Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a récemment supervisé des exercices militaires dans le nord d’Israël, mettant l’accent sur la préparation d’une potentielle opération terrestre au Liban. Ces exercices simulent des combats au sol sur le territoire libanais, reflétant un déplacement de l’attention militaire israélienne vers le front nord, après des mois d’engagements intenses dans le sud du pays.
Préparations pour une Opération Terrestre au Liban
Lors de sa visite aux troupes en exercice, Gallant a exprimé son admiration pour leur « détermination et professionnalisme » observés au cours de l’année écoulée, que ce soit dans le nord ou dans le sud d’Israël. Il a affirmé que « le centre de gravité se déplace vers le nord », indiquant que, bien que les missions dans le sud soient sur le point d’être achevées, une tâche majeure restait à accomplir dans le nord : « restaurer la sécurité et permettre aux habitants de retourner dans leurs maisons. »
Gallant a également évoqué l’analogie avec la campagne à Gaza, en précisant que, dans le sud, il avait donné l’ordre de lancer l’opération après trois semaines de préparatifs. Selon lui, un scénario similaire pourrait se reproduire au nord. « Vous devez être prêts à exécuter cette mission quand le moment viendra », a-t-il averti, en ajoutant : « Cette flèche est prête à être tirée, et nous saurons quand la lâcher. »
Il a rappelé aux troupes que certains soldats impliqués dans les combats à Gaza pensaient initialement que l’entrée dans la bande n’était qu’une possibilité hypothétique, mais qu’en l’espace d’une semaine, ces mêmes soldats se trouvaient sur le champ de bataille. Gallant a conclu en assurant aux soldats qu’ils disposaient de tout le nécessaire pour accomplir leur mission lorsque celle-ci serait déclenchée.
Réactions du Ministre des Affaires Étrangères Libanais
Le ministre des Affaires étrangères du Liban, Abdallah Bou Habib, a pris la parole hier pour exprimer ses préoccupations concernant l’escalade militaire à la frontière sud et le risque de conflit majeur entre Israël et le Hezbollah. Bou Habib a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale d’intervenir rapidement afin d’empêcher une dégradation supplémentaire de la situation.
« Nous ne pouvons pas supporter une nouvelle guerre sur notre sol, » a déclaré le ministre, soulignant les conséquences désastreuses que cela pourrait avoir sur le Liban, un pays déjà gravement touché par une crise économique et politique profonde. Il a ajouté que toute action militaire prolongée dans la région mettrait en danger des milliers de civils des deux côtés de la frontière, augmentant la pression sur un système humanitaire déjà surchargé.
Bou Habib a également mis en garde contre la rhétorique agressive et les préparatifs israéliens, déclarant que « l’escalade ne doit pas devenir une fatalité » et appelant à un retour immédiat aux négociations diplomatiques sous les auspices des Nations Unies. Il a souligné que le Liban restait attaché au respect de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle au maintien d’un cessez-le-feu et à la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah.
Les Inquiétudes de Walid Joumblatt face à une Guerre qui s’Éternise
Parallèlement aux préparatifs militaires israéliens, le leader druze libanais Walid Joumblatt a émis de sérieuses inquiétudes concernant l’escalade du conflit israélo-palestinien, affirmant que cette guerre « ne prendra pas fin. » Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), Joumblatt a mis en garde contre la prolongation des hostilités, tout en appelant à une solution pour protéger le Liban.
« Selon toutes les prévisions, il semble que la guerre ne se terminera pas et que nous n’en sommes qu’au début, » a-t-il déclaré. Il a également ajouté que le « projet sioniste » ne se limiterait pas à l’éradication de Gaza, mais se poursuivrait également en Cisjordanie, dans la continuité de la Déclaration Balfour et de la « vision biblique » israélienne.
Dans ce contexte, Joumblatt a souligné l’importance de protéger la Jordanie, un pays voisin du Liban, tout en appelant à un règlement interne au Liban comme solution pour prévenir la déstabilisation du pays face à une guerre régionale prolongée.
Bombardements dans le Sud du Liban
Sur le terrain, les tensions militaires continuent de s’intensifier dans le sud du Liban, avec des attaques directes sur des zones civiles. Dans le district de Bint Jubail, deux bombes ont explosé dans un parc de la ville de Maroun Al-Ras, endommageant les infrastructures du jardin, selon les informations de l’Agence nationale d’information libanaise. Aucun bilan humain n’a été communiqué, mais les dégâts matériels ajoutent une pression supplémentaire sur les résidents locaux déjà affectés par les combats.
De plus, les environs de la ville de Naqoura, située près de la frontière israélienne, ont été la cible de bombardements d’artillerie, marquant une nouvelle étape dans l’intensification des affrontements le long de la frontière sud.
Conclusion : Vers une Escalade ou un Règlement ?
Les événements récents montrent que la situation dans le nord d’Israël et au Liban est en proie à une escalade militaire qui pourrait avoir des répercussions dévastatrices. Tandis que le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, prépare les troupes à une possible intervention terrestre, les appels à la prudence, comme ceux émis par Walid Joumblatt, soulignent la gravité de la situation et l’importance de trouver une solution diplomatique pour préserver la stabilité du Liban.
L’intensification des bombardements dans le sud du Liban, combinée aux manœuvres militaires israéliennes et aux avertissements de dirigeants régionaux, laisse entrevoir la possibilité d’un conflit plus large. Toutefois, la question demeure : la diplomatie pourra-t-elle désamorcer cette crise, ou sommes-nous aux portes d’une guerre totale entre Israël et le Hezbollah, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour les populations civiles de la région ?



