lundi, février 9, 2026

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Koweït : huit hôpitaux libanais inscrits sur la liste des sanctions antiterroristes le 8 février 2026

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Le 8 février 2026, le ministère koweïtien des Affaires étrangères a émis une circulaire indiquant que huit hôpitaux libanais ont été ajoutés à la liste nationale des sanctions liées à la lutte contre le terrorisme. Cette mesure, prise dans le cadre de l’application des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sous le chapitre VII, impose un gel des avoirs et interdit toute transaction financière avec ces établissements. Parmi les hôpitaux visés figurent l’hôpital universitaire Sheikh Ragheb Harb à Nabatieh, l’hôpital Salah Ghandour à Bint Jbeil, l’hôpital Al-Amal à Baalbek, l’hôpital Saint-George à Hadath, l’hôpital Dar Al-Hikma à Baalbek, l’hôpital Al-Batoul à Hermel, l’hôpital Al-Shifa à Khaldeh et l’hôpital Al-Rasoul Al-Aazam dans les banlieues sud de Beyrouth.

Cette décision émane du comité koweïtien chargé de la mise en œuvre des résolutions onusiennes relatives à la lutte contre le terrorisme et à la prévention de la prolifération des armes de destruction massive. Elle s’inscrit dans un effort plus large de conformité aux obligations internationales, obligeant les institutions financières et les entités koweïtiennes à suspendre immédiatement tout lien avec ces hôpitaux. Le comité a précisé que des motifs raisonnables existent pour croire que ces établissements sont impliqués dans des activités facilitant le terrorisme, sans toutefois détailler publiquement les éléments probants à l’appui de cette classification.

Une surprise pour les autorités libanaises

Au Liban, cette annonce a provoqué une réaction immédiate de stupeur au sein du ministère de la Santé publique. Le ministre de la Santé, le docteur Rakan Nassreddine, en poste depuis la formation du gouvernement de Nawaf Salam en février 2025, a exprimé son étonnement face à cette mesure, soulignant que Beyrouth n’avait reçu aucune notification préalable de la part des autorités koweïtiennes. « C’est une grande surprise, et nous n’avons pas été informés par aucune entité koweïtienne sur cette question », a déclaré le ministère dans un communiqué officiel, ajoutant qu’il chercherait des clarifications auprès des instances diplomatiques concernées.

Le syndicat des hôpitaux libanais a également réagi, qualifiant la décision d’inédite et appelant à une vérification urgente. Les établissements concernés sont tous enregistrés officiellement auprès du ministère libanais de la Santé et fournissent des services essentiels à des populations souvent vulnérables, dans des régions comme le sud du Liban, la Békaa et les banlieues de Beyrouth. Le ministre Nassreddine, qui a récemment visité plusieurs centres de lutte contre le cancer et inauguré des conférences médicales, a insisté sur le rôle humanitaire primordial de ces institutions, affirmant qu’elles opèrent dans le cadre légal et contribuent à la continuité des soins malgré les défis économiques persistants au Liban.

Les hôpitaux réagissent à l’annonce

Parmi les directeurs d’hôpitaux touchés, Hussein Chkeir, responsable de l’hôpital Al-Rasoul Al-Aazam, a déclaré n’avoir reçu aucune notification officielle et avoir entamé des vérifications auprès du ministère libanais de la Santé. « Si cela est confirmé, ce serait sans précédent, et nous appelons les autorités libanaises à s’assurer qu’il n’y a aucune validité à tout soupçon qui nous est attribué au-delà de notre rôle humanitaire et médical », a-t-il indiqué dans une déclaration rapportée par le quotidien libanais Annahar le 9 février 2026.

D’autres établissements, comme l’hôpital Salah Ghandour à Bint Jbeil, ont été mentionnés dans des contextes antérieurs de tensions régionales, notamment lors d’affrontements frontaliers avec Israël, où des forces militaires ont signalé des activités suspectes aux alentours. Cependant, les directions hospitalières insistent sur leur mission exclusive de soins, servant des communautés locales dans des zones souvent sous-équipées en infrastructures médicales.

Un contexte régional tendu

Cette inscription intervient dans un climat de tensions persistantes au Moyen-Orient, où le Liban reste confronté à des défis sécuritaires et économiques. Les hôpitaux listés sont situés dans des régions historiquement influencées par des dynamiques confessionnelles et politiques complexes, comme le sud chiite ou la Békaa, où les services de santé compensent souvent les lacunes de l’État. Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, a déjà dû gérer des crises multiples, incluant la reconstruction post-conflits et la stratégie nationale de santé Vision 2030, qui vise à renforcer les systèmes de protection sociale et la transformation numérique des services publics.

Le Koweït, de son côté, a renforcé ses mesures antiterroristes ces dernières années, en ligne avec les résolutions onusiennes, et a déjà ciblé des entités soupçonnées de liens avec des groupes armés régionaux. Cette action s’ajoute à une série de sanctions visant à prévenir le financement d’activités illicites, dans un contexte où les transferts financiers du Golfe vers le Liban jouent un rôle crucial pour l’économie locale, soutenant des emplois, des aides et des investissements.

Les répercussions immédiates sur la confiance publique

Au-delà de la dimension diplomatique, cette mesure soulève des préoccupations sociales profondes dans un Liban déjà fragilisé par une crise économique prolongée. Les hôpitaux ne sont pas seulement des lieux de soins ; ils incarnent un pilier de confiance pour les populations. Dès l’annonce, des interrogations ont émergé parmi les patients et leurs familles, qui hésitent désormais à se rendre dans ces établissements par crainte de stigmatisation ou de complications administratives. Dans un pays où l’accès aux soins est entravé par des coûts élevés, des pénuries chroniques de médicaments et une émigration massive du personnel médical – avec plus de 40 % des médecins ayant quitté le Liban depuis 2019 –, la réputation d’un hôpital devient un enjeu vital pour sa survie.

L’absence de notification officielle, comme l’a souligné le directeur de l’hôpital Al-Rasoul Al-Aazam, alimente un phénomène de rumeur amplifié par les réseaux sociaux et les médias. Dans un environnement saturé d’informations non vérifiées, une telle accusation se propage rapidement, générant un climat de peur avant même toute clarification. Les autorités sanitaires libanaises se trouvent ainsi contraintes à une réaction rapide, non seulement pour gérer les relations bilatérales avec le Koweït, mais aussi pour rassurer le public et préserver la continuité des services médicaux. Le ministre Nassreddine, lors de récentes visites à des centres oncologiques, a rappelé l’importance de la continuité dans l’avancement de la stratégie de santé nationale, soulignant que des interruptions pourraient aggraver les taux alarmants de maladies comme le cancer, avec 224 cas pour 100 000 habitants.

Des effets en cascade sur l’économie locale

Les hôpitaux libanais représentent bien plus que des institutions médicales : ils sont des employeurs majeurs, soutenant des milliers de familles dans un contexte de chômage élevé et de dévaluation de la livre libanaise. Chaque établissement emploie du personnel qualifié, des infirmiers aux techniciens, et génère des chaînes d’approvisionnement locales pour les équipements et les médicaments. Une fragilisation externe, comme cette inscription sur une liste de sanctions, risque de perturber ces écosystèmes, en décourageant les donateurs internationaux et en compliquant les partenariats avec des organismes comme la Banque mondiale, qui a approuvé en janvier 2026 un financement de 350 millions de dollars pour soutenir les populations vulnérables et les systèmes de protection sociale au Liban.

Dans les régions concernées, comme Nabatieh ou Baalbek, ces hôpitaux compensent souvent l’absence de services étatiques directs, offrant des soins gratuits ou subventionnés à des communautés affectées par les conflits passés et les instabilités actuelles. La mesure koweïtienne pourrait entraîner une suspension d’aides financières du Golfe, essentielles pour importer des médicaments ou maintenir des équipements, exacerbant les pénuries déjà critiques. Par exemple, en 2025, la distribution de médicaments contre le cancer a atteint près de 200 000 boîtes, un effort que des perturbations pourraient compromettre.

Les implications pour les patients et les communautés

Pour les patients, cette suspicion de « liste de terrorisme » génère une hésitation palpable. Des familles, déjà confrontées à des choix difficiles entre soins et besoins quotidiens, pourraient opter pour des alternatives plus lointaines ou coûteuses, augmentant les risques sanitaires. Dans un pays où l’inflation a dépassé les 200 % en 2023 et où la dette publique reste l’une des plus élevées au monde, selon les rapports du FMI, toute érosion de confiance dans les institutions de santé amplifie les vulnérabilités sociales.

Les communautés locales, particulièrement dans le sud et la Békaa, dépendent de ces hôpitaux pour des services allant des urgences aux traitements chroniques. L’hôpital Sheikh Ragheb Harb, par exemple, sert une population rurale souvent isolée, où les infrastructures routières et électriques restent précaires. Une stigmatisation internationale pourrait dissuader les médecins de retour au pays ou les investissements en formation, aggravant l’exode des compétences médicales.

Les défis diplomatiques et légaux

Sur le plan diplomatique, le Liban prévoit d’engager des discussions avec le Koweït pour obtenir des éclaircissements. Le gouvernement Salam, qui a récemment approuvé le budget 2026 en septembre 2025 et géré le retour de plus de 500 000 réfugiés syriens en janvier 2026, doit naviguer ces tensions sans compromettre ses relations avec les pays du Golfe, sources vitales de soutien économique. Le ministre Nassreddine a réaffirmé l’engagement pour une collaboration avec les partenaires internationaux, comme lors de la conférence sur le tourisme médical en février 2026.

Légaux, les hôpitaux pourraient contester la décision via des canaux onusiens, arguant de leur rôle humanitaire. Le comité koweïtien coordonnera avec les autorités de supervision pour vérifier la conformité, soulignant l’engagement du Koweït dans la lutte contre le financement du terrorisme.

Les effets persistants sur le secteur de la santé

En février 2026, alors que le Liban poursuit sa Vision 2030 pour la santé, avec un accent sur les maladies chroniques et l’accès équitable, cette mesure koweïtienne met en lumière les vulnérabilités du système. Les hôpitaux, qui ont distribué des millions de doses de médicaments en 2025, risquent de voir leurs opérations entravées par des restrictions bancaires internationales. Le ministre Nassreddine, lors d’une visite récente au centre Barbara Nassar pour le cancer, a endossé le slogan « Pas de mendicité, pas de supplication », illustrant la détermination à maintenir l’autonomie des soins malgré les pressions externes.

Les implications immédiates incluent une possible réduction des dons, affectant les investissements en équipements. Dans les zones frontalières, où les tensions avec Israël persistent, ces hôpitaux assurent des services d’urgence essentiels, et toute perturbation pourrait accroître les risques pour les civils. Le gouvernement libanais, en coordination avec l’ONU, examine les options pour atténuer ces effets, tout en maintenant les permis de travail pour les infirmiers palestiniens accordés en février 2026.

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Newsdesk Libnanews
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