Les annonces successives faites par Israël concernant les frappes aériennes massives lancées le 28 février 2026 contre des sites stratégiques iraniens, suivies de la révélation en primeur de la mort du guide suprême Ali Khamenei, mettent en lumière le rôle initiateur de Jérusalem dans l’escalade militaire qui secoue le Moyen-Orient. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été le premier dirigeant à revendiquer publiquement ces opérations, qualifiées de préventives pour neutraliser des menaces nucléaires et balistiques iraniennes, avant même que Washington ne confirme son implication. Cette séquence d’événements, marquée par une communication proactive israélienne, contraste avec les déclarations du secrétaire américain à la Défense, qui a insisté sur le fait que les États-Unis n’avaient pas initié le conflit mais s’engageaient à le mener à terme. Ces éléments soulèvent des questions sur la dynamique des alliances et la répartition des initiatives dans une guerre qui a déjà causé des centaines de victimes et perturbé les équilibres régionaux, ainsi que certaines interrogations liées au fait de savoir si oui ou non, les Etats-Unis ont été entrainés dans un conflit qu’ils souhaitaient éviter.
Les annonces israéliennes au cœur de l’escalade initiale
Dès les premières heures du 28 février, c’est le bureau du Premier ministre israélien qui a diffusé un communiqué détaillé sur les opérations en cours, décrivant des raids aériens impliquant plus de 150 appareils, dont des F-35, et des missiles de précision visant des installations nucléaires à Natanz et Fordow, des usines de missiles à Semnan, et des centres de commandement des Gardiens de la révolution à Téhéran. Netanyahu a personnellement pris la parole lors d’une conférence de presse à Jérusalem, affirmant que ces actions étaient nécessaires pour « démanteler les capacités qui menacent directement l’existence d’Israël ». Il a précisé que les frappes étaient coordonnées avec les États-Unis, mais c’est Israël qui a revendiqué la paternité de l’initiative, en soulignant des renseignements recueillis par le Mossad sur des menaces imminentes de missiles iraniens et de programmes nucléaires avancés.
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Cette communication rapide et assertive d’Israël tranche avec la réponse plus mesurée de Washington. Le Pentagone n’a confirmé son implication que plusieurs heures plus tard, via un briefing où le secrétaire à la Défense a décrit l’opération Epic Fury comme une réponse à des provocations cumulées, sans revendiquer l’origine des frappes. Des sources militaires américaines ont indiqué que les missiles de croisière Tomahawk avaient été lancés depuis des destroyers de la Cinquième flotte en mer d’Arabie, mais l’accent a été mis sur le soutien à Israël plutôt que sur une initiative primaire. Cette asymétrie dans les annonces suggère que Jérusalem a pris les devants pour cadrer le récit, positionnant les États-Unis en tant que partenaire réactif plutôt qu’instigateur.
La révélation de la mort de Khamenei par Israël en premier
De la même manière, c’est Netanyahu qui a annoncé en premier, lors d’une allocution télévisée samedi soir, qu’il existait de « nombreux signes » indiquant la mort d’Ali Khamenei. « Ce matin, nous avons détruit dans une attaque surprise le complexe du tyran Khamenei au cœur de Téhéran », a-t-il déclaré, ajoutant que « il y a de nombreux signes que ce tyran n’est plus ». Cette affirmation, basée sur des images satellites et des interceptions de communications par les services israéliens, a précédé de plusieurs heures toute confirmation officielle de Washington. Le Pentagone s’est contenté d’un communiqué laconique confirmant des « dommages significatifs » aux cibles de leadership, sans nommer explicitement Khamenei.
Les médias d’État iraniens n’ont confirmé la mort du guide suprême que le lendemain matin, le 1er mars, via un communiqué du Conseil suprême de sécurité nationale lu à la télévision publique. Le texte décrivait Khamenei comme ayant « bu le doux et pur breuvage du martyre » lors d’une frappe sur son bureau à Téhéran, alors qu’il accomplissait ses devoirs. Cette séquence temporelle renforce l’impression que Israël mène le tempo narratif, utilisant ses annonces pour légitimer l’opération et presser les alliés, dont les États-Unis, à s’aligner sur sa ligne dure. Netanyahu a d’ailleurs exhorté le peuple iranien à « inonder les rues et finir le travail », un appel direct à un soulèvement interne qui dépasse le cadre défensif et indique une stratégie proactive de changement de régime.
Les déclarations du secrétaire américain à la Défense sur l’initiative du conflit
Le secrétaire américain à la Défense a clarifié la position de Washington lors d’un briefing au Pentagone samedi après-midi, affirmant que les États-Unis « n’ont pas commencé cette guerre, mais nous la terminerons ». Cette phrase, prononcée en réponse à une question sur l’origine des hostilités, souligne une posture réactive, où l’Amérique se présente comme un soutien à Israël plutôt que comme le principal instigateur. Il a détaillé que les opérations étaient une réponse à des années de provocations iraniennes, incluant des lancements de missiles en juin 2025 et des exercices navals dans le détroit d’Ormuz en février 2026, mais a insisté sur le fait que c’est Israël qui a identifié la fenêtre d’opportunité pour agir.
Cette déclaration fait écho à des évaluations internes du renseignement américain, qui n’ont pas détecté de menace imminente pour les intérêts directs des États-Unis, selon des rapports du DNI et de la CIA publiés en janvier 2026. L’AIEA avait noté un enrichissement d’uranium à 60 % en Iran, proche du seuil militaire, mais sans preuve d’arme opérationnelle imminente. Le secrétaire a ajouté que Washington s’engageait à protéger ses alliés, avec des renforts déployés vers Bahreïn et des destroyers en mer d’Arabie, mais cette formulation « ne pas commencer mais terminer » suggère que les États-Unis ont été entraînés dans le conflit par l’initiative israélienne, plutôt que de l’avoir impulsé.
Les dynamiques d’alliance derrière l’escalade
Les relations étroites entre Israël et les États-Unis, forgées par des décennies de coopération militaire et de renseignement, expliquent en partie cette dynamique. Israël reçoit annuellement 3,8 milliards de dollars d’aide militaire américaine depuis l’accord de 2016, et les deux pays partagent des technologies comme le Dôme de fer, financé en partie par Washington. Netanyahu, qui entretient une relation personnelle avec Trump depuis son premier mandat, a souvent influencé la politique américaine, comme lors du retrait du JCPOA en 2018. Cette fois, les renseignements israéliens sur les mouvements iraniens – incluant des transferts d’armes vers des proxies comme le Hezbollah – ont servi de catalyseur pour justifier l’action.
L’Arabie saoudite, bien que non directement impliquée dans les frappes, a joué un rôle en amont via son lobbying discret, comme révélé par d’autres enquêtes. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a multiplié les contacts avec Trump pour plaider en faveur d’une intervention, alignant Riyad sur Jérusalem dans un front anti-iranien. Cette convergence, née des accords d’Abraham en 2020, a permis à Israël de coordonner indirectement avec les monarchies du Golfe, renforçant la pression sur Washington pour qu’il suive l’initiative israélienne.
Les détails des frappes et leur exécution
Les opérations ont débuté à l’aube du 28 février, avec des vagues d’avions israéliens survolant l’espace aérien irakien et syrien pour atteindre leurs cibles. Plus de 150 appareils ont été mobilisés, dont des F-35 furtifs pour pénétrer les défenses iraniennes. Les missiles de précision ont frappé le compound de Khamenei à Jamaran, un quartier nord de Téhéran, causant des cratères visibles sur les images satellites. Le ministre israélien de la Défense Israel Katz a détaillé que ces raids étaient basés sur des renseignements recueillis par des agents sur le terrain et des cyberopérations, permettant des impacts directs sur des bunkers fortifiés.
Les États-Unis ont fourni un soutien logistique, avec des Tomahawk lancés depuis la mer d’Arabie, mais les annonces initiales venaient de Jérusalem. Le Pentagone a confirmé plus tard que des drones MQ-9 Reaper avaient offert une reconnaissance en temps réel, mais c’est Israël qui a revendiqué les succès, comme la destruction de 40 % des centrifugeuses à Natanz. Cette répartition des rôles indique que Jérusalem a planifié l’opération, forçant Washington à s’aligner pour éviter une fracture dans l’alliance.



