vendredi, février 13, 2026

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La Coordination libano-américaine exhorte à un monopole étatique des armes après la visite du général Haykal aux États-Unis

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La Coordination libano-américaine (LACC), regroupant plusieurs organisations de la diaspora libanaise aux États-Unis, a publié un communiqué simultanément à Washington et à Beyrouth, appelant à une souveraineté pleine pour le Liban. Ce document, émis à la veille d’une tournée annuelle auprès des institutions américaines, met l’accent sur le confinement des armes aux mains de l’État, la tenue d’élections parlementaires dans les délais constitutionnels et le soutien international à l’armée libanaise. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la récente visite du commandant en chef de l’armée, le général Rodolph Haykal, aux États-Unis, du 2 au 5 février 2026, et par les préparatifs d’une conférence internationale à Paris prévue pour le 5 mars prochain.

Le communiqué de la LACC, qui réunit des entités comme l’Institut américain libanais pour les politiques (ALPI-PAC), le Rassemblement pour le Liban (AFL), la Partnership pour la renaissance libano-américaine (LARP), les Libanais pour le Liban (LFLF), le Centre libanais d’information (LIC), l’Université culturelle libanaise dans le monde (WLCU) et le Forum d’impact civique (CIH) en tant qu’organisation consultative, souligne l’urgence d’une action décisive. Il s’inscrit dans une dynamique où le Liban, sorti affaibli d’un conflit avec Israël en 2024, tente de consolider ses institutions sous le gouvernement formé par le Premier ministre Nawaf Salam en février 2025.

Un impératif constitutionnel : confiner les armes à l’État

Le cœur du message de la LACC porte sur le monopole des armes par l’État libanais, qualifié de « devoir constitutionnel et souverain non négociable, non reportable et non fractionnable ». Ce principe, ancré dans la Constitution libanaise et renforcé par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, vise à mettre fin à la présence d’arsenaux parallèles, notamment ceux du Hezbollah, qui ont dominé la scène politique et sécuritaire depuis des décennies.

Les résolutions 1559 (adoptée en 2004), 1680 (2006) et 1701 (2006) sont explicitement invoquées dans le communiqué. La résolution 1559 appelle au démantèlement de toutes les milices libanaises et non libanaises, ainsi qu’au retrait des forces étrangères du territoire. Elle a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, avec des déclarations officielles de représentants comme l’ambassadeur américain de l’époque, John Bolton, qui insistait sur la nécessité de « restaurer la souveraineté libanaise ». La résolution 1680 réitère ces exigences, tandis que la 1701, issue de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, impose un cessez-le-feu et le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani, aux côtés de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

Dans le contexte actuel, ces résolutions prennent une acuité particulière. Après l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, supervisé par les États-Unis et la France, l’armée libanaise a entamé la première phase de son plan de déploiement au sud, achevée en janvier 2026. Ce déploiement, impliquant plus de 10 000 soldats, vise à sécuriser la zone frontalière et à empêcher toute reprise des hostilités. Des sources officielles au sein du ministère de la Défense libanais ont indiqué que cette phase a inclus la mise en place de postes d’observation et la coordination avec la Finul, dont le mandat expire en août 2026. Le général Haykal, nommé commandant en chef en mars 2025 après l’élection de l’ancien chef d’état-major Joseph Aoun à la présidence, a supervisé ces opérations, marquant un tournant dans la consolidation de l’autorité étatique.

Cependant, la seconde phase du plan, qui doit s’étendre à l’ensemble du territoire, reste suspendue à des défis logistiques et politiques. Le gouvernement Salam, composé de 24 ministres issus de divers horizons confessionnels mais majoritairement technocrates, s’est engagé à travers sa déclaration ministérielle de février 2025 à exclure toute référence à la « résistance », rompant avec les formules passées qui légitimaient les armes du Hezbollah. Le ministre des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, a déclaré lors d’une réunion avec des diplomates européens en décembre 2025 que « l’État doit être le seul détenteur de la force armée pour garantir la stabilité ».

La visite du général Haykal aux États-Unis : un partenariat renforcé

La LACC salue particulièrement la visite du général Rodolph Haykal aux États-Unis, du 2 au 5 février 2026, comme un témoignage de la solidité de la coopération entre les armées libanaise et américaine. Invité par le chef d’état-major interarmées américain, le général Dan Caine, Haykal a tenu une série de rencontres de haut niveau, incluant des discussions au Pentagone, au Conseil de sécurité nationale, au Département d’État et au Congrès.

Au cours de ces entretiens, les thèmes centraux ont porté sur le renforcement des capacités de l’armée libanaise, la sécurité régionale et les défis posés par les groupes armés non étatiques. Un communiqué du Département de la Défense américain, publié le 6 février 2026, indique que les discussions ont mis l’accent sur « l’importance d’un partenariat durable pour soutenir l’institution militaire libanaise en tant que pilier de la légitimité nationale ». Haykal a rencontré des figures clés comme le sous-secrétaire à la Défense pour les affaires de sécurité internationale, Daniel Zimmerman, et des membres du Congrès, dont le sénateur Lindsey Graham, qui avait critiqué en novembre 2025 le report d’une visite précédente en raison de préoccupations sur les performances de l’armée face au Hezbollah.

Cette visite, reportée de novembre 2025, intervient dans un climat de tensions régionales persistantes. Des sources diplomatiques américaines ont rapporté que les États-Unis ont réaffirmé leur soutien conditionnel à l’armée libanaise, avec un engagement de plus de 200 millions de dollars en aide militaire pour 2026, axé sur l’équipement logistique et la formation. Le porte-parole du Département d’État, Matthew Miller, a déclaré lors d’un briefing le 4 février 2026 : « Nous soutenons une armée libanaise forte et indépendante, capable de protéger les frontières et d’assurer la souveraineté sur l’ensemble du territoire, conformément aux résolutions onusiennes ».

Pourtant, la LACC tempère cet enthousiasme en soulignant que le succès de ce partenariat dépend de la prise en charge pleine par la classe politique libanaise de ses responsabilités. Le communiqué pointe les « ambiguïtés existantes » et les « erreurs accumulées » qui pourraient entraver les efforts de l’armée, appelant à une meilleure préparation des dossiers et à un renforcement de la position souveraine de l’État.

La responsabilité de la classe politique libanaise

Dans un Liban marqué par une vacance présidentielle prolongée jusqu’en janvier 2025 et une crise économique profonde depuis 2019, la classe politique est sous pression. Le gouvernement Salam, formé le 8 février 2025 après des négociations intenses, représente un équilibre confessionnel fragile : 8 ministres sunnites, 8 chiites, 4 maronites, 2 druzes et 2 orthodoxes. Parmi eux, le ministre des Finances, Yassin Jaber (proche d’Amal), et le ministre de la Santé, Rakan Nasreddine (lié au Hezbollah), illustrent les compromis nécessaires pour inclure les factions chiites, tout en marginalisant l’influence directe du Hezbollah affaibli par la guerre de 2024.

Le président Joseph Aoun, élu en janvier 2025 avec le soutien d’une coalition anti-Hezbollah, a signé les décrets de formation du gouvernement, insistant sur la nécessité de réformes. Lors d’une allocution télévisée le 9 février 2025, il a déclaré : « L’État doit assumer pleinement ses responsabilités pour restaurer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux ». La LACC fait écho à cette exigence, appelant à une « préparation optimale des fichiers » pour éviter les retards dans l’équipement de l’armée.

Les défis sont multiples : la dette publique dépasse 150 milliards de dollars, l’inflation a atteint 200 % en 2024 selon les rapports du FMI, et les dépôts bancaires, estimés à 100 milliards de dollars, restent gelés. Le ministre de l’Économie, Amin Salam, a annoncé en janvier 2026 des négociations avancées avec le FMI pour un programme d’aide conditionné à des réformes bancaires.

Une conférence internationale pour soutenir l’armée

La LACC applaudit les efforts de la communauté internationale, notamment du Quintette (États-Unis, France, Arabie saoudite, Égypte et Qatar), pour appuyer l’émergence d’un État respectueux de sa Constitution. Elle appelle à la réussite de la conférence de soutien à l’armée libanaise, prévue à Paris le 5 mars 2026, sous la présidence d’Emmanuel Macron.

Annoncée le 14 janvier 2026 par la présidence libanaise après une réunion avec des envoyés diplomatiques, cette conférence vise à mobiliser des fonds pour renforcer les capacités de l’armée et des forces de sécurité internes. Plus de 50 pays et 10 organisations internationales sont invités, avec des préparatifs en cours à Doha fin février. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en visite à Beyrouth le 7 février 2026, a déclaré : « L’armée libanaise doit disposer des moyens nécessaires pour désarmer le Hezbollah et remplacer la Finul à terme ».

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des conférences passées, comme celle de Rome en 2024, qui avait levé 300 millions d’euros. Le plan libanais, présenté avant la conférence, inclut l’extension du déploiement au-delà du Litani, avec un besoin estimé à 500 millions de dollars pour l’équipement et la formation.

Les élections parlementaires : un test pour la démocratie

La LACC réaffirme son attachement à la tenue des élections parlementaires dans les délais constitutionnels, rejetant toute tentative de report ou de manipulation. Prévue pour mai 2026, cette consultation est cruciale dans un pays où le Parlement, élu en 2022, reste divisé.

Un focus particulier est mis sur les droits des expatriés libanais, estimés à plusieurs millions. Le communiqué exige leur droit de voter pour l’ensemble des 128 députés, sur un pied d’égalité avec les résidents, considérant la diaspora comme « partie intégrante du corps national ». Il critique les articles 112 et 122 de la loi électorale de 2017 comme des violations constitutionnelles du principe d’égalité, appelant à leur abrogation immédiate.

Ces articles limitent la représentation des expatriés à six sièges spécifiques, répartis par continent et confession, une mesure contestée. En 2018 et 2022, les expatriés ont voté pour les 128 sièges, mais un amendement pour maintenir ce système a été bloqué par le président du Parlement, Nabih Berri, en octobre 2025. Une pétition signée par 68 députés en novembre 2025 exigeait son inclusion à l’ordre du jour, sans succès.

Aux États-Unis, le Congrès a introduit le 2 février 2026 le « Lebanon Election Integrity and Diaspora Voting Protection Act », autorisant des sanctions contre quiconque entrave le processus électoral, y compris les droits des expatriés. Le représentant Darin LaHood a déclaré : « La diaspora libanaise joue un rôle vital ; protéger son vote est une priorité de sécurité nationale ».

Les facilités pour le vote à l’étranger sont aussi soulignées : inscription électronique simplifiée et flexibilité pour ceux qui rentrent au Liban. Environ 144 000 expatriés se sont inscrits pour 2026, selon le ministère de l’Intérieur.

Les réformes pour un Liban souverain et prospère

Au-delà de la sécurité et des élections, la LACC insiste sur les réformes financières, économiques, sociales et administratives. Elle appelle à la restitution intégrale des dépôts bancaires avec intérêts, un dossier bloqué depuis la crise de 2019. Le FMI, dans un rapport de décembre 2025, estime les pertes bancaires à 70 milliards de dollars, conditionnant son aide à une restructuration.

Le communiqué évoque l’accord de Taëf (1989), fondement de la paix post-guerre civile, pour bâtir un État de citoyenneté juste et indépendant. Le gouvernement Salam a initié des mesures : loi sur la transparence en janvier 2026 et négociations avec la Banque mondiale pour un prêt de 1 milliard de dollars.

La tournée de la LACC aux États-Unis

En préparation de sa tournée annuelle, la LACC rencontrera des responsables du Département d’État, du Congrès, du Sénat et du Conseil de sécurité nationale. Ces discussions porteront sur les dimensions constitutionnelles, souveraines et réformatrices du dossier libanais. Le CIH, en tant qu’organisme consultatif, coordonne ces efforts.

Cette initiative reflète l’engagement de la diaspora, active dans les remises financières (plus de 7 milliards de dollars en 2025, selon la Banque centrale) et les investissements. Des rencontres récentes avec des diplomates libanais à Washington, en janvier 2026, ont renforcé ces liens, avec des promesses d’appui pour les réformes.

Les implications immédiates des tensions régionales

Les dynamiques régionales influencent ces appels. L’affaiblissement du Hezbollah après 2024 a ouvert une fenêtre pour le désarmement, mais des incidents frontaliers persistent. La Finul, avec 10 000 casques bleus, a rapporté en février 2026 une augmentation des patrouilles conjointes avec l’armée libanaise.

Le Quintette, réuni à Doha en février 2026, a réaffirmé son soutien au plan de déploiement. L’envoyé français Jean-Yves Le Drian a déclaré : « Le Liban doit avancer vers une souveraineté pleine pour éviter un vide sécuritaire ». Parallèlement, des négociations avec Israël sur la frontière terrestre, sous médiation américaine, progressent lentement, avec des points litigieux comme la ferme de Chebaa.

Sur le plan humanitaire, l’ONU a lancé un appel de fonds de 1,5 milliard de dollars pour 2026, ciblant 1,2 million de déplacés internes. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés, dans un rapport de janvier 2026, note que 80 % des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté, exacerbant les pressions sur les institutions.

Ces éléments soulignent l’urgence des réformes, avec l’armée comme pivot. Le général Haykal, lors d’une inspection au sud en février 2026, a inspecté des unités déployées, confirmant leur readiness. Des exercices conjoints avec des forces qatariennes et saoudiennes sont prévus avant la conférence de Paris, renforçant les capacités logistiques.

Les débats sur la loi électorale persistent, avec des sessions parlementaires suspendues depuis octobre 2025. Nabih Berri, président du Parlement, a convoqué une réunion le 10 février 2026 pour discuter des amendements, sous pression internationale.

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