Alors que les négociations entre Israël et le Hamas semblent dans une impasse, l’administration américaine a commencé à préparer un « plan alternatif » pour une solution diplomatique entre Israël et le Liban, selon la chaîne de télévision publique israélienne Kan. Ce plan vise à éviter une escalade militaire imminente dans la région, alors que les tensions continuent de s’intensifier à la frontière nord d’Israël, où le Hezbollah libanais est un acteur clé.
Cependant, les responsables israéliens ont informé leurs homologues américains qu’Israël « ne peut plus attendre » pour lancer une campagne militaire contre le Liban. L’état-major de l’armée israélienne, dirigé par le chef Herzi Halevi, a déclaré lundi que l’armée « opère vigoureusement dans l’arène nord, est en état d’alerte, dispose de plans opérationnels prêts et est préparée à mener toute mission qui lui sera assignée. »
Le Spectre d’une Guerre Totale
Un haut responsable américain, prenant la parole lors du sommet du Middle East America Dialogue (MEAD) à Washington, a mis en garde contre les « conséquences catastrophiques et imprévisibles » d’une guerre totale entre Israël et le Hezbollah au Liban. « Il y a cette idée que ‘Nous allons faire la guerre et nous détruirons tous les missiles du Hezbollah, et tout ira bien.’ Mais ce n’est pas si simple », a averti le responsable, cité par le journaliste israélien Barak Ravid. Il a insisté sur le fait qu’une solution diplomatique serait préférable à une solution militaire pour apaiser les tensions à la frontière.
Ce responsable américain a rappelé que la guerre n’est jamais une solution à conditions idéales : « Il n’y a pas de guerre en laboratoire. Ce n’est pas un jeu. Je ne doute pas des capacités de l’armée israélienne, mais nous devons penser aux graves conséquences pour les deux parties. » Il a également souligné qu’en cas de conflit, la communauté internationale interviendrait probablement pour négocier une solution diplomatique similaire à celle qui pourrait être atteinte dès maintenant.
Une Escalade Inévitable ?
Malgré ces appels à la diplomatie, la possibilité d’une escalade militaire reste omniprésente. Benny Gantz, ancien ministre du cabinet de guerre israélien, a déclaré dimanche lors du même sommet que la priorité d’Israël devait désormais se tourner vers la frontière libanaise, affirmant que « nous sommes en retard sur ce dossier ». Gantz a averti qu’une guerre avec le Hezbollah, soutenu par l’Iran, pourrait être imminente si Israël ne parvient pas rapidement à conclure un accord de trêve avec le Hamas.
Gantz et d’autres responsables israéliens estiment qu’une opération militaire majeure contre le Hezbollah est nécessaire pour permettre le retour en toute sécurité des dizaines de milliers d’Israéliens qui ont été évacués de leurs maisons dans le nord depuis octobre. Cependant, le responsable américain présent au MEAD a averti que de nombreux civils pourraient perdre la vie dans les combats et que les habitants évacués pourraient ne pas retrouver de maisons à leur retour.
Une Intolérance Grandissante
Malgré ses mises en garde contre les conséquences dévastatrices d’un conflit, le responsable américain a exprimé un soutien modéré à la position israélienne, reconnaissant qu’Israël ne peut plus tolérer la présence du Hezbollah le long de sa frontière, particulièrement après les attaques perpétrées par le Hamas le 7 octobre dernier. Ce soutien, rapporté par le journal Israel Hayom, reflète la pression croissante sur Israël pour agir face à la menace que représente le Hezbollah.
Alors que la situation continue de se détériorer, la communauté internationale est désormais confrontée à un dilemme : agir rapidement pour favoriser une solution diplomatique ou risquer de voir un conflit régional majeur éclater avec des répercussions potentielles désastreuses pour les populations civiles des deux côtés de la frontière.



