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Le Liban dépose une plainte à l’ONU contre les 2 036 violations israéliennes de sa souveraineté entre octobre et décembre 2025

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Le ministère libanais des Affaires étrangères et des Émigrés a adressé une plainte formelle au Conseil de sécurité des Nations unies, par l’intermédiaire de la mission permanente du Liban à New York, concernant les violations persistantes de la souveraineté libanaise par Israël au cours des trois derniers mois de 2025. Cette démarche, qui demande la diffusion de la plainte comme document officiel du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, met en lumière un total de 2 036 infractions documentées, réparties en 542 en octobre, 691 en novembre et 803 en décembre. Ces actes, selon la plainte, constituent une atteinte flagrante à l’intégrité territoriale du Liban et une contravention directe aux obligations d’Israël en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée le 11 août 2006, ainsi qu’à la déclaration de cessation des hostilités émise le 26 novembre 2024.

Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte de tensions accrues à la frontière sud du Liban, où les incursions israéliennes, incluant des survols aériens, des incursions terrestres et des violations maritimes, se multiplient malgré les engagements internationaux. Le document libanais, accompagné de trois tableaux détaillés répertoriant les infractions jour par jour, insiste sur le caractère systématique de ces actes, qui compromettent non seulement la stabilité régionale mais aussi les efforts de paix déployés par les acteurs internationaux. Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a supervisé cette plainte dans le cadre du cabinet dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam, formé en février 2025, qui s’est engagé à renforcer la présence de l’État libanais sur l’ensemble du territoire.

Les violations alléguées couvrent un large spectre d’activités militaires israéliennes. Parmi elles figurent des survols d’avions de combat et de drones au-dessus du territoire libanais, des tirs d’artillerie transfrontaliers, et des incursions de forces terrestres dans des zones contestées. Par exemple, en octobre 2025, les tableaux indiquent une concentration d’incursions aériennes dans les régions du sud, près de la ligne bleue, la frontière provisoire établie par les Nations unies en 2000 pour confirmer le retrait israélien du Liban. Novembre a vu une augmentation notable, avec des rapports sur des bombardements ciblant des infrastructures civiles et militaires, tandis que décembre a enregistré le pic, coïncidant avec une escalade des opérations israéliennes justifiées par Tel-Aviv comme des mesures préventives contre des menaces potentielles. Ces actes, selon la plainte, violent non seulement la résolution 1701, qui appelle à un cessez-le-feu permanent et au respect de la souveraineté libanaise, mais aussi la déclaration de cessation des hostilités de 2024, qui visait à mettre fin aux affrontements entre Israël et des groupes armés au Liban.

Au-delà des chiffres globaux, la plainte détaille des incidents spécifiques qui illustrent la gravité de la situation. Des survols à basse altitude ont provoqué des ondes de choc sonores, perturbant la vie quotidienne des populations civiles dans les villages frontaliers comme ceux de la région de Tyr et de Nabatieh. Des incursions terrestres ont été rapportées dans des zones agricoles, entraînant des dommages aux cultures et aux infrastructures hydrauliques essentielles pour l’économie locale. De plus, des violations maritimes ont été documentées, avec des navires israéliens pénétrant dans les eaux territoriales libanaises, affectant les activités de pêche et les opérations portuaires. Ces éléments, compilés par les services de renseignement libanais et corroborés par des observations de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), soulignent un pattern d’agressions qui, selon Beyrouth, vise à maintenir une pression constante sur le Liban et à entraver sa stabilité intérieure.

Une série de violations documentées

La plainte libanaise met particulièrement l’accent sur les cinq points d’occupation israéliens persistants dans le territoire libanais, malgré les appels répétés à un retrait complet derrière les frontières internationalement reconnues. Ces points incluent des zones comme les fermes de Chebaa, contestées depuis des décennies, et d’autres enclaves près de la ligne bleue où des forces israéliennes maintiennent une présence militaire. En octobre 2025, par exemple, des travaux de construction israéliens ont été observés près de ces zones, incluant l’érection de barrières et de postes d’observation, ce qui a bloqué l’accès à des terres agricoles libanaises couvrant plusieurs milliers de mètres carrés. Novembre a vu une intensification avec des tirs d’artillerie visant des positions libanaises, causant des blessures parmi les civils et endommageant des habitations. En décembre, les violations ont culminé avec des attaques ciblées contre des véhicules et des infrastructures, y compris des routes reliant les villages du sud à Beyrouth.

Ces actes ne se limitent pas à des opérations militaires isolées mais s’inscrivent dans une stratégie plus large, selon les autorités libanaises. La plainte cite des cas où des drones israéliens ont survolé la capitale Beyrouth et d’autres villes majeures, violant l’espace aérien souverain et posant des risques pour la sécurité aérienne civile. Des rapports indiquent également des interférences électroniques, perturbant les communications et les systèmes de navigation. Au total, les 2 036 violations représentent une moyenne de plus de 22 infractions par jour sur les trois mois, un rythme qui dépasse les niveaux observés lors des périodes précédentes de tension. Cette escalade intervient alors que le Liban s’efforce de consolider sa souveraineté interne, dans un contexte économique fragile marqué par une dette publique élevée et une inflation persistante, comme le soulignent les rapports récents du ministère des Finances libanais.

L’appel au Conseil de sécurité pour imposer le respect de la résolution 1701

Dans sa plainte, le Liban exhorte le Conseil de sécurité à contraindre Israël à respecter intégralement la résolution 1701, qui prévoit le retrait des forces israéliennes de tous les territoires occupés, la cessation complète des hostilités et le déploiement exclusif de l’armée libanaise au sud du fleuve Litani. La déclaration de cessation des hostilités de novembre 2024, qui a mis fin à une phase intense de confrontations, est également invoquée comme un engagement bilatéral violé de manière répétée. Beyrouth demande spécifiquement le retrait israélien des cinq points d’occupation restants, l’arrêt des violations récurrentes et la libération des prisonniers libanais détenus en Israël. De plus, la plainte appelle à une pression accrue sur Tel-Aviv pour cesser les attaques contre la Finul, dont les troupes ont subi des incidents répétés, incluant des tirs directs et des obstructions à leurs patrouilles.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a été destinataire de cette plainte, avec une demande de diffusion à tous les États membres. Des citations officielles soulignent l’urgence : « Ces violations constituent une menace directe à la paix et à la sécurité régionales », indique le document libanais, reprenant des termes utilisés dans des rapports antérieurs de l’ONU. La Finul, déployée depuis 1978 et renforcée par la résolution 1701, continue de jouer un rôle pivotal en monitorant la ligne bleue et en facilitant la coordination entre les armées libanaise et israélienne. Cependant, ses rapports mensuels font état d’une augmentation des incidents, avec des violations israéliennes dominant les statistiques. En décembre 2025, par exemple, la Finul a enregistré des cas où des forces israéliennes ont bloqué des routes d’accès, entravant les mouvements humanitaires dans le sud du Liban.

Le plan de déploiement de l’armée libanaise en cinq phases

Parallèlement à cette plainte, le Liban réaffirme son engagement à implémenter ses obligations sous la résolution 1701. Le cabinet, lors de sa session du 5 septembre 2025, a approuvé un plan en cinq phases élaboré par l’armée libanaise, visant à confiner les armes aux forces étatiques sur l’ensemble du territoire. La première phase, déjà achevée, a permis à l’armée de déployer pleinement son autorité au sud du Litani, à l’exception des points occupés par Israël. Cette opération a impliqué le déploiement de milliers de soldats, la sécurisation de postes de contrôle et la coordination avec la Finul pour patrouiller les zones sensibles.

La deuxième phase cible la région entre le Litani au sud et l’Awali au nord, une zone stratégique incluant des villes comme Sidon et des routes vitales pour le commerce. Elle prévoit le renforcement des postes militaires, la recherche de caches d’armes illégales et la coopération avec les forces de sécurité intérieures pour prévenir toute résurgence de milices. La troisième phase se concentrera sur Beyrouth et le Mont-Liban, où l’armée renforcera sa présence dans les banlieues et les zones montagneuses, souvent sujettes à des tensions sectaires. Suivront la quatrième phase dans la Békaa, région frontalière avec la Syrie et propice aux trafics, et la cinquième couvrant le reste du pays, y compris le nord et les zones côtières.

Ce plan, selon les autorités, restaurera le monopole de l’État sur les décisions de guerre et de paix, en limitant la possession d’armes aux forces armées et de sécurité officielles. Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, a supervisé sa mise en œuvre, avec des rapports indiquant des progrès concrets, tels que la découverte et la neutralisation de tunnels et de dépôts d’armes dans le sud. Cette initiative s’aligne sur la déclaration de cessation des hostilités, qui désigne explicitement les forces légitimes libanaises comme uniques détentrices d’armes dans la zone.

Les implications régionales des tensions persistantes

Les violations israéliennes s’inscrivent dans un cadre géopolitique plus large, marqué par des dynamiques confessionnelles et des influences extérieures au Liban. Le sud du pays, majoritairement chiite, reste un foyer de tensions historiques, exacerbées par la présence de groupes armés et les interventions régionales. La plainte libanaise réitère la disposition de Beyrouth à entamer des négociations avec Israël pour mettre fin à l’occupation et aux agressions, tout en maintenant son attachement à l’armistice de 1949 et à l’initiative de paix arabe adoptée lors du sommet de Beyrouth en 2002. Cette initiative propose une normalisation des relations arabes avec Israël en échange d’un retrait aux frontières de 1967 et d’une solution juste pour les réfugiés palestiniens.

En décembre 2025, des incidents spécifiques ont illustré ces tensions : des frappes aériennes israéliennes ont visé des sites présumés liés à des groupes armés, causant des dommages collatéraux dans des villages comme Aïta ech Chaab et Maroun el Ras. Ces actions ont entraîné des déplacements de populations locales, aggravant la crise humanitaire dans une région déjà affectée par les conflits passés. La Finul a rapporté des échanges de tirs transfrontaliers, bien que limités, soulignant le risque d’escalade. Par ailleurs, des travaux de construction israéliens, tels que des murs de béton près de la frontière, ont été dénoncés comme des empiètements supplémentaires, bloquant l’accès à des terres libanaises et violant la ligne bleue.

Les efforts diplomatiques libanais visent à mobiliser la communauté internationale, avec des appels à des pressions sur Israël pour respecter ses engagements. Des rapports de l’ONU indiquent que, depuis la cessation des hostilités de 2024, les violations ont persisté, avec plus de 6 000 incidents recensés par la Finul en un an. Ces faits soulignent les défis posés à la stabilité du Liban, où le gouvernement de Nawaf Salam, composé de 24 ministres équilibrés confessionnellement, s’attelle à des réformes internes tout en gérant les pressions extérieures.

Les attaques contre la Finul et leurs répercussions immédiates

La plainte met en exergue les attaques israéliennes contre la Finul, qui ont coûté cher en termes de vies et de ressources. Depuis novembre 2024, la force onusienne, comptant environ 10 000 soldats de diverses nationalités, a subi des tirs directs, des obstructions et des dommages à ses installations. En décembre 2025, un incident notable a impliqué un drone israélien frappant près d’un convoi de la Finul, blessant des peacekeepers et endommageant des véhicules. Ces actes, qualifiés de violations flagrantes par le Liban, compromettent la mission de la Finul, qui inclut la surveillance de la cessation des hostilités et l’assistance à l’armée libanaise.

Le mandat de la Finul, renouvelé jusqu’en décembre 2026, prévoit une coordination étroite avec les forces libanaises pour sécuriser la zone au sud du Litani. Cependant, les incidents récents ont entraîné des appels à un renforcement de la protection des peacekeepers, avec des déclarations officielles de l’ONU condamnant les attaques. « La Finul continue de payer un lourd tribut pour promouvoir la sécurité et la stabilité dans la région », note la plainte libanaise, citant des sacrifices humains et matériels. Ces événements ont des implications immédiates sur le terrain, où les populations locales dépendent de l’assistance humanitaire facilitée par la Finul, y compris la déminage et la reconstruction post-conflit.

En janvier 2026, des patrouilles conjointes entre l’armée libanaise et la Finul ont été intensifiées pour contrer les violations, avec des rapports indiquant une présence accrue dans les zones frontalières. Ces mesures visent à dissuader les incursions tout en documentant les infractions pour de futures plaintes. Les autorités libanaises, par le biais du ministère de la Défense dirigé par le ministre Fawzi Salloum, ont renforcé les unités au sud, déployant du matériel supplémentaire pour surveiller la frontière. Ces développements soulignent les efforts continus pour affermir la souveraineté libanaise face à des défis persistants, sans céder à des pressions extérieures qui pourraient compromettre l’intégrité nationale.

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