Lors d’une récente interview diffusée par la chaîne de télévision libanaise LBCI, l’envoyé spécial américain pour le Liban Amos Hochstein. a commis un lapsus qui a immédiatement fait réagir. Dans cet entretien, il a déclaré qu’il était crucial que le Liban puisse former « un nouveau gouvernement, une fois que nous aurons sélectionné », avant de se reprendre et de corriger rapidement sa phrase par « le Liban aura sélectionné un président. » Ce glissement de langue, bien que corrigé, a suscité de nombreuses interrogations quant à l’implication réelle des puissances étrangères dans le processus politique au Liban.
Un pays sans président depuis plus d’un an
Ce lapsus intervient alors que le Liban est sans président depuis le 31 octobre 2022, date à laquelle Michel Aoun a achevé son mandat de six ans. Depuis cette échéance, aucune élection présidentielle n’a abouti, en grande partie à cause de l’impasse politique qui paralyse le pays. Le Parlement, profondément divisé entre diverses factions politiques, n’a pas réussi à trouver un consensus autour d’un candidat capable de rassembler une majorité.
Cette vacance du pouvoir présidentiel est symptomatique des difficultés politiques structurelles que traverse le pays. Le système confessionnel libanais, qui répartit les principales fonctions de l’État entre les différentes communautés religieuses, ajoute une couche de complexité à la situation. Le poste de président, réservé traditionnellement à un chrétien maronite, est devenu un enjeu de pouvoir entre les différentes forces locales et régionales.
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Le rôle des puissances étrangères
Le lapsus de l’envoyé spécial américain n’est peut-être pas anodin. Il fait écho aux nombreuses critiques sur l’ingérence internationale dans les affaires politiques libanaises. Depuis des décennies, le Liban est au cœur de jeux d’influences entre différentes puissances étrangères, notamment les États-Unis, la France, l’Arabie saoudite, et plus récemment l’Iran, via son soutien au Hezbollah. Ces acteurs cherchent à influencer la nomination d’un président favorable à leurs intérêts dans une région où chaque position de pouvoir est âprement disputée.
La formulation maladroite de l’envoyé spécial pourrait ainsi être perçue comme une révélation implicite de l’influence des États-Unis dans le processus de sélection du prochain chef de l’État libanais. De nombreux observateurs n’ont pas manqué de souligner que cette remarque renforce les suspicions d’une interférence internationale directe dans ce processus, qui devrait théoriquement être souverain.



