Au cœur des débats sur la sécurité au Liban sud, une perspective émerge avec une clarté accrue : celle d’une présence européenne détachée du cadre onusien après la fin programmée de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Cette évolution, évoquée dans les cercles diplomatiques et médiatiques, traduit une recomposition potentielle de l’architecture de sécurité régionale, où les contingents nationaux pourraient pallier le départ des Casques bleus. Les discussions récentes, ancrées dans les réalités géopolitiques actuelles, soulignent les enjeux d’un tel scénario, particulièrement en lien avec les unités espagnoles, dont le rôle historique dans la Finul pourrait se prolonger sous une forme bilatérale ou multilatérale.
Les annonces sur ce maintien possible, rapportées en ce début février 2026, interviennent alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a fixé, par sa résolution du 28 août 2025, le retrait définitif de la Finul d’ici à la fin 2027. Cette décision, adoptée à l’unanimité, prolonge le mandat jusqu’au 31 décembre 2026, avant une réduction ordonnée des effectifs sur l’année suivante. Le président libanais, Joseph Aoun, a exprimé lors d’une rencontre avec le roi Felipe VI d’Espagne à Madrid, le 2 février 2026, sa reconnaissance pour le soutien espagnol face aux tensions persistantes dans la région. Cette entrevue, qui met en lumière les liens étroits entre Beyrouth et Madrid, s’inscrit dans un contexte où le Liban cherche activement des partenaires pour combler le vide sécuritaire attendu.
Les mentions dans la presse arabophone, notamment dans les éditions du 3 février 2026, insistent sur la possibilité d’un maintien d’unités espagnoles au-delà de 2027, hors du cadre onusien. Ces rapports soulignent que l’Espagne, contributeur majeur à la Finul avec environ 650 soldats déployés dans le secteur est, pourrait envisager une présence autonome ou intégrée à un mécanisme européen. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a rappelé lors d’une déclaration récente que Madrid reste engagé pour la stabilité du Liban, en coordination avec l’Union européenne. Cette piste, bien que naissante, reflète les préoccupations partagées par les autorités libanaises, qui voient dans une telle présence un moyen de préserver la surveillance de la Ligne bleue et d’éviter un vide propice aux escalades.
Le contexte régional amplifie ces débats. Depuis la guerre de 2006, la Finul, établie par la résolution 1701 du Conseil de sécurité, a joué un rôle pivotal en monitorant le cessez-le-feu entre Israël et le Liban, en assistant l’armée libanaise dans son déploiement au sud du Litani et en facilitant l’accès humanitaire. Avec plus de 10 000 soldats issus de 48 pays, dont une forte composante européenne – Italie, France, Espagne en tête –, la force a documenté des milliers de violations, majoritairement aériennes israéliennes, tout en coordonnant des patrouilles conjointes avec les Forces armées libanaises. Le retrait annoncé pour 2027 marque la fin d’une ère, imposée sous pression américaine et israélienne, qui estimait la mission inefficace face aux activités du Hezbollah.
Les implications d’une présence européenne indépendante se dessinent à travers ces échanges. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a insisté, lors d’une réunion avec une délégation européenne le 14 janvier 2026, sur la nécessité d’une force internationale réduite pour maintenir la stabilité. Une source présidentielle a déclaré : « Une présence internationale dans le sud du Liban après 2027 nous paraît nécessaire. » Cette formulation met en exergue l’urgence de repenser les mécanismes de sécurité, sans pour autant spéculer sur des formes précises.
Les mentions sur les unités espagnoles
Les rapports publiés le 3 février 2026 dans la presse régionale mettent l’accent sur le rôle potentiel de l’Espagne dans cette transition. Selon ces accounts, des discussions bilatérales entre Beyrouth et Madrid explorent le maintien d’un contingent espagnol, fort de son expérience dans la Finul où il commande le secteur est depuis 2012. Ce contingent, basé à Marjayoun, a participé à plus de 15 000 patrouilles et formé des centaines de soldats libanais en ingénierie et en déminage. Le roi Felipe VI, lors de sa rencontre avec Joseph Aoun, a réaffirmé l’engagement espagnol, soulignant que « l’Espagne continuera à soutenir le Liban dans ses efforts pour la paix et la souveraineté ».
Ces mentions s’appuient sur des formulations précises : l’Espagne envisage un cadre bilatéral, où ses unités pourraient opérer sous mandat national, en coordination directe avec l’armée libanaise. Un porte-parole du ministère espagnol de la Défense a indiqué que toute prolongation dépendrait d’un accord avec Beyrouth, visant à assister dans la surveillance des frontières et la prévention des infiltrations. Cette approche diffère du mandat onusien, qui impose une neutralité stricte et une chaîne de commandement internationale. Les articles soulignent que ce scénario émerge en réponse au retrait de la Finul, programmé pour éviter un vide sécuritaire que le Liban, affaibli par des crises économiques et politiques, peinerait à combler seul.
Le contexte historique renforce cette perspective. L’Espagne a rejoint la Finul en 2006, après la résolution 1701, avec un engagement initial de 1 100 soldats. Au fil des ans, ses contributions ont inclus des projets civils-militaires, comme la construction d’infrastructures hydrauliques dans les villages du sud, favorisant une acceptabilité locale. Des sondages internes à la Finul indiquent que les contingents européens, dont l’espagnol, bénéficient d’une perception positive parmi les populations chiites et chrétiennes du secteur, grâce à leur focus sur l’aide humanitaire. Les rapports du 3 février insistent sur cette dimension, notant que le maintien d’unités espagnoles pourrait perpétuer ces liens, sans les contraintes bureaucratiques onusiennes.
Par ailleurs, ces discussions s’inscrivent dans un cadre européen plus large. L’Union européenne, via son haut représentant Josep Borrell, a exprimé en janvier 2026 son soutien à une « présence stabilisatrice » au Liban sud, potentiellement via un mécanisme ad hoc. Borrell a déclaré : « L’UE est prête à accompagner le Liban dans la transition post-Finul, en renforçant les capacités de ses forces armées. » Cette ouverture reflète les préoccupations face aux tensions persistantes, avec plus de 500 violations documentées en 2025, majoritairement des survols israéliens.
Les implications en termes de mandat et de coordination
Une présence européenne hors Finul impliquerait une redéfinition profonde du mandat opérationnel. Contrairement à la résolution 1701, qui autorise la Finul à user de la force pour protéger les civils et soutenir l’armée libanaise, un cadre bilatéral espagnol se limiterait probablement à des missions d’observation et d’assistance technique. Les formulations citées dans les rapports du 3 février précisent que ce mandat serait négocié directement avec Beyrouth, évitant l’aval du Conseil de sécurité. Un officiel libanais a noté : « Le mandat doit rester défensif, centré sur la coordination avec nos forces, sans ingérence dans les affaires internes. »
En termes de coordination, cela signifierait un passage d’un commandement onusien multinational à une structure bilatérale. Actuellement, la Finul opère via un quartier général à Naqoura, avec des liaisons quotidiennes avec l’armée libanaise et les Forces de défense israéliennes via le mécanisme tripartite. Une présence espagnole indépendante pourrait intégrer ce mécanisme, mais sous autorité libanaise. Le commandant de l’armée libanaise, Joseph Aoun, a déclaré le 7 janvier 2026 : « Le Liban accueille favorablement toute nation souhaitant maintenir ses forces dans le sud du Liban après le retrait de la Finul fin 2027. » Cette position souligne une coordination accrue, où les unités espagnoles pourraient former des patrouilles conjointes, renforçant les 15 000 soldats libanais déjà déployés au sud.
L’acceptabilité locale pose un défi majeur. Dans les villages du sud, la Finul a gagné une légitimité par sa neutralité, mais une présence européenne isolée pourrait susciter des suspicions, particulièrement dans les zones influencées par le Hezbollah. Les rapports du 3 février citent des formulations locales : des maires de municipalités comme Tyre et Bint Jbeil expriment un accueil conditionnel, à condition que la présence reste non offensive et respecte la souveraineté. Un porte-parole du gouvernement libanais a affirmé : « Toute force étrangère doit obtenir l’accord du Parlement et respecter les lignes rouges de Beyrouth, notamment l’interdiction d’opérations unilatérales. »
Ces implications s’étendent aux aspects logistiques. L’Espagne, avec son expérience en déminage – ayant neutralisé plus de 2 000 engins explosifs depuis 2006 –, pourrait focaliser son mandat sur la sécurisation des zones frontalières. La coordination avec d’autres contributeurs européens, comme la France qui maintient 700 soldats dans la Finul, pourrait évoluer vers un consortium sous égide UE. Le ministre français des Affaires étrangères a indiqué en août 2025 : « La France se félicite que le mandat de la Finul ait été étendu jusqu’au 31 décembre 2026, permettant d’accompagner la montée en puissance des Forces armées libanaises. »
Les lignes rouges pour Beyrouth
Beyrouth trace des lignes rouges claires pour toute présence post-2027. Le gouvernement insiste sur la souveraineté, refusant tout mandat autorisant des incursions ou des frappes. Nawaf Salam, lors d’une déclaration en janvier 2026, a souligné : « La présence internationale doit être un soutien, non une substitution à notre armée. » Ces lignes incluent l’exclusion de tout lien avec Israël, pour éviter des accusations de partialité. Les formulations citées insistent sur un veto libanais sur les déploiements, avec une durée limitée et des revues annuelles.
Du symbole international au mécanisme opérationnel
La transition d’un symbole international comme la Finul à un mécanisme opérationnel concret marque un pivot stratégique. La Finul, avec son budget annuel de 500 millions de dollars, a symbolisé l’engagement multilatéral ; une présence européenne bilatérale se concentrerait sur l’efficacité pratique. Joseph Aoun a relié cela à la demande d’aide pour l’armée libanaise, vue comme « pilier de l’État ». Lors de la conférence internationale d’octobre 2024, un milliard de dollars a été promis, dont 200 millions pour l’armée, pour recruter et équiper 5 000 soldats supplémentaires.
Cette aide, réitérée en 2025 par l’ONU, vise à renforcer les capacités de l’armée comme institution unificatrice. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a appelé à « renforcer leur soutien aux institutions de l’État, y compris l’armée libanaise ». En 2026, des livraisons d’équipements européens, incluant des véhicules blindés espagnols, ont accéléré ce processus. Le lien avec une présence post-Finul est direct : les unités espagnoles pourraient assister dans la formation, transformant le symbole en outil opérationnel.
L’aide à l’armée comme pilier de l’État
L’armée libanaise, avec 80 000 hommes, est perçue comme le seul pilier stable de l’État face aux divisions confessionnelles. Les demandes d’aide, amplifiées depuis la crise de 2019, incluent des financements pour salaires et équipements. En juin 2021, une vingtaine de pays ont convenu d’une aide d’urgence, réaffirmée en 2024. Joseph Aoun a déclaré : « L’armée est essentielle pour la stabilité du pays. »
En 2025, l’ONU a prolongé le mandat de la Finul pour assister cette montée en puissance, avec des entraînements conjoints doublés. La résolution 2790 insiste sur le transfert progressif de responsabilités. Des citations officielles abondent : le ministre libanais de la Défense a noté en décembre 2025 que l’aide internationale doit prioriser l’armée pour combler le vide post-2027.
Les implications immédiates des événements récents
Les tensions récentes, avec des violations israéliennes documentées en janvier 2026, accentuent l’urgence. L’armée libanaise a saisi des armes à Kamed el-Loz le 2 février, illustrant ses opérations autonomes. Une présence européenne, comme les unités espagnoles, pourrait soutenir ces efforts, en coordonnant des raids frontaliers. Le mécanisme tripartite, relancé en février 2026, intègre déjà des discussions sur la transition, avec des réunions impliquant des officiers espagnols.
Ces développements, ancrés dans les faits de début 2026, soulignent les défis opérationnels : logistique pour 1 000 soldats potentiels, financement bilatéral estimé à 50 millions d’euros annuels, et intégration locale via des projets civils. Le gouvernement libanais, via son Conseil des ministres, a validé en janvier une stratégie pour attirer des partenaires européens, priorisant l’Espagne pour son expertise. Des patrouilles conjointes récentes, impliquant 200 soldats espagnols et libanais, démontrent une coordination fluide, avec zéro incident rapporté.
Les dynamiques régionales persistent, avec l’ONU documentant 300 survols israéliens en 2025. Une présence post-Finul viserait à les monitorer, via des drones et stations d’observation. Le porte-parole de la Finul a indiqué en décembre 2025 : « La coordination avec l’armée libanaise reste primordiale pour la sécurité. » Ces faits immédiats, sans projection, illustrent les ajustements en cours pour une architecture de sécurité recomposée.



