Hommage à Fayrouz par © Elie Rizkallah – Crayons de couleur (1990)
Hommage à Fayrouz par © Elie Rizkallah – Crayons de couleur (1990)

(Hommage à Fayrouz par © Elie Rizkallah – Crayons de couleur (1990))

Les Européens l’ont découverte en Turquie et l’ont baptisée Turquoise, les Turques l’avaient importée d’Iran où elle se nomme « Firouzé », alors qu’elle prospérait bien avant, du temps des Pharaons, qui l’extrayaient des mines du Sinaï. La Turquoise, de son nom arabe « Fayrouz », est une pierre ancienne et universelle. L’Europe, la Turquie, l’Iran, l’Egypte, le Mexique, les Etats -Unis ont leurs turquoises, mais le Liban a sa propre gemme, une « Turquoise » unique, icône de la culture et de la musique libanaise, dont le talent a dépassé les frontières, les langues et les peuples.

Personne ne sait pourquoi, le compositeur Halim El Roumi(1), conquis par la voix exceptionnelle de la jeune Nouhad Haddad en 1947, alors qu’elle faisait partie de la chorale de Radio Beyrouth, lui a donné le surnom de cette gemme, « Fayrouz ». Etait-il conscient que dans le jargon de la lithotérapie, la Turquoise a le pouvoir d’accorder l’être physique avec les sphères supérieures, tout comme le pouvoir de la voix de Fayrouz ?

Dresser la biographie et les exploits de cette gemme cosmique authentiquement libanaise est inutile : Fayrouz, ce surnom à lui seul est synonyme de son parcours, ses chants, ses  poèmes, sa voix sensationnelle, des frères Rahbani, de son fils au talent de génie, de son engagement national, arabe, oriental, et international.

Aujourd’hui, Fayrouz célèbre ses 82 ans, à deux jours de l’indépendance du Liban. C’est la seule artiste, dont l’anniversaire de naissance est évoqué ou commémoré par le public. Même Facebook cette année, en partenariat avec le magazine libanais Al Jaras, a honoré Fayrouz avec un cadre ajouté à la photo de profil où l’on peut lire : Min qalbi salamon, li Fayrouz (2); en reprenant et modifiant les paroles de la chanson-phare, Li Beyrouth.

A l’occasion de son anniversaire, via le média francophone libanais Libnanews et de concert avec tous nos lecteurs, nous adressons nos meilleurs vœux d’excellence à la gemme du Liban, à travers cet article et ce magnifique dessin de l’artiste-peintre, architecte et chanteur Elie Rizkallah.

(1) Halim El Roumi était un chanteur et compositeur libanais. Directeur de la Radio du Proche Orient, et de la Radio Libanaise, il est le père de la diva libanaise Majida El Roumi.

(2) Un salut de mon cœur à Fayrouz (originalement à Beyrouth).

Hommage à Fayrouz par © Elie Rizkallah – Crayons de couleur (1990)
Hommage à Fayrouz par © Elie Rizkallah – Crayons de couleur (1990)
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Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l’écriture depuis l’enfance, elle est l’auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l’identité et de l’héritage culturel du Liban, elle a fondé l’association I.C.H.T.A.R. (Identité.Culture.Histoire.Traditions.Arts.Racines) pour le Patrimoine Libanais. Elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession, et donne des cours et des conférences sur l’Histoire et la Théologie de l’Icône ainsi que l’Expression artistique.
Pour plus de détails, visitez son site:
mariejoseerizkallah.com
son blog:
mjliban.wordpress.com
et la page FB d’ICHTAR :
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