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Joseph Aoun dénonce une « escalade grave » et alerte sur un risque d’invasion terrestre

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Le président de la République, Joseph Aoun, a dénoncé dimanche le ciblage par Israël des infrastructures et des installations vitales au Sud-Liban, en particulier le pont de Qasmiyeh sur le Litani et d’autres ouvrages de franchissement. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, le chef de l’État affirme que ces attaques constituent « une escalade grave » et « une violation flagrante de la souveraineté du Liban », tout en y voyant « une introduction à une invasion terrestre » contre laquelle Beyrouth dit avoir mis en garde « via les canaux diplomatiques ».

Le texte présidentiel ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Joseph Aoun y accuse Israël de s’engager dans « une destruction systématique des infrastructures, des installations civiles vitales et des zones résidentielles dans les villages libanais », une politique qui, selon lui, « s’apparente à une punition collective contre les civils ». Il ajoute que de tels actes sont « rejetés, condamnés et injustifiables » et qu’ils contreviennent clairement aux règles du droit international humanitaire, qui interdisent de viser les civils et leurs biens essentiels.

Le texte du communiqué présidentiel

Le communiqué relayé par la présidence affirme notamment :

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« Ces agressions constituent une escalade grave et une violation flagrante de la souveraineté du Liban, et sont considérées comme une introduction à une invasion terrestre contre laquelle le Liban a mis en garde, via les canaux diplomatiques, contre le risque d’y être entraîné. »

Le président poursuit :

« Ces orientations reflètent une dérive dangereuse vers la destruction systématique des infrastructures, des installations civiles et des zones résidentielles dans les villages libanais, ce qui s’apparente à une politique de punition collective contre les civils, une politique rejetée, condamnée, injustifiée et en contradiction explicite avec les règles du droit international humanitaire qui interdisent de viser les civils et leurs installations de base. »

À propos des ponts sur le Litani, Joseph Aoun écrit encore :

« Le ciblage des ponts sur le fleuve Litani, artère vitale pour les déplacements des civils, constitue une tentative de couper la communication géographique entre la zone au sud du Litani et le reste du territoire libanais. Il entrave l’acheminement de l’aide humanitaire et s’inscrit dans des plans suspects visant à établir une zone tampon, à consolider la réalité de l’occupation et à poursuivre l’expansion israélienne à l’intérieur du territoire libanais. »

Enfin, le chef de l’État appelle directement les Nations unies et le Conseil de sécurité à agir :

« Face à cette escalade, le Liban appelle la communauté internationale, en particulier les Nations unies et les membres du Conseil de sécurité, à assumer leurs responsabilités et à prendre des mesures immédiates pour dissuader Israël de mettre en œuvre cette attaque. La poursuite du silence ou de la passivité encourage l’escalade des violations et sape la crédibilité de la communauté internationale. »

Qasmiyeh et les ponts du Litani au centre de l’escalade

La déclaration présidentielle intervient après une nouvelle séquence de frappes israéliennes sur les ponts du Sud-Liban. Reuters a rapporté qu’Israël a frappé dimanche un pont majeur sur l’axe côtier au niveau de Qasmiyeh, après que le ministre israélien de la Défense a annoncé l’ordre de détruire tous les ponts du Litani qu’Israël estime utilisés par le Hezbollah.  

Pour Baabda, l’enjeu dépasse de loin la seule dimension tactique. Le communiqué insiste sur la fonction de ces ponts comme « artère vitale » pour les civils, les secours et l’aide humanitaire. La présidence ne parle donc pas seulement d’ouvrages détruits. Elle décrit une tentative de fragmenter le Sud-Liban, d’isoler la zone située au sud du Litani et de créer, par la force, une nouvelle réalité territoriale.

Les dernières déclarations israéliennes

Le communiqué de Joseph Aoun s’inscrit dans un contexte de durcissement très net du discours israélien.

Dimanche, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que lui-même et Benyamin Nétanyahou avaient ordonné à l’armée de détruire « immédiatement » tous les ponts au-dessus du Litani servant, selon Israël, à des « activités terroristes », afin d’empêcher le passage du Hezbollah et d’armes vers le sud. Selon Reuters, il a aussi demandé à l’armée « d’accélérer la destruction des maisons libanaises dans les villages de contact », en invoquant ce qui a été fait à Beit Hanoun et à Rafah dans la bande de Gaza.  

La veille, le chef d’état-major israélien Eyal Zamir avait annoncé qu’il n’y aurait « plus de containment », mais seulement « initiative and attack ». Il a ajouté qu’Israël ne reviendrait pas à la politique des « rounds » et des escalades limitées au Liban, et que l’armée ne s’arrêterait pas tant que « la menace » n’aurait pas été écartée de la frontière.  

Ces déclarations donnent un relief particulier à la lecture de Baabda. Lorsque la présidence parle d’« introduction à une invasion terrestre », elle l’inscrit dans une séquence où les responsables israéliens ne parlent plus seulement de frappes ciblées, mais de destruction des ponts, de démolition accélérée des maisons frontalières et de fin de toute logique de retenue.

Une alerte politique autant que diplomatique

Le communiqué de Joseph Aoun marque un net durcissement du langage présidentiel. Il ne se limite plus à dénoncer des violations de souveraineté. Il met en cause une stratégie israélienne plus large, associée à trois objectifs : couper la continuité territoriale au Sud-Liban, gêner l’arrivée de l’aide humanitaire, et préparer une zone tampon imposée par la force.

L’expression la plus lourde reste celle d’« invasion terrestre ». Elle place la déclaration bien au-delà d’une protestation diplomatique classique. Le chef de l’État dit explicitement que Beyrouth voit, dans la destruction des ponts et des infrastructures civiles, les signes avant-coureurs d’une opération terrestre israélienne plus large.

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Newsdesk Libnanews
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