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Joseph Aoun reçoit l’IDAL

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Le Liban, confronté à une crise économique persistante et à des défis sécuritaires accrus, voit son président Joseph Aoun multiplier les initiatives pour consolider les institutions étatiques et attirer les soutiens internationaux. Dans une série de rencontres récentes, le chef de l’État a mis l’accent sur la nécessité de relancer l’économie par des investissements étrangers tout en renforçant les capacités des forces armées. Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où le pays du Cèdre cherche à stabiliser son appareil sécuritaire après des années de tensions régionales, notamment avec Israël et au sein de ses frontières sud.

Lors d’une réunion avec le conseil d’administration de la Môassassa el-Amma li Tashji’ el-Istithmarat fi Lubnan (IDAL), l’autorité publique chargée de promouvoir les investissements au Liban, le président Aoun a insisté sur l’urgence de stimuler l’arrivée de capitaux étrangers. Il a particulièrement appelé à la réactivation du programme « One Stop Shop », un mécanisme conçu pour simplifier les procédures administratives pour les investisseurs. Selon les déclarations officielles, ce programme permettrait à l’IDAL de jouer pleinement son rôle en facilitant l’obtention de licences et de permis, réduisant ainsi les délais bureaucratiques qui freinent souvent les projets économiques.

Cette intervention présidentielle intervient alors que le Liban peine à émerger d’une récession profonde, marquée par une dette publique dépassant les 90 milliards de dollars et une inflation qui a culminé à plus de 200 % en 2023, selon les rapports du Fonds monétaire international. L’IDAL, créée en 1994 par la loi n° 16, cible huit secteurs prioritaires : agriculture, agro-industrie, industrie, technologie, informatique, médias, télécommunications et tourisme. Son rôle est pivotal dans un pays où le secteur privé représente plus de 80 % de l’activité économique, mais où les investissements directs étrangers ont chuté de manière drastique depuis 2019, passant de 2,5 milliards de dollars à moins de 500 millions en 2024.

Le président Aoun, ancien commandant en chef de l’armée libanaise élu en janvier 2025 après deux ans de vacance présidentielle, a souligné que la relance économique passe par une confiance restaurée auprès des investisseurs. « Il est nécessaire de travailler à encourager les investisseurs et de réactiver le programme ‘One Stop Shop’ au sein de l’institution, pour lui permettre d’assumer pleinement son rôle », a-t-il déclaré lors de cette rencontre. Cette directive s’aligne sur la vision nationale pour 2030, qui vise à diversifier l’économie au-delà des services financiers traditionnels, durement touchés par la crise bancaire.

Les défis administratifs au Liban

Le programme « One Stop Shop », lancé initialement pour rationaliser les démarches, a connu des interruptions dues à la pandémie de Covid-19 et à l’instabilité politique. Il offre un guichet unique pour les demandes de permis, réduisant théoriquement le temps de traitement à quelques semaines au lieu de mois. Cependant, des obstacles persistants, tels que la corruption perçue et les retards dans les ministères concernés – comme ceux de l’Économie et du Commerce ou de la Justice –, ont limité son efficacité. Des investisseurs potentiels, notamment en provenance des pays du Golfe et d’Europe, ont souvent cité ces lourdeurs comme un frein majeur.

Dans ce cadre, l’IDAL a récemment mis à jour son portail en ligne, fournissant des guides détaillés sur les incitations fiscales : exemptions d’impôts sur les sociétés jusqu’à 10 ans pour les projets dans les secteurs prioritaires, et facilités pour le rapatriement des profits. Ces mesures sont cruciales dans un pays où le chômage touche plus de 40 % de la population active, et où les envois de fonds de la diaspora – estimés à 7 milliards de dollars annuellement – restent un pilier économique. Le président Aoun, conscient de ces réalités, a exhorté le conseil d’administration à prioriser les secteurs innovants, comme la technologie et les énergies renouvelables, pour attirer des partenariats avec des acteurs internationaux.

Les défis économiques en détail

Revenant à l’IDAL, les incitations incluent des réductions fiscales de 50 % pour les projets qualifiés, avec un investissement minimum requis variant par secteur. Le portail de l’IDAL liste des opportunités, comme dans l’agro-industrie, où les exportations ont augmenté de 15 % en 2025 malgré les crises.

Le gouvernement, via le ministère des Finances, a soumis un budget 2025 le 29 juillet dernier, aligné sur les recommandations du FMI pour une croissance projetée à 2 % en 2026. Ces chiffres, croisés avec les rapports de la Banque mondiale, soulignent la nécessité d’investissements pour relancer l’emploi et stabiliser la livre libanaise.

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Newsdesk Libnanews
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