Jeudi, la Chine a exhorté ses citoyens résidant au Liban à quitter le pays « au plus vite », à la suite d’une frappe israélienne qui a tué un haut dirigeant palestinien en territoire libanais. Cette déclaration, émanant de l’ambassade chinoise à Beyrouth, intervient dans un contexte de plus en plus tendu sur la frontière entre le Liban et Israël.
« Récemment, la situation à la frontière libano-israélienne a continué de se détériorer, et les conditions de sécurité au Liban sont graves et complexes », a précisé l’ambassade dans un communiqué. Le niveau de risque dans le Sud du Liban et les gouvernorats de Nabatieh est désormais classé « rouge » (risque extrêmement élevé), tandis que le reste du pays est classé « orange » (risque élevé). L’ambassade a également conseillé à ses ressortissants de profiter des vols commerciaux encore en service pour quitter le pays sans délai.
Une attaque qui ravive les tensions
L’attaque israélienne qui a tué Khalil Maqdah, considéré comme l’un des leaders de l’aile armée du Fatah au Liban, a relancé les craintes d’une escalade régionale. Le Fatah a dénoncé cette frappe, accusant Israël de vouloir attiser un conflit plus vaste au Moyen-Orient. Cette attaque est survenue peu après la visite du Secrétaire d’État américain Antony Blinken, qui tentait de négocier un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.
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C’est la première fois depuis plus de dix mois qu’Israël cible directement un membre senior du Fatah, dans un contexte de confrontations transfrontalières régulières entre Israël et les militants libanais, principalement du Hezbollah, depuis le début du conflit à Gaza.
Des appels internationaux à quitter le Liban
La Chine n’est pas la seule nation à inciter ses ressortissants à quitter le Liban. Plusieurs pays ont lancé des appels similaires ce mois-ci, alarmés par la montée des violences dans le sud du pays, bastion du Hezbollah. Cette organisation chiite libanaise, alliée au Hamas, a intensifié ses échanges de tirs avec Israël depuis l’attaque du 7 octobre qui a déclenché la guerre à Gaza.
Ces frappes israéliennes nocturnes ont touché plusieurs villages frontaliers, dont Kfarshouba, al-Jebbayn, al-Khiam et al-Naqoura, tandis que l’artillerie israélienne visait les abords de Ramia et al-Labbouneh. Le Hezbollah a riposté en utilisant des drones-suicides et des obus d’artillerie, frappant des positions israéliennes à Kiryat Shmona, ainsi que la caserne de Biranit et le poste de Jal al-Alam.
Un lourd bilan humain
Depuis le début des affrontements, le bilan humain au Liban s’alourdit, avec près de 593 morts, principalement des combattants du Hezbollah, mais aussi plus de 130 civils. Du côté israélien, 23 soldats et 26 civils ont péri, notamment dans les hauteurs du Golan annexé.
L’intensification des violences dans le sud du Liban soulève des inquiétudes quant à une extension du conflit à d’autres pays voisins. Malgré les appels internationaux à la retenue, la situation sur le terrain reste extrêmement volatile.
Un contexte régional explosif
Alors que le conflit à Gaza continue de faire rage, la guerre par procuration entre Israël et le Hezbollah sur le front libanais met à rude épreuve les efforts diplomatiques internationaux. Les récentes frappes israéliennes et les ripostes du Hezbollah ont relancé les spéculations sur la possibilité d’une guerre régionale, qui pourrait impliquer d’autres acteurs au Moyen-Orient.
Les appels lancés par des nations comme la Chine reflètent la gravité de la situation. Ce n’est pas la première fois que le Liban, déjà fragilisé par une crise économique et politique, se trouve en première ligne d’un conflit plus large. Cependant, la montée en puissance de la guerre à Gaza a transformé le sud du Liban en un théâtre d’affrontements dangereux, menaçant de faire basculer tout le pays dans une nouvelle période d’instabilité.
Le Liban, déjà marqué par des années de tensions politiques internes et de violences, semble désormais pris dans un engrenage régional qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour sa population. Les ressortissants étrangers présents dans le pays, face à ces événements, n’ont d’autre choix que de partir au plus vite, comme le recommande la Chine dans son dernier appel urgent.



