vendredi, février 20, 2026

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Joseph Aoun face à la tempête : le ministère des finances et Amal au centre des discussions

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La formation d’un gouvernement au Liban est une tâche complexe, particulièrement dans un contexte de crises multiples. Le président Joseph Aoun, porteur d’un espoir de renouveau politique, se trouve confronté à une épreuve colossale : composer un cabinet représentatif et compétent tout en surmontant les tensions interconfessionnelles et les rivalités politiques. Au centre de ces tensions se trouvent les partis chiites, principalement le Hezbollah et Amal, dont l’influence sur le processus politique et la gestion des postes stratégiques, comme le ministère des Finances, est considérable.

Un équilibre confessionnel en jeu

Depuis la signature de l’Accord de Taëf, le système politique libanais repose sur une répartition confessionnelle des pouvoirs. Ce modèle, bien qu’il ait permis de préserver une certaine stabilité, a également renforcé les luttes de pouvoir entre les communautés. Les partis chiites, avec le Hezbollah et Amal en tête, jouent un rôle central dans ce système. Le ministère des Finances est symboliquement crucial, car il est traditionnellement attribué à un représentant chiite, ce qui illustre l’importance de maintenir cet équilibre confessionnel.

Le contrôle du ministère des Finances par Amal, sous la direction de Nabih Berri, est perçu comme un moyen pour la communauté chiite de peser dans les décisions économiques et financières du pays. Selon Al Joumhouriyat (22 janvier 2025), tout bouleversement de cet équilibre pourrait être interprété comme une tentative d’exclure une communauté spécifique de la prise de décision, ce qui risquerait d’aggraver les tensions interconfessionnelles. Cependant, la pression croissante pour introduire des réformes et redistribuer les postes en fonction des compétences, plutôt que des affiliations politiques, remet en question cette dynamique. Joseph Aoun, soutenu par des partenaires internationaux, envisage un gouvernement plus technocratique, ce qui pourrait menacer cette tradition.

Les partis chiites face à des divisions internes

Le Hezbollah et Amal dominent la scène politique chiite depuis plusieurs décennies. Leur alliance stratégique a permis de garantir un front uni dans les négociations gouvernementales, mais des tensions émergent autour des concessions à faire pour permettre la formation du nouveau cabinet.

Des fissures commencent à apparaître, notamment en raison des divergences stratégiques entre les deux partis. Le Hezbollah, en quête de préserver son image régionale et de répondre aux pressions internationales, semble prêt à accepter certains compromis.

En effet, selon Al Diyar (22 janvier 2025), le Hezbollah se montre plus flexible, considérant les pressions internationales et la nécessité d’un gouvernement fonctionnel. En revanche, Amal, sous Nabih Berri, reste ferme sur le maintien du ministère des Finances sous son contrôle. Cette divergence, bien qu’elle ne remette pas en cause leur alliance, complique les négociations. Un cadre proche du Hezbollah aurait déclaré : « Nous devons être prêts à des compromis, même sur des postes stratégiques, pour répondre aux besoins urgents du Liban. »

Des réformes économiques urgentes

La crise économique qui frappe le Liban a exacerbé les tensions politiques. Les institutions internationales, comme le FMI, exigent des réformes structurelles comme condition préalable à toute aide financière. Ces réformes incluent une gestion plus transparente et indépendante des finances publiques. Le ministère des Finances est au cœur de ces exigences. Les accusations de corruption et de mauvaise gestion sous le contrôle d’Amal sont devenues un point focal des critiques. Selon Nida’ Al Watan (22 janvier 2025), les bailleurs de fonds ont exprimé leur inquiétude face à l’opacité de la gestion des budgets publics et au manque de progrès dans les négociations avec les créanciers internationaux.

L’ambassadeur de France au Liban aurait déclaré : « Une réforme crédible commence par le choix d’une figure indépendante et compétente pour diriger le ministère des Finances. » Cette déclaration souligne la nécessité d’un remaniement au sein du gouvernement pour rétablir la confiance des partenaires internationaux.

Une gestion controversée au ministère des Finances

Depuis que le ministère des Finances est sous le contrôle d’Amal, il a été accusé de pratiques opaques et inefficaces. Les critiques incluent l’incapacité à mettre en œuvre des réformes fiscales, l’accumulation de dettes et l’absence de transparence dans la gestion des fonds publics. Selon Al Akhbar (22 janvier 2025), plusieurs observateurs estiment que cette mauvaise gestion a contribué à l’aggravation de la crise financière du pays. L’idée de confier ce poste à une figure technocratique gagne du terrain, notamment parmi les jeunes réformateurs et les manifestants qui dénoncent l’élite politique depuis 2019. Cependant, cette perspective rencontre une forte opposition de la part d’Amal. Lors d’une réunion rapportée par Ad Diyar (22 janvier 2025), Nabih Berri aurait affirmé : « Le ministère des Finances n’est pas simplement un portefeuille. C’est une garantie pour notre communauté et une question de principe. »

Un impact sur l’équilibre politique et confessionnel

L’exclusion d’Amal du ministère des Finances, qui est historiquement un portefeuille clé réservé à un représentant chiite, pourrait être perçue comme une marginalisation politique de la communauté chiite. Ce ministère joue un rôle crucial dans la gestion des budgets publics, la planification des dépenses et la négociation avec les partenaires internationaux. Sa perte par Amal pourrait provoquer des tensions au sein de l’alliance Hezbollah-Amal, affaiblissant leur influence globale sur le gouvernement.

En termes institutionnels, cela pourrait engendrer des blocages dans l’approbation des budgets et des lois financières au Parlement, où Nabih Berri, leader d’Amal, conserve une influence considérable en tant que président de la Chambre. Selon Al Akhbar (22 janvier 2025), toute tentative d’exclure Amal pourrait entraîner une politique d’obstruction systématique, paralysant davantage le fonctionnement de l’État.

Répercussions sur les réformes économiques et financières

Avancées potentielles en matière de transparence

Si le ministère des Finances est confié à une figure technocratique ou indépendante, cela pourrait répondre aux exigences des institutions internationales, comme le FMI et la Banque mondiale, en matière de transparence et de lutte contre la corruption. Selon Nida’ Al Watan (22 janvier 2025), les partenaires internationaux insistent pour que ce portefeuille soit géré par une personnalité capable de rétablir la crédibilité des finances publiques et de rationaliser les dépenses.

Cette redistribution pourrait également améliorer la gestion des négociations sur la restructuration de la dette publique libanaise, un élément crucial pour relancer l’économie. En remplaçant Amal, accusé de pratiques opaques, par un ministre compétent et neutre, le Liban pourrait gagner la confiance des investisseurs et des donateurs étrangers.

Risque d’obstruction politique aux réformes

Cependant, Amal pourrait utiliser son pouvoir législatif pour entraver l’adoption des réformes nécessaires. Le ministère des Finances est central dans l’application des politiques fiscales, et sa réorganisation sans le soutien d’Amal pourrait créer des blocages institutionnels, ralentissant les progrès économiques.

Répercussions sur la lutte contre la corruption

L’exclusion d’Amal offrirait également une opportunité de mener des audits approfondis sur la gestion passée du ministère. Cela pourrait révéler des irrégularités financières, mais risquerait aussi de renforcer les rivalités politiques, en particulier si ces enquêtes sont perçues comme sélectives ou politiquement motivées.

Impact sur l’affaire du port de Beyrouth

Rôle du ministère des Finances dans l’affaire

Le ministère des Finances joue un rôle clé dans la gestion des douanes et des recettes portuaires, deux aspects centraux de l’affaire de l’explosion du port de Beyrouth. Sous le contrôle d’Amal, ce ministère a été accusé de négligence dans la surveillance des activités portuaires et dans la gestion des fonds publics liés au port. L’explosion d’août 2020 a révélé de graves lacunes dans les structures de gestion, notamment un manque de coordination entre les différents ministères et agences responsables.

Selon Al Joumhouriyat (22 janvier 2025), des documents internes pointent vers une responsabilité partielle du ministère des Finances dans la non-application des normes de sécurité et dans l’allocation des ressources destinées au port. Une redistribution de ce portefeuille pourrait permettre de relancer les enquêtes et d’assurer une gestion plus transparente des infrastructures portuaires.

Relance des enquêtes et des audits

Si le ministère est confié à une figure indépendante, cela pourrait faciliter l’accès aux données financières liées au port et encourager des enquêtes approfondies sur les responsabilités politiques et administratives. Cependant, Amal pourrait interpréter cette action comme une attaque directe contre ses membres, compliquant la coopération nécessaire à la résolution de l’affaire.

Perspectives pour la reconstruction du port

L’exclusion d’Amal pourrait également influencer les négociations internationales sur le financement de la reconstruction du port. Les bailleurs de fonds, notamment l’Union européenne, ont exigé une transparence totale dans la gestion des projets liés à cette reconstruction. Une réforme au sein du ministère des Finances serait donc perçue comme un pas dans la bonne direction.

Les risques d’une redistribution des pouvoirs

L’éventuelle redistribution des portefeuilles ministériels représente une opportunité pour introduire des réformes structurelles et restaurer la confiance des citoyens libanais. Cependant, elle comporte également des risques importants. Une exclusion d’Amal pourrait fracturer davantage les alliances internes et intensifier les tensions confessionnelles. Selon Al Quds Al Arabi (22 janvier 2025), un diplomate étranger a déclaré : « Ce changement est nécessaire pour redonner au Liban une crédibilité internationale, mais il doit être mené avec prudence pour éviter une crise politique majeure. »

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Newsdesk Libnanews
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