mercredi, janvier 14, 2026

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La prudence européenne et des États-Unis face au nouveau régime syrien

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La chute de Bachar al-Assad a marqué le début d’une période de transition politique en Syrie, suscitant des réactions prudentes de la part des États-Unis et des pays européens. Alors que le gouvernement de transition dirigé par Mohamed Al-Bachir s’efforce de stabiliser le pays, ces puissances adoptent une approche mesurée, conditionnant leur soutien à des garanties sur les droits de l’homme, la justice et la gouvernance.

Un soutien conditionnel et stratégique
Depuis le début de la transition syrienne, les États-Unis et l’Union européenne ont exprimé leur volonté de soutenir le processus, mais avec des conditions strictes. Selon Al Sharq Al-Awsat (édition du 11 décembre 2024), Washington et Bruxelles insistent sur l’inclusion de toutes les factions politiques syriennes, y compris les groupes minoritaires, dans le gouvernement de transition.

Antony Blinken, secrétaire d’État américain, a déclaré lors d’une conférence en novembre 2024 : « Nous soutiendrons la reconstruction de la Syrie uniquement si des garanties solides sont mises en place pour protéger les droits des citoyens et éviter les erreurs du passé. » Cette position reflète une méfiance historique envers les régimes autoritaires dans la région et une crainte d’un retour à des pratiques répressives.

L’Union européenne face à des divisions internes
L’Europe, bien que globalement alignée sur la position américaine, est confrontée à des divisions internes concernant l’ampleur de son engagement en Syrie. Des pays comme la France et l’Allemagne plaident pour un soutien humanitaire accru et une participation active à la reconstruction, tandis que d’autres, comme la Hongrie et la Pologne, se montrent plus réticents, invoquant des préoccupations budgétaires et sécuritaires.

Al Nahar rapporte que l’Union européenne a débloqué une aide humanitaire d’urgence de 500 millions d’euros en 2024, mais a également conditionné toute aide supplémentaire à des réformes institutionnelles en Syrie. Ces réformes incluent notamment la mise en place d’une justice transitionnelle pour juger les crimes du régime Assad, une exigence souvent rejetée par les factions pro-Assad encore influentes.

Les sanctions internationales : un outil de pression
Les sanctions imposées à la Syrie depuis 2011 restent un levier clé pour les puissances occidentales. Selon Al Joumhouriyat, les États-Unis maintiennent une série de sanctions économiques, visant principalement les secteurs de l’énergie et des finances, ainsi que des personnalités proches de l’ancien régime.

L’Union européenne, de son côté, a prolongé ses mesures restrictives jusqu’en 2025, tout en laissant entrevoir la possibilité d’un allègement progressif si des progrès tangibles sont réalisés sur le terrain. Cependant, cette politique suscite des critiques, notamment de la part d’organisations humanitaires, qui soulignent que les sanctions affectent également les populations civiles, entravant la reconstruction et l’accès aux biens essentiels.

Un rôle humanitaire crucial
En dépit de leur prudence politique, les pays occidentaux restent les principaux contributeurs aux efforts humanitaires en Syrie. Selon Al Bina’ (édition du 11 décembre 2024), les États-Unis et l’Union européenne financent plus de 60 % des programmes d’aide internationale, couvrant des secteurs tels que l’éducation, la santé et la sécurité alimentaire.

Cependant, ces initiatives se heurtent à des défis logistiques et politiques. La distribution de l’aide est souvent entravée par l’insécurité dans certaines régions et les rivalités entre les différentes factions syriennes. De plus, les puissances occidentales insistent pour que l’aide humanitaire soit strictement séparée des efforts de reconstruction, une position critiquée par le gouvernement de transition syrien, qui appelle à une approche intégrée.

Des divergences sur le rôle de la Russie et de l’Iran
Les États-Unis et l’Union européenne se montrent particulièrement vigilants face à l’influence persistante de la Russie et de l’Iran en Syrie. Al Sharq Al-Awsat souligne que Washington considère toute intervention de ces deux puissances comme un obstacle à une transition pacifique et inclusive.

L’Europe, bien qu’adoptant une position similaire, cherche à maintenir un dialogue avec Moscou pour éviter une escalade des tensions. Selon Al Nahar, certains diplomates européens envisagent même de travailler avec la Russie sur des projets spécifiques, notamment dans les régions où Moscou conserve une influence significative.

Vers une stabilisation lente et incertaine
Alors que le gouvernement de transition syrien tente de renforcer sa légitimité, le soutien occidental reste conditionné à des progrès mesurables en matière de gouvernance et de justice. Cette approche prudente reflète les leçons tirées des transitions politiques précédentes dans la région, notamment en Irak et en Libye, où un soutien rapide mais mal encadré a souvent conduit à des résultats mitigés.

Une opportunité pour un nouveau partenariat ?
Malgré les défis, la transition syrienne offre une opportunité unique pour les États-Unis et l’Europe de redéfinir leur rôle au Moyen-Orient. En soutenant une Syrie stable et démocratique, ces puissances pourraient non seulement contribuer à la paix régionale, mais aussi renforcer leur position stratégique face à des concurrents comme la Chine et la Russie.

Cependant, comme le souligne Al Akhbar, cette opportunité dépendra de la capacité des puissances occidentales à surmonter leurs divisions internes et à coordonner leurs efforts avec d’autres acteurs clés, notamment les pays arabes et la Turquie.

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Newsdesk Libnanews
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