mardi, janvier 13, 2026

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La Syrie : Champ de Bataille de l’Armageddon Chiito-Sunnite au Moyen-Orient

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Depuis la Révolution iranienne de 1979, qui a établi la première théocratie chiite contemporaine sous l’autorité de l’ayatollah Khomeini, le Moyen-Orient est devenu le théâtre d’une lutte géopolitique et idéologique exacerbée entre les deux principales branches de l’islam : le chiisme et le sunnisme. La Syrie, située à la croisée des influences régionales, est devenue l’arène principale de cette confrontation, nourrie par des rivalités historiques, religieuses et stratégiques.

La Révolution iranienne a marqué un tournant décisif pour le chiisme, qui avait longtemps occupé une position marginale dans un monde musulman dominé par les sunnites. En instaurant un modèle de gouvernance théocratique chiite, l’Iran a revendiqué une mission messianique et géopolitique : protéger les minorités chiites et exporter la « révolution islamique » au-delà de ses frontières. Ce projet a suscité l’inquiétude immédiate des monarchies sunnites du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, qui se positionne comme gardienne de l’islam sunnite. Ces tensions ont jeté les bases d’une rivalité stratégique, qui allait trouver en Syrie un terrain d’affrontement idéal.

Dans les années 1980, l’Iran a renforcé son influence régionale à travers des alliances stratégiques et la création de groupes paramilitaires. Le Hezbollah, fondé au Liban en 1982 avec le soutien iranien, s’est imposé comme un outil clé de cette expansion idéologique et militaire. Avec l’appui du régime syrien de Hafez al-Assad, lui-même issu de la minorité alaouite (proche du chiisme), l’Iran a pu étendre son pouvoir jusqu’à la Méditerranée orientale. Cette alliance entre Téhéran, Damas et le Hezbollah est devenue l’épine dorsale de l’axe chiite, conçu pour rivaliser avec les puissances sunnites.

La guerre en Irak, déclenchée en 2003 par l’intervention américaine, a marqué une nouvelle phase dans l’intensification des tensions chiito-sunnites. La chute de Saddam Hussein a permis l’émergence d’un gouvernement irakien dominé par des chiites alliés à l’Iran. Cette évolution a alimenté un profond ressentiment parmi les sunnites marginalisés, aboutissant à la montée en puissance de groupes extrémistes tels qu’Al-Qaïda en Irak, puis Daesh (État islamique). Avec son ambition de restaurer un califat sunnite transnational, Daesh a rapidement vu en la Syrie un terrain fertile pour s’étendre.

La guerre civile syrienne, déclenchée en 2011 par une révolte contre le régime de Bachar al-Assad, s’est rapidement transformée en un conflit sectaire. Daesh s’est opposé aussi bien aux forces du régime qu’aux groupes rebelles sunnites. La Syrie est devenue un champ de bataille où s’entrechoquent des idéologies religieuses, des ambitions géopolitiques et des intérêts économiques.

Soutenu par l’Iran, le Hezbollah et la Russie, le régime d’Assad a réussi à se maintenir malgré une guerre dévastatrice. De l’autre côté, des puissances sunnites comme l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ont soutenu divers groupes rebelles, modérés ou extrémistes, contribuant à complexifier le conflit. La Syrie n’est pas un simple conflit local : elle est le théâtre d’une guerre par procuration redéfinissant les équilibres au Moyen-Orient.

L’Iran cherche à consolider un « croissant chiite » allant de Téhéran à Beyrouth en passant par Bagdad et Damas. Les puissances sunnites, menées par l’Arabie saoudite, considèrent cet expansionnisme comme une menace existentielle. Cette lutte a exacerbé les divisions internes dans les pays voisins, notamment au Liban et en Irak, où les tensions chiito-sunnites fragilisent davantage des États déjà instables.

La Syrie est aujourd’hui le symbole d’une confrontation idéologique, religieuse et stratégique, marquant une fracture durable dans le tissu social et religieux de la région. Alors que les acteurs régionaux et internationaux poursuivent leurs ambitions hégémoniques, une solution durable semble encore hors d’atteinte.

La Syrie, en tant que « champ de l’Armageddon », continue d’illustrer l’urgence de dépasser les divisions religieuses pour envisager un avenir fondé sur la coexistence et la reconstruction. Mais cet avenir semble encore lointain dans une région rongée par les rivalités et les ambitions de domination.

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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