU ne pouvait pas ignorer les provocations de certains acteurs non étatiques opérant depuis le territoire libanais.

Dans le monde arabe, plusieurs organisations de défense des droits humains ont salué les propos de Guterres. Ils ont vu dans sa déclaration une tentative de rétablir une forme d’équité dans le traitement médiatique et diplomatique des événements, souvent perçu comme déséquilibré.

Un langage codifié mais porteur de pression morale

Le langage utilisé par le secrétaire général obéit aux codes stricts de la diplomatie multilatérale. Il évite les accusations directes, tout en soulignant les principes violés. Cette méthode vise à exercer une pression morale sans déclencher de blocage diplomatique, notamment au sein du Conseil de sécurité où les clivages sont profonds.

Cette pression morale s’inscrit dans une stratégie de rappel aux normes, élément central de l’action onusienne. En utilisant des expressions comme « responsabilité collective » et « primauté du droit », Guterres tente de mobiliser la communauté internationale autour d’une logique de stabilisation.

L’ONU, observateur passif ou acteur entravé ?

Cette déclaration soulève également la question du rôle effectif des Nations unies dans les conflits régionaux. Face à l’inaction du Conseil de sécurité sur le dossier libanais, le secrétariat général cherche à maintenir une présence symbolique. Mais les moyens d’action réels restent limités. Aucun mécanisme coercitif ne peut être déclenché sans accord des grandes puissances, ce qui neutralise souvent les résolutions.

Le Liban reste en ce sens un cas emblématique : théâtre d’opérations violentes mais aussi d’impasses diplomatiques. Le message de Guterres vise autant à marquer un principe qu’à signaler les limites structurelles de l’organisation.

Répercussions au sein des instances libanaises

Au Liban, la déclaration du secrétaire général a été largement relayée dans les médias. Plusieurs acteurs politiques l’ont utilisée pour renforcer leurs positions respectives. Certains y ont vu une validation de la thèse selon laquelle le pays est agressé en toute impunité. D’autres ont souligné l’importance d’un cadre légal pour toute réponse militaire, insistant sur le fait que le Liban doit préserver son statut d’État respectueux du droit international.

Cette appropriation multiple témoigne de l’ambiguïté du langage diplomatique, qui permet des interprétations divergentes selon les agendas.

L’enjeu de la documentation des violations

Antonio Guterres a également appelé les agences spécialisées de l’ONU à documenter les faits, à collecter des témoignages et à préparer des rapports détaillés sur les frappes. Cette démarche vise à établir une base de données fiable, utilisable à des fins judiciaires ou diplomatiques à l’avenir.

Il s’agit aussi d’un signal : les événements de Beyrouth ne passeront pas inaperçus. Même en l’absence d’un mécanisme immédiat de reddition de comptes, la mémoire institutionnelle des Nations unies est activée, ce qui peut constituer un levier de pression à moyen terme.

Une parole pour ne pas disparaître

Dans un contexte où les institutions multilatérales sont de plus en plus contestées, la parole du secrétaire général a aussi une fonction existentielle : affirmer que l’ONU demeure un acteur. Elle vise à restaurer un minimum de confiance dans la capacité du droit international à réguler les conflits, même lorsque ses outils coercitifs sont paralysés.

Guterres joue ici un rôle d’équilibriste, entre impuissance structurelle et devoir d’alerte. Il tente de maintenir un espace discursif pour la norme, alors que la réalité du terrain semble l’exclure chaque jour davantage.

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Newsdesk Libnanews
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