samedi, janvier 24, 2026

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La Banque Mondiale écarte le « bail-out » (renflouement du système financier par l’État via ses actifs) proposé par l’Association des Banques du Liban

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Le 1er décembre 2020, la Banque Mondiale a publié un rapport sur le Liban intitulé « La dépression délibérée » critiquant l’absence de réformes promises lors de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE) à Paris en 2018 en échange de 11 milliards de dollars de crédits et autres financement (dont 4 milliards de dollars de prêts par la Banque Mondiale, le plus grand contributeur). À l’automne 2015, l’organisation mondiale avait publié un rapport sur le Liban intitulé « La grande confiscation » dénonçant la gouvernance en place depuis la fin de la guerre tant au niveau politique qu’au niveau de la Banque Centrale (la BDL ou Banque du Liban). 

Le dernier rapport de la Banque Mondiale dit : « Le secteur bancaire (l’ABL ou l’Association des Banques du Liban) plaide pour des mécanismes qui intègrent des actifs appartenant à l’État, des réserves d’or et de l’immobilier national afin de renflouer leurs bilans dépréciés. Cela constitue un renflouement externe (« bail-out ») du secteur financier et est incompatible avec les principes de restructuration établis à la suite de la crise financière mondiale de 2008 pour protéger les contribuables en cas de faillite des institutions financières. »

Le plan du gouvernement, accepté par le Fonds monétaire international (FMI) mais rejeté par la BDL et l’ABL et paralysé par la Commission parlementaire des Finances et du Budget, le Courant du Futur dont le leader (le Premier ministre désigné Saad Hariri) est actionnaire d’une banque (Bankmed), le mouvement Amal du Président du Parlement (Nabih Berri) et le Parti socialiste progressiste (de Walid Joumblatt), dit : « Un renflouement complet du secteur financier n’est pas une option. Partout dans le monde depuis la crise financière de 2008, la pratique internationale s’est éloignée de l’idée qu’un système financier défaillant devrait être soutenu par l’argent public / les contribuables. Aucune aide étrangère ne sera disponible pour couvrir les pertes d’un effondrement financier national. Le renflouement n’est pas une option également en raison de l’ampleur des pertes accumulées dans le secteur financier. Aucun gouvernement ne prendrait la responsabilité de demander aux générations futures de couvrir ces lourdes pertes du passé. »

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Michel Fayad
Michel Fayadhttp://www.michelfayad.com/
Michel Fayad est un professionnel de l’énergie et de la finance, formateur en géopolitique à l’IFP Training (IFP Énergies nouvelles) et ancien conseiller du ministre libanais de l’Économie et du Commerce. Diplômé entre autres de New York University (NYU) Stern, de la London School of Economics and Political Science (LSE), de HEC Paris et de l’Université Paris Saclay, il a étudié notamment la science politique, la diplomatie, la géopolitique, le droit, l’économie, le management, la finance, la gestion. Son mémoire de Master, consacré à la menace fondamentaliste sunnite au Liban, a été salué par de grands universitaires comme les professeurs Lina Murr Nehmé et Joseph Maïla, ex-directeur de la Prospective et du Pôle Religion au ministère français des Affaires étrangères. Il a conçu, structuré, financé et dirigé des projets dans l’énergie, les ressources naturelles et les infrastructures pour Bluegreen (groupe Bucherer), Bolloré Transport & Logistics et d’autres, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Europe. Il a également exercé des activités de conseil pour Axa, EDF, Manutan et d’autres. Il a enfin siégé aux conseils d’administration de sociétés énergétiques et minières cotées à la Bourse de Londres (AIM) et sur Euronext Growth Oslo. Doctorant à l’Université Grenoble Alpes et à Sciences Po Grenoble, au sein du Centre d’Études et de Recherche sur la Diplomatie, l’Administration Publique et le Politique (CERDAP²), il consacre sa thèse en science politique à la perte de souveraineté du Liban entre 1984 et 1986, à la suite de l’assassinat de Bachir Gemayel et du sabotage de l’accord avec Israël. Expert reconnu des questions géopolitiques (Moyen-Orient, Afrique du Nord et Subsaharienne, ex-URSS et ex-Yougoslavie), il intervient régulièrement dans les médias en France (France 2, M6, BFM TV, CNEWS, LCI, France Info TV, France 24, TV5 Monde, Europe 1, RTL, Radio Classique, Sud Radio, Le Figaro, Libération, Marianne, le JDD, Valeurs Actuelles, Atlantico, etc.) et au Moyen-Orient (Asharq Bloomberg, An-Nahar, El-Nashra, L’Orient-Le Jour, Libnanews, etc.) et au sein des institutions parlementaires et universitaires ainsi qu’auprès de grandes entreprises. Considéré par feu le professeur Antoine Sfeir comme son poulain, ses analyses sont notamment saluées par le professeur Jacques Soppelsa, le diplomate Naji Abi Assi (représentant de la Ligue arabe à Paris) ou encore le général François Chauvancy. Cours et interventions marquantes : Conférence « Risque de guerre civile au Liban », ESJ Lille et Sciences Po Lille Intervention au Sénat français sur la crise financière et judiciaire du Liban Cours à l’IFP Training : Géopolitique des métaux stratégiques et des terres rares ; Géopolitique des hydrocarbures

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