La visite d’Emmanuel Macron au Liban le 18 janvier 2025 marque une étape clé dans les relations franco-libanaises. Confronté à une crise économique et politique majeure, le Liban espère tirer parti de cet engagement pour rétablir sa stabilité. Ce déplacement s’inscrit dans une continuité d’interventions significatives de la France, particulièrement marquées par les visites de Macron après l’explosion du port de Beyrouth en 2020. L’objectif affiché de cette visite est double : soutenir les efforts politiques pour la formation d’un gouvernement et mobiliser des ressources économiques pour la reconstruction.
Héritage des relations franco-libanaises
Les relations entre la France et le Liban remontent à l’époque du mandat français, avec des liens culturels, économiques et stratégiques profonds. La France s’est imposée au fil des décennies comme un partenaire incontournable, capable d’influencer le paysage politique libanais tout en favorisant la stabilité régionale. Les interventions de Macron en 2020, notamment à travers la mobilisation internationale pour une aide d’urgence après la tragédie de Beyrouth, témoignent de cet engagement. Toutefois, malgré des efforts répétés pour encourager des réformes structurelles, les divisions internes libanaises ont entravé les progrès.
La France, acteur clé pour la stabilisation régionale
En 2025, la stratégie française s’appuie sur une vision globale visant à équilibrer les influences en jeu au Liban. Avec la montée en puissance de l’Iran et les tensions croissantes entre Israël et la résistance libanaise, dirigée depuis septembre 2024 par Naim Kassem après la mort de Hassan Nasrallah, la France cherche à renforcer la souveraineté libanaise tout en soutenant les factions modérées. Par cette approche, Macron s’efforce de maintenir la France comme un acteur neutre mais influent dans les négociations régionales.
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La formation du gouvernement : défis et médiation
La désignation de Nawaf Salam comme Premier ministre est une étape cruciale pour tenter de sortir le Liban de l’impasse politique. Toutefois, Salam fait face à des obstacles considérables, en raison des rivalités entre blocs politiques alignés sur l’Iran, l’Arabie saoudite et d’autres acteurs régionaux. Nabih Berri, président du Parlement et allié historique du Hezbollah, joue un rôle clé dans la médiation politique. Bien qu’il ait promis de faciliter la formation d’un gouvernement, son positionnement suscite des interrogations sur la possibilité de parvenir à un consensus.
Engagements économiques et coopération énergétique
La visite de Macron a été marquée par l’annonce d’une conférence internationale pour la reconstruction du Liban. Cette initiative vise à mobiliser des fonds auprès des pays donateurs, dont l’Arabie saoudite, le Qatar et les États-Unis, pour financer des projets dans les secteurs prioritaires tels que les infrastructures, la santé et l’éducation. Macron a également insisté sur la nécessité pour Total de reprendre ses explorations gazières en Méditerranée, une opportunité cruciale pour revitaliser l’économie libanaise. Toutefois, les tensions géopolitiques et l’instabilité locale restent des défis majeurs pour concrétiser ces ambitions.
La situation sécuritaire au sud du Liban
La sécurisation de la région sud du Liban, où les violations israéliennes de la résolution 1701 de l’ONU sont récurrentes, est un enjeu central des discussions. L’armée libanaise, soutenue par la France, joue un rôle essentiel pour prévenir une escalade militaire. La France, à travers son influence diplomatique, cherche à favoriser un climat de désescalade tout en renforçant la capacité de défense du Liban.
Tensions régionales et stratégie française
Au-delà du Liban, cette visite s’inscrit dans une stratégie plus large pour répondre aux tensions au Moyen-Orient. L’accord stratégique entre la Russie et l’Iran, conclu récemment, et les troubles persistants en Syrie, ajoutent des complexités supplémentaires à la situation. Macron tente de positionner la France comme un pont entre les puissances occidentales et les acteurs régionaux.
Réactions et perspectives
Les dirigeants libanais, dont Joseph Aoun et Nawaf Salam, ont exprimé leur gratitude pour l’engagement français. Toutefois, la méfiance persiste parmi une partie de la population, qui doute de la capacité des élites locales à traduire ces initiatives en réformes concrètes. Sur le plan international, la visite de Macron a été perçue comme une tentative de renforcer l’influence française face à d’autres puissances.



