Le sud du Liban traverse une crise dramatique, marquée par la mort de 23 personnes en seulement deux jours, victimes des tirs israéliens. Alors que des habitants tentaient de regagner leurs villages toujours occupés par les forces israéliennes, ces événements soulignent la fragilité de la situation sécuritaire malgré une prolongation du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah jusqu’au 18 février.
Un retour tragique sous les tirs israéliens
Lundi, des habitants du sud du Liban, accompagnés de l’armée libanaise, ont essayé de rentrer dans leurs villages frontaliers. Cette tentative a été entravée par de nouveaux tirs israéliens, causant un mort supplémentaire et sept blessés, selon le ministère libanais de la Santé. Ces violences interviennent au lendemain d’une attaque similaire, dimanche, où 22 personnes, dont un soldat, ont été tuées alors qu’elles tentaient de franchir des barrages en direction de leurs maisons.
À Burj al-Moulouk, de nombreuses familles se sont rassemblées derrière des barricades, espérant rejoindre leurs villages malgré les avertissements de l’armée israélienne. Dans plusieurs points d’accès, notamment à Bint Jbeil, des familles attendaient avec leurs enfants, tandis que des partisans du Hezbollah distribuaient des vivres et des images de combattants tués.
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Un cessez-le-feu prolongé mais non respecté
L’accord de cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre, prévoyait un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban sur une période de 60 jours, avec une supervision conjointe de l’armée libanaise et des forces de la FINUL (Forces intérimaires des Nations unies au Liban). Cependant, Israël n’a pas respecté la date limite du 21 janvier, et ses troupes restent présentes dans plusieurs zones frontalières, notamment à Kfar Kila et Mays al-Jabal.
Malgré cela, le Premier ministre intérimaire libanais, Najib Mikati, a annoncé que le Liban avait accepté une prolongation du cessez-le-feu jusqu’au 18 février. Cette décision vise à éviter une escalade, mais les récentes violences démontrent la fragilité de cet accord et le manque de coordination sur le terrain.
L’armée libanaise en première ligne
L’armée libanaise a réaffirmé son engagement à protéger les habitants du sud et à sécuriser leur retour. Dimanche, elle avait escorté des groupes de résidents souhaitant rentrer chez eux, mais ces tentatives ont été interrompues par des tirs israéliens. Lundi, des renforts militaires ont été déployés près de Mays al-Jabal pour accompagner les familles, mais là encore, des tirs ont été rapportés.
Ces incidents montrent les limites des capacités de l’armée libanaise à répondre efficacement aux provocations israéliennes, tout en garantissant la sécurité des civils dans une région où les tensions restent vives.
Une crise humanitaire et sécuritaire
Les violences dans le sud ont également des conséquences humanitaires graves. Le ministère de la Santé a rapporté des difficultés à soigner les blessés en raison de l’accès limité à certaines zones. Les villages frontaliers, où les infrastructures sont déjà fragilisées par des années de conflits, peinent à accueillir les familles déplacées.
Par ailleurs, la population locale, fatiguée par des mois d’hostilités, exprime son désespoir face à l’absence de solutions durables. Des manifestations spontanées ont eu lieu dans plusieurs localités pour dénoncer à la fois les attaques israéliennes et le manque de soutien de la communauté internationale.
Un avenir incertain
Les récents événements illustrent l’urgence d’une solution durable pour le sud du Liban. Les retards dans le retrait israélien, les provocations armées et les divisions internes au Liban compromettent la stabilité de la région. La communauté internationale, notamment via les Nations Unies, est appelée à renforcer son rôle pour garantir le respect des accords et prévenir une nouvelle escalade.
Cependant, sans une coopération effective entre les acteurs locaux et régionaux, le sud du Liban risque de rester un terrain de tensions, où les civils continuent de payer un lourd tribut.



