Le siège de la Banque Mondiale. Source Photo: Wikipedia
Le siège de la Banque Mondiale. Source Photo: Wikipedia

Le 1er décembre 2020, la Banque Mondiale a publié un rapport sur le Liban intitulé « La dépression délibérée » critiquant l’absence de réformes promises lors de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE) à Paris en 2018 en échange de 11 milliards de dollars de crédits et autres financement (dont 4 milliards de dollars de prêts par la Banque Mondiale, le plus grand contributeur). À l’automne 2015, l’organisation mondiale avait publié un rapport sur le Liban intitulé « La grande confiscation » dénonçant la gouvernance en place depuis la fin de la guerre tant au niveau politique qu’au niveau de la Banque Centrale (la BDL ou Banque du Liban). 

Le dernier rapport de la Banque Mondiale dit : « Le secteur bancaire (l’ABL ou l’Association des Banques du Liban) plaide pour des mécanismes qui intègrent des actifs appartenant à l’État, des réserves d’or et de l’immobilier national afin de renflouer leurs bilans dépréciés. Cela constitue un renflouement externe (« bail-out ») du secteur financier et est incompatible avec les principes de restructuration établis à la suite de la crise financière mondiale de 2008 pour protéger les contribuables en cas de faillite des institutions financières. »

Le plan du gouvernement, accepté par le Fonds monétaire international (FMI) mais rejeté par la BDL et l’ABL et paralysé par la Commission parlementaire des Finances et du Budget, le Courant du Futur dont le leader (le Premier ministre désigné Saad Hariri) est actionnaire d’une banque (Bankmed), le mouvement Amal du Président du Parlement (Nabih Berri) et le Parti socialiste progressiste (de Walid Joumblatt), dit : « Un renflouement complet du secteur financier n’est pas une option. Partout dans le monde depuis la crise financière de 2008, la pratique internationale s’est éloignée de l’idée qu’un système financier défaillant devrait être soutenu par l’argent public / les contribuables. Aucune aide étrangère ne sera disponible pour couvrir les pertes d’un effondrement financier national. Le renflouement n’est pas une option également en raison de l’ampleur des pertes accumulées dans le secteur financier. Aucun gouvernement ne prendrait la responsabilité de demander aux générations futures de couvrir ces lourdes pertes du passé. »

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Michel Fayad
Né à Baabda (Liban) en 1983, Michel Fayad est diplômé de HEC Paris, de la London School of Economics & Political Science (LSE), de la NYU Stern, de l'Université Paris-Saclay, etc. Après avoir fait des études en science-politique, diplomatie, géopolitique, relations internationales, management, droit, économie et gestion et avoir travaillé comme analyste financier dans un hedge fund, il intervient depuis 2009 dans la structuration financière de projets dans le secteur de l'énergie et des ressources naturelles et effectue des opérations de fusions-acquisitions.