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L’armée libanaise ferme des passages illégaux à Mertissa et Mekyal Farah dans le nord de la Békaa

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L’armée libanaise a annoncé, ce jeudi 12 février 2026, la fermeture de plusieurs passages illégaux dans les régions de Mertissa et Mekyal Farah, situées dans le nord de la Békaa. Cette opération, menée par une unité militaire, s’inscrit dans le cadre des efforts continus pour lutter contre l’infiltration et la contrebande aux frontières nord et est du Liban, en particulier avec la Syrie voisine. Selon le communiqué officiel de la direction de l’orientation de l’armée, publié par l’Agence nationale d’information (ANI), ces mesures visent à renforcer la sécurité frontalière dans une zone historiquement poreuse, où les activités illicites ont proliféré au fil des ans. Cette annonce intervient à un moment où les tensions régionales persistent, malgré les évolutions politiques en Syrie depuis la chute du régime Assad en décembre 2024, et où le gouvernement libanais, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, cherche à consolider son autorité sur l’ensemble du territoire.

La Békaa, une région stratégique aux multiples défis sécuritaires

La vallée de la Békaa, étendue sur plus de 170 kilomètres du nord au sud, représente un enjeu majeur pour la sécurité nationale libanaise. Bordée à l’est par la chaîne de l’Anti-Liban qui marque la frontière avec la Syrie, cette zone montagneuse et rurale a longtemps été un corridor privilégié pour les trafics en tous genres. Les passages illégaux, souvent creusés dans des terrains accidentés ou dissimulés dans des zones agricoles, facilitent le transit de marchandises prohibées, d’armes, de stupéfiants et même de personnes. Mertissa et Mekyal Farah, deux localités du nord de la Békaa, sont particulièrement exposées à ces phénomènes en raison de leur proximité avec la frontière syrienne. Mertissa, un village modeste aux confins de la plaine fertile, est entouré de collines qui offrent un camouflage naturel aux contrebandiers. Mekyal Farah, quant à elle, est une zone plus isolée, marquée par des routes secondaires et des sentiers utilisés depuis des décennies pour contourner les postes officiels.

Selon des rapports officiels, ces passages ont été identifiés comme des points chauds pour l’infiltration. L’armée libanaise, qui patrouille régulièrement ces secteurs, a procédé à leur fermeture en utilisant des moyens techniques simples mais efficaces : remblayage avec des monticules de terre, installation de barrières et renforcement des postes de surveillance. Cette intervention n’est pas isolée ; elle fait partie d’une série d’opérations menées depuis le début de 2025, au moment où le Liban tentait de stabiliser ses frontières après les bouleversements en Syrie. En mars 2025, par exemple, l’armée avait fermé quatre passages illégaux similaires dans la région d’Al-Qaa et d’Hermel, comme l’avait rapporté l’agence de presse officielle. Ces actions récurrentes soulignent la persistance du problème, amplifié par l’instabilité syrienne et les réseaux transfrontaliers qui opèrent dans l’ombre.

Le rôle central de l’armée dans la sécurisation des frontières

L’armée libanaise, sous le commandement du général Joseph Aoun, président de la République depuis janvier 2025, joue un rôle pivotal dans la préservation de la souveraineté territoriale. Avec un effectif d’environ 80 000 hommes, elle est déployée sur l’ensemble des 375 kilomètres de frontière avec la Syrie, une ligne souvent floue et non délimitée formellement dans certains secteurs. Le ministre de la Défense, Michel Manassa, nommé en février 2025 dans le cabinet Salam, a réaffirmé lors d’une réunion du Conseil des ministres en avril 2025 que la priorité était donnée à la lutte contre la contrebande, qui prive l’État de revenus fiscaux essentiels et alimente les groupes armés non étatiques. « Nous ne tolérerons plus ces brèches qui menacent notre sécurité collective », avait déclaré le ministre, cité dans un communiqué officiel du ministère.

Ces opérations sont soutenues par une coordination accrue avec les forces de sécurité intérieures, dirigées par le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar. En juillet 2025, un accord bilatéral avec la Syrie post-Assad a été signé pour renforcer la coopération frontalière, incluant des échanges d’informations sur les réseaux de contrebande. Ce pacte, négocié sous les auspices de l’ONU, vise à démanteler les tunnels et sentiers utilisés pour le trafic d’armes et de drogue, comme le Captagon, une amphétamine produite en masse en Syrie et écoulée vers le Liban et au-delà. L’armée a déjà fermé plus de 100 passages illégaux depuis le début de 2025, selon des statistiques publiées par le commandement militaire, avec des saisies incluant des armes légères, des munitions et des quantités importantes de stupéfiants.

Les implications régionales des tensions frontalières

La fermeture de ces passages à Mertissa et Mekyal Farah n’est pas seulement une mesure locale ; elle s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large. Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, la Syrie a vu émerger un nouveau gouvernement sous l’égide de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), qui a promis de sécuriser ses frontières. Cependant, des incidents récurrents ont éclaté, comme en mars 2025, lorsque des affrontements entre forces syriennes et groupes libanais ont fait plusieurs victimes dans la région d’Al-Qusayr, à proximité de la Békaa. Ces heurts, attribués à des réseaux de contrebande affiliés à d’anciens alliés du régime Assad, ont mis en lumière les défis posés par les milices transfrontalières.

Le Hezbollah, influent dans la Békaa chiite, a été accusé par certains observateurs de tolérer ou de profiter de ces trafics, bien que le groupe démente toute implication. En février 2025, des forces syriennes ont saisi une cargaison d’armes destinées au Liban, affirmant qu’elle provenait de réseaux liés au Hezbollah. Le porte-parole du ministère syrien de la Défense avait alors déclaré : « Nous agissons pour protéger nos frontières et empêcher toute déstabilisation régionale. » De son côté, l’armée libanaise a intensifié ses raids dans la Békaa, comme en avril 2025 à Brital, où des armes et des équipements de fabrication de drogue ont été confisqués. Ces opérations, souvent menées avec le soutien de l’intelligence militaire, visent à neutraliser les menaces intérieures tout en répondant aux pressions internationales.

L’impact économique et social sur la Békaa

La vallée de la Békaa, qui abrite plus de 1,2 million d’habitants dont une large communauté agricole, souffre directement de ces activités illicites. La contrebande de carburant, de farine et de médicaments subventionnés prive l’économie libanaise de ressources vitales, aggravant la crise économique qui sévit depuis 2019. Selon un rapport de la Banque mondiale daté de septembre 2025, les pertes dues à la contrebande frontalière s’élèvent à plus de 2 milliards de dollars annuels, contribuant à l’inflation galopante et au chômage endémique dans la région. Les habitants de Mertissa et Mekyal Farah, majoritairement dépendants de l’agriculture et de l’élevage, se plaignent souvent des perturbations causées par les patrouilles militaires, mais reconnaissent la nécessité de ces mesures pour restaurer l’ordre.

En juin 2025, une opération similaire dans la zone d’Hermel a conduit à l’arrestation de huit personnes impliquées dans le trafic d’armes depuis la Syrie. Le ministre des Finances, Yassin Jaber, a souligné lors d’une conférence de presse que ces fermetures permettent de récupérer des recettes douanières, essentielles pour le budget de l’État. « Chaque passage fermé est un pas vers la stabilité économique », a-t-il affirmé, en référence aux réformes exigées par le FMI pour un plan d’aide au Liban. Par ailleurs, la présence de plus d’un million de réfugiés syriens dans la Békaa complique la situation, certains étant accusés d’utiliser ces passages pour des allers-retours illégaux.

Les défis persistants de la coordination internationale

L’ONU, à travers la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), suit de près ces développements, bien que son mandat se concentre principalement sur le sud du pays. En octobre 2025, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé dans un rapport au Conseil de sécurité à une meilleure délimitation des frontières libano-syriennes pour prévenir les infiltrations. « La porosité des frontières reste une source de vulnérabilité pour la région », y lit-on. Les États-Unis et l’Union européenne ont fourni une assistance technique à l’armée libanaise, incluant des équipements de surveillance et des formations, pour un montant de 150 millions de dollars en 2025.

Malgré ces soutiens, des incidents comme celui de décembre 2025, où des forces syriennes ont échangé des tirs avec des contrebandiers libanais près de la rivière Orontes, rappellent la fragilité de la situation. L’armée libanaise a répondu en renforçant ses positions, comme à Al-Qaa, où trois passages ont été fermés en mars 2025. Ces mesures, bien que efficaces localement, nécessitent une coopération soutenue avec Damas, qui reste limitée en raison des divergences politiques.

Les opérations récentes et leurs retombées immédiates

Au cours des derniers mois, l’armée a multiplié les interventions dans la Békaa. En janvier 2026, une unité a saisi des armes et des munitions à Budai, près de Baalbek, arrêtant un suspect impliqué dans des tirs et du trafic de drogue. Ces raids, souvent appuyés par des drones de reconnaissance, démontrent une modernisation des tactiques militaires. À Mertissa et Mekyal Farah, l’opération du 12 février a impliqué une quarantaine de soldats, selon des sources militaires, avec une fermeture physique des passages pour empêcher toute réouverture rapide.

Ces actions ont des répercussions sur les communautés locales. À Hafir, en février 2026, un raid similaire a visé des suspects recherchés, illustrant la détermination de l’armée à étendre son contrôle. Le ministre de la Santé publique, Rakan Nasreddine, a noté que la contrebande de médicaments falsifiés via ces passages aggrave les crises sanitaires dans la Békaa, où les hôpitaux manquent de ressources. « Nous devons sécuriser nos frontières pour protéger notre population », a-t-il déclaré lors d’une visite en janvier 2026.

Les perspectives sécuritaires dans un contexte instable

Les fermetures à Mertissa et Mekyal Farah interviennent alors que des rumeurs de tensions avec des groupes armés persistent. En février 2026, des forces syriennes ont renforcé leurs positions près de la frontière, suite à des incidents impliquant des tunnels de contrebande. L’armée libanaise, en coordination avec le ministre des Affaires étrangères Youssef Raji, a engagé des discussions avec Damas pour éviter les escalades. Ces efforts, soutenus par le ministre de l’Environnement Tamara Elzein, visent aussi à protéger les écosystèmes frontaliers, souvent dégradés par les activités illicites.

Dans la Békaa nord, les patrouilles quotidiennes se multiplient, avec des checkpoints renforcés à Bebnine et ailleurs. Une opération en février 2026 à Nabi Othman a mené à l’arrestation d’un suspect pour trafic de drogue et d’armes, soulignant les liens entre criminalité organisée et insécurité frontalière. Le gouvernement Salam, avec son ministre de la Culture Ghassan Salame, promeut une approche holistique, intégrant des programmes communautaires pour dissuader les jeunes de rejoindre les réseaux de contrebande.

Les implications immédiates pour la stabilité libanaise

Ces fermetures renforcent la présence étatique dans une région où l’influence des milices a historiquement challengé l’autorité centrale. En avril 2025, l’armée a confisqué des missiles et des explosifs près de Marj al-Tut, arrêtant huit personnes à Kfar Zabad pour contrebande d’armes syriennes. Ces saisies, documentées par le commandement, indiquent une augmentation des flux armés depuis la Syrie, potentiellement liée aux réajustements post-Assad.

Le ministre de l’Agriculture Nizar Hani a alerté sur l’impact agricole, les passages illégaux facilitant le trafic de pesticides contrefaits qui nuisent aux cultures de la Békaa. « Nos fermiers sont les premières victimes », a-t-il dit en septembre 2025. Parallèlement, le ministre des Affaires déplacées gère les flux de réfugiés, aggravés par l’insécurité frontalière.

Les dynamiques frontalières en évolution rapide

Récemment, en février 2026, des renforts syriens incluant des tanks ont sécurisé des zones montagneuses frontalières, ciblant des infrastructures liées à des tunnels de 3 500 mètres pour le transfert d’armes. L’armée libanaise surveille ces mouvements, évitant les confrontations directes mais maintenant une vigilance accrue. À Baalbek, des raids sur des maisons de suspects ont abouti à des arrestations pour tirs et extorsion, renforçant le filet sécuritaire.

Ces développements, ancrés dans les faits récents, illustrent les efforts persistants pour stabiliser la frontière, avec des implications directes sur la circulation des biens et des personnes dans la Békaa nord. L’opération à Mertissa et Mekyal Farah, en fermant ces brèches, contribue à ce processus, tout en soulignant les défis logistiques posés par le terrain et les réseaux transfrontaliers actifs.

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