mercredi, février 11, 2026

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L’armée israélienne largue des grenades assourdissantes sur Ayta al-Chaab lors des préparatifs d’un enterrement d’un membre supposé su Hezbollah

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Au cœur des tensions persistantes à la frontière libano-israélienne, le village d’Ayta al-Chaab, situé dans le sud du Liban, a été le théâtre d’une intervention militaire israélienne ce mercredi. Des drones de l’armée israélienne ont largué des grenades assourdissantes à proximité du cimetière local, alors que les habitants se préparaient à inhumer un homme tué deux jours plus tôt par des tirs israéliens. Cet incident, survenu il y a quelques heures seulement, s’inscrit dans une série d’actions qui mettent à mal le fragile équilibre instauré par le cessez-le-feu de novembre 2024.

Les faits rapportés indiquent que les grenades ont été larguées près du cimetière, perturbant les préparatifs funéraires. L’armée israélienne a affirmé que l’homme décédé était un membre du Hezbollah, impliqué dans la collecte de renseignements sur les troupes israéliennes et dans la réhabilitation d’infrastructures liées au groupe armé dans le sud du Liban. Parallèlement, des obus ont été tirés sur la place centrale du village, accentuant la pression sur la population locale. Cette opération intervient après une incursion nocturne des forces israéliennes dans le village voisin de Blida, où une maison a été détruite par explosion après avoir été évacuée suite à un largage préalable de grenades par drone.

La nuit précédente, mardi soir, l’artillerie israélienne a pilonné la ville frontalière de Houla et les abords d’Aitaroun, accompagnés de largages de grenades assourdissantes sur ces deux localités. Un berger a été blessé lors de ces événements, soulignant l’impact direct sur les civils engagés dans des activités quotidiennes. Ces actions, bien que ciblées selon les déclarations israéliennes, touchent souvent des zones habitées, exacerbant les craintes au sein des communautés frontalières.

Un cessez-le-feu sous tension permanente

Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre Israël et le Liban, avec la médiation de cinq pays dont les États-Unis, les opérations militaires israéliennes se poursuivent de manière quasi quotidienne dans le sud et l’est du Liban. Cet accord, qui visait à mettre fin à plus d’un an d’échanges de tirs transfrontaliers et à une intensification israélienne ayant causé des milliers de victimes, n’a pas empêché Israël de maintenir une présence sur cinq collines stratégiques dans le sud libanais. Les troupes israéliennes franchissent régulièrement la frontière, détruisent des habitations et procèdent parfois à des arrestations ou des éliminations ciblées.

Le gouvernement libanais a documenté plus de 2 036 violations israéliennes de sa souveraineté au cours des trois derniers mois de 2025, incluant des incursions terrestres, aériennes et maritimes. Ces chiffres, soumis dans une plainte officielle à l’ONU, mettent en lumière une moyenne quotidienne d’infractions qui érode la crédibilité de l’accord. Parmi elles, 1 542 violations terrestres, 3 911 aériennes et 803 maritimes ont été recensées entre octobre et décembre 2025. Le ministère libanais des Affaires étrangères a insisté sur le fait que ces actes constituent une violation flagrante de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2006 pour mettre fin à un précédent conflit entre Israël et le Hezbollah.

En janvier 2026, les attaques aériennes israéliennes ont atteint leur plus haut niveau depuis le cessez-le-feu, avec au moins 50 raids recensés par des organisations comme le Norwegian Refugee Council. Ces opérations, souvent justifiées par Israël comme des réponses à des tentatives de reconstruction d’infrastructures du Hezbollah, ont visé des zones au nord et au sud du fleuve Litani. Seize frappes ont été menées au nord du Litani, et neuf au sud, selon des analyses d’organisations spécialisées dans le suivi des conflits au Moyen-Orient.

Les incidents récents à Ayta al-Chaab et environs

L’événement d’Ayta al-Chaab fait écho à d’autres incidents survenus ces derniers jours. Lundi dernier, les forces israéliennes ont procédé à l’arrestation d’un responsable local du groupe Jamaa Islamiya dans le village de Hebbarieh, dans la région de Hasbaya près de la frontière. L’homme, identifié comme Atwi Atwi, ancien maire d’al-Habbariyeh, a été emmené en Israël pour interrogatoire. Le Jamaa Islamiya, une formation islamiste armée liée au Hamas et à la Confrérie des Frères musulmans, a accusé Israël d’avoir mené un raid transfrontalier à l’aube, violant ainsi le territoire libanais.

Le même jour, des frappes israéliennes ont tué quatre personnes dans le sud du Liban, dont un enfant de trois ans. Trois des victimes, incluant l’enfant, ont péri dans un raid aérien sur le village de Yanouh, selon le ministère libanais de la Santé. L’armée israélienne a déclaré avoir ciblé Ahmad Ali Salami, présenté comme le chef de l’artillerie du Hezbollah dans la région, ainsi qu’un autre membre du groupe. Une quatrième personne a été tuée par des tirs israéliens à Ayta al-Chaab, l’armée affirmant qu’il s’agissait d’un « terroriste du Hezbollah » impliqué dans la collecte de renseignements et la réhabilitation d’infrastructures.

Ces opérations s’inscrivent dans un pattern plus large. Début février, les forces israéliennes ont localisé et détruit un dépôt d’armes appartenant à l’aile militaire du Jamaa Islamiya. Par ailleurs, le 1er février, des avions israéliens ont pulvérisé des substances chimiques sur des terres agricoles étendues, notamment autour d’Ayta al-Chaab, couvrant environ 8,5 kilomètres carrés. L’ONU a été alertée par les forces israéliennes de cette activité aérienne, entraînant la suspension de plus de dix missions de terrain et des patrouilles le long d’un tiers de la Ligne bleue, la démarcation frontalière établie par les Nations unies.

Le président libanais Joseph Aoun a qualifié ces pulvérisations d’« crime environnemental », accusant Israël de viser la sécurité alimentaire des civils. Des organisations comme Euro-Med Human Rights Monitor ont documenté ces actes comme des destructions à grande échelle de biens privés sans nécessité militaire spécifique, potentiellement constitutifs de crimes de guerre. Des incidents similaires ont été rapportés en Syrie voisine, où des terres agricoles ont également été ciblées.

Les dynamiques régionales en jeu

Ces événements soulignent les défis posés par la résolution 1701, qui exige le désarmement des groupes armés au sud du Litani et le retrait israélien complet. Bien que l’armée libanaise ait annoncé avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la zone en janvier, les accusations mutuelles persistent. Israël affirme que le Hezbollah continue de reconstituer ses capacités militaires, y compris la production de drones explosifs en alternative aux roquettes, et utilise des équipements de construction pour renforcer ses positions. De son côté, le Hezbollah maintient sa capacité à frapper Israël, qualifiant les actions israéliennes d’escalade dangereuse.

Les forces de la FINUL, composées de plus de 7 500 Casques bleus de 48 nations, ont rapporté une augmentation dramatique des comportements agressifs de la part des forces israéliennes au cours de l’année écoulée. Le nombre d’incidents est passé d’un seul en janvier à 27 en décembre 2025, incluant des largages de grenades par drone et des tirs de mitrailleuses. La plupart de ces actes sont attribués à l’armée israélienne, selon un rapport interne. Ces agressions ont perturbé les patrouilles et missions de la FINUL, limitant sa capacité à surveiller la Ligne bleue.

Au-delà des frontières libanaises, Israël a frappé quatre points de passage entre la Syrie et le Liban fin janvier, affirmant qu’ils étaient utilisés par le Hezbollah pour le transfert d’armes. Ces raids ont blessé 19 personnes dans le village libanais de Qennarit. L’armée israélienne a également revendiqué l’élimination d’un « contrebandier clé d’armes du Hezbollah » dans la région de Sidon.

Les impacts sur les populations civiles

Les communautés du sud libanais, majoritairement chiites mais incluant des minorités druzes et sunnites, subissent les conséquences directes de ces tensions. Plus de 64 000 Libanais restent déplacés un an après le cessez-le-feu, incapables de retourner dans des villages ravagés comme Dhayra ou Blida. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam, lors d’une visite récente dans des localités endommagées, a promis une reconstruction, mais les attaques persistantes sur des équipements de chantier compliquent ces efforts.

En octobre 2025, un raid israélien sur la municipalité de Blida a coûté la vie à un employé municipal, illustrant les risques pour les fonctionnaires locaux. Des villages entiers ont été rasés malgré le cessez-le-feu, avec des destructions qualifiées d’illégales par des experts de l’ONU. Les frappes aériennes ont tué au moins 400 personnes depuis novembre 2024, selon des sources de sécurité libanaises, dont un tiers de civils.

Les implications immédiates de ces incidents

Les récents événements à Ayta al-Chaab et dans les environs accentuent les pressions sur les infrastructures locales. Les largages de grenades assourdissantes, bien que non létaux, sèment la panique parmi les civils, particulièrement lors de rassemblements comme des funérailles. L’incursion à Blida, avec la détonation d’une maison évacuée, reflète une tactique récurrente : forcer les familles à quitter leurs domiciles avant de les détruire, sous prétexte de liens avec des infrastructures du Hezbollah.

Les blessures infligées à des civils, comme le berger à Houla et Aitaroun, mettent en évidence les risques quotidiens pour les activités agricoles et pastorales dans la zone frontalière. Ces zones, vitales pour l’économie locale, ont déjà souffert des pulvérisations chimiques du 1er février, qui ont endommagé des cultures sur de vastes étendues. Les autorités libanaises rapportent que ces substances inconnues pourraient causer des problèmes de santé à long terme et compromettre la sécurité alimentaire.

L’arrestation d’Atwi Atwi à Hebbarieh élargit le spectre des cibles israéliennes au-delà du Hezbollah, incluant d’autres groupes comme le Jamaa Islamiya. Cette opération, menée à 4 heures du matin, a impliqué une infiltration terrestre, violant la souveraineté libanaise et ravivant les souvenirs des raids passés. L’armée libanaise, bien que déployée dans le sud, se trouve souvent en position réactive, coordonnant avec la FINUL pour documenter ces infractions.

Les frappes sur Yanouh, tuant un enfant et des passants, illustrent les dommages collatéraux inhérents à ces opérations. Le ministère libanais de la Santé a confirmé que les victimes incluaient un membre des forces de sécurité libanaises et son enfant de trois ans, tués alors qu’ils passaient près du site ciblé. L’armée israélienne a indiqué que l’incident faisait l’objet d’une enquête, mais de tels cas se multiplient, avec plus de 100 civils tués depuis le cessez-le-feu selon des officiels de l’ONU.

Ces dynamiques maintiennent une vigilance accrue le long de la Ligne bleue, où les patrouilles de la FINUL sont fréquemment interrompues. Les violations aériennes, comptant pour la majorité des infractions, incluent des survols de drones qui collectent des renseignements ou préparent des frappes. Les incursions terrestres, comme celle à Blida, impliquent souvent l’utilisation d’explosifs pour démanteler des structures soupçonnées d’abriter des armes ou des équipements.

Dans ce contexte, les communautés frontalières adaptent leurs routines quotidiennes aux alertes constantes. Les écoles et services publics dans des villages comme Ayta al-Chaab fonctionnent de manière intermittente, tandis que les efforts de reconstruction sont entravés par les risques d’attaques sur les engins lourds. Les implications immédiates incluent une augmentation des déplacements internes, avec des familles fuyant temporairement vers des zones plus sécurisées comme Tyr ou Sidon.

Les tensions s’étendent également aux passages frontaliers avec la Syrie, où les frappes israéliennes de fin janvier ont visé des infrastructures soupçonnées de servir au transfert d’armes. Ces actions, blessant 19 personnes à Qennarit, perturbent les flux commerciaux et humanitaires essentiels pour le Liban, déjà fragilisé économiquement. L’armée israélienne a revendiqué ces opérations comme des mesures préventives contre le réarmement du Hezbollah, mais elles alimentent un cycle de méfiance qui pèse sur les négociations diplomatiques en cours.

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